Un film: Le dictateur (The great dictator).

Finalement je ne peux m’empêcher de parler de ce film incontournable, sans le mettre dans le dossier car il n’est pas si comique que cela.

Le dictateur (The great dictator) a commencé à être tourné en 1938 et  est sorti sur les écrans américains en 1940. Première oeuvre totalement parlante de l’inoubliable Charlie Chaplin, il est une dénonciation, une condamnation sans appel du nazisme et du fascisme italien de manière à peine déguisée.

Le héros de notre histoire est un barbier juif (ce que Chaplin n’était pas, contrairement à ce que l’on entend souvent) vétéran de la 1ère guerre mondiale (elle aussi très bien traitée au début du film), qui l’a rendu amnésique (le personnage ressemble évidemment à Charlot). Il passe donc de longues années de convalescence à l’hôpital et ne se rend pas compte que son pays passe sous la coupe du dictateur Adenoid Hynkel (toute ressemblance avec un nom existant est évidemment fait exprès)… Dont le symbole est une double croix et qui a pour compère la Bactérie, Italie fictive dirigée par un certain Napoleoni.

Le totalitarisme frappe de plein fouet cet homme revenant dans son ancien quartier, un ghetto où il ne fait désormais plus bon vivre. Bon nombre d’actions s’étant réellement déroulées sont dénoncées à l’écran: l’antisémitisme, la violence, la propagande, l’invasion de l’Autriche (appelée Osterlich), la compromission des officiers avec le nouveau régime, la confusion entre le dictateur et l’Etat etc... Le final est très connu: le barbier, qui est aussi le sosie du dictateur, se substitue à lui contre son gré et lance un discours resté fameux (je n’en dit pas plus). Ni comédie ni tragédie, le Dictateur fait tantôt rire et tantôt réagir. La symbiose est très bien amenée et jamais l’oeuvre ne frappe le spectateur d’un moralisme à deux sous.

Le film a été mal perçu à l’époque: l’Amérique est isolationniste et entend en majorité le rester, l’Europe sous la coupe des dictatures ne peut le voir, J. Edgar Hoover le prend comme un manifeste en faveur du communisme (bien avant Mc Carthy, Chaplin a été ennuyé). Toutefois il est aussi un succès populaire, notamment en Grande-Bretagne ravagée par les bombardements et touchée par cette production.

Depuis, il est considéré comme l’un des plus grands films de l’histoire du cinéma: outre son côté engagé, il est la preuve irréfutable que Chaplin a su passer du muet au parlant. C’est l’un des seuls, sinon le seul a avoir réussi pareil tour de force.

Anecdotes: Chaplin joue avec l’une de ses femmes dans le film, Paulette Godard. De plus, toujours très professionnel, il jeta un oeil sur la VF et choisit lui-même l’excellente voix de Roger Carel (Pongo, C3PO, Triste Sire, Kaa, Alf, Hercule Poirot…) pour le doubler. Les autres voix sont très bien aussi et collent souvent parfaitement à la VO, comme celle du commandant Schultz (Raymond Gérôme en VF).

Un must avec de très grandes scènes (la mappemonde, le rasage, le discours, la 1ère guerre, les gâteaux…), une très belle leçon de cinéma, de musique (Chaplin la compose lui-même comme toujours) et d’Histoire. Le film en entier ci-dessous à voir et revoir!

 

Le film en VO avec sous-titres anglais ou espagnol:

 

 

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