Le lieutenant Kijé ou « les déboires de l’administration impériale russe ».

Qui est le lieutenant Kijé? Et bien un homme…. n’ayant tout simplement jamais existé!

Nous sommes alors sous Paul Ier, le père d’Alexandre Ier, le grand adversaire de Napoléon.  Ledit tsar se vit un jour remettre une liste de gradés, pour choix de promotions et décorations. Sur celle-ci figurait le nom du fameux Kijé, en fait fantôme issu d’une erreur d’écriture d’un fonctionnaire; auteur d’un jeu de mots sur un procès-verbal! En effet le russe se construit de telle manière (orthographiquement et phonétiquement)  que cette maladresse a pu passer pour vraie et la blague d’un employé va virer à l’absurde.

Comme de juste, Paul Ier choisit l’inexistant Kijé parmi tous, pour être décoré! Après vérification, les militaires sont atterrés. Ils craignent par dessus-tout la colère du tsar, homme ombrageux et violent, connu pour ses colères. Ils ne révèlent donc pas la vérité à leur souverain et inventent de toutes pièces une vie à Kijé, lui font gravir un à un les échelons jusqu’au grade de général au fil du temps… Et la ruse prend. Lorsque l’empereur voulut le rencontrer, sa « mort »  (héroïque, s’il vous plaît) fut créée de même manière.

L’affiche du film de 1933. Crédits photos: wikipedia.

Cette anecdote véridique, quoique assez surréaliste, qui montre bien les déboires de l’administration, a fait l’objet d’une nouvelle de Tynianov en 1927 (plutôt satirique envers le pouvoir soviétique) puis d’un film en 1933, dont la bande-son a été composée par Prokoviev. Il en tira une suite orchestrale l’année suivante. C’est un extrait de celle-ci que je vous propose d’écouter, Troika, qui évoque une ballade en traîneau (les grelots sont là pour le rappeler). Très caractéristique de la musique de cette époque, ce mouvement emprunte aux sonorités populaires… tout en utilisant du saxophone, instrument pas forcément familier de la Russie soviétique. C’est en fait un mélange des périodes et des genres assez courant ces années-là et que l’on peut retrouver chez des contemporains, comme Chostakovitch.

Troika, version chantée (Ozawa, Berliner Philarmoniker):

Version instrumentale (pour mieux distinguer le saxophone):

Source: Informations récoltées pendant un concert de l’orchestre de la Garde Républicaine, livrets de CDS consacrés à Prokoviev.

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