La piraterie dans la Grèce antique: III) Le rôle économique

En apparence assez peu liée au monde de la piraterie, l’économie s’imbrique pourtant fortement avec celui-ci. En effet, outre l’acquisition de biens de manière illégale, qui vient logiquement à l’esprit, on peut rajouter d’autres aspects comme le commerce. Voyons à présent cela.

Pirates et commerçants 

Longtemps, les deux activités ne furent pas très distinguables, un même personnage et son équipage pouvant pratiquer les deux, ce qui changea progressivement. Néanmoins, une fois la distinction bien faite entre marchand et « pillard », ces domaines restèrent liés. Tout d’abord, on s’en doute, car les pirates cherchaient à revendre leur butin.

Mais aussi, et surtout, car les détrousseurs du monde grec antique jouèrent le rôle de vendeurs d’esclaves. Or, ceux-ci sont nombreux à l’époque, généralement des prisonniers (et des descendants d’esclaves) et appartiennent à tous les peuples du bassin méditerranéen, Grecs compris. Je citerai le cas assez connu de Platon, vendu comme tel durant la guerre du Péloponnèse, et racheté par un de ses amis. Ils sont utilisés à des tâches domestiques, agricoles ou minières, la pensée grecque trouvant ses travaux dévalorisants et même indignes de l’homme.

Ce commerce très rentable, dans un monde souvent en guerre (ce qui facilite la réduction en esclavage des populations), fit donc la fortune des pirates, qui écoulaient leur marchandise dans de nombreux ports, qui leur permettaient également de réparer leurs navires, comme sur l’actuelle côte syrienne. Signe que cette économie était vitale pour une certaine partie des cités et autres états de l’époque.

Monnaie d’Egine, où Platon fut vendu comme esclave.

L’irruption des Romains

Puissance montante dans cette partie de la Méditerranée dès le IIIe siècle avant notre ère, Rome se trouve impliquée dans les mouvements décrits plus haut. En effet, elle est une grande utilisatrice d’esclaves, et, vu la superficie qu’elle possède peu à peu (au final, l’un des plus grands empires de l’histoire) constitue un acheteur de premier plan. De plus, ce mouvement s’amplifie après ses victoires contre Carthage (définitive en 146 avant JC) et son irruption en Grèce même.

Or, sa demande importante multiplie les captures… Et donc les pirates ! Ceux-ci se font les pourvoyeurs de Rome et croissent en nombre important du fait de ce commerce, notamment les Ciliciens (actuelle Turquie). Hélas pour eux, cette manne financière ne dure que peu car leur explosion numérique perturbe de plus en plus les routes maritimes et déstabilise des régions entières . Peu à peu, la grande cité du Latium change donc d’opinion puis de comportement face à eux, jusqu’à la Lex Gabinia de 67 qui leur est fatale. Elle confie à Pompée les pleins pouvoirs pour les combattre, ce qu’il fait avec brio, éliminant cette menace d’ampleur. 

Bibliographie:

-GARLAN (Yvon), Guerre et économie en Grèce ancienne, La Découverte, Paris, 1999, 225 p.

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