La révolution hongroise de 1848: IV) L’intervention russe

Nous avions vu la dernière fois l’impasse militaire dans laquelle se trouvait Vienne, confrontée à de multiples révoltes, un changement de dirigeant et une Honvéd (l’armée hongroise) bien combative. Face à tous ces contretemps plutôt fâcheux, la solution vint finalement de l’est…

Nicolas Ier:

Il est tout d’abord nécessaire de dire quelques mots sur le pourquoi du comment.  Grande vainqueur de Napoléon avec la Prusse, l’Autriche et le Royaume-Uni, la Russie est l’une des principales puissances de l’époque. Même si des divisions et tensions internes la travaillent déjà, si les Polonais et d’autres nationalités qu’elle dominent réclament l’indépendance… Sa puissance est sans commune mesure avec son affaiblissement du début du XXe siècle (catastrophique guerre russo-japonaise et révolution de 1905). Elle est dirigée par Nicolas Ier. Le tsar est l’un des jeunes frères d’Alexandre Ier, l’ancien ennemi de l’empereur des Français. L’homme a connu les derniers affrontements des guerres napoléoniennes et est monté sur le trône après une tentative de soulèvement inspiré par les idées de la Révolution française (le putsch dit « des décembristes »). Depuis, il passe pour un champion de la contre-révolution, pour l’ami des autres souverains. A ce titre il estime avoir un droit de regard sur les affaires européennes et approche donc la cour de Vienne en ce sens.

Le tsar Nicolas Ier par Vladimir Dmitrievitch Svertchkov, crédit photo: wikipédia.

Les troupes russes entrent en guerre: 

Toutes ces raisons font qu’il est prêt à faire intervenir ses armées en Hongrie pour aider François-Joseph à mater la révolte, d’autant plus qu’il craint des débordements sur la Pologne voisine, dont il occupe une grande partie.  Dès l’hiver 1848 il masse donc des troupes à la frontière et entame des approches diplomatiques d’abord infructueuses. Finalement, en mai 1849, l’empereur d’Autriche accepte la proposition russe, non sans avoir hésité des mois avec son gouvernement (accepter des armées étrangères pour reconquérir son trône n’est jamais facile à accepter). Nicolas Ier le rencontre aussitôt à Varsovie et lui promet l’entrée en campagne de 100.000 hommes pour la mi-juin… Une force conséquente.

Bientôt le plan, plutôt simple, est arrêté: les troupes austro-russes, venant à la fois de l’ouest et de l’est, vont prendre leur ennemi dans une tenaille irrésistible. Elles disposent dans l’affaire de 280.000 hommes et 12.000 canons (!) face à « seulement » 150.000 Hongrois appuyés par 450 pièces. Très rapidement la disproportion de moyens fait changer le cours de la guerre et dès la mi-juin 1849 les succès s’accumulent pour les Autrichiens et les Russes. Leur ennemi, s’il ne connaît pas de déroute massive, doit céder peu à peu du terrain. Début août, seul le sud-est de la Hongrie est encore au mains des Hongrois révoltés et le pays est exsangue, lassé des combats. Le 13 de ce mois, ils préfèrent capituler. Honte suprême pour François-Joseph, c’est le commandement russe et non le sien qui reçoit cette capitulation…

Nous verrons pour terminer le règlement de la paix et les conséquences de cette guerre.

-Bled (Jean-Paul), François-Joseph, Paris, Tempus, 2011, 848 p.

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Bonus, un extrait de l’opéra Les décembristes de Chaporine. Peu de rapport, mais j’aime tant la musique russe que je ne sais résister:

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