Archives de Tag: 1940

Exposition « Comme en 40 » aux Invalides

Ma critique

Comme en 40 est une nouvelle exposition temporaire au musée de l’Armée à Paris. Courant jusqu’au 10 janvier, elle propose de revenir sur l’année 1940, de la fin de la Drôle de Guerre aux premiers combats de la France libre, en passant par les débuts de l’occupation et du régime de Vichy. Le parcours est très chronologique, même si certains espaces plus thématiques permettent de revenir sur plusieurs aspects, comme l’exode des populations fuyant devant les armées allemandes.

La muséographie retenue, un peu adaptée aux temps de pandémie que nous vivons, est très efficace, malgré quelques couloirs un peu plus vides. Pour le reste, les objets exposés sont très nombreux et bien présentés, même si certaines vitrines sont plus marquées par les reflets que d’autres. Cela conduit à peu de photos des armées autres que la française dans ma publication, mais les Belges, Allemands ou Britanniques y sont bien représentés. Ceci dit, on verra avec plaisir beaucoup d’uniformes, d’unités rarement représentées comme certaines escadrilles d’aviation, ou des troupes de la ligne Maginot des Alpes. Les officiers ne sont pas oubliés, ni les soldats allemands ou les troupes coloniales françaises. Beaucoup de vêtements et d’objets de généraux importants comme Weygand, Giraud et Georges sont présents ainsi que des effets ayant appartenu au colonel de Gaulle.

Les cartels sont clairs et bien faits et s’adressent autant au jeune public qu’aux passionnés. J’ai trouvé les salles bien équilibrées et apprécié qu’il y ait à la fois de très grands attendus (le 18 juin 1940, l’armistice…) mais aussi l’évocation de fronts encore peu abordés (l’expédition de Norvège, les touts premiers affrontements des troupes de Leclerc contre les Italiens en Afrique…). Le tout est rehaussé par la présence utile de vidéos d’époque, même si la présence du numérique aurait pu être renforcée avec plus de cartes interactives par exemple. Ces quelques réserves émises, l’exposition vaut vraiment le détour et peut être complétée par quelques salles du musée de l’ordre de la Libération consacrées à la même année. Comme il se trouve au sein des Invalides, il est simple de s’y rendre. Le seul bon côté du contexte sanitaire actuel est d’ailleurs la baisse de fréquentation; pas souhaitable en soi, elle permet tout de même d’apprécier les pièces présentées sans avoir à jouer du coude.

Le lien:

https://www.musee-armee.fr/au-programme/expositions/detail/exposition-comme-en-40.html

L’exposition du musée de l’Ordre de la Libération:

https://www.ordredelaliberation.fr/fr/exposition-2020

Les clichés (photos de l’auteur, 17/10/2020) :

Un char allemand panzer III. Assez léger et peu armé, il constitue l’épine dorsale des divisions blindées allemandes en 1940. C’est surtout sa concentration dans ces unités qui fait sa force.

Le char français B1-Bis. Bien mieux armé et protégé, quoique moins mobile, que le précédent. Hélas, la doctrine d’emploi n’est pas adaptée. Les blindés français sont peu regroupés en formations mécanisées, mais plutôt dispersés par « petits paquets ».

Autre vue. On voit bien l’obusier de 75 mm en casemate, et le canon antichar de 47 mm. Cet exemplaire a été construit par la firme Renault.

Manuel de défense dite « passive », soit de protection lors des attaques aériennes. Les consignes sont données en cas de bombardement. Le relais est fait auprès des élèves par de telles productions.

Blouson de skieur modèle 1940 conçu par le capitaine Marcel Pourchier, il équipa en partie les troupes envoyées en Norvège. D’abord censées venir en aide à la Finlande attaquée par l’URSS, elles furent finalement employées à « couper la route du fer » suédois à destination de l’Allemagne, via Narvik.

Mannequin représentant un officier de la 13e Demi-Brigade (soit un régiment) de la Légion Etrangère, envoyée en Norvège. La peau de mouton est caractéristique. Ma recension d’un livre sur la vie d’un officier ayant participé à cette expédition: https://www.wargamer.fr/dimitri-amilakvari-un-prince-combattant/#comment-38177

Casque Adrian modèle 1926 du général Chapoully, commandant d’une division d’infanterie Nord-Africaine. On reconnaît les deux étoiles et l’insigne caractéristique de l’Armée d’Afrique. La jugulaire en cuir tressé est aussi typique des effets des officiers, car elle n’est pas règlementaire.

Le képi du général Weygand, commandant en chef pendant les dernières semaines de combat. Il remplace un Gamelin dépassé mais ne parvient pas à rétablir la situation. Excellent livre sur la question: https://www.tallandier.com/livre/weygand/

Un membre d’équipage de chars français, à gauche et un allemand à droite. La tête de mort n’est pas celle des SS, mais des troupes montées.

Insigne du chef de bataillon d’une unité blindée. Le taureau est un symbole de puissance, de force. Michel Pastoureau en parle bien: https://www.franceculture.fr/emissions/concordance-des-temps/le-taureau-embleme-et-enjeu

Veston d’officier de chars de Charles de Gaulle. A voir sur la vidéo INA ci-dessous: https://www.ina.fr/video/AFE01000141

Ordre signé de la main de De Gaulle.

Silhouette typique d’un chasseur alpin italien (alpino) engagé dans les Alpes en juin 1940. Si la grande froideur a amené à porter plus d’effets en haute montagne, le mannequin rend très bien compte des moments de marche avec la façon caractéristique de porter les lunettes et le fusil.

En face, des Bataillons Alpins de Forteresse, de la ligne Maginot des Alpes. Un bon résumé: https://journals.openedition.org/rha/187

Fanion d’un groupe aérien d’observation français.

Silhouette caractéristique d’un aviateur allemand.

Silhouette caractéristique d’un aviateur français.

Maquette d’un timbre finalement non-émis. Il émane du projet avorté de l’Union franco-britannique. Porté notamment par Jean Monnet il visait à une fusion des deux pays qui aurait permis de continuer la lutte. Il s’agit d’Albert Lebrun (à droite) et de George VI à gauche.

Carte des camps de prisonniers français.

Plaques de prisonniers français.

Acte de résistance sur une affiche de propagande allemande. Pour en savoir plus: https://histoire-image.org/fr/etudes/propagande-allemande

Mannequin représentant un tirailleur sénégalais, d’un régiment s’étant battu à Koufra, action d’éclat de la France libre. L’équipement est de millésimes remontant à la Première Guerre mondiale et avant.

Appareil photo utilisé lors de la reconnaissance aérienne de l’oasis de Koufra.

Musée de la cavalerie (Saumur): aperçu des collections

Ville par excellence des troupes montées puis blindées, Saumur regorge de musées et lieux de mémoire militaires liés à cette arme. Je vous propose aujourd’hui un bref aperçu du musée de la cavalerie, qui retrace son histoire de la Renaissance à nos jours. Il est évidemment bien plus riche que ces quelques clichés que je partage. A lier à la manufacture d’armes blanches de Klingenthal (lien plus bas).

https://www.musee-cavalerie.fr/

https://antredustratege.com/2018/01/13/la-manufacture-darmes-blanches-de-klingenthal/

Cuirasse de cuirassier, modèle 1804. Cette cavalerie lourde est utilisée pour le choc, créer des brèches dans les rangs ennemis ou exploiter une faiblesse. Elle a encore son utilité au début du 19e siècle.

Emblème de la garde impériale modèle 1812. L’ensemble a été réalisé sous le Second Empire, époque qui réactive la gloire du Premier et fait la filiation (parfois un peu forcée) entre les deux époques.

Sabres d’apparat de la Restauration, notamment des gardes du corps du roi. Le duc d’Angoulême dont le nom apparaît est le fils aîné de Charles X , dont le mariage avec la fille de Louis XVI est resté stérile. Je l’évoque au sujet de l’Espagne ici: https://antredustratege.com/2018/05/21/lexpedition-despagne-de-1823-i-lintervention-francaise/

Cuirasses de la garde impériale, époque Second Empire. La cavalerie cuirassée se révèle inapte aux combats de 1870. Elle se fait étriller par les tirs des armes à répétition manuelle (Dreyse, Chassepot), mais va subsister jusqu’en 1914.

Détail d’une plaque de carabiniers de la garde impériale (Second Empire). Le commentaire sur ces unités cuirassées écrit plus haut s’applique là encore.

Des dragons (infanterie montée) escortent des prisonniers allemands en 1914. Hélas, le nom de l’artiste n’est pas indiqué. Après la « course à la mer » et la création d’un réseau de tranchées, les cavaliers se révèlent inutiles sur le front de l’ouest. Ils vont être démontés provisoirement. A l’est ou en Afrique, la situation est différente.

Mannequin d’un spahi. Ces cavaliers marocains ou algériens sont recrutés par la France durant l’époque coloniale et se révèlent de très bons soldats. Il reste des unités héritières de celles-ci.

Détail du casque modèle 1935 de chars de combat du général Leclerc, héros de la France Libre et de la Libération.

Les deux visages de la cavalerie en 1940: une partie est encore à cheval, et l’autre motorisée ou blindée. D’ailleurs, la motorisation rencontre toutes sortes de résistances contre elle, bien évoquées dans le roman de Maurice Druon « La dernière brigade ». Cet ouvrage marquant raconte aussi les combats de Saumur en 1940.

Guerre d’Algérie. Le mannequin porte un camouflage dit « lézard » et un pistolet-mitrailleur MAT 49. Les unités mobiles sont envoyées « nettoyer » des zones, notamment à l’époque du plan Challe. Ce général choisit de concentrer ses forces sur une zone précise, avant de passer à une autre. Ainsi, militairement, le conflit est quasiment une victoire.

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L’ouvrage-abri de Hatten: la ligne Maginot en Alsace

L’Alsace et la Moselle ont vu l’essentiel des ouvrages de la ligne Maginot y être construits. Ainsi, sur le territoire de la petite commune de Hatten, pas moins de 19 fortifications de toutes tailles (casemates d’infanterie, observatoire, abri…) ont été implantés. Je vous propose cette fois la visite de l’abri, dont les 28 pièces souterraines permettaient à l’équipage (nom des garnisons de la ligne) de vivre en autarcie sous le sol. Le site du musée (qui offre aussi des salles consacrées aux combats de la Libération en Alsace, en 44-45). Photos de l’auteur.

http://www.abrihatten.fr/musee.html

 

L’entrée de l’abri, côté regardant vers la France. Il est protégé par des cloches GFM (guetteur fusil-mitrailleur), des portes blindées, des FM sous masque et un fossé. Photo de l’auteur.

Vision rapprochée de la cloche blindée. Photo de l’auteur.

Un des interrupteurs Alsthom à l’intérieur. L’autarcie pouvait être complète: citernes d’eau, centrale électrique système de désenfumage… Photos de l’auteur.

Les chambrées. Photo de l’auteur.

Le système de ventilation. Photo de l’auteur.

Vue de la cuisine. Photo de l’auteur.

L’escalier menant vers la cloche vue plus haut. Photo de l’auteur.

La citerne d’eau. Photo de l’auteur.

Autres ouvrages Maginot ici:

https://antredustratege.com/2015/07/22/apercu-de-la-maurienne-militaire-1940-1944-45/

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Le patrimoine militaire de Wangenbourg-Engenthal

Située dans le massif des Vosges, la petite commune de Wangenbourg-Engenthal abrita le poste de commandement de la 5e Armée durant la Drôle de Guerre. Son chef d’Etat-major était le bien connu général de Lattre de Tassigny. Des personnalités célèbres comme Daladier, le président de la République Lebrun et même Charles de Gaulle s’y rendirent. Une casemate pour les personnalités importantes y avait été créée. A côté de cela, le lieu abrite un château commencé à la fin du XIIe siècle et dont les ruines restent impressionnantes. Vue magnifique depuis le donjon…

Plus d’informations: https://www.chateauxfortsalsace.com/fr/chateau/chateau-de-wangenbourg/

Le Grand hôtel, aujourd’hui du Parc, où le PC de la 5e armée s’était installée. A 40 kilomètres à l’ouest de Strasbourg, dans les Vosges, la position était abritée. Photo de l’auteur.

L’Etat-major resta là durant toute la Drôle de Guerre, période incertainte entre septembre 39-et mai 40, date de l’attaque allemande à l’ouest. Photo de l’auteur.

La casemate où les personnalités importantes s’abritaient. Le centre de commandement y était relié. Photo de l’auteur.

Autre vue. Photo de l’auteur.

Autre vue. Photo de l’auteur.

Première vue du château, qui se compose de plusieurs éléments des XII, XIII et XIVe siècles. Les soldats de Louis XIV encore y passèrent ! https://www.chateauxfortsalsace.com/fr/chateau/chateau-de-wangenbourg/ Photo de l’auteur.

En longeant les remparts. Photo de l’auteur.

En longeant les remparts. Photo de l’auteur.

En longeant les remparts. Photo de l’auteur.

La cour intérieure. Photo de l’auteur.

La cour intérieure. Photo de l’auteur.

Arche donnant sur la forêt, dans la cour intérieure. Photo de l’auteur.

La cour intérieure. Photo de l’auteur.

Superbe vue des Vosges depuis le donjon. Photo de l’auteur.

Depuis le haut du deuxième donjon (fin XIIIe-début XIVe), le primitif ayant été remplacé. On en voit encore les fondations. Photo de l’auteur.

¨Plaque en l’honneur du général de Gaulle. Photo de l’auteur.

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Aperçu de la Maurienne militaire (1940- 1944-45).

Vallée entre la France et l(Italie, la Maurienne fut le théâtre de très durs combats en 1940 entre Français et Italiens, puis en 1944-45 au moment de la Libération, et ce jusque dans les dernières semaines de la guerre. Ces quelques clichés illustrent ce passé. Ils sont cliquables pour mieux visualiser les détails.

Introduction avec cette vision de la barrière de l'Esseillon, édifiée pour protéger la frontière franco-piémontaise dans les années 1810-1830.

Introduction avec cette vision de la barrière de l’Esseillon, édifiée pour protéger la frontière franco-piémontaise dans les années 1810-1830.

Monument de Bramans, abîmé par des éclats d'obus italiens en 1940. Instant d'une poignante émotion.

Monument de Bramans, abîmé par des éclats d’obus italiens en 1940. Instant d’une poignante émotion.

Monuments aux héros qui libérèrent la Maurienne au prix de très durs combats en 1944-45. Episode largement oublié hors des lieux.

Monuments aux héros qui libérèrent la Maurienne au prix de très durs combats en 1944-45. Episode largement oublié hors des lieux.

Entrée du fort Saint-Gobain, ouvrage de la ligne Maginot des Alpes.

Entrée du fort Saint-Gobain, ouvrage de la ligne Maginot des Alpes.

Mortier de 81 mm dans l'ouvrage.

Mortier de 81 mm dans l’ouvrage.

Au Pas du Roc, après Valfréjus. L'ouvrage est bâti à flanc de falaise ! C'était une batterie de canons de 75 mm mle 1897. Impressionnante prouesse technique.

Au Pas du Roc, après Valfréjus. L’ouvrage est bâti à flanc de falaise ! C’était une batterie de canons de 75 mm mle 1897. Impressionnante prouesse technique.

Détail.

Détail.

Les ouvrages du Pas du Roc.

Les ouvrages du Pas du Roc.

Les ouvrages du Pas du Roc.

Les ouvrages du Pas du Roc.

Les ouvrages du Pas du Roc.

Les ouvrages du Pas du Roc.

Détail de la cloche GFM (Guetteur/ Fusil-mitrailleur).

Détail de la cloche GFM (Guetteur/ Fusil-mitrailleur).

Plus de photos :

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http://www.wargamer.fr/paroles-de-youtubeurs-jean-baptiste-murez-histoire-militaire/

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Les 75 ans de l’opération Dynamo: « Weekend à Zuydcoote »

Voyage dans le nord pour l’occasion des 75 ans de l’opération Dynamo qui sauva tant d’hommes de la captivité. Il y a à voir, allez-y !

 

A Leffrinckoucke, le fort des Dunes, de l'époque de Séré de Rivières. Explications : https://www.youtube.com/watch?v=yBA_TPnLl_Y Il abrita de nombreux hommes durant les combats.

A Leffrinckoucke, le fort des Dunes, de l’époque de Séré de Rivières. Explications : https://www.youtube.com/watch?v=yBA_TPnLl_Y
Il abrita de nombreux hommes durant les combats de juin 1940.

Cycliste britannique, musée du souvenir de Dunkerque.

Cycliste britannique, musée du souvenir de Dunkerque.

Moteur d'avion, musée du souvenir à Dunkerque

Moteur d’avion, musée du souvenir à Dunkerque

Musée du souvenir à Dunkerque, quart français mle 1935 décoré.

Musée du souvenir à Dunkerque, quart français mle 1935 décoré.

Monument sur la plage.

Monument sur la plage.

Ici, dans le fort des Dunes, ces gendarmes sont morts du fait d'une bombe d'aviation allemande.

Ici, dans le fort des Dunes, ces gendarmes sont morts du fait d’une bombe d’aviation allemande.

Abri dans le fort.

Abri dans le fort.

Vue du fort.

Vue du fort.

La dune, depuis le fort.

La dune, depuis le fort.

Nécropole nationale d'Haubourdin, en l'honneur de tous les tombés dans la poche de Lille. Durs combats de retardement pour protéger Dunkerque.

Nécropole nationale d’Haubourdin, en l’honneur de tous les tombés dans la poche de Lille. Durs combats de retardement pour protéger Dunkerque.

 

Pièce de 90 du système de Bange (mis en place avant 1914), qui armait à l'origine le fort.

Pièce de 90 du système de Bange (mis en place avant 1914), qui armait à l’origine le fort.

Pour en savoir plus sur les forts Séré de Rivières:

Vidéo ; https://www.youtube.com/watch?v=yBA_TPnLl_Y

Article: https://antredustratege.com/2014/09/02/le-fort-sere-de-rivieres-modele-1874-1875/

Film sur cet épisode de la guerre:

http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=40626.html

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Un ouvrage de la ligne Maginot: le fort Casso.

L’ouvrage: 

En Moselle, sur le territoire de la commune de Rohrbach-lès-Bitche, et faisant face à l’Allemagne, se trouve l’ouvrage dit « Fort Casso » , du nom d’un des officiers qui le commanda. Edifié de 1934 à 1938, il est un petit ouvrage défensif composé de trois blocs de béton armé reliés entre eux par des galeries souterraines. Partie de ce grand tout qu’est la ligne Maginot, il est bien conçu et fortifié et ll est occupé en temps d’alerte et de paix par 176 hommes du 166e Régiment d’Infanterie de Forteresse. Ces unités statiques et bien armées œuvrèrent sur la frontière et étaient capables de vivre en autonomie dans leurs ouvrages.

Protégé par les canons de 75 d’un ouvrage voisin, le Simserhof, la défense du fort Casso consiste en tourelles et cloches blindées équipées d’armes mixtes (cf photos): mitrailleuses MAC 31 « Reibel » (voir article sur les armes de 39-40) et canons antichars. Le fort connut les combats de 1940 et ne se rendit qu’après l’armistice, sous les honneurs rendus par l’armée allemande.

Les photos:

Une des galeries du fort

Une des galeries du fort

Les cuisines de l'ouvrage

Les cuisines de l’ouvrage

Effets du 166e RIF, qui occupe l'ouvrage

Effets du 166e RIF, qui occupe l’ouvrage

Dortoirs.

Dortoirs.

Arme mixte

Arme mixte

Notre roulante française, fabrication après-guerre

Une cuisine roulante française, fabrication après-guerre

L'entrée du fort.

L’entrée du fort.

Casque adrian mle 1926 avec insigne mle 1915.

Casque adrian mle 1926 avec insigne mle 1915.

Le site du fort:

http://www.fortcasso-maginot.com/

Infos sur la MAC 31 « Reibel »:

https://antredustratege.com/2013/11/30/les-armes-du-soldat-francais-en-1940-les-mitrailleuses/

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L’armée d’armistice du gouvernement de Vichy: II) Evolutions de l’Uniforme et de l’équipement.

Nous avons vu au cours du précédent article quelles étaient les forces dont disposait le régime de Vichy au cours de sa courte existence, ainsi que leur répartition. Il s’agit de voir désormais qu’une réflexion fut engagée pour supprimer des éléments de l’uniforme et de l’équipement dont l’obsolescence devenait trop criarde. Beaucoup de projets ne purent être correctement menés à bien.

L’uniforme  et l’équipement

C’est un fait: l’armée des dernières années de la IIIe République s’était perdue en de multiples modèles de pantalons, de vestes, de couvre-chefs, avait maintenu des équipements et des armements trop anciens dans les rangs du fait des stocks… Ou essayé d’en transformer de manière trop coûteuse, plutôt que de généraliser l’emploi d’armes et de munitions modernes comme le MAS 36 et sa balle mle 24/29 pouvaient l’être. Il en est résulté un casse-tête administratif et un cauchemar pour l’intendance, avec les conséquences que l’on sait.

Voilà pourquoi le régime du maréchal Pétain tente de supprimer des archaïsmes trop voyants et depuis trop longtemps présents en développant de nouveaux uniformes . Pour ce faire, l’année 1940 est utilisée pour penser et conceptualiser une nouvelle tenue, dite modèle 1941. Si elle ne fut pratiquement pas distribuée au moment où les Allemands envahissent la zone libre  (novembre 1942), elle est la dernière génération faite en France sans influence étrangère dominante (comme la M47, inspirée des USA et de la Grande-Bretagne) et fait le lien entre les conceptions héritées de 14-18 et l’avenir. 

La tenue modèle 1941 (le casque est un Adrian mle 26, pas un 1941). Crédit photo: http://www.militaria1940.fr/

Qu’y trouve-t-on? Si les détails techniques des poches, rabats et autres boutons  nous intéressent ici peu (voir bibliographie pour le détail), je rappellerai là les principaux points. 

Tout d’abord les lignes générales de l’habillement sont simplifiées, rationalisées et les effets deviennent commun à la tenue de campagne et de sortie pour u souci d’économie. Elles s’inspirent des meilleures productions d’avant-guerre en en corrigeant les défauts les plus gênants. De plus l’abandon des bandes molletières est enfin acté: elles doivent être remplacées par des jambières en cuir, dont l’adoption avait été infinitésimale en 1940. C’est une grande amélioration dans le principe, même si le cuir a finalement été préféré à la toile (restrictions). 

Le casque aussi évolue: fini l’adrian 1926 que nous connaissons tous. Le nouveau millésime est inspiré des casques des troupes motorisées, avec un bandeau en cuir sur le devant. A l’acier au manganèse, il descend mieux sur la nuque que l’adrian et inspire directement le modèle de l’immédiat d’après-guerre, le 1945. Très peu ont été fabriqués et il reste très recherché. Là encore sa forme est plus élancée et moderne. Enfin, les concepteurs du projets veulent également unifier l’équipement, sur la base du modèle 1935, là où énormément de variations et de rafistolages avec des effets remontant jusqu’au Second Empire existaient en 1940. Même commentaire pour l’armement avec pour base de travail le fusil MAS 36 et le FM 24/29. 

Au final il faut retenir une volonté d’harmonisation et d’adoption de lignes plus récentes, mais avec un commencement d’exécution très timide du fait de la guerre: très peu de tenues mle 1941 furent produites et équipèrent les unités. D’ailleurs, plusieurs idées, comme la simplification des cartouchières, ne sont réalisées qu’après l’armistice du 8 mai. 

Le casque modèle 41. Image tirée de cet article: http://www.world-war-helmets.com/fiche.php?q=Casque-Francais-Mle-45

De nombreuses photos peuvent être retrouvées dans cet article de l’ECPAD:

Cliquer pour accéder à Dossier_La-photographie-de-larm%C3%A9e-de-Vichy-_1941-1943_.pdf

 

Bibliographie:

-LEFEVRE (Eric) et VAUVILLIER (François), « La tenue modèle 1941 », Uniformes n°68 et 69, juillet-août et septembre-octobre 1982.

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Les armes du soldat français en 1940: bilan et mise en perspective.

A l’heure de faire le bilan sur un sujet qui, je l’espère, vous aura intéressé, j’aimerais faire une conclusion qui est aussi une comparaison avec les matériels des autres grandes puissances en 1940. Pour les détails techniques et les performances des armes citées, reportez-vous aux articles précédents du dossier. Celui-ci est une synthèse-repère, je ne peux évidemment pas citer toutes les modifications et utilisations qui ont existé. 

Les armes de poing

Le constat paraît sans appel. La France a 11 armes de poing (5 revolvers et 6 pistolets), utilisant 3 munitions différentes (11mm, 8mm et 7.65mm). C’est beaucoup, d’autant plus que certaines armes sont anciennes (revolvers mle 1873 et 1874) et que les récentes sont trop peu nombreuses (PA 1935 A et S). De l’autre côté du Rhin, par contre, on utilise essentiellement les P08 et P38, soit deux armes (même s’il y eut des achats là aussi, comme la gamme des Astra et que le C96 est utilisé par certains officiers, non-réglementairement). Idem en URSS où le TT33 côtoie le vénérable mais robuste Nagant modèle 1895. Le succès est dans la limitation des modèles, pour des soucis logistiques et d’intendance.

Les fusils et mousquetons:

Le commentaire est le même: ils sont une dizaine et seul le MAS 36, ainsi que les modifications tardives et très coûteuses des Berthier et Lebel, est récent, notamment car utilisant une munition adaptée à la guerre contemporaine. C’est assez tragique, si l’on considère que l’Allemagne a à cette date le seul Kar 98k, version raccourcie en 1935 du fusil du conflit précédent (avec une version pour troupes de montagne, le G 33/40). C’est la même chose en URSS avec quelques armes seulement: le mosin-nagant 91/30 et sa version carabine (M38), ainsi que le SVT-40 semi-automatique… Autre chantier où la France a été pionnière et a perdu toute son avance du fait d’un conservatisme sclérosant. Les Britanniques, eux, rationalisent aussi leur armement avec les uniques Lee-Enfield Mark III et n°4. Au final, trop de dispersion, du matériel ancien et obsolète en grand nombre.

Les pistolets-mitraileurs

Est-il nécessaire d’enfoncer le clou? lls sont ridiculement peu nombreux et même pas tous de fabrication nationale (Suomi Kp-31, Erma-Vollmer, Thompson). Certes, l’URSS de l’époque a bien moins de PPD-38 et 40 (les ancêtres du fameux PPSh-41) qu’on le croit et tous les soldats allemands n’ont pas de MP38 ou 40, mais le retard face aux autres pays reste flagrant et dommageable aux performances générales. De plus, quelques unités comme les corps-francs monopolisent l’essentiel de ces matériels.

Une MG34 utilisée en DCA à Oslo en 1940. Crédit photo: historyofwar.org

Fusils-mitrailleurs et mitrailleuses:

Si le FM 24/29 est une excellente arme qui n’a rien à envier à ses rivales… Il est trop peu nombreux (il y a encore des Chauchats!) et la première partie du commentaire n’est pas la même pour les mitrailleuses françaises. Si la Saint-Etienne modèle 1907 est heureusement reléguée à l’arrière, la Hotchkiss 1914, puissante et robuste, est trop lourde et peu manœuvrable. N’oublions pas que, de l’autre côté, la MG34 s’utilise à la fois comme mitrailleuse légère, sur bipied, au plus près des combats, et comme mitrailleuse lourde, sur trépied, en défense par exemple. Cette maniabilité/dualité n’existe pas côté français. Quand à la bonne MAC 31, elle équipe surtout les blindés et les troupes de forteresse.

Les mortiers: 

Là, par contre ils sont bons, puissants, et copiés par plusieurs pays. Le Brandt de 81mm est même redoutable. Par contre le lance-grenade de 50 mm, tout à fait correct, est distribué à dose homéopathique et force à garder les vieux tromblons VB. Pas grand-chose à redire sur cette partie.

Au final l’armement du soldat français de 1939-1940 présente trois visages. Le premier est celui d’une l’accumulation excessive d’un matériel ancien, parfois très (il reste des chassepots du Second Empire modifiés et encore présents dans la garde des aérodromes je le rappelle) et donc inadapté à la guerre contemporaine telle qu’elle s’est faite en 1940. Le deuxième est celui d’occasions manquées, comme l’arrêt des fusils semi-automatiques tels que les FSA 17, 18 et le Meunier ou l’absence quasi chronique de pistolets et pistolets-mitrailleurs de qualité. Ils représentaient pourtant l’avenir… . Enfin, le dernier aspect est celui de la présence d’un matériel moderne et efficace (MAS 36, FM 24/29…) mais en nombre trop limité. La défaite de 1940 s’est aussi jouée avec tout ce qui vient de vous être décrit. 

Un PPD-40 dans la main d’un soldat soviétique défendant Leningrad. Il s’agit d’un film de propagande. Crédit photo: wikimedia.

Bibliographie:

-BELLEC (Olivier), 1940. Le soldat français, t.2, Equipement-Armement-Matériels, Paris, Histoire et Collections, 2010, 144 p.

-Nombreux hors-série du magazine 2e guerre mondiale. 

Les armes du soldat français en 1940: les mortiers.

Arme ancienne utilisée dans les sièges, le mortier connaît un regain d’intérêt certain durant la Première Guerre mondiale, où son tir courbe le rend très efficace dans un combat à courte distance et longtemps dominé par l’environnement de la guerre de position. Ils remplacent même l’artillerie de tranchée (crapouillots, lance-mines…) en 1918. Ils perdurent après cette date, accompagnant les hommes au plus près du combat pour les soutenir dans leur avance ou leur défense. La France en possède trois bons modèles en 1940. Utilisés dans l’infanterie et la cavalerie, ils permettent un tir d’appui proche et efficace, l’arme envoyant en fait des grenades lors d’un tir en cloche. Si l’angle de tir est parfois le même, les servants peuvent toutefois agir sur la portée.

Le lance-grenade de 50 mm et le mortier de 60 mm: 

Ces deux premières armes permettent un soutien direct en attaque comme en défense. En effet, les mortiers utilisés en campagne sont des armes collectives légères et rapides à mettre en place. Le premier date donc de 1937. Fabriqué par la MAC (Manufacture d’armes de Châtellerault), il envoie des grenades de 50 mm à 450 mètres environ. Il ne fait que 33 cm de haut pour 3.6 kilos, et peut tirer 20 coups à la minute. C’est pourquoi il est destiné à remplacer les tromblons VB des lebels au niveau de la section (voir article sur les fusils les plus anciens). Inutile de dire qu’un tir bien ajusté peut produire des ravages sur de l’infanterie ennemie. Hélas, seuls 20.000 exemplaires sont disponibles au moment de l’armistice, la munition ayant été difficile à mettre au point. 

Le lance-grenade MAC 37 de 50mm. Crédit photo: Musée de l’infanterie.

Si la section doit majoritairement se contenter du tromblon VB (voir plus haut), la compagnie (une centaine d’hommes, dirigée par un capitaine), reçoit heureusement « l’aide » de l’excellent mortier de 60 mm modèle 1935 mis au point par Brandt. Il fait cette fois 18 kilos et est transporté  à dos d’hommes, décomposé en trois, ou sur une voiturette, les projectiles suivant dans des caisses de six coups. Ayant une portée d’un kilomètre, pour une cadence de tir de 20 coups à la minute, il est une excellente arme, précise et puissante, disponible à raison d’une par compagnie. C’est en fait une version allégée du modèle présenté ci-après.

Un Brandt 27/31 de 81 mm en batterie en 39-40.

Le mortier Brandt de 81mm:

Enfin, le plus lourd des mortiers utilisés en accompagnement direct des troupes est le 81 mm Brandt modèle 1927/31. C’est un dérivé du modèle britannique Strokes de 1918 (qu’on peut encore apercevoir en 1940, notamment dans les Alpes) et il rend de grands services au niveau du bataillon cette fois (plusieurs compagnies, dirigé par un commandant), où il est présent en double. Restant léger pour un mortier (58 kilos), il est transporté en voiturettes et peut même être partagé en trois fardeaux de 20 kilos à dos d’homme, sur de courtes distance. L‘arme a une portée de 2 kilomètres et sa puissante munition peut efficacement pulvériser des nids de résistance, ou fournir un écran de fumée protecteur grâce à ses munitions fumigènes. Les projectiles pèsent trois kilos chacun et sont transportés en caisses de cinq (infanterie) et trois coups (cavalerie). Tous les modèles cités ont de nombreux accessoires.

Au final les mortiers utilisés par la France sont bons, récents, puissants et souvent copiés (surtout le 81 mm mle 27/31). Seul le lance-grenade de 50 mm est trop peu disponible et oblige à utiliser les anciennes grenades à fusil de la Première Guerre mondiale. 

Bibliographie:

-BELLEC (Olivier), 1940. Le soldat français, t.2, Equipement-Armement-Matériels, Paris, Histoire et Collections, 2010, 144 p.

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