Archives de Catégorie: De 1789 à 1914

Le fort Rapp-Moltke (Alsace/Reichstett)

Finalement, une conclusion pour le dernier dossier ne m’a pas paru si pertinente que cela… En attendant la suite, consacrée à l’expédition d’Egypte, je vous propose donc la découverte du Fort Rapp-Moltke, autre fortification allemande de la ceinture de Strasbourg. J’avais déjà présenté celui de Mutzig (lien à la fin), et celui-ci ne manque pas non plus d’intérêt.  Il a été bâti avant, de 1872 à 1874 et faisait partie d’un ensemble destiné à protéger cette place proche de la frontière et également du Rhin et donc de l’ancienne limite avant 1871.

Semi-enterré comme les productions Séré de Rivières françaises de l’époque, il forme une place bien équipée. Amélioré à plusieurs reprises, même si l’apparition de l’obus à la mélinite, très perforant, le déclassa pratiquement, il pouvait abriter 800 hommes et leur ravitaillement. Il était protégé par une vingtaine de pièces d’artillerie, plus d’autres en réserve. Et ce sans compter les mitrailleuses ajoutées par la suite ! L’endroit fut utilisé comme prison durant les deux guerres mondiales, et même comme base arrière de la ligne Maginot. Plus d’informations sur le site du fort:

http://www.fort-rapp-moltke.fr/index.php/fr/

Comparaison avec Séré de Rivières (photos de l’auteur):

https://antredustratege.com/2014/09/02/le-fort-sere-de-rivieres-modele-1874-1875/

Vue de l’entrée depuis l’intérieur du fort. On voit les noms des officiers du génie ayant commandé sa construction. Photo de l’auteur.

Vue de l’entrée depuis l’extérieur. Photo de l’auteur.

L’une des poudrières. Photo de l’auteur.

Dans les fossés. Photo de l’auteur.

Dans les fossés. Photo de l’auteur.

Dans les fossés. Photo de l’auteur.

Tour des fossés. Photo de l’auteur.

Autre vue des fossés. Photo de l’auteur.

Le tour complet fait, en revenant vers l’entrée.

Dans l’intérieur du fort. Photo de l’auteur.

L’une des coupoles de tir blindées. Photo de l’auteur.

Vue du fort depuis les hauteurs. Photo de l’auteur.

L’article sur le fort de Mutzig (photos de l’auteur):

https://antredustratege.com/2015/09/21/le-fort-de-mutzig-alsace-reportage-photo/

Aperçu de l’Alsace militaire (photos de l’auteur):

https://antredustratege.com/2014/01/29/apercu-de-lalsace-militaire/

Château du Haut-Koenigsbourg (photos de l’auteur):

https://antredustratege.com/2014/01/20/le-chateau-du-haut-koenigsbourg/

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William Walker, un aventurier des Etats du Sud: V) Échecs à répétition et exécution

Premier départ du Nicaragua

Tout semblait aller bien pour Walker, souvenez-vous: il réussit à s’emparer du pouvoir au Nicaragua, et à rassembler des soutiens dans le sud des Etats-Unis. Pierre Soulé lui-même le rejoint sur place, et sa cause est plaidée dans les Etats du sud, qui voient un nouvel Eldorado dans la terre qu’il a conquise. Ainsi, plusieurs navires emportant dans leurs flancs des volontaires le rejoignent, depuis la Nouvelle-Orléans et San Francisco au cours de l’hiver 1856-1857.

C’est là que l’histoire prend un nouveau tour: une épidémie de choléra clairsème ses rangs, bientôt vaincus par une alliance mise sur pied par les autres Etats d’Amérique centrale, notamment le Costa Rica. Ceux-ci craignent ses rêves d’expansion pour la stabilité de leurs propres pays et Walker, défait, choisit de se rendre le 1er mai 1857, à la marine américaine.

Retours successifs 

Toutefois, il n’est pas arrêté et, au contraire, est plutôt fêté à son retour au Etats-Unis ! Lui-même parcourt le Sud pour rassembler des fonds et des hommes pour une nouvelle expédition. Il repart en novembre de la même année, pour tomber droit dans les filets de l’US Navy. Là, la presse et les élus sudistes se déchaînent non pas contre lui, mais en sa faveur. Parmi eux, un certain Alexander Stephens, dont le poids politique est important et qui va devenir le vice-président de la Confédération.

Jugé, il est acquitté grâce à un extraordinaire soutien qui dépasse sa propre personne: les boutefeux du sud voient dans sa volonté de conquête un moyen de s’affirmer face aux nordistes et de perpétuer l’économie esclavagiste ailleurs. D’où une troisième tentative en décembre 1858, qui échoue assez piteusement, car son navire donne en plein dans des récifs…

Echec final et exécution 

Secouru par un bâtiment britannique, il ne stoppe pas ses projets. S’il est encore populaire, l’opinion commence tout de même à se lasser de ces gesticulations qui n’aboutissent pas. Ainsi, lorsqu’il s’embarque pour une quatrième tentative, il n’a pu engager « que » 97 hommes. L’expédition tombe sur des forces autrement supérieures et, capturé, une énième fois, il est remis par l’officier britannique à qui il s’est rendu, non pas aux autorités américaines, mais à leurs homologues locales.

Celles-ci vont profiter de l’occasion. Le 12 septembre 1860, plutôt que de retrouver les côtes de Louisiane, il est donc passé par les armes et sa « carrière » prend fin brutalement. Il nous restera à conclure sur cette étonnant parcours de vie la prochaine fois.

Bibliographie sélective: 

Magnifique synthèse (existe en Français) sur la guerre de Sécession, qui revient très longuement sur les années 1840-1860:

-MC PHERSON (James M,), Battle cry of freedom. The American civil war, Londres, Penguin Books, 1990, 904 p.

-Sur l’instabilité chronique de l’Amérique du XIXe siècle, l’excellent:

-VAYSSIERE (Pierre), Les révolutions d’Amérique Latine, Paris, Points, coll. « Points histoire », 2002, 480 p.

A titre de comparaison, voir l’instabilité de l’Uruguay et de sa région à travers l’engagement de Garibaldi dans :

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William Walker, un aventurier des Etats du Sud: IV) Au Nicaragua

La conquête du pays

Walker se rend donc au Nicaragua en mai 1855, avec une soixantaine d’hommes, et un soutien financier de la compagnie de transport Vanderbilt. Le pays est en proie à l’instabilité et connaît la guerre civile, ce qui attire les convoitises des aventuriers étrangers, et gêne les activités commerciales et financières des firmes locales et américaines, d’où l’aide citée plus haut. Elles ont tout intérêt à ce que la paix revienne, si possible avec un gouvernement qui les favorise. On retrouve cette immixtion des entreprises privées dans les guerres plus d’une fois en Amérique (et ailleurs), jusque fort avant dans le siècle, et même lors du 20e…

Or, le succès est au rendez-vous, car Walker et ses hommes, aidant les rebelles, réussissent à se débarrasser du gouvernement légitime du Nicaragua. Cela crée un appel d’air comme auparavant au Mexique (voir III): d’autres ambitieux viennent dans le pays depuis les Etats-Unis. Walker se nomme alors lui-même chef de l’armée nicaraguayenne et réussit, de plus, à obtenir la reconnaissance diplomatique de la part du président américain de l’époque, Franklin Pierce !

Là, je rappellerai, qu’aussi incroyable que cela paraisse, il n’est pas le seul homme a avoir tenté et partiellement réussi à se tailler un empire dans des régions marquées par une forte instabilité et où des intérêts économiques sont en jeu. L’Amérique centrale et du sud de l’époque est très souvent ravagée par des guerres intestines et je vous renvoie à la bibliographie pour découvrir le cas précis de l’Uruguay, où se battit longtemps Garibaldi.

Un parfum d’idées sudistes 

A ce stade de « l’aventure », nous allons boucler la boucle avec le premier article qui présentait le contexte: le fait que Walker se soit créé une place avantageuse au Nicaragua va réveiller les passions des hommes d’influence du sud des Etats-Unis, et notamment esclavagistes. Si, jusque-là, les gesticulations de l’aventurier n’avaient pas pris un tel visage, les choses commencent à présent à changer.

En effet, si la presse du nord des Etats-Unis condamne ses entreprises, celle du sud les présente avantageusement, et des hommes déjà cités comme Pierre Soulé voient désormais le pays où agit Walker comme une terre d’opportunité, bien que les Etats d’Amérique centrale aient déjà aboli l’esclavage. Ainsi, des milliers de personnes venues des Etats du sud se rendent dans le pays devenu nouvelle terre de cocagne et Soulé lui-même effectue le voyage, apportant avec lui des soutiens financiers de la Nouvelle-Orléans.

Toutefois, c’est précisément à ce moment que les choses se gâtent pour Walker et ses rêves de grandeur… 

Bibliographie sélective: 

Magnifique synthèse (existe en Français) sur la guerre de Sécession, qui revient très longuement sur les années 1840-1860:

-MC PHERSON (James M,), Battle cry of freedom. The American civil war, Londres, Penguin Books, 1990, 904 p.

-Sur l’instabilité chronique de l’Amérique du XIXe siècle, l’excellent:

-VAYSSIERE (Pierre), Les révolutions d’Amérique Latine, Paris, Points, coll. « Points histoire », 2002, 480 p.

A titre de comparaison, voir l’instabilité de l’Uruguay et de sa région à travers l’engagement de Garibaldi dans :

-MILZA (Pierre), Garibaldi, Paris, Fayard, coll. « Pluriel », 2014, 731 p.

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Musée d’histoire militaire de Tournai

Méconnu, mais très très riche, voici quelques photos du musée d’histoire militaire de Tournai. Il présente l’histoire de la ville, vue sous l’aspect militaire, depuis le Moyen-Age à 1945. Celle-ci a en effet connu énormément de sièges, combats, dont certains menés par les armées de Louis XIV, celles de la Révolution… Bien sûr, les guerres mondiales occupent une part importante des collections, bien mises en valeur et comportant des objets assez rares des armées belge comme étrangères. Vous aurez là un aperçu ! Photos de l’auteur.

La fiche du musée:

https://www.tournai.be/decouvrir-tournai/musees/musee-d-histoire-militaire.html

Mortier français de 15 pouces (406 mm) fondu à Douai en 1684. Il équipait la place au moment du siège de 1709, qui fut particulièrement âpre. A l’époque le Tournaisis était français et Vauban avait fortifié la ville, comme tant d’autres. Photo de l’auteur.

Canon de campagne de 60mm allemand, 1875. Hélas il n’est pas précisé comment il est arrivé dans le musée. Peut-être un achat de l’armée à l’époque… C’était courant, pour tester le matériel des autres puissances. Ainsi la France du Second Empire avait acquis des pièces de chez Krupp. Photo de l’auteur.

Très célèbre pistolet belge browning mle 1900 (fabriquer sous licence est courant à l’époque). Fabrication FN (Fabrique Nationale) Herstal. C’est un pistolet de cette manufacture qui a été utilisé par Prinzip pour tuer François-Ferdinand en 1900. Photo de l’auteur.

Boussole de l’armée belge, deuxième moitié du XIXe siècle. Photo de l’auteur.

Buste du roi Albert Ier, connu pour son attitude pendant la Première Guerre mondiale. Mais qu’il ne faut pas surestimer. Lire Jean-Claude Delhez à ce sujet ! Photo de l’auteur.

Chansonnier bilingue, début du XXe siècle, armée belge. Photo de l’auteur.

Plusieurs vitrines comme celles-ci évoquent l’armée belge à Tournai durant l’entre-deux-guerres. Hélas, le reflet de la vitrine se voit. Photo de l’auteur.

L’un des nombreux objets des Belges libres du musée. Ici, des documents administratifs. Photo de l’auteur.

Mitrailleuse française « MAC » 31. Pour en savoir plus: https://antredustratege.com/2013/11/30/les-armes-du-soldat-francais-en-1940-les-mitrailleuses/ Photo de l’auteur.

Mitrailleur belge en 1917-18. Son uniforme est national, même si des objets et armes étrangers (britanniques notamment, et français) furent utilisés. Comme là la mitrailleuse Hotchkiss mle 1914. Pour en savoir plus sur celle-ci: https://antredustratege.com/2013/11/30/les-armes-du-soldat-francais-en-1940-les-mitrailleuses/ Photo de l’auteur

Lances de cavalerie belge, en bambou, 2e moitié du XIXe siècle à 1914. Inutile de rappeler que l’utilité d’une telle arme, encore utilisée par les Uhlans allemands notamment, était assez douteuse au début de la Première Guerre mondiale. Photo de l’auteur.

Voilà un exemple de cavalier belge, là un homme du 3e lanciers, période 1863-1914.

Autres articles sur la Belgique militaire:

https://antredustratege.com/2014/11/12/histoire-militaire-a-bruxelles-dernier-article/

https://antredustratege.com/2015/02/21/le-patrimoine-militaire-de-huy-province-de-liege/

https://antredustratege.com/2013/08/20/bref-apercu-du-patrimoine-militaire-de-liege/

https://antredustratege.com/2015/08/15/le-fort-de-huy-belgique/

https://antredustratege.com/2014/04/20/la-citadelle-de-namur/

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William Walker, un aventurier des Etats du Sud: III) De la Californie au Nicaragua

Période estivale oblige, le site tourne au ralenti… Mais continue ! Reprenons donc où nous en étions restés: nous avions vu qui était Walker, quelle avait été sa formation et nous l’avions laissé au moment où il s’embarquait pour le Mexique…

Au Mexique 

Et plus précisément pour la Basse-Californie, restée mexicaine après le désastreux traité de 1848, qui amputa le Mexique d’un tiers de son territoire et fixa la frontière le long du Rio Grande, comme j’ai pu l’évoquer plus haut. Je le rappelle, le pays vit dans une instabilité chronique depuis qu’il a accédé à l’indépendance, et la récente guerre contre les Etats-Unis a renforcé cet état de fait. Le gouvernement central contrôle mal les zones les plus lointaines de la capitale, dans un Etat qui reste très grand,  au relief et climat très variés, des déserts du nord du pays, au Yucatán à la végétation luxuriante et qui regarde vers l’Amérique centrale.

Dans ce climat, des bandes plus ou moins organisées de brigands mexicains et étasuniens sévissent, se livrant à de nombreuses exactions. Bref, Walker ne fait pas là oeuvre d’originalité en s’y rendant. Pourtant, il est, on l’a vu, intelligent, et mène des hommes bien armés et déterminés. Ainsi, ils s’emparent de la ville de La Paz, (beaucoup portent ce nom en Amérique) capitale de la Basse-Californie. Là , Walker se déclare président d’une nouvelle République et entreprend d’envahir le Sonora voisin, aux mines riches (elles intéressaient encore la France de Napoléon III au moment de l’expédition du Mexique…) ! 

Pour le moment, il ne rencontre pas d’opposition des autorités fédérales, et attire même des déçus de la ruée vers l’or de 1849 en Californie américaine voisine. Sa troupe entreprend donc de se mettre en mouvement vers l’objet de ses désirs… Et les premières déceptions surviennent. Car c’est un assemblage devenu hétéroclite qui se met en marche, avec peu de vivres et encore moins d’expérience de vrais affrontements, au final. Les très longues distances, le relief montagneux et le climat semi-désertique aiguisent les tensions et la fatigue. Après que des dizaines d’hommes aient déserté, les autres sont vaincus et s’enfuient face à des troupes mieux aptes au combat.

Bilan et intérêt pour le Nicaragua 

Walker, éphémère « président » doit fuir aux Etats-Unis avec 34 survivants et se rend aux autorités américaines en 1854. On le voit, l’affaire a duré tout de même plusieurs années et aurait pu s’arrêter là… S’il n’avait pas été considéré comme un héros à son arrivée à San Francisco ! J’ai dit dans le premier article cet appétit de conquête qui marque une partie de la société du Sud, mais aussi de celle de l’Ouest en pleine structuration (voir bibliographie). Bien qu’arrêté, il n’est donc pas livré aux Mexicains, et le jury l’acquitte au bout de 8 minutes seulement !

Il peut être difficile de comprendre ce genre de réaction aujourd’hui, mais il faut se souvenir que la société californienne de l’époque est bien éloignée de la nôtre, faite en partie d’ambitieux de tous horizons, et les Etats-Unis sont alors pris par une fièvre de conquête liée à la doctrine de la « destinée manifeste » déjà évoquée, fièvre renforcée par les troubles qui agitent une grande partie du continent, favorisant les entreprises de ce genre. Je vous renvoie au premier article et aux livres cités plus bas.

Sa première expédition est donc un échec, mais qui est loin d’arrêter cet homme qui ne tient pas en place. Dès 1854 il prend contact avec des rebelles nicaraguayens. Ce petit pays d’Amérique centrale est en proie à des troubles révolutionnaires et excite les convoitises, notamment car l’idée de creuser un canal dans cette région prend déjà forme dans les esprits pour raccourcir les temps de trajet des navires et éviter la route du Cap Horn.

Bibliographie sélective: 

Magnifique synthèse (existe en Français) sur la guerre de Sécession, qui revient très longuement sur les années 1840-1860:

-MC PHERSON (James M,), Battle cry of freedom. The American civil war, Londres, Penguin Books, 1990, 904 p.

Sur la conquête de l’ouest, une excellente synthèse:

-JACQUIN (Philippe) et ROYOT (Daniel), Go west ! Une histoire de l’ouest américain d’hier à aujourd’hui, Paris, Flammarion, coll. « Champs », 2004, 368 p.

Sur la situation au Mexique après l’indépendance voir les premières pages de :

-AVENEL (Jean), La campagne du Mexique (1862-1867). La fin de l’hégémonie européenne en Amérique du Nord, Paris, Economica, 1996, 194 p.

-Sur l’instabilité chronique de l’Amérique du XIXe siècle, l’excellent:

-VAYSSIERE (Pierre), Les révolutions d’Amérique Latine, Paris, Points, coll. « Points histoire », 2002, 480 p.

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William Walker, un aventurier des Etats du Sud: II) Premiers pas

Qui est William Walker ? 

Le personnage dont on va parler est né en 1824 à Nashville, dans le Tennessee, c’est à dire à l’intérieur des terres et dans l’un des Etats du sud, même si ce n’est pas non plus le sud profond des clichés. C’est un homme ambitieux et très doué pour les études: il est diplômé en médecine dès l’âge de 19 ans, et part étudier cette discipline en Europe.  A peine revenu, il l’abandonne pour étudier le droit à la Nouvelle-Orléans, patrie, on l’a vu, de Pierre Soulé et d’autres gens influents qui rêvent de conquérir des terres en Amérique centrale et/ou du sud, dans les Caraïbes.

C’est dans cette ambiance de la plus grande ville du sud, qui est aussi un port ouvert aux influences étrangères, qu’il cesse également une carrière d’avocat, à peine débutée, pour devenir journaliste. Plus précisément éditeur du New Orleans Crescent. La presse locale, comme en Europe, joue un rôle important dans l’information et a une influence certaine au XIXe siècle, comme en Europe, où les feuilles régionales et municipales sont bien plus nombreuses qu’aujourd’hui. On commence à le comprendre: brillant, touche-à-tout, Walker est un homme pressé qui occupe peu de temps la même activité. Ainsi, il se déplace à nouveau en 1849, cette fois en Californie où l’on vient de trouver de l’or en grande quantité (voir le roman du même nom de Cendrars).

Ses premiers rêves de conquête 

Toutefois, il n’est pas non plus de ceux qui creusent la terre avec pelle et pioche, et y reste journaliste. Fait intéressant, il combat par la plume le crime, mais aussi par la manière forte: il se bat en duel plusieurs fois, et est à l’origine d’un mouvement local de vigilantes, sortes de milices s’opposant par les armes aux criminels. La conquête de l’ouest des westerns a bien un fond de vérité…

Or, c’est justement en Californie qu’il « trouve sa voie » pourrait-on dire… Nous sommes en 1853 et le Mexique tout proche, très instable depuis son indépendance en 1821, attise bien des convoitises. Les Mexicains peinent à s’entendre sur la forme du gouvernement, sur la nature des rapports entre l’Etat central et les autres Etats, et cela facilite les appétits extérieurs : en 1817 des aventuriers français projettent même de libérer Napoléon Ier et de l’installer sur le trône du Mexique (voir bibliographie) ! Walker, pour sa part, est de ceux qui y voient la possibilité d’acquérir biens et pouvoir. Il s’entoure donc de 45 hommes bien armés et s’embarque pour la Basse-Californie mexicaine avec des intentions assez peu pacifiques…

Bibliographie sélective: 

Magnifique synthèse (existe en Français) sur la guerre de Sécession, qui revient très longuement sur les années 1840-1860:

-MC PHERSON (James M,), Battle cry of freedom. The American civil war, Londres, Penguin Books, 1990, 904 p.

Sur la conquête de l’ouest, une excellente synthèse:

-JACQUIN (Philippe) et ROYOT (Daniel), Go west ! Une histoire de l’ouest américain d’hier à aujourd’hui, Paris, Flammarion, coll. « Champs », 2004, 368 p.

Sur la situation au Mexique après l’indépendance, et la tentative d’y installer Napoléon Ier, voir les premières pages de :

-AVENEL (Jean), La campagne du Mexique (1862-1867). La fin de l’hégémonie européenne en Amérique du Nord, Paris, Economica, 1996, 194 p.

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William Walker, un flibustier des Etats du Sud: I) Introduction

Pour comprendre la guerre de Sécession et son déclenchement, il faut remonter des dizaines d’années en arrière. Là il devient possible de saisir quels mécanismes se mirent en place, qui conduisirent à la sécession d’une partie des Etats du sud en 1860-61, puis à la terrible guerre civile qui s’ensuivit. Bien sûr, si les événements semblent s’accélérer à partir de la fin des années 1850, beaucoup de réalités existaient déjà et les étudier permet de mieux appréhender ce qui se passa par la suite. C’est ce qu’on va faire à travers le personnage peu connu (de ce côté-ci de l’Atlantique) de William Walker, aventurier, flibustier et apprenti chef d’Etat. Il illustre bien une partie des problèmes et des envies d’une certaine frange de la société sudiste de l’époque.

Un expansionnisme sudiste ?

La chose peut paraître étrange, mais existe pourtant bel et bien dans les décennies qui suivent l’indépendance des Etats-Unis. Le jeune pays en construction se cherche encore une identité culturelle et géographique. « Cantonné » à l’est des Appalaches, sur le territoire des anciennes Treize colonies britanniques, il va devenir, en quelques décennies, l’Etat gigantesque que l’on connaît, avec un mélange de traités pacifiques, d’achats de terres et de conquêtes de celles-ci, sur les tribus amérindiennes et les Etats voisins.

Or, le sud est particulièrement intéressé par l’expansion du territoire américain. Outre le courant général qui suit la fameuse déclaration du président Monroe en 1823 (les Européens n’ont plus à se mêler des affaires du continent américain) et la doctrine dite de la « destinée manifeste » (le destin des Etats-Unis est d’atteindre les côtes du Pacifique), ces Etats esclavagistes y voient le moyen de faire survivre ce que les textes nomment pudiquement « l’Institution Particulière » (Peculiar Institution). En effet, inclure de nouveaux Etats qui pratiqueraient l’esclavage permettrait de maintenir l’équilibre avec ceux du Nord, plus peuplés et libres, notamment car chaque Etat américain dispose de deux sénateurs, quelque soit son nombre d’habitants. Voilà pourquoi la partie méridionale du pays s’intéresse beaucoup à l’annexion du Texas et à la guerre avec le Mexique (où combattent bon nombre de futurs officiers confédérés et fédéraux) qui voit le pays s’agrandir après le traité de Guadalupe Hidalgo (1848).

La bataille de Veracruz durant la guerre au Mexique, Peinte par Carl Nebel en 1851. Hébergé sur https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/e/e6/Battle_of_Veracruz.jpg

La survivance de flibustiers et de rêves de conquêtes

Pourtant, ces espoirs sont souvent déçus car la bataille juridique et médiatique est féroce à propos du statut des nouveaux Etats: esclavagistes ou non ? Voilà pourquoi certaines personnalités sudistes se plaisent à envisager une conquête de territoires outre-mer, ou ailleurs sur le continent américain. L’un des plus influents est Pierre Soulé, sénateur de la Louisiane d’origine française. Partisan notoire de l’esclavage, il s’intéresse à l’île de Cuba et envisage son annexion pour en faire un territoire américain où il serait pratiqué. D’ailleurs, dans ces années 1840, c’est une colonie espagnole qui ne l’a pas encore interdit. Lui et les planteurs influents (dont il ne faut pas exagérer le nombre) qui dominent la vie politique du Sud prévoient divers projets de conquête, alors même que les Cubains se révoltent et essaient de se libérer de la tutelle espagnole. Ainsi en 1849 ils approchent le gouvernement américain et le secrétaire d’Etat à la guerre de l’époque, Jefferson Davis, futur président de la Confédération propose le nom d’un certain Robert E. Lee pour aller commander sur place ! Il refuse… Cela témoigne bien d’un certain climat, toutefois.

Enfin, d’autres préféreraient annexer des terres en Amérique centrale, région instable et à l’histoire politique mouvementée. Là, et dans les Caraïbes, le golfe du Mexique, sévissent encore bon nombre de flibustiers et pirates en tout genre, comme le célèbre Jean Lafitte au début du XIXe siècle. Une à deux générations plus tard, dans les années 1820-1840, ils sont encore nombreux à infester ces eaux. Malgré le traité de Paris consécutif à la guerre de Crimée (1856), qui jette les bases d’une interdiction de la guerre de course, et, partant renforce la notion d’un droit maritime international, il va falloir longtemps avant de s’en débarrasser. Ainsi, parmi eux, un certain William Walker dont nous allons voir les « aventures », qui sont dignes d’un roman de Stevenson, mais où le personnage principal est plus proche d’un Long John Silver que d’un Jim Hawkins.

Bibliographie sélective: 

Pour en savoir plus sur Pierre Soulé et les Français, personnes d’origine française, en général dans ce conflit :

-AMEUR (Farid), Les Français dans la guerre de Sécession. 1861-1865, Rennes, Presses universitaires de Rennes, coll. « Les Amériques », 2016, 354 p.

Magnifique synthèse (existe en Français) sur le sujet:

-MC PHERSON (James M,), Battle cry of freedom. The American civil war, Londres, Penguin Books, 1990, 904 p.

En français, une bonne biographie de Lee :

-BERNARD (Vincent), Robert E. Lee, Paris, Perrin, 2014, 456 p.

Le site de l’auteur:

https://cliophage.wordpress.com/

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Museo centrale del Risorgimento, Rome

Quelques clichés du musée du Risorgimento de Rome. Cela désigne le mouvement d’unification de l’Italie, complexe et passionnant. Pour en savoir plus, une bibliographie à la fin et des renvois vers des articles existants.

Photos de l’auteur

http://www.risorgimento.it/

Tout commence avec Napoléon, premier à vraiment insuffler une idée d’unité à l’Italie, quoique sous le contrôle de la France. Comme l’écrit Lucio Villari: « Ne fu il veicolo il generale Napoleone Bonaparte. E fu l’Italia il suo primo passo verso l’eternità » (« Le général Napoléon Bonaparte en fut le premier véhiculeur [de la liberté]. Et l’Italie fut son premier pas vers l’éternité »).

Giuseppe Mazzini. L’un des penseurs les plus influents du Risorgimento, et exilé une bonne partie de sa vie. Tiré d’un portrait de Hawkes, 1849.

« Combattimento in un cortile fra i Milanesi e i « Cacciatori Tirolesi ». « Combats dans une cour entre les Milanais et les chasseurs tyroliens », 1848. La ville se révolte cette année-là.

Détail.

Portrait de Napoléon III par Genaille en 1851. L’Empereur fait beaucoup pour l’unité de l’Italie, même s’il stoppe son soutien direct avec l’armistice de Villafranca.

Non précisé, portrait de Victor-Emmanuel II, premier roi d’Italie. Il voit l’unification du pays vraiment débuter et le Vittoriano l’honore à Rome.

Détail d’un combat naval de la bataille de Lissa, pourtant défaite italienne (peintre non précisé). En 1866 l’Italie récupère la Vénétie sur l’Autriche pour prix de sa participation à la guerre aux côtés de la Prusse (voir mes vidéos youtube).  Des combats navals ont lieu en Adriatique, et celui-ci est le plus connu.

Détail d’un navire italien. On voit bien sa modernité pour l’époque. Il est cuirassé et marche à la vapeur. 

Les vaisseaux autrichiens sont plus vieux, mais ont su l’emporter, notamment grâce à l’éperonnage, tactique antique un temps remise au goût du jour grâce à la vapeur. En France, l’amiral Labrousse la vante à l’époque.

Affiche de propagande italienne, 1915-1918. Le Risorgimento, aux frontières chronologiques floues, s’achève, pour certains historiens, avec la prise du Trentin, du Tyrol du Sud et du Frioul-Vénétie Julienne après 1918.

Bibliographie indicative: 

-MILZA (Pierre), Garibaldi, Paris, Fayard, coll. « Pluriel », 2014, 731 p.

-PECOUT (Gilles), Naissance de l’Italie contemporaine. 1770-1922, Paris, Armand Colin, 2004, 407 p.

-VILLARI (Lucio), Bella e perduta. L’Italia del Risorgimento, Roma-Bari, Laterza, 2009, 345 p.

Les débarquements français en Irlande V) Conclusion et mémoire des événements

Conclusion

Au final, ces trois débarquements ont été des échecs à plus ou moins brève échéance. Les raisons furent à chaque fois différentes, je vous renvoie aux développements plus haut. Toutefois, et, en restant dans le champ de l’histoire contrefactuelle, on peut par exemple se demander ce qui se serait passé si l’expédition de 1796 avait pu être menée à son terme, car les conditions étaient autrement plus propices que deux ans plus tard. Si les buts visés ne furent pas atteints, reste que, malgré l’absence de désintéressement de la part des Français, l’expérience a renforcé les liens entre les deux pays et permis la naissance de nouvelles traditions militaires, notamment avec l’emploi important d’Irlandais sous les drapeaux français.

Ruines d’une église médiévale sur les lieux du débarquement. Photo de l’auteur.

 

Ces expériences constituent bel et bien des attaques directes sur le sol des Iles Britanniques, dont on a trop tendance à lire qu’elles sont restées inviolées depuis l’invasion normande de 1066. La persistance, au fil des siècles, de plans d’invasion côté français est frappante. En plus de ceux évoqués, certains furent près d’être tentés ou étaient, du moins sur le papier, impressionnants, notamment sous Louis XIV et pendant la guerre de Sept Ans. Au final, ces événements, loin d’être majeurs, restent intéressants à étudier et on donné lieu, côté irlandais, à une  mémoire assez vivace.

Kelly the Boy of Killane , héros de 1798. Interprétation de Luke Kelly avec les Dubliners

‘ »For the boys march at dawn from the south to the north
Led by Kelly the boy from Killane »

Une mémoire à deux vitesses

Les débarquements dont j’ai parlé ne sont pas connus de la même façon des deux côtés de la mer Celtique, c’est une évidence. En France, ils sont cités dans quelques revues et livres dont vous avez un échantillon assez représentatif dans la bibliographie que je vous ai indiquée, et c’est à peu près tout. Ainsi, en dehors de ces auteurs spécialistes et du lectorat assez restreint qui les lit, ils restent très peu connus du grand public. Les raisons sont multiples: ils n’ont notamment pas été des succès foudroyants, on l’a vu, et, en général, le fait maritime intéresse moins les Français que ce qui est continental.

Maison de Kilcummin, où débarquèrent les Français en 1798. Vous remarquerez les drapeaux. Photo de l’auteur.

Sans faire de généralités, il sera par exemple beaucoup plus facile pour beaucoup de gens de citer une victoire terrestre française qu’une victoire navale, surtout pour la période de la Révolution et de l’Empire. Il n’est donc pas étonnant que ces trois épisodes soient presque tombés dans l’oubli en France, même si les moyens étaient là sous Louis XIV, et en 1796, on l’a vu. De plus, avec le débarquement raté à Fishguard au Pays de Galles en 1797 (voir article plus bas), ils restent symboliquement importants et montrent que la Royal Navy ne pouvait pas tout empêcher. 

Autre chanson sur l’insurrection de 1798, interprétée par les Dubliners.

« By the risin’ of the moon, by the risin’ of the moon,
With your pike upon your shoulder, by the risin’ of the moon »

Côté irlandais, la mémoire de ces tentatives de secouer le joug britannique reste plus développée, surtout dans le cas de la dernière. Outre les commémorations encore effectuées de nos jours et les plaques récemment dévoilées sur les lieux (voir photos articles précédents et celui-ci), les habitants nomment encore 1798 « The year of the French », soit « L’année des Français. » Malgré l’échec et, je l’ai dit, des relations parfois conflictuelles à l’époque, ces aspérités ont été largement oubliées aujourd’hui. Or, on ne compte plus les chansons et les livres qui parlent de cet événement (et  vous pouvez en voir certaines plus haut), comme par exemple Bantry bay, the French on the sea, interprétée par Derek Warfield dans l’album au titre évocateur: Liberté ’98. Je citerai aussi un roman historique d’un grand professeur et romancier américain passionné de l’Irlande: Thomas Flanagan, auteur de l’ouvrage justement nommé The year of the French (1979).

Plaque sur la maison. Photo de l’auteur.

 

Bibliographie sélective (sans but d’exhaustivité):

-JOANNON (Pierre), Histoire de l’Irlande et des Irlandais, Paris, Perrin, coll. « Tempus », 2009, 832 p.

-« France-Irlande », Revue historique des armées n° 253, 2008. Voir notamment cet article :

https://rha.revues.org/4612

Cet article de Hugh Gough évoque le « débarquement » au pays de Galles en 1797:

http://books.openedition.org/puc/788

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Les débarquements français en Irlande IV) 1798, une tentative avec très peu de moyens

Nous avions vu la dernière fois la tentative ratée d’un débarquement en 1796. Cet échec était d’autant plus dommageable aux projets franco-irlandais qu’il fit peur à Londres, qui déploya d’importants moyens pour écraser la rébellion irlandaise. Ainsi, alors que les Français vont finalement parvenir à débarquer, deux ans plus, tard, ceci va se faire dans une île où la volonté insurrectionnelle aura été sérieusement émoussée par la répression britannique.

Débarquement à Kilcummin

Déjouant la surveillance de la Royal Navy, un bon millier d’hommes parvient donc à partir de France et toucher terre en Irlande le 22 août 1798, dans le comté septentrional de Mayo, au bourg de pêcheurs de Kilcummin (voir photos). Ces hommes sont commandés par le général Humbert, combattant courageux qui a franchi les échelons rapidement depuis 1792, comme beaucoup de ses contemporains. La faiblesse de ses moyens est dès le début patente, et il intervient dans une île où, je l’ai dit en introduction, les succès potentiels d’une rébellion sont beaucoup moins importants que deux ans plus tôt.

Toutefois, il ne reste pas inactif: des ruraux et des Irlandais-Unis se joignent à lui rapidement, et il marche sur Killala, ville ayant une importance locale et proche du lieu de débarquement. Le courage et la volonté sont bien présents, mais les insurgés locaux manquent cruellement d’armement et d’entraînement, ce qui agace les Français. Néanmoins, l’armée d’Irlande parvient à s’emparer de Ballina et, mieux, à l’emporter sur les 6000 hommes de Lake à Castlebar quelques jours plus tard !

Pour l’emporter dans cette localité non sans valeur, Humbert a fait monter ses hommes à l’assaut au pas de charge, et les Irlandais se sont battus si vaillamment… Que les lignes britanniques ont été enfoncées malgré la disproportion évidente de moyens. La déroute est telle que ceux qui se sont enfuis l’ont fait si rapidement qu’ils ont été copieusement brocardés dans les écrits et les caricatures du temps. A tel point que l’on a parlé de « courses de Castelbar » (Castelbar races).

Contre toute attente, ces débuts furent donc couronnés de succès, mais bientôt l’expédition d’Irlande allait tourner court.

La pointe de Kilcummin où les Français ont débarqué en 1798. Photo de l'auteur.

La pointe de Kilcummin où les Français ont débarqué en 1798. Photo de l’auteur.

 

Plaque commémorative sur les lieux. Photo de l'auteur.

Plaque commémorative sur les lieux. Photo de l’auteur.

 

Un échec 

En effet, malgré l’épisode peu glorieux pour eux de Castelbar, les Britanniques se reprennent rapidement. D’ailleurs, tous les avantages sont de leur côté: leur supériorité numérique de plusieurs dizaines de milliers d’hommes est écrasante, et la surprise est passée. Bien que Humbert ait déployé une activité intense, pris de nombreuses décisions et vu une république irlandaise être proclamée… Il a des effectifs squelettiques et, pour ne pas tomber aux mains de son adversaire, il décide de se mettre en marche vers Sligo début septembre, y espérant des renforts irlandais.

Les forces royales, commandées par Cornwallis, le fameux vaincu de la bataille de Yorktown lors de la guerre d’indépendance américaine, opèrent donc méthodiquement pour le vaincre. Elles encerclent peu à peu les forces franco-irlandaises. Bien qu’elles se défendent courageusement et repoussent de nombreuses attaques, celles-ci sont encerclées par 30.000 hommes (!) dans la plaine de Ballinamuck courant septembre. Humbert doit se rendre, ne pouvant évidemment l’emporter face à une telle troupe. Toutefois, il réussit à obtenir pour ses hommes des conditions de reddition correctes, là où la répression qui s’abat sur les Irlandais va être terrible.

Nous analyserons la prochaine fois la mémoire de ces évènements et conclurons.

 

Le paysage. Photo de l'auteur.

Le paysage. Photo de l’auteur.

 

Kilcummin, jour de commémoration, été 2016. L'endroit était pavoisé aux couleurs françaises. Photo de l'auteur.

Kilcummin, jour de commémoration, été 2016. L’endroit était pavoisé aux couleurs françaises. Photo de l’auteur.

Bibliographie sélective (sans but d’exhaustivité):

-JOANNON (Pierre), Histoire de l’Irlande et des Irlandais, Paris, Perrin, coll. « Tempus », 2009, 832 p.

-« France-Irlande », Revue historique des armées n° 253, 2008. Voir notamment cet article :

https://rha.revues.org/4612

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