Byzance et les croisades. II sur III.

Les croisés conquièrent la terre sainte:

En 1097 Antioche est assiégée, mais le général byzantin Tatikios qui accompagnait les croisés fait faire volte-face à ses troupes, ce qui est extrêmement mal vu. La ville tombe finalement l’année suivante, par trahison  (un Arménien acheté fait ouvrir les portes de l’intérieur). La chose est courante dans tout le Moyen-âge où l’assaut frontal des forteresses, très coûteux, est rare.
Des messagers respectent les accords et sont envoyés à Alexis pour qu’il vienne prendre possession de la conquête, ce qui montre bien qu’il est lui-même absent. Mais pouvait-il faire autrement ? Car à ce  moment même le sultan seldjoukide (turc) de Bagdad envoie une armée de secours à Antioche, dont la citadelle tient toujours malgré la prise de la ville que l’on vient d’évoquer!
Plus grave : une autre armée, venue du Khorasan (en Iran actuel), vient le menacer sur ses terres. A mi-chemin d’Antioche, le basileus doit faire demi-tour… On le voit bien, les évènements sont très complexes.

Pourtant le 28 juin 1098, la victoire est croisée : l’armée de secours est étrillée et la citadelle tombe enfin. Un nouveau problème se pose alors (!!) : les croisés ne savent plus bien quel statut ils ont, et ils rejettent même une ambassade byzantine, continuant seuls leur marche vers le sud. Jérusalem tombe en 1099 et l’armée fatimide (les maîtres de l’Egypte), accourue du sud, connaît la défaite à Ascalon en août de la même année. C’est à ce moment que se créent les états latins d’Orient. A savoir la principauté d’Antioche pour Bohémond, le comté d’Edesse attribué à Baudouin de Boulogne et enfin le Royaume de Jérusalem, dont Godefroy fut le premier roi. Mais, au final lésé par ses pairs, un autre chef, Raymond de Saint-Gilles, s’allie avec les Byzantins et chasse les Turcs de la région de Laodicée (Syrie) : c’est le point de départ du comté de Tripoli.

Représentation de Robert Guiscard (non-contemporaine).

Les relations de Byzance avec les états latins:

Inutile de dire que les relations entre Constantinople et les états latins restent très tendues. Finalement c’est assez vite (1101) que la guerre éclate entre Bohémond (qui est tout de même le fils de Robert Guiscard, le roi normand de Sicile, donc vieil ennemi) et Byzance. Avec des forces venues d’Italie, il débarque en Epire (Grèce). Vite vaincu, il finit par signer un traité durable avec ses ennemis, en 1108. L’accord trouvé est clair : il devient vassal, recevant comme fief viager Antioche et ses terres. Finalement le seul état à ne pas prêter serment à Alexis est le royaume de Jérusalem.

Hélas pour Byzance, ce système qui apparaît comme sa victoire (presque tous sont vassaux)… Va vite chavirer. En effet Tancrède, neveu de Bohémond, revendique avec succès Antioche à la mort de son oncle. Mieux, il se déclare (avec le comté d’Edesse) vassal… Non pas de Byzance, mais plutôt du royaume de Jérusalem, et ce en 1120! Les états latins se lient donc entre eux au détriment de Constantinople.
Rappelons que les différences sont grandes entre orient et occident, dans la conception des liens entre états, personnes. En effet, là où le serment de vassalité occidental implique réciprocité… Il n’en est rien à Byzance où l’empereur ne serait être tenu par un serment envers ses inférieurs. Pour diverses raisons qu’on évoquera pas ici le règne de Jean II (le fils d’Alexis) forme une sorte de pause dans les Balkans qui s’étaient réveillés sous son père (Hongrois et Serbes se tiennent désormais tranquilles pour faire simple)… Il peut donc tourner à nouveau le regard de Byzance vers l’est et le sud. C’est ainsi que vers la fin de son règne il fait des descentes, des démonstrations de force, en Asie mineure pour impressionner les états croisés.

En retour il obtient leur hommage. En 1137 il s’empare même d’Antioche qui reconnaît sa souveraineté. Mais, peu après ses deux fils aînés, il meurt d’un accident de chasse en 1142. Manuel Comnène, son successeur , épouse d’ailleurs Marie d’Antioche. On le voit, les mariages prennent un nouveau rôle à Byzance. Mais Edesse tombe 1144, les Musulmans jusque-là divisés commençant à se fédérer et Antioche s’empresse de renouveler son hommage. Cette nouvelle pression des forces rassemblées de l’Islam déclenche la deuxième croisade, en 1147…

L’arrivée des croisés à Constantinople, 2e croisade. BNF, département des manuscrits (image wikipedia).

Source: cours de licence donné sur la question par Vincent Déroche. 

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