Les mercenaires grecs de l’époque archaïque.

I) Introduction: 

 
Le mercenariat est une forme très ancienne de travail et de mobilité: des hommes pratiquant les arts guerriers vendent leurs services aux plus offrant… Or, c’est déjà le cas dans l’Antiquité et les hoplites grecs sont très appréciés des employeurs. Ils sont bien armés, bien protégés, disciplinés, se battent avec cohésion et courage, à tel point que les sources non-grecques les appellent « les hommes d’airain ».

Généralement, les candidats à l’exil sont de jeunes hommes de régions pauvres et/ou trop peuplées de la Grèce, raisons qui les poussent à chercher fortune ailleurs. On les appelle les mistophoroi, du nom de leur solde, le misthos. Celui-ci est versé pour partie en numéraire et pour le reste en nature (boisson, nourriture…). Tant qu’ils sont payés, ces hommes sont fiables et fidèles à leur employeur. Mais ils peuvent se retourner contre celui-ci en cas de retards ou de suspension de solde, allant jusqu’à ravager le pays où ils sont stationnés pour se payer par eux-mêmes.

Citoyens pauvres ou exilés politiques, les mercenaires s’installent rarement dans les pays qu’ils parcourent. Généralement ils cherchent plutôt à amasser suffisamment d’argent pour pouvoir retourner vivre décemment dans leur cité d’origine, vivant des produits de la terre. Tous ne sont pas des combattants, car il y a aussi des ingénieurs spécialisés dans l’édification des murailles, science que tout le monde ne maîtrise pas… Et qui devient de plus en plus importante face à l’évolution de l’artillerie et des techniques de siège. On verra par la suite leur vie plus finement. Ces hommes sont prisés, on l’a dit: ils se retrouvent dans toutes les guerres du bassin méditerranéen, et même jusqu’en Mésopotamie où le fameux roi Nabuchodonosor en engage en -597 pour son invasion de la Palestine.

Hoplites Grecs. Dessin de Giuseppe Rava.

II) Les Grecs en Egypte. 
Bien avant que l’Egypte ne soit dirigée par les Lagides, descendant d’un lieutenant d’Alexandre le grand, beaucoup de Grecs sont présents dans cette zone. Le pharaon Psammétique Ier en fait en effet venir un contingent important, des régions de Ionie et Carie. Ces hommes se battent contre les ennemis internes et externes du pharaon, qui parvient à restaurer l’unité du pays grâce à eux. Ils sont engagés aux côtés de mercenaires syriens, phéniciens et juifs et reçoivent des terres le long du Nil pour leur cantonnement. Cette présence reste tangible jusqu’à l’invasion de l’Egypte par les Perses en -525.

De nombreuses inscriptions retrouvées par les archéologues font état de leur présence: on apprend grâce à elles qu’ils firent voile sur le Nil et furent engagés loin dans les terres, jusqu’en en Nubie (le Soudan actuel). Dans ce cas précis de l’Egypte, une partie a pu rester sur place et la deuxième génération s’intégrer plus étroitement dans le paysage égyptien. Certaines inscriptions laissent ainsi sous-entendre que des Grecs issus du mercenariat reçurent même des postes administratifs importants. Le mercenariat va donc au-delà des simples combats.

La majorité des hommes doit toutefois repartir en Grèce à l’expiration de leur contrat (ils ne sont pas des colons). Leur présence dure donc « seulement » quelques années dans le pays, qu’ils ont pourtant le temps de marquer de leur présence. J’ai cité les inscriptions, mais il y a aussi de nombreux camps et forteresses où ils vécurent. Certains ont été retrouvés et livrent des objets du quotidien: beaucoup venaient de Grèce, les soldats ne pouvant se passer des habitudes de leur pays d’origine. En fait, considérés comme étrangers, ils vivaient essentiellement entre eux, dans leurs camps, et changeaient peu leurs moeurs.

On parle tout de même de 30.000 hommes pour le quatrième pharaon de la dynastie envisagée! Ce chiffre avancé par le célèbre historien grec Hérodote est très important pour l’Antiquité. Cette période prend fin avec l’arrivée des Perses de Cambyse.

Même commentaire.

Bibliographie: Christian-Georges Schwentzel (sous la direction de), Les diasporas grecques VIIIe-IIIe siècle,  Neuilly, Atlande, 2012, 446p.

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