Le racolage sous Louis XIV: trouver des hommes pour les armées du roi.

A l’époque, pas de conscription révolutionnaire ou de mobilisation générale…. Pourtant, il faut bien trouver de quoi maintenir les armées du roi à un effectif raisonnable, voir augmenter celui-ci. D’autant plus que la France est alors la première puissance mondiale. En fait,  les colonels sont propriétaires des régiments qu’ils commandent et ils gèrent donc leur recrutement, par le biais des capitaines commandant les compagnies (aujourd’hui encore ces grades correspondent au même commandement). Chaque régiment se voit affecté par le pouvoir une ou deux provinces où agir, provinces au gouverneur (le préfet de l’époque, toutes proportions gardées, on le surnomme « l’œil du roi dans la province ») prévenu de telle opération. Généralement celui-ci se fait en hiver, où on ne se bat pas à l’époque. Mais, en temps de guerre, les besoins en hommes augmentent, les fraudes de ceux-ci aussi et les recruteurs se font plus pressants et violents, recourant notamment au racolage. Celui-ci consiste en l’enrôlement forcé de jeunes gens, surtout en ville, essentiellement lors des jours de foires et de marchés. Le procédé le plus commun est de les faire boire à la santé du roi dans les cabarets, geste qui a valeur d’engagement. Evidemment, dégrisés, les hommes contestent pareil acte mais, comme le dit très clairement Louvois, le ministre de la guerre du début du règne: « Dans le temps ou le roi manque d’hommes, ce n’est pas le moment de voir s’ils sont bien enrôlés ».

Déjà commandées par un capitaine, les compagnies comptent alors une cinquantaine d’hommes (une centaine au 19e) et leur officier reçoit une gratification pécuniaire si l’effectif est maintenu le plus complet possible. Voilà pourquoi ils poussent au réengagement, alors que les hommes sont censés pouvoir demander leur congé au bout de quatre ans. Mais, sans l’accord de leur capitaine, ils ne pouvaient partir… D’où une poussée de la désertion, punie par les galères dès 1684. Toutefois, il était courant de dénoncer les déserteurs assez tardivement, pour pouvoir se partager leurs soldes et leurs rations. Les abus étaient donc courants des deux côtés. La troisième et dernière forme de racolage est pratiquée sur les prisonniers de guerre, pour éviter qu’ils ne prennent engagement dans l’armée ennemie. En effet, la chose était possible. Des modalités d’échange de prisonniers furent donc mis au point avec les Espagnols, notamment en fixant le montant des rançons. N’oublions pas que les soldats de l’époque sont considérés comme des parias par la société et que la distinction entre civil et militaire est seulement en train de s’opérer.

Louvois, qui remplace son père au secrétariat d’état à la guerre. Il y reste de 1662 à 1691. Image prise sur Wikipedia. 

Source: André Corvisier, Histoire militaire de la France, t.1, Des origines à 1715 (sous la direction de Philippe Contamine), Paris, PUF, coll. « Quadrige », 1997, p. 395-397.

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