L’invasion de l’Albanie (1939)

Annexée purement et simplement dans l’indifférence d’un monde qui s’apprêtait à s’entre-déchirer, l’Albanie passa la Seconde Guerre mondiale sous la domination italienne. Comment en était-on arrivé là? C’est ce que nous allons voir…

L’affaire remontait à 15 ans plus tôt, l’Italie de l’entre-deux-guerres ayant tenté de s’arrondir en rayant de la carte les derniers pays indépendant et de faible puissance à sa portée, comme l’Ethiopie en 35-36.
Pays divisé entre chefs tribaux, l’Albanie était donc passée peu à peu sous influence italienne, notamment car Rome soutint l’un des roitelets locaux, le roublard Ahmed Zogolli. Grâce à l’aide de son voisin, il devint bientôt président puis roi, sous le titre de Zog Ier.

Pourtant, avec l’arrivée du comte Ciano (le gendre de Mussolini) aux affaires étrangères, sa position se détériore… puisque l’ambitieux ministre avait pour objectif avoué de s’emparer de son état au profit de son pays (notamment pour se faire bien voir du roi et de son beau-père, dont il brigue la succession). Il rallie le dictateur à sa cause après mars 1939 et l’invasion de ce qu’il restait de la Tchécoslovaquie par les Allemands. Benito est en effet furieux de ce coup de force dont il n’a pas été averti et qui ruine la fragile situation créée à Munich en octobre 38, conférence dont il avait été un des piliers et dont il se considérait même comme l’instigateur. En guise de « compensation », il permet donc à Ciano de régler son compte à Zog Ier.

La semaine de Pâques de l’année 1939 voit donc les troupes italiennes pénétrer dans le pays sans résistance très organisée. Et c’est heureux pour Mussolini, car l’affaire a été improvisée du jour au lendemain et aurait pu courir à la catastrophe en cas de riposte. Ce qui arriva justement dans l’attaque ultérieure contre la Grèce, elle décidée à se battre. En fait, le régime de Zog était corrompu et, comme je le disais en introduction, plus personne ne se souciait de l’Albanie à ce stade des évènements…

Bibliographie: Maurizio Serra, Malaparte. Vies et légendes, Paris, Tempus, 2012, 797 p.

Bersagliers à Durazzo (Durrës) en 1939.

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