Archives de Catégorie: Moyen-âge

William Wallace, le personnage et son mythe : IV) Le retour en Ecosse d’Edouard Ier

De Stirling à Falkirk 

On l’a dit précédemment: alerté par la tournure que prennent les événements, Edouard Ier revient à marche forcée en Ecosse, avec une forte armée. Rapidement, il occupe des places d’importance et reçoit l’aide de seigneurs écossais jaloux de Wallace. Celui-ci, qui tente d’échapper à la nasse qui se referme est accroché par les troupes du roi d’Angleterre, à Falkirk. La localité, située à une vingtaine de kilomètres au sud-est de Stirling est proche du Firth of Forth, l’estuaire du fleuve du même nom, et environnée de bois protecteurs.

Toutefois, plutôt que de s’y réfugier, le chef écossais décide de se mettre en position défensive et d’y attendre solidement les forces d’Edouard. L’été est torride et il dispose ses troupes en schiltrons, unités où les hommes sont très serrés et forment un rempart de lances difficile à attaquer. L’idée semble bonne, mais c’est sans compter la formidable archerie d’Edouard, qui affaiblit ces troupes très peu mobiles, avant que la cavalerie ne termine le massacre.

Falkirk est un désastre: l’armée de Wallace est totalement disloquée à la fin de la journée (22 juillet 1298) et il doit s’échapper pour éviter la capture. Le triomphe d’Edouard est total.

Statue de Robert Bruce au château d’Edimbourg. Photo de l’auteur (2016).

Edouard Ier semble l’emporter définitivement

D’autant plus que Wallace fuit pendant quelques années en France, sans que l’on puisse dire avec certitude, faute de documents, ce qu’il y fait. Il ne revient en Ecosse qu’à la charnière des années 1303-1304, et y reprend sa petite guerre contre l’occupant anglais, qui s’est solidement installé après la bataille vue plus haut… Sans que l’autorité d’Edouard rayonne beaucoup plus loin que le rayon d’action de ses garnisons, comme quelques années plus tôt.

La situation semble propice, d’autant plus que Wallace regroupe à nouveau des partisans, et une structure de commandement est formée, nommée « gardiens du royaume », sorte de régence agissant au nom de Jean Baillol, dont on a vu qu’il était un pion des Anglais. Elle remporte quelques succès, jusqu’à ce que Robert Bruce, qui en fait partie, la dénonce ouvertement, désirant le pouvoir pour lui-même.

Ces divisions intenses débouchent sur une guerre civile qui remet en cause l’efficacité de la lutte contre les Anglais et Edouard Ier paraît l’emporter définitivement.

Liens: 

La page Facebook du site : ici . Déjà 451 abonnés !

Mes vidéos d’histoire sur Youtube:  La chaîne . Déjà 1631 abonnés !

Mes articles pour la Gazette du wargamer 

La page Tipeee : https://www.tipeee.com/antre-du-stratege

Publicités

Le patrimoine militaire de Wangenbourg-Engenthal

Située dans le massif des Vosges, la petite commune de Wangenbourg-Engenthal abrita le poste de commandement de la 5e Armée durant la Drôle de Guerre. Son chef d’Etat-major était le bien connu général de Lattre de Tassigny. Des personnalités célèbres comme Daladier, le président de la République Lebrun et même Charles de Gaulle s’y rendirent. Une casemate pour les personnalités importantes y avait été créée. A côté de cela, le lieu abrite un château commencé à la fin du XIIe siècle et dont les ruines restent impressionnantes. Vue magnifique depuis le donjon…

Plus d’informations: https://www.chateauxfortsalsace.com/fr/chateau/chateau-de-wangenbourg/

Le Grand hôtel, aujourd’hui du Parc, où le PC de la 5e armée s’était installée. A 40 kilomètres à l’ouest de Strasbourg, dans les Vosges, la position était abritée. Photo de l’auteur.

L’Etat-major resta là durant toute la Drôle de Guerre, période incertainte entre septembre 39-et mai 40, date de l’attaque allemande à l’ouest. Photo de l’auteur.

La casemate où les personnalités importantes s’abritaient. Le centre de commandement y était relié. Photo de l’auteur.

Autre vue. Photo de l’auteur.

Autre vue. Photo de l’auteur.

Première vue du château, qui se compose de plusieurs éléments des XII, XIII et XIVe siècles. Les soldats de Louis XIV encore y passèrent ! https://www.chateauxfortsalsace.com/fr/chateau/chateau-de-wangenbourg/ Photo de l’auteur.

En longeant les remparts. Photo de l’auteur.

En longeant les remparts. Photo de l’auteur.

En longeant les remparts. Photo de l’auteur.

La cour intérieure. Photo de l’auteur.

La cour intérieure. Photo de l’auteur.

Arche donnant sur la forêt, dans la cour intérieure. Photo de l’auteur.

La cour intérieure. Photo de l’auteur.

Superbe vue des Vosges depuis le donjon. Photo de l’auteur.

Depuis le haut du deuxième donjon (fin XIIIe-début XIVe), le primitif ayant été remplacé. On en voit encore les fondations. Photo de l’auteur.

¨Plaque en l’honneur du général de Gaulle. Photo de l’auteur.

Liens: 

La page Facebook du site : ici . Déjà 445 abonnés !

Mes vidéos d’histoire sur Youtube:  La chaîne . Déjà 1619 abonnés !

Mes articles pour la Gazette du wargamer 

La page Tipeee : https://www.tipeee.com/antre-du-stratege

William Wallace, le personnage et son mythe : III) la bataille de Stirling

Stirling bridge 

On l’a vu précédemment, les premières actions de Wallace lui valent d’être rejoint par un nombre important d’Ecossais dans sa lutte contre l’occupation anglaise, même si ce n’est pas le cas de tous. Ainsi, en août 1297, il se sent assez fort pour assiéger la ville de Dundee, à environ 100 km au nord d’Édimbourg. Celle-ci est importante car riche et elle n’a pas rejoint son camp. C’est à ce moment que les commandants anglais voient l’occasion d’agir en le coupant de ses bases et lignes de ravitaillement.

Ils décident d’occuper la ville de Stirling, hautement stratégique car se trouvant sur le cours de la Forth, à l’époque infranchissable ailleurs que là avant son estuaire… Car le dernier pont s’y trouve justement. Rapidement, Wallace prend la mesure du danger mortel qui le menace et fait demi-tour. Lorsqu’il parvient à Stirling, c’est avec pas moins de 4000 hommes à pied et 180 cavaliers. C’est à la fois beaucoup et peu, car les Anglais sont 15.000 et occupent solidement la rive droite. En apparence, tout était contre lui, car il leur suffisait d’attendre.

Toutefois, l’histoire n’a pas besoin d’être romancée voire hideusement transformée comme le font beaucoup de productions culturelles: elle est à elle seule remplie d’anecdotes romanesques. Cette bataille le montre bien car, un chevalier anglais du nom de Marmaduke Tweng, pressé d’en finir et sans doute de se couvrir de gloire… Se lance à l’assaut du pont, entraînant une partie des troupes avec lui.

 

Le pont de Stirling et la Forth. Celui de 1297 était en bois et l’actuel date du 16e siècle. Un article sur la question: https://scottmanning.com/content/the-real-location-of-stirling-bridge/ Photo de l’auteur (2016).

Plaque à Stirling. Photo de l’auteur (2016).

Les conséquences de la bataille

Wallace, alerté, comprend qu’il y a quelque chose à jouer: il laisse s’avancer la moitié de l’armée anglaise puis, lance ses troupes sur elle, qui dévalent des collines. C’est un massacre car le pont constitue un goulet d’étranglement, et se battre adossé à une rivière n’est jamais simple. Les Anglais perdent 3000 hommes, dont cent chevaliers. Surtout, les conséquences sont grandes car le retentissement de la victoire inattendue de Wallace est immense.

Elle constitue le « déclic » qui fait tomber les dernières résistances à un ralliement à son camp: les villes le rejoignent les unes après les autres et la noblesse écossaise lui obéit. Dans une société médiévale, ce n’est pas courant. N’oublions pas sa basse extraction. Mieux, Robert Bruce fait de lui un chevalier. L’Ecosse semble en passe d’être totalement libérée en cette année 1297, d’autant plus qu’Edouard Ier est alors sur le continent, en train de se battre dans les Flandres contre les Français. Alerté, il décide de réagir et regagne les lieux  avec une grande armée au début de l’été 1298.

Bibliographie consultée (qui n’a donc pas pour but d’être exhaustive):

-DUCHEIN (Michel), Histoire de l’Ecosse. Des origines à nos jours, Paris, Tallandier, coll. « Texto », 2013, 797 p.

Liens: 

La page Facebook du site : ici . Déjà 434 abonnés !

Mes vidéos d’histoire sur Youtube:  La chaîne . Déjà 1614 abonnés !

Mes articles pour la Gazette du wargamer 

La page Tipeee : https://www.tipeee.com/antre-du-stratege

William Wallace, le personnage et son mythe : II) Ses débuts

Nous l’avions vu précédemment, le règne de Jean Baillol se termine mal pour l’Ecosse, à moitié conquise et vassalisée par l’Angleterre. Des garnisons anglaises sont installées dans la plupart des place-fortes du pays et des hommes du roi Edouard Ier se retrouvent aux postes-clé. Toutefois, dès le début, leur autorité ne rayonne guère au-delà de ces endroits et elle est remise en cause un peu partout. Les Anglais évoluent dans un milieu où la population est majoritairement hostile, même si des nobles décident de les soutenir par calcul politique. Comme toujours dans ces cas-là, seul un chef charismatique et à même de faire de ces mouvements disparates une résistance plus unie est nécessaire, c’est ce qui va arriver avec William Wallace.

Qui est William Wallace ? 

Avant tout, tout sauf un noble. On aurait pu penser que seul un puissant duc eût été capable d’unifier autour de sa personne des seigneurs récalcitrants, mais Wallace n’en est pas un. Le début de sa vie est obscur, mais on sait de manière à peu près certaine qu’il est originaire du comté d’Ayr et qu’il n’était pas très élevé dans l’échelle sociale. Sans que l’on sache très bien pourquoi, il tue le sheriff anglais de Lanark et doit fuir suite à cet acte. Peut-être les deux hommes étaient-ils en compétition pour obtenir les faveurs de la même femme ? Toujours est-il qu’il rejoint la forêt et groupe bientôt autour de lui des mécontents de toute sorte. Dès le mois de mai 1297, avec trente hommes, il défait la garnison de la ville. Ce combat est loin de passer inaperçu. 

Statue de William Wallace au château d’Edimbourg. Photo de l’auteur.

Un nom qui fédère

Rapidement, cette action le fait connaître dans toute l’Ecosse et l’on se rallie à lui. Fait intéressant, les nobles ne sont pas les derniers, ni certains ecclésiastiques comme l’évêque de Glasgow, qui appelle à la résistance contre les Anglais. Le fait peut être comparé avec l’Irlande, où l’Eglise fut beaucoup plus circonspecte à cet égard, même s’il ne faut pas faire de ce cas une généralité. Faute d’abord de moyens, Wallace mène une « petite guerre », c’est à dire du faible au fort, de guérilla. Il harcèle les lignes de communications anglaises, leurs garnisons, leur ravitaillement. Puis, notamment grâce au prélat cité, de grands noms se joignent à lui: James Stewart, puissant seigneur, et le fameux Robert Bruce dont la famille est en compétition pour le trône depuis la crise qui a précédé l’arrivée de Jean Baillol au pouvoir, avec l’ingérence anglaise que l’on a vue.

Ce dernier ralliement oriente la révolte dans une autre direction, notamment si l’on considère que Les Bruce avaient soutenu les Anglais jusque-là, pour s’attirer leurs bonnes grâces. Désormais, elle quitte le domaine de la guérilla pour devenir plus ouverte.

Bibliographie consultée (qui n’a donc pas pour but d’être exhaustive):

-DUCHEIN (Michel), Histoire de l’Ecosse. Des origines à nos jours, Paris, Tallandier, coll. « Texto », 2013, 797 p.

Liens: 

La page Facebook du site : ici . Déjà 433 abonnés !

Mes vidéos d’histoire sur Youtube:  La chaîne . Déjà 1601 abonnés !

Mes articles pour la Gazette du wargamer 

La page Tipeee : https://www.tipeee.com/antre-du-stratege

William Wallace, le personnage et son mythe : I) Introduction

Un personnage bien connu du fait du cinéma

S’il est célébré en Ecosse depuis longtemps (le monument de Stirling le montre bien, voir photos), William Wallace a été popularisé en dehors de ce territoire avec le film bien connu de Mel Gibson, Braveheart, en 1995. Dans cette production à succès, il y apparaît comme un guerrier juste, fédérateur, se battant pour la liberté, une liberté évidemment très américanisée et plaquée comme telle sur le Moyen-Age… Tout de même, il exista bel et bien et se battit réellement contre la monarchie anglaise et ses troupes pour libérer une Ecosse quasiment annexée.

Or, si l’on a tous en tête des images de géants plus ou moins roux, portant le kilt, soulevant fièrement de longues épées et montrant leur postérieur aux Anglais… On s’attachera à aller au-delà et expliquer qui fut le « vrai » Wallace, dont l’histoire est finalement très éloignée de l’oeuvre du cinéaste cité plus haut. Mais n’est-ce pas la plus grande qualité de ces films, discutables (trop ?) sur le plan historique: donner envie de savoir quels furent les personnages réels et leurs vies ? Inciter à la lecture et à la recherche ? Prenons les donc pour ce qu’ils sont et ne jetons pas forcément l’anathème sur eux, même s’il convient de garder son esprit critique, bien entendu.

Le Wallace monument de Stirling (nous reviendrons sur ce lieu), édifié dans un style néogothique au XIXe siècle, à la même époque où l’Ecosse, en plein bouillonnement culturel, célèbre Walter Scott ou Robert Burns. Pour en savoir plus: https://www.nationalwallacemonument.com/francais/ Photo de l’auteur (2016).

Le Wallace monument de Stirling (nous reviendrons sur ce lieu), édifié dans un style néogothique au XIXe siècle, à la même époque où l’Ecosse, en plein bouillonnement culturel, célèbre Walter Scott ou Robert Burns. Pour en savoir plus: https://www.nationalwallacemonument.com/francais/ Photo de l’auteur (2016).

L’Ecosse en 1297

Alors que William Wallace s’apprête à rentrer dans l’histoire, l’Ecosse est un royaume à moitié conquis par son puissant voisin du sud, l’Angleterre. Infiniment moins peuplée et moins riche que celle-ci, elle est en proie aux appétits anglais depuis longtemps. Or, Londres y pousse ses pions avantageusement, sachant utiliser les occasions, la force si nécessaire, et la division des nobles écossais. Ainsi, en 1292 le nouveau roi d’Ecosse, un certain Jean Baillol, a été proclamé tel par son homologue anglais, le fameux Edouard Ier, à qui il a dû prêter serment et dont il est le vassal.

Pour sortir de cet étouffant carcan, Baillol cherche des alliés et les trouve en la personne de la France, elle aussi en lutte contre l’Angleterre, pour le contrôle de la Guyenne (Sud-ouest), et heureuse de trouver un allié de revers. C’est la fameuse Auld Alliance signée en 1295 (les circonstances exactes de l’approche diplomatique restent floues) et qui devait durer des siècles. Les deux parties contractantes y trouvent intérêt, notamment en divisant les forces anglaises. Toutefois, si celle-ci a fait couler beaucoup d’encre et est encore connue dans les deux nations respectives, elle est à l’époque une catastrophe.

En effet, on a dit que Baillol était le vassal, bien que forcé, d’Edouard et, en s’alliant avec la France il trahit clairement son suzerain. Celui-ci ne perd pas de temps: il envahit assez facilement l’Ecosse en 1296, sans que les Français ne puissent réellement intervenir. La conquête achevée, il nomme un Anglais vice-roi, ainsi qu’installe des comtes anglais ou écossais ralliés à lui avec des troupes dans les principaux châteaux de la région (Edimbourg, Dunbar notamment). C’est là que Wallace va débuter ses actions.

Bibliographie consultée (qui n’a donc pas pour but d’être exhaustive):

-DUCHEIN (Michel), Histoire de l’Ecosse. Des origines à nos jours, Paris, Tallandier, coll. « Texto », 2013, 797 p.

Liens: 

La page Facebook du site : ici . Déjà 426 abonnés !

Mes vidéos d’histoire sur Youtube:  La chaîne . Déjà 1577 abonnés !

Mes articles pour la Gazette du wargamer 

La page Tipeee : https://www.tipeee.com/antre-du-stratege

Mon test de Crusader Kings II – The Reaper’s Due

En attendant le début d’un nouveau dossier, je vous propose mon dernier test en date pour la Gazette du wargamer. Il s’agit d’un article consacré à l’extension The Reaper’s Due pour le jeu  Crusader Kings II. Assez sombre, elle se concentre sur les maladies et notamment les épidémies de peste qui firent tant de mal au Moyen-Age.

La peste noire s'étend.

La peste noire s’étend.

Le test: 

Test : Crusader Kings II – The Reaper’s Due, gare à la Faucheuse

La page FB du site (pour être tenu automatiquement au courant des publications): ici . Déjà 293 abonnés!

Mes vidéos d’histoire sur youtube:  La chaîne . Déjà 1045 abonnés!

Mes articles pour la Gazette du wargamer 

La page Tipeee : https://www.tipeee.com/antre-du-stratege

L’Ecosse dans Crusader Kings II: récit de partie

Avant de continuer le dossier sur la guerre d’Hiver et de retrouver Crusader Kings II pour une nouvelle extension, je vous propose la lecture d’un récit d’une partie effectuée sur le même jeu. J’ai choisi l’Ecosse, dont je parlais il y a quelques articles (Antiquité). Par la même occasion, bonne rentrée à tous mes collègues de l’Education Nationale, mercredi et jeudi !

Les deux épisodes, sur le site de la Gazette du Wargamer:

AAR Crusader Kings II : le règne du roi Constantine II

http://www.wargamer.fr/aar-crusader-kings-ii-fin-de-regne-lecosse-sagrandit/

On y retrouvera aussi les liens vers mes tests du jeu et de ses nombreuses extensions.

La page FB du site (pour être tenu automatiquement au courant des publications): ici . Déjà 294 abonnés!

Mes vidéos d’histoire sur youtube:  La chaîne . Déjà 1035 abonnés!

Mes articles pour la Gazette du wargamer 

La page Tipeee : https://www.tipeee.com/antre-du-stratege

1066, Harald le Sévère et l’Angleterre: IV) Conclusion

Conclusion et conséquences: 

Au final, les conséquences de la bataille du pont de Stamford sont très importantes pour l’histoire des îles britanniques, à la fois à court et long terme. Ainsi, c’est une victoire sans appel du roi d’Angleterre: arrivés avec 360 navires, les Norvégiens et leurs alliés n’en peuvent plus remplir que 24 en repartant ! Cela veut dire que plus de 90% des leurs sont restés sur le champ de bataille, ce qui est un taux de perte considérable non seulement pour le Moyen-âge, mais aussi toutes époques confondues.

De plus, Stamford influe direcement sur les semaines immédiates: bien que victoire, on a vu qu’elle a forcé Harold a se rendre rapidement dans le nord de l’Angleterre avec son armée, ce qui l’a fatiguée. Or, les Normands débarquent peu après dans le sud, et le fameux combat à Hastings a lieu dès le 14 octobre 1066, soit très peu de temps après l’affrontement contre les Scandinaves (25 septembre). Le va-et-vient des troupes anglaises en si peu de temps a épuisé une partie des hommes et obligé le souverain à diviser ses efforts. Avec brio, certes, mais cela a pesé en partie dans sa défaite finale.

Enfin, à plus long terme, l’hécatombe connue par Harald  et son armée met pratiquement fin à une présence viking pluriséculaire en Grande-Bretagne. S’il reste des raids épisodiques dans les années suivantes, une page s’est bel et bien tournée. On notera tout de même que les îles Orcades et Shetland restent sous leur souveraineté, toujours plus lâche avec le temps, jusqu’en 1472. A cette date, elles deviennent définitivement écossaises par mariage.

L’épisode norvégien au cours de cette année 1066 est donc important et mérite d’être lu pour mieux comprendre la conquête normande de l’Angleterre et, au-delà, un pan d’histoire européenne.

Bibliographie consultée (qui n’a donc pas pour but d’être exhaustive):

-BOUET (Pierre), Hastings. 14 octobre 1066, Paris, Tallandier, coll. « Texto », 2014, 185 p.

Sur les Vikings, on pourra lire le classique:

-BOYER (Régis), Les Vikings, Paris, Perrin, coll. « Tempus », 2015, 442 p.

La page FB du site (pour être tenu automatiquement au courant des publications): ici . Déjà 283 abonnés!

Mes vidéos d’histoire sur youtube:  La chaîne . Déjà 999 abonnés!

Mes articles pour la Gazette du wargamer 

La page Tipeee : https://www.tipeee.com/antre-du-stratege

1066, Harald le Sévère et l’Angleterre: III) La bataille du pont de Stamford

Souvenez-vous, les Norvégiens et leur allié Tostig avaient obtenu d’être ravitaillés par leurs ennemis vaincus. Cette opération devait se dérouler au pont de Stamford, proche de York, le 25 septembre 1066, soit quelques jours seulement après le débarquement des Scandinaves en Angleterre et leur première victoire, le 20 de ce mois.

Le roi d’Angleterre prend un pari risqué…

Pourtant, le roi d’Angleterre a été prévenu très tôt de ce mouvement ennemi et a réagi avec une grande célérité: dès qu’il apprend la nouvelle, il décide de partir de Londres pour marcher à la rencontre d’Harald avec ses meilleures troupes, les housecarls, d’origine danoise. 

Ce faisant il prend des immenses risques. En effet, la société médiévale ne connaît pas la mobilisation générale de l’époque contemporaine, préparée dès le temps de paix. Or, si celle-ci est déjà difficile à mettre en place, c’est encore plus vrai dans l’Angleterre du 11e siècle. En effet, rassembler des troupes issues des domaines des vassaux est très long, et pour une durée limité et Harald n’a pas le temps de le faire. Il décide donc de s’en passer et de se contenter de recruter des hommes dans les régions qu’il traverse, à marche forcée.

Exploit pour l’époque, il franchit les quelques 300 kilomètres entre Londres et York en quelques jours seulement, puisqu’il y parvient dès le 24 septembre, la veille du « rendez-vous » pris à Stamford ! Ralliant les vaincus de Fulford, il dispose d’une armée de 7000 hommes prête à user à plein de l’effet de surprise.

La bataille vue par le XIXe siècle et le peintre Peter Nicolai Arbo. Il s’agit du moment où Harald, en bleu, est tué.

Et gagne

Ainsi, confiants, le roi de Norvège et Tostig, ignorant l’arrivée de ces troupes venues du sud, se rendent au lieu dit à l’heure dite. Ils n’ont avec eux que les deux tiers de leurs forces, environ 5000 hommes et nombre d’hommes n’ont même pas pris la peine de se vêtir de leur haubert, y compris Harald lui-même. Or, quand les Norvégiens comprennent leur erreur, il est trop tard pour faire demi-tour. Toutefois, réagissant rapidement, ils envoient une partie de leurs hommes tenir le pont, pendant que des messagers se ruent vers l’arrière pour rameuter les renforts.

Néanmoins, manquant de protection, beaucoup de Vikings se font tuer. Le roi est parmi eux, percé d’une flèche. Tostig prend le commandement et a la satisfaction de voir arriver le reste de ses troupes, qui, quoi qu’épuisées par la course, se ruent directement dans la bataille.  L’équilibre entre les forces étant ainsi en partie rétablit, l’engagement reste indécis jusqu’à la nuit et un retour offensif puissant des Scandinaves et de leurs alliés menace même sérieusement un temps Harold. Au final, cela n’empêche pas la défaite finale des Vikings et, à son tour, Tostig tombe au milieu d’eux, durant les derniers combats.

Ce récit terminé, il nous restera à voir les conséquences de cette bataille.

Bibliographie consultée (qui n’a donc pas pour but d’être exhaustive):

-BOUET (Pierre), Hastings. 14 octobre 1066, Paris, Tallandier, coll. « Texto », 2014, 185 p.

Sur les Vikings, on pourra lire le classique:

-BOYER (Régis), Les Vikings, Paris, Perrin, coll. « Tempus », 2015, 442 p.

La page FB du site (pour être tenu automatiquement au courant des publications): ici . Déjà 282 abonnés!

Mes vidéos d’histoire sur youtube:  La chaîne . Déjà 974 abonnés!

Mes articles pour la Gazette du wargamer 

La page Tipeee : https://www.tipeee.com/antre-du-stratege

 

 

1066, Harald le Sévère et l’Angleterre: II) A l’assaut des côtes anglaises

Le roi de Norvège débarque en Angleterre

J’avais terminé sur ce point la dernière fois: c’est au mois de septembre 1066 que le roi de Norvège tente la conquête de l’Angleterre. Parti de Scandinavie, il fait escale dans les îles Orcades, qui ne sont pas encore écossaises et appartiennent toujours à la Norvège à cette date. Ayant pu compléter ses vivres et ses réserves d’eau, il s’est ensuite rendu en Ecosse. Ce crochet n’est pas de courtoisie: il y a été rejoint par un certain Tostig et ses forces.  Il s’agit du frère du roi d’Angleterre, et qui s’oppose à lui depuis l’année précédente. Anciennement comte, il s’est fait connaître par sa brutalité et a été remplacé. Parti en exil, il exerce depuis lors sa vengeance en ravageant les côtes de son ancien pays avec les hommes qui lui sont restés fidèles.

Liant parti avec Harald, dans l’espoir d’avoir sa part une fois celui-ci maître du pays, il se joint donc à lui. Ainsi, les deux hommes disposent d’une flotte non négligeable de 360 navires, portant entre 7000 et 8000 hommes. Ceux-ci débarquent avec succès dans les environs d’York à la mi-septembre, grande ville du nord de l’Angleterre.

Les Vikings sont à terre

Harold, qui craint également les Normands au sud, ne dispose que de forces limitées dans la région. Aussitôt le débarquement connu, on envoie des messagers l’avertir, pendant que les troupes chargées de la défense du nord, la Northumbrie, se rassemblent. Un premier affrontement a rapidement lieu à Fulford le 20 septembre.  Les Vikings alliés de Tostig l’emportent dans ce petit village proche de York, dont la route leur est désormais ouverte. Fort de ce premier succès, ils se font promettre l’envoi d’otages et de vivres pour le 25 septembre. La « réception » de ceux-ci doit se faire un peu plus loin, au pont de Stamford.

Croyant alors avoir un certain temps devant eux avant les réactions anglaises, les deux chefs repartent à leur camp de base, confiants dans l’avenir. C’était compter sans la réactivité du roi d’Angleterre !

Bibliographie consultée (qui n’a donc pas pour but d’être exhaustive):

-BOUET (Pierre), Hastings. 14 octobre 1066, Paris, Tallandier, coll. « Texto », 2014, 185 p.

Sur les Vikings, on pourra lire le classique:

-BOYER (Régis), Les Vikings, Paris, Perrin, coll. « Tempus », 2015, 442 p.

La page FB du site (pour être tenu automatiquement au courant des publications): ici . Déjà 281 abonnés!

Mes vidéos d’histoire sur youtube:  La chaîne . Déjà 967 abonnés!

Mes articles pour la Gazette du wargamer 

La page Tipeee : https://www.tipeee.com/antre-du-stratege

%d blogueurs aiment cette page :