Les officiers français sortis des Écoles dans le premier XIXE siècle: I) Introduction.

Nous allons à présent parler des officiers formés à Saint-Cyr et Polytechnique (surtout Saint-Cyr) dans la première moitié du XIXe siècle. Ce premier passage se veut général et introductif.

Il faut avant tout savoir que le recrutement des officiers se fait de deux manières dans la France de l’époque, et toujours actuellement. Si la Révolution avait nommé tous ses officiers par promotion interne, c’est à dire qu’ils sortaient du rang, l’Empire recréa des Écoles militaires (Napoléon lui-même en était issu)  destinées à fournir des cadres à l’armée. Cette dualité, confirmée par les lois Soult et Gouvion Saint-Cyr de 1818 et 1832, ne fut pas sans poser problème car elle portait en elle des éléments contradictoires pour les classes dirigeantes. Il fallut concilier leur idéal aristocratique d’un corps d’officiers éduqué, policé et« les notions de mérite et de capacité que les besoins de l’armée et la pression sociologique semblent imposer aux hommes de pratique, plus soucieux du possible que du souhaitable » (William Serman). Le système est critiqué de 1818 à 1870 car, en dépit des déclarations officielles, la naissance et l’instruction permise par l’argent permettent toujours à certaines catégories d’effectuer de meilleures carrières, notamment en passant par Saint-Cyr et Polytechnique, institutions très chères (nous y reviendrons). Alors que franchir un à un les grades depuis le bas de l’échelle est long. Nombre de hauts-gradés considèrent également que tout le monde ne peut être officier, notamment au regard de l’éducation et des manières. C’est, selon William Serman, la « coexistence de l’égalité des droits [tout le monde peut en théorie devenir officier] et de l’inégalité des chances [malgré cela certains y arrivent toujours mieux que d’autres]. »

Le siège de l’ESM Saint-Cyr (près de Versailles) de 1808 à 1940,aujourd’hui Lycée militaire.

Bibliographie:

-GIRARDET (Raoul), La Société militaire de 1815 à nos jours, Paris, Plon, 1953. Ancien, mais toujours excellent et recommandé par les enseignants. Il donne une très bonne vision du climat qu’il y avait dans
l’armée durant la période qui nous intéresse aujourd’hui.
-ORTHOLAN (Henri, colonel), L’armée du Second Empire (1852-1870), Saint-Cloud, Soteca-Napoléon III, 2010, 367 p. -) Docteur en histoire et ancien chef du musée de l’armée, son ouvrage est une intéressante synthèse .
Et enfin une thèse monumentale qu’on peut encore trouver dans les bibliothèques spécialisées:
-SERMAN (William), Le corps des officiers français sous la Deuxième République et le Second Empire: aristocratie et démocratie dans l’armée au milieu du XIXe siècle, thèse présentée devant l’université de Paris IV, Sous la dir. de Louis Girard, Lille, Service de reproduction des thèses, 1978, 3 volumes.

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