Archives de Catégorie: De 1789 à 1914

L’expédition d’Espagne de 1823: IV) Conclusion

Un retour triomphal du duc d’Angoulême

« Voilà la plus grande fanfaronnade depuis Don Quichotte ». Ces propos, rapportés par le maréchal de Castellane, qui était officier durant l’expédition d’Espagne, reflètent bien la pensée du duc d’Angoulême… Un duc dont on a dit le peu de bienveillance pour la famille royale espagnole, et qui s’est empressé de la quitter aussitôt les opérations militaires terminées.

Néanmoins, malgré cette amertume et le fait qu’il ne soit pas personnellement un grand soldat, il est tout de même acclamé à son retour à Paris, le 2 décembre. Il était nominativement commandant du corps expéditionnaire français et la mission de celui-ci a été remplie avec succès. C’est pourquoi la capitale lui fait honneur, ainsi que le roi qui le reçoit aux Tuileries. C’est l’occasion d’un défilé militaire important en présence de la famille royale et suivi par bon nombre de Parisiens enthousiastes.

De ce point de vue là, c’est donc une indéniable réussite: la France est parvenue à s’entendre à nouveau avec les puissances l’ayant emporté en 1815, et mener une campagne militaire victorieuse sur un théâtre d’opérations où elle avait été grandement malmenée dans un passé récent. Dans la quête de légitimité et de prestige de la Restauration, ce n’est pas inutile, mais il ne faut pas non plus penser que tout a changé en 1823.

L’expédition d’Espagne reste en effet assez secondaire et n’a pas une portée immense. Il faudra encore bien des décennies pour que le traité de Vienne soit dénoncé et combattu avec succès. D’ailleurs, Louis XVIII s’est clairement (ce qui est logique) mis du côté des puissances contre-révolutionnaires et ne poursuit pas un but de déstabilisation de l’Europe des monarques, on s’en doute bien !

L’esplanade du Trocadéro aujourd’hui, rare souvenir dans la mémoire collective de l’expédition de 1823. Source: https://www.parisinfo.com

Une Espagne temporairement pacifiée 

L’Espagne, elle, est temporairement pacifiée et le roi Ferdinand retrouve les pleins pouvoirs. Une troupe française de 45.000 hommes reste à sa disposition dans son pays et un traité est signé avec la France, qui paie d’ailleurs l’entretien des soldats cités. Les liens entre les deux branches de la grande famille des Bourbons sont donc resserrés à cette occasion et le souverain espagnol peut tranquillement s’adonner à la répression des éléments libéraux. Ce faisant, il s’attaque également à certains penseurs, journalistes, universitaires, avec pour résultat de priver son pays d’éléments instruits. 

Or, si ce tour de vis est féroce et dur, il ne règle pas pour autant les problèmes auxquels fait face la monarchie. Outre les déboires coloniaux qu’elle continue de connaître (la plupart des territoires américains se soulèvent et déclarent avec succès leur indépendance), tout est remis en cause à la mort de Ferdinand, survenue en 1833. Par sa volonté, sa fille Isabelle doit lui succéder, ce que conteste son oncle Charles. Le frère du roi n’accepte en effet pas l’abrogation de la loi privant les femmes du trône, ce qui l’en écarte. Une série de guerres dites Carlistes pour régler la succession s’enclenche, minant le pays pour plusieurs décennies, les libéraux se rapprochant d’Isabelle et les conservateurs de Charles.

Bibliographie consultée (qui n’a donc pas pour but d’être exhaustive):

On trouvera l’essentiel des informations dans deux très belles biographies consacrées à Louis XVIII et Louis-Philippe, attendant alors son heure:

-ANTONETTI (Guy), Louis-Philippe, Paris, Fayard, 1994, 992 p.

-LEVER (Evelyne), Louis XVIII, Paris, Fayard, coll. « Pluriel », 2012, 608 p.

Sur le rôle de Chateaubriand lui-même:

-BERCHET (Jean-Claude), Chateaubriand, Paris, Gallimard, 2012, 1049 p.

Liens: 

La page Facebook du site : ici . Déjà 411 abonnés !

Mes vidéos d’histoire sur Youtube:  La chaîne . Déjà 1558 abonnés !

Mes articles pour la Gazette du wargamer 

La page Tipeee : https://www.tipeee.com/antre-du-stratege

 

Publicités

L’expédition d’Espagne de 1823: III) Les combats

Un succès militaire

L’expédition d’Espagne est un vrai succès militaire, notamment car les moyens mis à disposition sont réels: 100.000 hommes, comme on l’a rappelé précédemment. Il n’empêche qu’elle dure plusieurs mois et que d’importants combats ont lieu. Chateaubriand l’a joliment décrite, en s’en attribuant le mérite bien entendu, dans les Mémoires d’outre-tombe: « Ma guerre d’Espagne, le grand événement politique de ma vie était une gigantesque entreprise. La légitimité allait pour la première fois brûler de la poudre sous le drapeau blanc, tirer son premier coup de canon après ces coups de canon de l’Empire qu’entendra la dernière postérité. Enjamber d’un pas les Espagnes, réussir sur le même sol où naguère les armées d’un conquérant avaient eu des revers, faire en six mois ce qu’il n’avait pu faire en sept ans, qui aurait pu prétendre à ce prodige ? C’est pourtant ce que j’ai fait […] » (1).

S’il enjolive son rôle et ne commande de toute façon pas sur le terrain, il y a du vrai dans ses phrases: entrée en Espagne début avril, l’armée française est déjà à Madrid le 24 mai. La ville, contraste fort avec 1808, acclame d’ailleurs les arrivants ! Quant au gouvernement constitutionnel, il a dû fuir vers le sud et Cadix, en emmenant le roi en otage avec lui. S’il a organisé des armées, ledit gouvernement a des moyens assez limités, même s’il résiste plusieurs fois avec succès aux troupes de Louis XVIII. Toutefois, elles progressent en direction du port sans pouvoir être arrêtées définitivement et sont soutenues par des éléments royaux espagnols.

Le combat pour cette ville est resté célèbre car son accès est défendu par le fameux fort du Trocadéro, dont la chute le 28 septembre met fin à la résistance de Cadix et aux espoirs des libéraux espagnols. Le roi Ferdinand VII est libéré dans la foulée.

Paul Delaroche, dont les tableaux historiques sont bien connus, montre ici le « Le duc d’Angoulême dans la Bataille de Trocadéro » . On a dit la volonté royale de lui faire acquérir un peu de cette gloire dont il est tant dépourvu. Cette peinture s’inscrit dans cette optique. L’image, libre de droits, est conservée sur wikipédia.

Un roi ingrat

Il se révèle d’emblée ingrat: s’il reçoit le duc d’Angoulême le 1er octobre, il ne fait montre que d’une reconnaissance bien minime. Le fils du futur Charles X prend alors toute la mesure du personnage et le raccompagne jusqu’à Séville sans faire plus. Il comprend que Ferdinand n’a qu’une hâte: faire s’abattre une sévère répression sur le royaume qu’on vient de lui rendre ! C’est effectivement ce qui va avoir lieu, sans que cela ne mette fin aux troubles qui resurgissent par la suite sous une autre forme, et cela ne laisse pas de désoler le duc. Il repart rapidement vers la France où on va bientôt le fêter, non sans enthousiasme.

La France semble donc avoir acquis à peu de frais une nouvelle renommée sur un théâtre d’opérations difficile, même si les mobiles de l’intervention ont été critiqués dès le début, on l’a vu, et si le principal protagoniste lui-même a été déçu par le roi d’Espagne. Il nous reste donc à faire, la prochaine fois, le bilan de cette intervention.

Bibliographie consultée (qui n’a donc pas pour but d’être exhaustive):

(1) Mémoires d’outre-tombe, Paris, Le livre de poche, 1973, t.2, p. 550-551.

On trouvera l’essentiel des informations dans deux très belles biographies consacrées à Louis XVIII et Louis-Philippe, attendant alors son heure:

-ANTONETTI (Guy), Louis-Philippe, Paris, Fayard, 1994, 992 p.

-LEVER (Evelyne), Louis XVIII, Paris, Fayard, coll. « Pluriel », 2012, 608 p.

Sur le rôle de Chateaubriand lui-même:

-BERCHET (Jean-Claude), Chateaubriand, Paris, Gallimard, 2012, 1049 p.

Liens: 

La page Facebook du site : ici . Déjà 410 abonnés !

Mes vidéos d’histoire sur Youtube:  La chaîne . Déjà 1545 abonnés !

Mes articles pour la Gazette du wargamer 

La page Tipeee : https://www.tipeee.com/antre-du-stratege

L’expédition d’Espagne de 1823: II) L’intervention française

Le mécanisme de l’intervention française 

Pour les raisons qui ont été décrites plus haut, le candidat le plus probable à l’intervention en Espagne se trouve finalement être la France de Louis XVIII. Celui-ci, installé définitivement sur le trône en 1815 après le second départ de Napoléon, n’est pourtant personnellement pas favorable à une telle entreprise, et ce pour plusieurs raisons. Tout d’abord, il craint pour les finances du royaume, à l’équilibre assez précaire après tant d’années de guerre; de plus, il n’est pas sûr de l’absolue fidélité de l’armée.

Si celle-ci a été épurée après qu’une grande partie se soit ralliée à Napoléon durant les Cent-Jours, il n’en reste pas moins que, à la faveur des troubles révolutionnaires des années 1820 en Europe, une partie des troupes et des cadres penche plutôt du côté de ceux qu’on appelle alors les libéraux, terme dont le sens n’est pas le même qu’aujourd’hui (1). Qui donc est alors favorable à l’intervention ? Surtout les « ultras », soit les ultraroyalistes, les partisans intransigeants de la monarchie, n’acceptant aucune concession. En nombre limité, ils se groupent alors autour du frère du roi, le futur Charles X (2). Or, ces derniers, à la faveur notamment de l’affaiblissement physique du roi, qui les a longtemps tenus à l’écart, exercent une influence très importante à la fin de son règne et c’est leur conception qui va l’emporter.

Caricature britannique se moquant de Louis XVIII essayant de « chausser les bottes de Napoléon » à l’occasion de l’intervention. On a pourtant vu qu’il n’y était pas lui-même favorable ! Datant de février 1823, elle est de George Cruikshank. L’image, dans le domaine public est hébergée sur wikipédia.

La guerre est déclarée 

Une étape importante est franchie avec la nomination de Chateaubriand au ministère des Affaires Etrangères à la fin de l’année 1822. Proche par certains côtés des ultras (et une énigme par bien d’autres !), l’écrivain bien connu est un partisan de l’intervention française, à la fois pour que la monarchie restaurée puisse connaître des succès extérieurs qui la raffermiraient, et aussi pour que la France retrouve sa place dans la politique européenne. On l’a dit, elle est marginalisée depuis 1815 et le Congrès de Vienne qui met fin aux guerres de la Révolution et de l’Empire.

Bon gré mal gré, le roi est peu à peu amené à se rallier à l’intervention. Début 1823, les pressions des grandes puissances de la Sainte-Alliance augmentent en ce sens sur la France et Louis XVIII annonce l’intervention française à l’ouverture de la session parlementaire, le 23 janvier. Si les bancs de la gauche de l’époque s’agitent, si l’on doit même expulser le député Manuel, farouche opposant à ce projet, la chose ne peut plus alors être empêchée.

Après le vote des crédits de guerre, le roi fait alors créer une Armée d’Espagne forte de 100.000 hommes et sous le commandement nominal du duc d’Angoulême. Personnage falot et terne, ce neveu sans descendance (son mariage avec la fille rescapée de Louis XVI est stérile) est censé hériter du trône un jour, car Louis XVIII n’a pas d’enfants. Il espère là lui donner une certaine gloire militaire dont il manque tant et ainsi le faire apprécier des Français. En fait, la bonne marche des unités va être organisée par le général Guilleminot, vétéran de l’Empire qui veille à la bonne concentration des troupes le long du fleuve-frontière Bidassoa début avril 1823.

Bibliographie consultée (qui n’a donc pas pour but d’être exhaustive):

(1): Le Littré nous aide: « Particulièrement. Les membres de l’opposition qui combattaient les propositions du gouvernement de la restauration. »

(2): Qui n’a tout de même pas forcément voulu rétablir la monarchie absolue d’avant 1789, comme l’explique bien Guy Antonetti (voir plus bas).

On trouvera l’essentiel des informations dans deux très belles biographies consacrées à Louis XVIII et Louis-Philippe, attendant alors son heure:

-ANTONETTI (Guy), Louis-Philippe, Paris, Fayard, 1994, 992 p.

-LEVER (Evelyne), Louis XVIII, Paris, Fayard, coll. « Pluriel », 2012, 608 p.

Sur le rôle de Chateaubriand lui-même:

-BERCHET (Jean-Claude), Chateaubriand, Paris, Gallimard, 2012, 1049 p.

Liens: 

La page Facebook du site : ici . Déjà 407 abonnés !

Mes vidéos d’histoire sur Youtube:  La chaîne . Déjà 1537 abonnés !

Mes articles pour la Gazette du wargamer 

La page Tipeee : https://www.tipeee.com/antre-du-stratege

L’expédition d’Espagne de 1823: I) Introduction

Remarques générales 

Des lieux de Paris (Trocadéro) dont l’origine du nom a été oubliée et de belles pages chez Chateaubriand dans ses Mémoires d’outre-tombe… Voilà à peu près tout ce qui reste dans la mémoire collective de l’expédition d’Espagne de 1823. Menée pour rétablir le pouvoir autoritaire d’un roi peu populaire, contre la volonté d’une bonne partie de ses sujets, à la fin du règne d’un souverain lui aussi mal connu (Louis XVIII) et à la santé déjà bien mauvaise, elle n’a pas forcément bonne presse d’ailleurs.

On va toutefois voir qu’au-delà des considérations politiques de l’époque, elle représente pourtant un certain retour de la France sur la scène internationale après le désastreux (pour elle) congrès de Vienne qui clôt les guerres napoléoniennes. Elle représente aussi une victoire des troupes françaises dans la péninsule ibérique, seulement quelques années après l’épisode napoléonien, qui ne fut pas, au final, un succès et se caractérisa par de très grandes violences des deux côtés. Enfin, elle permet de comprendre un peu mieux l’Europe du XIXe siècle, déjà marquée, dans ces années 1820, par de nombreux troubles révolutionnaires.

Le roi Ferdinand VII d’Espagne, peint par Goya en 1814. Image dans le domaine public et hébergée sur wikipédia.

Le contexte politico-diplomatique 

En 1823, la diplomatie européenne a les yeux tournés vers l’Espagne dont le roi, Ferdinand VII est confronté à de très grandes difficultés. Réclamé à cor et à cri par une bonne partie de la population espagnole lors de l’occupation française du pays, il avait pu se rasseoir sur le trône de ses ancêtres après la défaite des troupes de Napoléon en 1813-1814. Toutefois, il mécontenta rapidement toute une frange de l’opinion en gouvernant de manière absolutiste, malgré une constitution datant de 1812. Forcé d’accepter des concessions après un coup d’Etat en 1820, il avait tenté à nouveau de rétablir son pouvoir absolu deux ans plus tard, sans réel succès. 

Le résultat de ces politiques assez désastreuses fut clair: en 1822, l’Espagne était déchirée par une vraie guerre civile, entre partisans de l’absolutisme et ceux d’une libéralisation du régime. Or, Ferdinand, bien décidé à garder la plénitude de ses prérogatives royales, appela les autres monarques européens à l’aide et notamment ceux de la Sainte-Alliance. Celle-ci était une alliance emmenée par le tsar de Russie et avait été créé en 1815 pour faciliter la lutte contre la résurgence de mouvements révolutionnaires en Europe. Aux côtés d’Alexandre Ier, se groupaient notamment l’empereur d’Autriche et le roi de Prusse, en pleine vague néo-absolutiste et redoutant un nouveau 1789.

Toutefois, ces pays, déjà occupés à lutter sur d’autres théâtres d’opération comme l’Italie, où la conscience nationale était en plein éveil et développement, et ne partageant par une frontière commune avec l’Espagne semblaient incapables d’intervenir en faveur de Ferdinand. Restait donc la France de la Restauration, pourtant écartée de beaucoup de décisions internationales depuis 1815, même si de talentueux diplomates comme Talleyrand œuvraient à faire cesser cet état de fait. 

Bibliographie consultée (qui n’a donc pas pour but d’être exhaustive):

On trouvera l’essentiel des informations dans deux très belles biographies consacrées à Louis XVIII et Louis-Philippe, attendant alors son heure:

-ANTONETTI (Guy), Louis-Philippe, Paris, Fayard, 1994, 992 p.

-LEVER (Evelyne), Louis XVIII, Paris, Fayard, coll. « Pluriel », 2012, 608 p.

Liens: 

La page Facebook du site : ici . Déjà 403 abonnés !

Mes vidéos d’histoire sur Youtube:  La chaîne . Déjà 1523 abonnés !

Mes articles pour la Gazette du wargamer 

La page Tipeee : https://www.tipeee.com/antre-du-stratege

La manufacture d’armes blanches de Klingenthal

En attendant la suite sur les Stuart, voici une idée de visite intéressante. Je vous propose quelques clichés du musée consacré à la manufacture d’armes blanches de Klingenthal. Établie par Louis XV pour ne plus dépendre de celle de Solingen en Allemagne, elle produisit également à plusieurs reprises des pièces de pistolet et de fusil ainsi que des outils, notamment agricoles.  Passée sous contrôle allemand après 1870, elle continua d’exister et ne ferma qu’en 1962. Le nom signifie « vallée des lames ». A voir, en Alsace: http://www.klingenthal.fr/klingenthal_et_sa_manufacture.htm

Fer de lance de cavalerie, modèle 1816, avec le gabarit de forge à côté. Fabrication Klingenthal. Photo de l’auteur.

Détail de la baionnette du 1777 modifiée pendant la Révolution. Fabrication Klingenthal. Photo de l’auteur.

Quelques outils pour le travail du bois, utilisé pour les poignées de sabres notamment. Photo de l’auteur.

Les ouvriers de la manufacture en 1892, la manufacture est passée sous contrôle allemand et fait notamment des outils agricoles. Photo de l’auteur.

Cuirasse de troupe modèle 1825. Bien que de plus en plus démodées, elles perdurent tout au long du XIXe siècle dans certaines unités de cavalerie. Fabrication Klingenthal. Photo de l’auteur.

Diverses armes blanches, de la Restauration notamment (officiers de cavalerie…). Fabrication Klingenthal. Photo de l’auteur.

Détail du sabre-baïonnette du fameux « chassepot », fusil à chargement par la culasse. Fabrication Klingenthal. Photo de l’auteur.

Les Coulaux étaient les entrepreneurs gérant la manufacture à l’époque considérée, riche sur le plan industriel et de l’artisanat. Photo de l’auteur.

Reconstitution d’un atelier de graveur (lames…). Objets fournis par la famille de l’un d’eux. Beaucoup de métiers interviennent dans la fabrication des armes blanches. Photo de l’auteur.

Suite. Photo de l’auteur.

 

Sabre d’officier de marine modèle Directoire, détail. Fabrication Klingenthal. Photo de l’auteur.Liens: 

La page Facebook du site : ici . Déjà 364 abonnés !

Mes vidéos d’histoire sur Youtube:  La chaîne . Déjà 1459 abonnés !

Mes articles pour la Gazette du wargamer 

La page Tipeee : https://www.tipeee.com/antre-du-stratege

L’armée d’Egypte après le départ de Bonaparte (1799-1801)

Si j’ai décrit les conditions du retour de Bonaparte en France lors de précédents articles, je souhaite à présent terminer par le devenir de l’armée d’Egypte, une fois son chef parti, dans les circonstances que l’on a vues. En effet, la présence française se maintint encore de longs mois après, même si la situation des troupes se fit de plus en plus précaire.

Une situation précaire

Le général Bonaparte rentré en France pour effectuer son coup d’Etat, son armée demeurait en Egypte, faute d’avoir pu l’embarquer à cause de la croisière anglaise qui verrouillait les côtes de la terre des pharaons. Le commandement est alors confié à Kléber, officier très capable mais qui reçoit là une mission des plus difficiles. Si les Français se sont assurés d’une bonne partie du territoire égyptien et ont vaincu les Ottomans à la bataille terrestre d’Aboukir décrite auparavant, ils restent peu nombreux et privés de communications régulières avec la France. 

Ainsi, dès le 24 janvier 1800, Kléber signe une convention avec l’amiral Sydney Smith: celle-ci prévoit le retour au pays de l’armée d’Egypte, avec son équipement et ses armes. Toutefois, le document n’est pas ratifié par le gouvernement britannique et les combats recommencent une fois la décision connue (les communications de l’époque étant bien différentes des nôtres). Disposant d’environ 13.000 hommes, face à des forces autrement plus nombreuses, et une population de plus en plus hostile aux Français, Kléber parvient tout de même à se maintenir. Ainsi, le 20 mars de cette même année il repousse une force ottomane très supérieure à Héliopolis. La rébellion du Caire est aussi matée.

Le combat d’Héliopolis, par Léon Cogniet en 1837. Beaucoup de toiles de batailles napoléoniennes sont produites sous la monarchie de Juillet qui tente, non sans succès, de mettre à son profit les succès de cette période. Image hébergée sur wikipédia.

Le retour en France

Ce succès n’est pourtant pas suffisant. D’ailleurs, il est assassiné le 14 juin, le jour même où le Premier Consul remporte une victoire importante à Marengo, en Italie. A partir de ce moment, la situation se dégrade rapidement. Menou, qui lui succède, a de plus en plus de mal à renverser le cours des choses, tant la disproportion de moyens est grande, bien qu’il ne soit pas vaincu tout de suite. L’année 1800 se termine en demi-teinte, et lorsque 1801 s’ouvre, Bonaparte décide de venir en aide à ses hommes, qu’il n’a pas oubliés comme on le lit parfois.

Alors que le sort des armes en Europe est favorable à la France, après Marengo et Hohenlinden, et que la paix de Lunéville va être signée avec l’Autriche, le Premier Consul envoie des forces importantes pour venir en aide à ses troupes. Si l’escadre de l’amiral Ganteaume, pourtant partie avec sept vaisseaux et 5000 hommes, doit s’arrêter à Toulon en février, plusieurs frégates parviennent à Alexandrie avec des vivres et de l’équipement. Le 25 avril, la première force citée finit par s’extraire de Toulon et atteint les côtes égyptiennes avec 4 vaisseaux début juin. Elle ne peut pourtant s’y maintenir, devant fuir à l’approche d’une force de la Royal Navy largement supérieure.

Au final, après la perte du Caire le 25 juin 1801 et ces demi-succès navals, l’armée d’Egypte doit se rendre à l’évidence: il faut capituler. C’est ce que fait Menou à Alexandrie le 2 septembre. Lui-même et ses hommes sont ramenés en France par leurs ennemis. Quelques mois plus tard, la paix d’Amiens, précaire, était signée avec Londres. On le sait, l’expédition qui se termine mal fut bien plus réussie sur le plan scientifique et culturel.

Bibliographie indicative (sans but d’exhaustivité):

-DUPONT (Maurice, contre-amiral), « Egypte (campagne navale d’) », Dictionnaire Napoléon, Paris, Fayard, coll. « Le grand livre du mois », t.1, p. 703-705.

-GARNIER (Jacques), « Egypte (expédition et campagne d’) », Dictionnaire Napoléon, Paris, Fayard, coll. « Le grand livre du mois », t.1, p. 702-703.

Liens: 

La page Facebook du site : ici . Déjà 359 abonnés !

Mes vidéos d’histoire sur Youtube:  La chaîne . Déjà 1432 abonnés !

Mes articles pour la Gazette du wargamer 

La page Tipeee : https://www.tipeee.com/antre-du-stratege

Le retour d’Egypte du général Bonaparte: II) Déroulé des faits

Après avoir décrit la fois précédente le déroulement de l’expédition d’Egypte et le fait qu’elle soit rapidement devenue une impasse pour les troupes françaises, il nous faut à présent évoquer le retour en lui-même de Bonaparte en France, retour qui laisse encore perplexe l’historien au sujet de nombreux points. Nous terminerons ensuite avec le devenir des troupes françaises en Egypte après le départ de leur chef, point rarement évoqué.

Une traversée non sans zones d’ombres

La situation politique en France en 1799 dépasse le cadre de cet article. Rappelons seulement que le régime du Directoire est instable et travaillé par des forces centrifuges, notamment du fait de Siéyès, personnage important depuis le début de la Révolution et qui souhaiterait voir un changement de régime, en s’appuyant sur « une épée », un général populaire et apprécié, quitte à s’en débarrasser par la suite. Sa conspiration va fusionner avec les propres vues d’un Bonaparte qui mûrit peu à peu ses projets et qui va, finalement, après son succès du 18 Brumaire, marginaliser Siéyès plutôt que l’inverse.

Or, pour conspirer, il faut encore être en France, et la Méditerranée est étroitement surveillée par la Royal Navy, on l’a dit ! Pourtant, cela n’empêche pas  le jeune général de prendre la décision de partir, et finalement s’échapper d’Egypte avec quelques officiers le 22 août 1799 au matin, profitant du départ de la rade d’Alexandrie de la flotte adverse. Là, plusieurs zones d’ombre recouvrent ces événements car il parvient à Ajaccio sans encombre dès le 30 du même mois.

Les historiens évoquent la possibilité d’un laisser-faire plus ou moins volontaire de la part des Britanniques. Pourquoi ? D’une part car le départ du chef de l’expédition priverait celle-ci de tout contenu réel à l’avenir, et donc de menace sur l’Inde, objectif à long terme de la part des Français. De plus, l’amiral chargé de la surveillance, un certain Sidney Smith, détestait Nelson qu’il releva, et aurait souhaité le gêner avec pareille « négligence ». Il est établi qu’il fit même passer au commandement français des journaux après la victoire terrestre d’Aboukir, donc des informations (qui ont pu jouer sur la décision de Bonaparte de rentrer, car les nouvelles de France n’étaient pas bonnes). Enfin, la Grande-Bretagne, désireuse de faire la paix pour reprendre des relations commerciales saines avec le continent, voyait d’un bon œil le remplacement du Directoire par un régime plus stable. 

Un tableau intéressant sur le sujet (je ne l’intègre pas, rapport aux droits d’auteur sur les images) de Jean-Pierre Franque

Des côtes françaises à Paris

Quoiqu’il en soit, Napoléon Bonaparte rentre en France sans problème, bien qu’on lui ait reproché d’abandonner ses hommes à un sort incertain, sous le commandement de Kléber. Il faut toutefois se garder de jugements trop hâtifs, d’autant que juger est le contraire du métier d’historien… Et là notamment rappeler que le Directoire avait plusieurs fois donné l’autorisation de rapatrier en France Bonaparte, fût-ce de manière ambiguë. Il était plutôt bien vu, notamment par le directeur Barras dont il était le protégé, et passait pour un rempart du régime, bien que son ambition ait déjà été décelée. D’ailleurs, elle n’était pas étrangère à l’autorisation qu’on lui avait donnée de tenter cette expédition (voir article en lien).

Après sa ville natale d’Ajaccio, il passe sur le continent trois jours plus tard, à Fréjus. Sa remontée vers Paris est rapide est triomphale: le 12 octobre il est à Valence, le lendemain à Lyon. Dans la Nièvre, il s’arrête à Nevers le 15. Preuve de sa popularité, les administrations communales se portent au devant de lui et la population le fête. Dans cette dernière ville, des conscrits en pleine insoumission, c’est à dire refusant de rejoindre leur affectation après le tirage au sort, changent même d’avis à sa vue. Finalement, il arrive à Paris dès le lendemain et va s’atteler à d’autres tâches, plus politiques: les 18 et 19 Brumaire, son coup d’Etat est un succès.

A noter que l’actualité rejoint parfois l’histoire: les lieux où il s’est arrêté à Nevers sont actuellement menacés par un projet immobilier peu respectueux du passé. Sans qu’il soit fait d’incitation sur ce site apolitique, vous pouvez néanmoins trouver une pétition à ce sujet ci-dessous. Une similaire a permis de sauver la statue de Drouot à Nancy très récemment:

https://www.change.org/p/madame-francoise-nyssen-ministre-de-la-culture-sauvons-le-grand-monarque-et-la-place-moss%C3%A9

Bibliographie indicative (sans but d’exhaustivité):

Une somme magistrale de concision sur la Révolution, doublée d’un utile dictionnaire. L’expédition d’Egypte y est évoquée.

-TULARD (Jean, sous la direction de), Histoire et dictionnaire de la Révolution française. 1789-1799, Paris, Bouquins, 2002, 1223 p.

L’excellent ouvrage de Thierry Lentz sur le coup d’Etat de Brumaire, qui revient longuement sur sa préparation et les années précédentes. L’Egypte y occupe une bonne part.

-LENTZ (Thierry), Le 18 Brumaire, Paris, Perrin, coll. « Tempus », 2010, 522 p.

L’article sur les origines de l’expédition:

https://antredustratege.com/2015/01/19/origines-de-lexpedition-degypte/

Liens: 

La page Facebook du site : ici . Déjà 356 abonnés !

Mes vidéos d’histoire sur Youtube:  La chaîne . Déjà 1396 abonnés !

Mes articles pour la Gazette du wargamer 

La page Tipeee : https://www.tipeee.com/antre-du-stratege

Le retour d’Egypte du général Bonaparte: I) La situation en 1799

J’avais parlé en 2015 des origines de l’expédition d’Egypte, décidée à la fin du Directoire (voir lien plus bas). Il m’a donc semblé intéressant de parler du retour du général Bonaparte en France: comment se fit-il dans une Méditerranée étroitement contrôlée par la Royal Navy ? Quelle était la situation quand il réussit à en partir pour regagner la France ? Quel fut, au final, le sort de l’armée qu’il laissa derrière lui sous le commandement de Kléber ? Autant de questions qui vont nous intéresser dans les semaines à venir…

D’Alexandrie à Saint Jean d’Acre

L’expédition débute plutôt bien: après s’être emparés de Malte, les 54.000 hommes emportés par la flotte commandée par Brueys arrivent à Alexandrie début juillet 1798, après avoir échappé assez miraculeusement à la Royal Navy. La ville, peuplée d’environ 6000 âmes seulement, n’est plus le centre urbain majeur qu’elle était à l’Antiquité (notamment car le pouvoir s’est déplacé au Caire) et tombe rapidement entre les mains des Français.

Conquise depuis 1517-1518 par les Turcs Ottomans, l’Egypte forme alors une province éloignée de la capitale. Cela explique en partie que les vaincus de la veille, les fameux Mamelouks, exercent alors à nouveau l’essentiel du pouvoir. Ce sont d’anciens esclaves qui forment une sorte de caste militaire et administrative dirigeante, non sans succès. Néanmoins, leurs chefs n’ont pas les moyens techniques suffisants pour s’opposer efficacement aux soldats dirigés par Bonaparte, Murat, Menou et autres. Hommes comme officiers sont souvent des vétérans des guerres précédentes de la Révolution.

La tactique mamelouke laisse aussi à désirer. Ainsi, à la fameuse bataille des Pyramides du 21 juillet 1798, menée près du Caire (et assez loin desdites pyramides en fait) leur fière cavalerie se fait littéralement hacher en chargeant de front des carrés bien entraînés, et dont le feu roulant les brise à bout portant. Rappelons que c’est une formation d’infanterie qui imite la forme géométrique, et permet de tirer de tous les côtés à la fois, rang après rang, ainsi qu’elle peut être renforcée par des canons aux angles. Bref, bien organisée par des hommes et cadres capables, la réponse rêvée face à la cavalerie, comme Waterloo l’a montré bien plus tard !

En quelques semaines, l’armée française multiplie donc les succès et se rend maîtresse d’une bonne partie de l’Egypte. 

Gros représente ici la bataille terrestre d’Aboukir, avec un centrage sur la figure de Murat. L’oeuvre est conservée au château de Versailles. Cliché hébergé sur le site wikipédia (bien utile pour tout ceci ! )

Des Français « prisonniers de leur conquête »

Toutefois, selon l’expression consacrée, elle devient aussi rapidement « prisonnière de sa conquête », notamment du fait de la flotte de Nelson. Celui-ci a enfin retrouvé les Français à Alexandrie et Brueys commet la terrible erreur de faire combattre ses navires à l’ancre. Il sait que ses marins sont mal entraînés et veut ainsi éviter les excellentes capacités manœuvrières de son adversaire. Toutefois, il lui offre en fait une très belle occasion de malmener ses vaisseaux incapables de se déplacer. L’affrontement qui porte le nom de bataille d’Aboukir voit 11 navires de ligne français sur 13 être détruits et 5500 marins sur 8000 perdus, dont Brueys lui-même, qui meurt courageusement et en donnant des ordres jusqu’au bout.

Il n’empêche qu’incapable de revenir en France avec ses hommes, Bonaparte se retrouve coincé dans la terre des pharaons. De plus, même s’il n’affirme ne faire la guerre qu’aux seuls Mamelouks, l’Empire Ottoman a finit par déclarer la guerre à la France et envoie des hommes en Egypte, par la mer et via la terre sainte, avec l’aide britannique. C’est aussi une occasion pour le sultan Sélim III d’exercer un contrôle plus étroit sur cette possession.. Ne perdant pas de temps, le général envoie des hommes vers le sud poursuivre les restes des armées mameloukes, sous le commandement du célèbre Desaix et se porte lui-même au devant des forces ottomanes.

Il remporte d’abord de beaux succès, mais est bloqué devant les murailles de Saint Jean d’Acre, ravitaillée par la Royal Navy, et doit retraiter en Egypte, ses hommes étant épuisés. C’est là qu’il écrase l’armée de secours turque arrivée près d’Alexandrie, le 25 juillet 1799 (voir tableau). La bataille prend aussi le nom d’Aboukir, comme pour effacer la première du nom. Or, ce succès ne règle pas le problème du retour en France !

Bibliographie indicative (sans but d’exhaustivité):

Une somme magistrale de concision sur la Révolution, doublée d’un utile dictionnaire:

-TULARD (Jean, sous la direction de), Histoire et dictionnaire de la Révolution française. 1789-1799, Paris, Bouquins, 2002, 1223 p.

L’excellent ouvrage de Thierry Lentz sur le coup d’Etat de Brumaire, qui revient longuement sur sa préparation et les années précédentes:

-LENTZ (Thierry), Le 18 Brumaire, Paris, Perrin, coll. « Tempus », 2010, 522 p.

Un synthèse indispensable sur l’Empire ottoman, qui décrit très bien l’Egypte ottomane et le système mamelouk qui s’y remet progressivement en place après la conquête:

-MANTRAN (Robert, sous la direction de), Histoire de l’Empire ottoman, Paris, Fayard, 1989, 810 p.

L’article sur les origines de l’expédition:

https://antredustratege.com/2015/01/19/origines-de-lexpedition-degypte/

Liens: 

La page Facebook du site : ici . Déjà 353 abonnés !

Mes vidéos d’histoire sur Youtube:  La chaîne . Déjà 1381 abonnés !

Mes articles pour la Gazette du wargamer 

La page Tipeee : https://www.tipeee.com/antre-du-stratege

 

Le fort Rapp-Moltke (Alsace/Reichstett)

Finalement, une conclusion pour le dernier dossier ne m’a pas paru si pertinente que cela… En attendant la suite, consacrée à l’expédition d’Egypte, je vous propose donc la découverte du Fort Rapp-Moltke, autre fortification allemande de la ceinture de Strasbourg. J’avais déjà présenté celui de Mutzig (lien à la fin), et celui-ci ne manque pas non plus d’intérêt.  Il a été bâti avant, de 1872 à 1874 et faisait partie d’un ensemble destiné à protéger cette place proche de la frontière et également du Rhin et donc de l’ancienne limite avant 1871.

Semi-enterré comme les productions Séré de Rivières françaises de l’époque, il forme une place bien équipée. Amélioré à plusieurs reprises, même si l’apparition de l’obus à la mélinite, très perforant, le déclassa pratiquement, il pouvait abriter 800 hommes et leur ravitaillement. Il était armé d’une vingtaine de pièces d’artillerie, plus d’autres en réserve. Et ce sans compter les mitrailleuses ajoutées par la suite ! L’endroit fut utilisé comme prison durant les deux guerres mondiales, et même comme base arrière de la ligne Maginot. Plus d’informations sur le site du fort:

http://www.fort-rapp-moltke.fr/index.php/fr/

Comparaison avec Séré de Rivières (photos de l’auteur):

https://antredustratege.com/2014/09/02/le-fort-sere-de-rivieres-modele-1874-1875/

Vue de l’entrée depuis l’intérieur du fort. On voit les noms des officiers du génie ayant commandé sa construction. Photo de l’auteur.

Vue de l’entrée depuis l’extérieur. Photo de l’auteur.

L’une des poudrières. Photo de l’auteur.

Dans les fossés. Photo de l’auteur.

Dans les fossés. Photo de l’auteur.

Dans les fossés. Photo de l’auteur.

Tour des fossés. Photo de l’auteur.

Autre vue des fossés. Photo de l’auteur.

Le tour complet fait, en revenant vers l’entrée.

Dans l’intérieur du fort. Photo de l’auteur.

L’une des coupoles d’obervation. Photo de l’auteur.

Vue du fort depuis les hauteurs. Photo de l’auteur.

L’article sur le fort de Mutzig (photos de l’auteur):

https://antredustratege.com/2015/09/21/le-fort-de-mutzig-alsace-reportage-photo/

Aperçu de l’Alsace militaire (photos de l’auteur):

https://antredustratege.com/2014/01/29/apercu-de-lalsace-militaire/

Château du Haut-Koenigsbourg (photos de l’auteur):

https://antredustratege.com/2014/01/20/le-chateau-du-haut-koenigsbourg/

Liens: 

La page Facebook du site : ici . Déjà 350 abonnés !

Mes vidéos d’histoire sur Youtube:  La chaîne . Déjà 1358 abonnés !

Mes articles pour la Gazette du wargamer 

La page Tipeee : https://www.tipeee.com/antre-du-stratege

William Walker, un aventurier des Etats du Sud: V) Échecs à répétition et exécution

Premier départ du Nicaragua

Tout semblait aller bien pour Walker, souvenez-vous: il réussit à s’emparer du pouvoir au Nicaragua, et à rassembler des soutiens dans le sud des Etats-Unis. Pierre Soulé lui-même le rejoint sur place, et sa cause est plaidée dans les Etats du sud, qui voient un nouvel Eldorado dans la terre qu’il a conquise. Ainsi, plusieurs navires emportant dans leurs flancs des volontaires le rejoignent, depuis la Nouvelle-Orléans et San Francisco au cours de l’hiver 1856-1857.

C’est là que l’histoire prend un nouveau tour: une épidémie de choléra clairsème ses rangs, bientôt vaincus par une alliance mise sur pied par les autres Etats d’Amérique centrale, notamment le Costa Rica. Ceux-ci craignent ses rêves d’expansion pour la stabilité de leurs propres pays et Walker, défait, choisit de se rendre le 1er mai 1857, à la marine américaine.

Retours successifs 

Toutefois, il n’est pas arrêté et, au contraire, est plutôt fêté à son retour au Etats-Unis ! Lui-même parcourt le Sud pour rassembler des fonds et des hommes pour une nouvelle expédition. Il repart en novembre de la même année, pour tomber droit dans les filets de l’US Navy. Là, la presse et les élus sudistes se déchaînent non pas contre lui, mais en sa faveur. Parmi eux, un certain Alexander Stephens, dont le poids politique est important et qui va devenir le vice-président de la Confédération.

Jugé, il est acquitté grâce à un extraordinaire soutien qui dépasse sa propre personne: les boutefeux du sud voient dans sa volonté de conquête un moyen de s’affirmer face aux nordistes et de perpétuer l’économie esclavagiste ailleurs. D’où une troisième tentative en décembre 1858, qui échoue assez piteusement, car son navire donne en plein dans des récifs…

Echec final et exécution 

Secouru par un bâtiment britannique, il ne stoppe pas ses projets. S’il est encore populaire, l’opinion commence tout de même à se lasser de ces gesticulations qui n’aboutissent pas. Ainsi, lorsqu’il s’embarque pour une quatrième tentative, il n’a pu engager « que » 97 hommes. L’expédition tombe sur des forces autrement supérieures et, capturé, une énième fois, il est remis par l’officier britannique à qui il s’est rendu, non pas aux autorités américaines, mais à leurs homologues locales.

Celles-ci vont profiter de l’occasion. Le 12 septembre 1860, plutôt que de retrouver les côtes de Louisiane, il est donc passé par les armes et sa « carrière » prend fin brutalement. Il nous restera à conclure sur cette étonnant parcours de vie la prochaine fois.

Bibliographie sélective: 

Magnifique synthèse (existe en Français) sur la guerre de Sécession, qui revient très longuement sur les années 1840-1860:

-MC PHERSON (James M,), Battle cry of freedom. The American civil war, Londres, Penguin Books, 1990, 904 p.

-Sur l’instabilité chronique de l’Amérique du XIXe siècle, l’excellent:

-VAYSSIERE (Pierre), Les révolutions d’Amérique Latine, Paris, Points, coll. « Points histoire », 2002, 480 p.

A titre de comparaison, voir l’instabilité de l’Uruguay et de sa région à travers l’engagement de Garibaldi dans :

Liens: 

La page Facebook du site : ici . Déjà 349 abonnés !

Mes vidéos d’histoire sur Youtube:  La chaîne . Déjà 1340 abonnés !

Mes articles pour la Gazette du wargamer 

La page Tipeee : https://www.tipeee.com/antre-du-stratege

%d blogueurs aiment cette page :