L’indépendance de la Belgique: II) La reprise des combats

Guillaume Ier se résout à la guerre 

Le roi des Pays-Bas, mécontent des résultats de la conférence de Londres et persuadé d’avoir été abandonné par les Britanniques, prend donc la décision de recouvrer les territoires qu’il est en train de perdre en recourant à nouveau à la force. Les litiges territoriaux avaient constitué, souvenons-nous, une pierre d’achoppement des pourparlers de la conférence et le sort de nombreux territoires reste encore en suspens début 1831. Or, les dernières négociations attribuent à la Belgique le Luxembourg et le Limbourg néerlandais.

Le monarque ne saurait l’accepter: il est personnellement possesseur du Grand-Duché, dont le territoire est plus grand que l’actuel. Il comprend notamment des régions romanes qui forment aujourd’hui la province du Luxembourg belge. Quant au Limbourg concerné, il comporte la grande ville de Maastricht dont la position sur le cours de la Meuse, dont elle tire son nom, la rend d’importance vitale. Or, il ne faudrait pas penser à un souverain totalement isolé. Aux Pays-Bas, la population soutient largement Guillaume Ier, ulcérée de ces décisions qui lui retirent de vastes et riches espaces. En août 1831, soit un an après les événements révolutionnaires de Bruxelles, l’armée néerlandaise attaque donc la Belgique à peine née.

La « campagne des Dix jours »

La campagne militaire ne dure que dix jours. Si l’armée néerlandaise se comporte bien au feu, elle doit faire face à une intervention militaire française. En effet, Léopold, lucide sur les capacités de la toute nouvelle armée belge, a demandé de l’aide à Paris et Londres aussitôt la nouvelle de l’attaque sue. Si les Britanniques n’ont pas envoyé de troupes, contrairement aux Français, cette présence française crée de nouvelles difficultés et embrouille une situation déjà passablement complexe. Louis-Philippe est intervenu sans que la conférence encore en cours n’ait été informée, et le premier ministre britannique Palmerston s’offusque du fait que les troupes de la monarchie de juillet aient franchi la frontière.

On retrouve là cette crainte d’une mainmise sur la Belgique évoquée dans l’introduction. Finalement, le roi des Français accepte de retirer ses hommes, mais une trêve est obtenue et Guillaume doit faire de même. Les puissances reviennent à la table des négociations pour trouver une solution plus durable aux affaires belges.

Bibliographie consultée (sans but d’exhaustivité):

La référence synthétique la plus scientifique et récente est l’indispensable Nouvelle histoire de Belgique. On pourra aussi se référer à l’étude du professeur Romain Yakemtchouk, qui analyse les choses sous l’angle franco-belge.

-WITTE (Els), Nouvelle histoire de Belgique. 1828-1847. La construction de la Belgique, Bruxelles, Le cri, 2017, 235 p.

-YAKEMTCHOUK (Romain), La Belgique et la France. Amitiés et rivalités, Paris, L’Harmattan, 2010, 297 p.

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