Les Gaulois et la guerre: III) L’armement

Après la présentation du cadre général dans lequel évoluent les Gaulois, nous sommes revenus sur les guerriers: qui  fait la guerre chez les Gaulois et pourquoi ? Avant d’évoquer leurs techniques de combat et certains affrontements comme la guerre des Gaules, il paraît important de décrire leur armement et de manière plus générale leur équipement.

Les armes 

Nous l’avons vu, les guerriers gaulois paient leur équipement et celui des hommes dans leur clientèle. Ils sont entourés d’une multitude de servants d’armes, d’aides qu’il faut également équiper. Cela génère de grandes dépenses, surtout en l’absence de standardisation du matériel qui est bien postérieure. Toutefois, les armes à proprement parler évoluent peu au cours des siècles. Ce sont  essentiellement des lances, des piques, des épées et des armes d’hast dont la forme a peu varié entre leur conception à l’âge du bronze et la fin de l’indépendance des peuples gaulois. Toutefois, le métal utilisé n’est par la suite plus le bronze, mais le fer.

Si j’évoquerai par la suite plus avant les tactiques de combat, il faut dès à présent indiquer que l’arme principale utilisée au combat est la lance, un peu à la manière des hoplites grecs. L’épée ne sert qu’ensuite, au plus fort du corps-à-corps, quand les armes longues ne sont plus utilisables et/ou brisées. Ces épées dont on a retrouvé des parties métalliques (voir lien ci-dessous) se sont allongées au cours des siècles et sont maintenues le long du corps grâce à un baudrier réputé dans le monde antique.

A côté de cet armement du guerrier, ses clients et autres personnes qui gravitent autour utilisent des armes plus variées, et notamment l’arc. Il n’est donc pas inconnu des Gaulois, même si la qualité de l’équipement de ces hommes peut être moindre que celle des guerriers: certains n’ont que des instruments d’agriculture utilisés faute de mieux.

Quelques armes gauloises sur le site du musée d’archéologie nationale à Saint-Germain-en-Laye: https://musee-archeologienationale.fr/phototheque/oeuvres/armes-gauloises-casque-umbo-de-bouclier-epee-lances-talons-fibule_fer-metal

Les protections 

Les Gaulois sont réputés pour une invention qu’on attribue souvent à tort au monde médiéval: la cotte de mailles, ensuite copiée par les Romains. Elle protège les cavaliers, les plus prestigieux des combattants. Faite de milliers d’anneaux de métal liés les uns aux autres, elle est moins lourde que les cuirasses imitées des Grecs et rapidement abandonnées par les Gaulois. L’homme à cheval complète ses protections par un très haut bouclier plat, également utilisable à pied. Il emploie aussi le casque, mais assez rarement au final. Il faut donc se méfier des représentations du XIXe siècle.

En fait, et cela frappe, les Gaulois sont assez peu protégés au combat. Beaucoup, notamment les fantassins, combattent torse nu et même complètement nus pour certains. Ces peuples plus offensifs que défensifs procèdent peut-être ainsi pour avoir une plus grande aisance dans leurs mouvements vers l’ennemi, sans être gênés par trop de sangles et de vêtements. Les historiens et archéologues songent aussi à des explications relevant du domaine du religieux. La nudité, attestée chez de très rares autres peuples au cours de l’histoire, serait une question de croyances -mal connues- à respecter. Elle est aussi le moyen de faire peur à l’ennemi, confronté à une masse de guerrier nus, prompts aux manifestations sonores et tatoués.

En effet, Michel Pastoureau rappelle l’usage de la guède chez les Celtes et les Germains, qui se couvrent le corps de bleu tiré de cette plante et ce pour effrayer leurs adversaires. De fait, Grecs et Romains associent cette couleurs aux barbares et s’en méfient.

Bibliographie consultée (sans but d’exhaustivité):

La recherche sur les Gaulois a beaucoup progressé ces dernières décennies grâce à des historiens comme Christian Goudineau et Jean-Louis Brunaux. J’ai utilisé sa dernière synthèse la plus à jour, d’un accès facile, bien écrite et fort intéressante:

-BRUNAUX Jean-Louis, Les Gaulois, Paris, Tallandier, coll. « Texto », 2020, 476 p.

Sur l’usage du bleu, voir les premières pages de l’excellent:

-PASTOUREAU Michel, Bleu. Histoire d’une couleur, Paris, Seuil, coll. « Points histoire », 2014, 240 p.

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