La gendarmerie sous le Consulat et l’Empire. VI) Vers un XIXe siècle contrasté

Un bilan contrasté 

La période consulaire et impériale est finalement contrastée pour la gendarmerie. Elle sort clairement renforcée pour ce qui est de son organisation, de son assise juridique et de ses moyens. Ses missions ont été précisées, elle a permis au pouvoir de mieux administrer et contrôler le territoire. Le grand banditisme a reculé, les routes se sont faites plus sûres et cette arme a su prouver toute l’utilité de son caractère à la fois policier et militaire. Bon nombre de gendarmes ont un eu un rôle crucial bien qu’oublié dans l’encadrement des mobilisations et des armées en campagne, tout en payant l’impôt du sang sur le champ de bataille même. Enfin, les différentes gardes au statut un peu qui ont assuré la sécurité de la capitale durant la période sont les ancêtres plus ou moins directes de l’actuelle garde républicaine. Napoléon a aussi eu soin de veiller à la sécurité d’un Paris toujours mouvant, comme les révolutions du XIXe siècle vont amplement le montrer par la suite.

Malgré cela, les pertes au feu ont été terribles. De plus, la gendarmerie traîne une image de suppôt du pouvoir napoléonien, prompte à traquer les réfractaires à la conscription et les ennemis du régime. Si nous avons vu que c’est évidemment beaucoup plus compliqué que cela, il ne faut jamais oublier que les contemporains n’ont pas le recul de l’historien et que les représentations, l’idée qu’on se fait des choses, des institutions, des faits, est au moins aussi importante que les faits eux-même en histoire. Ces représentations produisent des actes à leur tour, et donc créent de l’histoire.

Pour faire le lien avec la suite du siècle, et pourquoi pas d’autres articles. Voici une boucle de ceinturon de la gendarmerie sous la monarchie de Juillet. On voit bien le coq, symbole bien utilisé par Louis-Philippe. Photo de l’auteur prise au musée de la gendarmerie en 2015: https://www.gendarmerie.interieur.gouv.fr/musee

À l’aube de la Restauration

Et cette idée que le nouveau pouvoir se fait des gendarmes se traduit en actes dès le début de la Restauration. Les royalistes revenus au pouvoir en 1814 et surtout en 1815 se méfient d’une gendarmerie qui est jugée trop proche de Napoléon. Moncey et Radet sont très mal vus et le second fait même de la prison. Nul doute que son rôle dans l’arrestation du pape a déplu à toute une frange ultra-catholique de la noblesse, qui ne la représente certes pas en entier mais dont l’influence est grande.

Concrètement, l’arme n’est pas supprimée, même si les gouvernants y ont songé fortement en 1815. Elle est finalement préservée et garde son statut militaire, mais les moyens et effectifs baissent très rapidement. En 1814, il y avait 26.000 gendarmes, ils ne sont plus que 14.000 en 1820. Même si leurs nombre remonte un peu par la suite, il faut attendre le Second Empire pour connaître une nouvelle période d’embellie. Cette arme embarrasse le pouvoir plutôt qu’autre chose, mais lui reste évidemment utile…

Bibliographie consultée (sans but d’exhaustivité):

Il existe plusieurs livres sur la question (Antoine Boulant, Jacques-Olivier Boudon ont écrit sur le sujet, Jean-Noel Luc aussi). Pour ma part, j’ai consulté le synthétique et très sérieux :

-ALARY Éric, Histoire de la gendarmerie, Paris, Perrin, coll. « Tempus », 2011, 320 p.

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