L’armée norvégienne en 1939-40.

Fier pays envahi dès 1940 par l’Allemagne et occupé par celle-ci jusqu’à la toute fin de la guerre, la Norvège s’est défendue farouchement avec le peu de moyens dont elle disposait en 1939-40. Quelle était alors son armée ?

Au moment où la Seconde Guerre mondiale éclate, le royaume dispose de six divisions en temps de paix mais celles-ci sont très incomplètes et mal préparées, comptant seulement 7000 hommes… Comment expliquer une telle situation?

En fait le paix a très peu investi dans la Défense depuis 1918, les différents membres du gouvernement étant pacifistes, croyant aux institutions et au droit internationaux, chargés de garder le monde en paix. Le ministre de la Défense lui-même, Carl Frederic Monsen, est ancien objecteur de conscience et connu pour son passé peu flatteur envers l’armée !  Résultat, très peu de crédits sont alloués durant l’entre-deux-guerres. Les manœuvres des unités sont même supprimées, les plans de mobilisation ratés. Les hommes ne se connaissent pas entre eux, ni les officiers qui doivent les commander. Au niveau de l’équipement, le retard est aussi flagrant : les canons les plus lourds sont des 75 mm, les fusils sont des vieux Krag-Jørgensen de 6.5 mm démodés. Il n’y a pas de pistolets-mitrailleurs, quasiment pas de mitrailleuses, très peu de DCA. La cavalerie aurait dû être blindée, mais un unique tank a pu être acheté. Enfin, les communications sont mauvaises et doivent obligatoirement se faire par mer entre le nord et le sud du pays.

L’Eidsvold

Or, la marine est faible. Les deux unités les plus puissantes, les navires Norge et Eidsvold sont tout simplement les  bâtiments les plus vieux encore en service dans le monde ! Aucune manœuvre navale n’a été faite depuis 1918, pour des raisons économiques. Les batteries côtières sont vétustes, mal servies, avec peu de munitions. Malgré cela les Allemands essuyèrent leur feu avec pertes devant Oslo. Divers projets d’amélioration sont repoussés, faute de moyens. Quant à l’aviation, elle est balbutiante et partagée entre la Marine et l’Armée.

A partir de 1937, les militaires norvégiens sentent que la situation internationale se dégrade et tentent d’émouvoir l’opinion sur la faiblesse des forces armées du pays. Ils sont même soutenus par leur ministre, dont on a pourtant rappelé le passé antimilitariste. Rien n’y fait. Les parlementaires restent vissés à leur conception pacifiste des choses, malgré l’intervention du roi Haakon VII. Personnage estimé, mais sans réel pouvoir. La situation est si grave que le chef d’état-major de la marine la résume très bien à la presse au début de l’année 1939 : « Nous sommes bien moins pourvus aujourd’hui en matériel et en personnel qu’en 1914 ».


Bibliographie : François Kersaudy, 1940. La guerre du fer, Paris, Tallandier, 1987, 379 p.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :