Custer à l’écran: « They died with their boots on » (1/3).

S’il y a bien une chose dont j’ai trop peu peu parlé jusqu’ici, c’est le cinéma. Pourtant c’est un art que j’affectionne particulièrement et qu’il est très intéressant d’étudier. Voilà pourquoi j’ai décidé de parler aujourd’hui d’un film de 1941 : They died with their boots on, du prolifique Raoul Walsh. On passera sur la calamiteuse traduction française (La charge fantastique) du titre pour se concentrer sur le casting et ce qui est raconté, avant de revenir sur l’intérêt de tout ceci pour l’histoire militaire, évidemment.

Le contexte

Le film montre donc de manière romancée, et assez hagiographique, la vie du fameux George Armstrong Custer. Si le personnage  est connu pour avoir fini sa carrière sous les tirs et les flèches des Indiens à Little Big Horn à la tête de son unité, le célèbre 7e de cavalerie… They died with their boots on commence bien en amont: on le voit arriver à l’académie militaire de West Point, où sont formés les officiers de l’armée américaine. Débarquant chamarré comme un général napoléonien et ne doutant de rien… Il va faire des siennes, accumuler les fautes et engranger des résultats catastrophiques. 

Ainsi, dès le début, le ton est donné: le film est très plaisant à regarder et regorge de moments dont on se souvient. Souvent drôle, il est bien filmé, avec de très belles images et scènes sur lesquelles je reviendrai. D’ailleurs, le fameux général est joué par Errol Flynn, immense vedette de l’époque qui tourne une nouvelle fois avec la sublime Olivia de Havilland, qui joue là son épouse. En effet, c’est l’un des huit films où le couple mythique fut ensemble, dirigé notamment par d’autres maîtres comme Michael Curtiz (Casablanca…). A leurs côtés on notera tout de même le jeune et encore assez peu connu Anthony Quinn, qui campe le chef indien Crazy Horse.

Custer (Errol Flynn) débarque à West Point… Et multiplie les maladresses dignes d’un vaudeville. Là il se prend pour Murat, « the king of cavalrymen ».

Les évènements 

Custer a donc des notes catastrophiques… Mais il est un excellent cavalier et la Guerre de Sécession a besoin d’officiers pour mener les masses d’hommes au combat et George en fait partie, se distinguant à de nombreuses reprises durant ce conflit, de manière moins romanesque que dans le film évidemment. La guerre finie, l’officier s’abîme dans la boisson et s’ennuie, avant d’être rappelé au service actif dans l’ouest, dont la « conquête » est peu à peu faite par les Américains, au détriment des tribus indiennes. Or, il sait mener les hommes et son goût de l’action n’est un secret pour personne.

La suite est connue: malgré ses sympathies pour ces populations et la corruption ambiante, il ne peut empêcher la conquête des Black Hills (c’est du moins ainsi que le film montre les choses, nous y reviendrons dans l’analyse), terres sacrées des Indiens, à cheval entre le Montana et le Dakota, où l’on a trouvé de l’or en 1874… et que les compagnies ferroviaires aimeraient bien traverser. Après l’échec des négociations, la guerre débute donc et son unité est engagée dans les combats. Or, tombé dans une nasse à Little Big Horn, il meurt avec ses hommes le 25 juin 1876, victoire qui ne permet toutefois pas aux Indiens de gagner la guerre. Depuis, le personnage est tantôt adulé tantôt détesté, la vérité étant comme toujours plus nuancée.

Nous verrons donc la prochaine fois les enseignements qu’on peut tirer de ce film par rapport à l’histoire et à l’histoire du cinéma, et il y a beaucoup à dire ! 

L’affiche. Le film est produit par la Warner Bros.

 

Bibliographie sur le contexte historique: 

-AMEUR (Farid), Sitting Bull, héros de la résistance indienne, Paris, Tallandier, coll. « Texto », 2014, 239 p.

-JACQUIN (Philippe) et ROYOT (Daniel), Go west ! Une histoire de l’ouest américain d’hier à aujourd’hui, Paris, Flammarion, coll. « Champs », 2004, 368 p.

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