La guerre des rues au XIXe siècle, II sur II.

Quelle stratégie pour cette guerre? 

Lorsque les rues s’enflamment, quelle stratégie peut-on employer? La plus connue est de laisser se développer l’émeute, pour localiser les quartiers dangereux. On ne frappe qu’ensuite, avant ce serait prématuré et inutile.
 Toutefois cette stratégie d’attente est tout de même très coûteuse. Certes, l’armée a de l’artillerie pour faire sauter les barricades, mais tant que les rues sont labyrinthiques et serpentent, il est bien difficile d’y faire bouger les lourds canons de campagne. Les soldats évoluent en deux files, l’une de chaque côté de la rue, pour se couvrir. Arrivés à la fin de la voie, elles s’arrêtent et fouillent les maisons. Ceux qui sont pris une arme à la main ou les mains noires de poudre (c’est l’inconvénient de l’époque, il est impossible de masquer rapidement que l’on a tiré) sont aussitôt passés par les armes. L’addition est salée, en hommes comme en officiers: 10 généraux sont tués en 1848!

Le cas de la Commune. 

En 1871, au moment de la Commune, Paris est totalement évacuée, et même certains forts externes. Le gouvernement sait bien qu’il ne peut pas lutter sans s’être préparé car ce n’est pas là une petite échauffourée. L’émeute se développe, donc, les insurgés se découvrent et les Versaillais (nom donnés aux soldats du gouvernement, réfugié à Versailles) se préparent. La reconquête systématique est ensuite lancée, sans l’aide de Bismarck toutefois (il l’avait proposée!). En premier lieu, les sorties communardes sont repoussées (avec l’aide de la Gendarmerie notamment), les forts sont repris et la ville investie par l’ouest (quartiers les plus bourgeois, donc les moins susceptibles d’être hostiles). C’est la fameuse « semaine sanglante », une terrible guerre des rues qui s’accentue avec l’avancée dans le centre puis l’est ouvrier de Paris. Le tout avec des combats de retardement meurtriers, des « nettoyages » de quartier où le sang coule à gros bouillons. Toutefois, force est de constater que ce genre de mouvement prend ensuite fin après la Commune, les forces permanentes de police augmentent let les répressions se font moins brutales.

Le combat au père-Lachaise, 1871. Tableau de Philippoteaux. Crédit photo: histoire-image.org

Après 1871…

Reste le cas du 6 février 1934, soit l’agitation de l’extrême droite qui veut renverser le gouvernement. Avec eux, des communistes sont mêlés, ceux-ci refusant de laisser leurs rivaux occuper seuls le terrain, en cas de victoire! Cette émeute dans la capitale est brisée par l’intervention des forces de l’ordre . Mais, là, celles-ci tirent pour faire reculer la foule, qu’on ne peut plus contenir et qui menace l’assemblée (elle s’est approchée trop près du Palais Bourbon). Paris n’est toutefois pas en état d’insurrection. La Guerre d’Espagne, elle, a également connu de terribles combats urbains, ainsi que les années la précédant (à ce sujet on peut lire Une balle perdue de Joseph Kessel, mais aussi Hugo pour les barricades de 1830, dans les Misérables, et Daudet pour la Commune dans Les contes du lundi). Ce qu’on vient de voir fut en fait la forme de guerre subversive la plus forte du siècle, car sa réussite aurait permis de remettre en cause le fonctionnement général du pays.  A noter qu’on ne pouvait plus utiliser de troupes étrangères depuis 1830 en France, sauf la Légion: mais celle-ci ne doit pas stationner en métropole. Impossible de faire faire le « sale boulot » par d’autres, donc. Toutefois, on sait que l’Italie envoyait des Piémontais dans le sud, les différences régionales étant très fortes dans la Botte, alors très récemment unifiée.

Vidéo, le 6 février 34.

Bibliographie:

-Cours de master

Histoire militaire de la France, t. 2 de 1715 à 1871, sous la direction de Jean Delmas, Paris, PUF coll. « Quadrige », 1997, 627 p.

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