Archives de Tag: 1940

Le patrimoine militaire de Wangenbourg-Engenthal

Située dans le massif des Vosges, la petite commune de Wangenbourg-Engenthal abrita le poste de commandement de la 5e Armée durant la Drôle de Guerre. Son chef d’Etat-major était le bien connu général de Lattre de Tassigny. Des personnalités célèbres comme Daladier, le président de la République Lebrun et même Charles de Gaulle s’y rendirent. Une casemate pour les personnalités importantes y avait été créée. A côté de cela, le lieu abrite un château commencé à la fin du XIIe siècle et dont les ruines restent impressionnantes. Vue magnifique depuis le donjon…

Plus d’informations: https://www.chateauxfortsalsace.com/fr/chateau/chateau-de-wangenbourg/

Le Grand hôtel, aujourd’hui du Parc, où le PC de la 5e armée s’était installée. A 40 kilomètres à l’ouest de Strasbourg, dans les Vosges, la position était abritée. Photo de l’auteur.

L’Etat-major resta là durant toute la Drôle de Guerre, période incertainte entre septembre 39-et mai 40, date de l’attaque allemande à l’ouest. Photo de l’auteur.

La casemate où les personnalités importantes s’abritaient. Le centre de commandement y était relié. Photo de l’auteur.

Autre vue. Photo de l’auteur.

Autre vue. Photo de l’auteur.

Première vue du château, qui se compose de plusieurs éléments des XII, XIII et XIVe siècles. Les soldats de Louis XIV encore y passèrent ! https://www.chateauxfortsalsace.com/fr/chateau/chateau-de-wangenbourg/ Photo de l’auteur.

En longeant les remparts. Photo de l’auteur.

En longeant les remparts. Photo de l’auteur.

En longeant les remparts. Photo de l’auteur.

La cour intérieure. Photo de l’auteur.

La cour intérieure. Photo de l’auteur.

Arche donnant sur la forêt, dans la cour intérieure. Photo de l’auteur.

La cour intérieure. Photo de l’auteur.

Superbe vue des Vosges depuis le donjon. Photo de l’auteur.

Depuis le haut du deuxième donjon (fin XIIIe-début XIVe), le primitif ayant été remplacé. On en voit encore les fondations. Photo de l’auteur.

¨Plaque en l’honneur du général de Gaulle. Photo de l’auteur.

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Aperçu de la Maurienne militaire (1940- 1944-45).

Vallée entre la France et l(Italie, la Maurienne fut le théâtre de très durs combats en 1940 entre Français et Italiens, puis en 1944-45 au moment de la Libération, et ce jusque dans les dernières semaines de la guerre. Ces quelques clichés illustrent ce passé. Ils sont cliquables pour mieux visualiser les détails.

Introduction avec cette vision de la barrière de l'Esseillon, édifiée pour protéger la frontière franco-piémontaise dans les années 1810-1830.

Introduction avec cette vision de la barrière de l’Esseillon, édifiée pour protéger la frontière franco-piémontaise dans les années 1810-1830.

Monument de Bramans, abîmé par des éclats d'obus italiens en 1940. Instant d'une poignante émotion.

Monument de Bramans, abîmé par des éclats d’obus italiens en 1940. Instant d’une poignante émotion.

Monuments aux héros qui libérèrent la Maurienne au prix de très durs combats en 1944-45. Episode largement oublié hors des lieux.

Monuments aux héros qui libérèrent la Maurienne au prix de très durs combats en 1944-45. Episode largement oublié hors des lieux.

Entrée du fort Saint-Gobain, ouvrage de la ligne Maginot des Alpes.

Entrée du fort Saint-Gobain, ouvrage de la ligne Maginot des Alpes.

Mortier de 81 mm dans l'ouvrage.

Mortier de 81 mm dans l’ouvrage.

Au Pas du Roc, après Valfréjus. L'ouvrage est bâti à flanc de falaise ! C'était une batterie de canons de 75 mm mle 1897. Impressionnante prouesse technique.

Au Pas du Roc, après Valfréjus. L’ouvrage est bâti à flanc de falaise ! C’était une batterie de canons de 75 mm mle 1897. Impressionnante prouesse technique.

Détail.

Détail.

Les ouvrages du Pas du Roc.

Les ouvrages du Pas du Roc.

Les ouvrages du Pas du Roc.

Les ouvrages du Pas du Roc.

Les ouvrages du Pas du Roc.

Les ouvrages du Pas du Roc.

Détail de la cloche GFM (Guetteur/ Fusil-mitrailleur).

Détail de la cloche GFM (Guetteur/ Fusil-mitrailleur).

Plus de photos :

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http://www.wargamer.fr/paroles-de-youtubeurs-jean-baptiste-murez-histoire-militaire/

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Les 75 ans de l’opération Dynamo: « Weekend à Zuydcoote »

Voyage dans le nord pour l’occasion des 75 ans de l’opération Dynamo qui sauva tant d’hommes de la captivité. Il y a à voir, allez-y !

 

A Leffrinckoucke, le fort des Dunes, de l'époque de Séré de Rivières. Explications : https://www.youtube.com/watch?v=yBA_TPnLl_Y Il abrita de nombreux hommes durant les combats.

A Leffrinckoucke, le fort des Dunes, de l’époque de Séré de Rivières. Explications : https://www.youtube.com/watch?v=yBA_TPnLl_Y
Il abrita de nombreux hommes durant les combats de juin 1940.

Cycliste britannique, musée du souvenir de Dunkerque.

Cycliste britannique, musée du souvenir de Dunkerque.

Moteur d'avion, musée du souvenir à Dunkerque

Moteur d’avion, musée du souvenir à Dunkerque

Musée du souvenir à Dunkerque, quart français mle 1935 décoré.

Musée du souvenir à Dunkerque, quart français mle 1935 décoré.

Monument sur la plage.

Monument sur la plage.

Ici, dans le fort des Dunes, ces gendarmes sont morts du fait d'une bombe d'aviation allemande.

Ici, dans le fort des Dunes, ces gendarmes sont morts du fait d’une bombe d’aviation allemande.

Abri dans le fort.

Abri dans le fort.

Vue du fort.

Vue du fort.

La dune, depuis le fort.

La dune, depuis le fort.

Nécropole nationale d'Haubourdin, en l'honneur de tous les tombés dans la poche de Lille. Durs combats de retardement pour protéger Dunkerque.

Nécropole nationale d’Haubourdin, en l’honneur de tous les tombés dans la poche de Lille. Durs combats de retardement pour protéger Dunkerque.

 

Pièce de 90 du système de Bange (mis en place avant 1914), qui armait à l'origine le fort.

Pièce de 90 du système de Bange (mis en place avant 1914), qui armait à l’origine le fort.

Pour en savoir plus sur les forts Séré de Rivières:

Vidéo ; https://www.youtube.com/watch?v=yBA_TPnLl_Y

Article: https://antredustratege.com/2014/09/02/le-fort-sere-de-rivieres-modele-1874-1875/

Film sur cet épisode de la guerre:

http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=40626.html

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Mes articles pour la Gazette du wargamer 

Un ouvrage de la ligne Maginot: le fort Casso.

L’ouvrage: 

En Moselle, sur le territoire de la commune de Rohrbach-lès-Bitche, et faisant face à l’Allemagne, se trouve l’ouvrage dit « Fort Casso » , du nom d’un des officiers qui le commanda. Edifié de 1934 à 1938, il est un petit ouvrage défensif composé de trois blocs de béton armé reliés entre eux par des galeries souterraines. Partie de ce grand tout qu’est la ligne Maginot, il est bien conçu et fortifié et ll est occupé en temps d’alerte et de paix par 176 hommes du 166e Régiment d’Infanterie de Forteresse. Ces unités statiques et bien armées œuvrèrent sur la frontière et étaient capables de vivre en autonomie dans leurs ouvrages.

Protégé par les canons de 75 d’un ouvrage voisin, le Simserhof, la défense du fort Casso consiste en tourelles et cloches blindées équipées d’armes mixtes (cf photos): mitrailleuses MAC 31 « Reibel » (voir article sur les armes de 39-40) et canons antichars. Le fort connut les combats de 1940 et ne se rendit qu’après l’armistice, sous les honneurs rendus par l’armée allemande. C’est dans ce lieu que je participai à la reconstitution de ces évènements, devant un public nombreux et intéressé. Nous avons représenté les unités ayant occupé les tranchées d’intervalle, construites entre les ouvrages durant la Drôle de Guerre.

Merci aux associations et bénévoles qui ont tout permis!

Les photos:

Une des galeries du fort

Une des galeries du fort

Les cuisines de l'ouvrage

Les cuisines de l’ouvrage

Effets du 166e RIF, qui occupe l'ouvrage

Effets du 166e RIF, qui occupe l’ouvrage

Dortoirs.

Dortoirs.

Arme mixte

Arme mixte

Notre roulante française, fabrication après-guerre

Notre roulante française, fabrication après-guerre

L'entrée du fort.

L’entrée du fort.

Moi en tenue de 1940 (encore quelques imperfections)

Moi en tenue de 1940 (encore quelques imperfections)

Evacuation de l'ouvrage. Un camarade est en bleu horizon: il en restait dans la ligne Maginot en 1940!

Evacuation de l’ouvrage. Un camarade est en bleu horizon: il en restait dans la ligne Maginot en 1940!

Casque adrian mle 1926 avec insigne mle 1915.

Casque adrian mle 1926 avec insigne mle 1915.

Plus de photos:

https://www.facebook.com/media/set/?set=a.10203630255829568.1073741867.1611470780&type=1&l=ce2577c4e7

Le site du fort:

http://www.fortcasso-maginot.com/

Infos sur la MAC 31 « Reibel »:

https://antredustratege.com/2013/11/30/les-armes-du-soldat-francais-en-1940-les-mitrailleuses/

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Mes articles pour la Gazette du wargamer 

L’armée d’armistice du gouvernement de Vichy: II) Evolutions de l’Uniforme et de l’équipement.

Nous avons vu au cours du précédent article quelles étaient les forces dont disposait le régime de Vichy au cours de sa courte existence, ainsi que leur répartition. Il s’agit de voir désormais qu’une réflexion fut engagée pour supprimer des éléments de l’uniforme et de l’équipement dont l’obsolescence devenait trop criarde. Beaucoup de projets ne purent être correctement menés à bien.

L’uniforme  et l’équipement

C’est un fait: l’armée des dernières années de la IIIe République s’était perdue en de multiples modèles de pantalons, de vestes, de couvre-chefs, avait maintenu des équipements et des armements trop anciens dans les rangs du fait des stocks… Ou essayé d’en transformer de manière trop coûteuse, plutôt que de généraliser l’emploi d’armes et de munitions modernes comme le MAS 36 et sa balle mle 24/29 pouvaient l’être. Il en est résulté un casse-tête administratif et un cauchemar pour l’intendance, avec les conséquences que l’on sait.

Voilà pourquoi le régime du maréchal Pétain tente de supprimer des archaïsmes trop voyants et depuis trop longtemps présents en développant de nouveaux uniformes . Pour ce faire, l’année 1940 est utilisée pour penser et conceptualiser une nouvelle tenue, dite modèle 1941. Si elle ne fut pratiquement pas distribuée au moment où les Allemands envahissent la zone libre  (novembre 1942), elle est la dernière génération faite en France sans influence étrangère dominante (comme la M47, inspirée des USA et de la Grande-Bretagne) et fait le lien entre les conceptions héritées de 14-18 et l’avenir. 

La tenue modèle 1941 (le casque est un Adrian mle 26, pas un 1941). Crédit photo: http://www.militaria1940.fr/

Qu’y trouve-t-on? Si les détails techniques des poches, rabats et autres boutons  nous intéressent ici peu (voir bibliographie pour le détail), je rappellerai là les principaux points. 

Tout d’abord les lignes générales de l’habillement sont simplifiées, rationalisées et les effets deviennent commun à la tenue de campagne et de sortie pour u souci d’économie. Elles s’inspirent des meilleures productions d’avant-guerre en en corrigeant les défauts les plus gênants. De plus l’abandon des bandes molletières est enfin acté: elles doivent être remplacées par des jambières en cuir, dont l’adoption avait été infinitésimale en 1940. C’est une grande amélioration dans le principe, même si le cuir a finalement été préféré à la toile (restrictions). 

Le casque aussi évolue: fini l’adrian 1926 que nous connaissons tous. Le nouveau millésime est inspiré des casques des troupes motorisées, avec un bandeau en cuir sur le devant. A l’acier au manganèse, il descend mieux sur la nuque que l’adrian et inspire directement le modèle de l’immédiat d’après-guerre, le 1945. Très peu ont été fabriqués et il reste très recherché. Là encore sa forme est plus élancée et moderne. Enfin, les concepteurs du projets veulent également unifier l’équipement, sur la base du modèle 1935, là où énormément de variations et de rafistolages avec des effets remontant jusqu’au Second Empire existaient en 1940. Même commentaire pour l’armement avec pour base de travail le fusil MAS 36 et le FM 24/29. 

Au final il faut retenir une volonté d’harmonisation et d’adoption de lignes plus récentes, mais avec un commencement d’exécution très timide du fait de la guerre: très peu de tenues mle 1941 furent produites et équipèrent les unités. D’ailleurs, plusieurs idées, comme la simplification des cartouchières, ne sont réalisées qu’après l’armistice du 8 mai. 

Le casque modèle 41. Image tirée de cet article: http://www.world-war-helmets.com/fiche.php?q=Casque-Francais-Mle-45

De nombreuses photos peuvent être retrouvées dans cet article de l’ECPAD:

http://www.ecpad.fr/wp-content/uploads/2012/05/Dossier_La-photographie-de-larm%C3%A9e-de-Vichy-_1941-1943_.pdf

 

Bibliographie:

-LEFEVRE (Eric) et VAUVILLIER (François), « La tenue modèle 1941 », Uniformes n°68 et 69, juillet-août et septembre-octobre 1982.

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Les armes du soldat français en 1940: bilan et mise en perspective.

A l’heure de faire le bilan sur un sujet qui, je l’espère, vous aura intéressé, j’aimerais faire une conclusion qui est aussi une comparaison avec les matériels des autres grandes puissances en 1940. Pour les détails techniques et les performances des armes citées, reportez-vous aux articles précédents du dossier. Celui-ci est une synthèse-repère, je ne peux évidemment pas citer toutes les modifications et utilisations qui ont existé. 

Les armes de poing

Le constat paraît sans appel. La France a 11 armes de poing (5 revolvers et 6 pistolets), utilisant 3 munitions différentes (11mm, 8mm et 7.65mm). C’est beaucoup, d’autant plus que certaines armes sont anciennes (revolvers mle 1873 et 1874) et que les récentes sont trop peu nombreuses (PA 1935 A et S). De l’autre côté du Rhin, par contre, on utilise essentiellement les P08 et P38, soit deux armes (même s’il y eut des achats là aussi, comme la gamme des Astra et que le C96 est utilisé par certains officiers, non-réglementairement). Idem en URSS où le TT33 côtoie le vénérable mais robuste Nagant modèle 1895. Le succès est dans la limitation des modèles, pour des soucis logistiques et d’intendance.

Les fusils et mousquetons:

Le commentaire est le même: ils sont une dizaine et seul le MAS 36, ainsi que les modifications tardives et très coûteuses des Berthier et Lebel, est récent, notamment car utilisant une munition adaptée à la guerre contemporaine. C’est assez tragique, si l’on considère que l’Allemagne a à cette date le seul Kar 98k, version raccourcie en 1935 du fusil du conflit précédent (avec une version pour troupes de montagne, le G 33/40). C’est la même chose en URSS avec quelques armes seulement: le mosin-nagant 91/30 et sa version carabine (M38), ainsi que le SVT-40 semi-automatique… Autre chantier où la France a été pionnière et a perdu toute son avance du fait d’un conservatisme sclérosant. Les Britanniques, eux, rationalisent aussi leur armement avec les uniques Lee-Enfield Mark III et n°4. Au final, trop de dispersion, du matériel ancien et obsolète en grand nombre.

Les pistolets-mitraileurs

Est-il nécessaire d’enfoncer le clou? lls sont ridiculement peu nombreux et même pas tous de fabrication nationale (Suomi Kp-31, Erma-Vollmer, Thompson). Certes, l’URSS de l’époque a bien moins de PPD-38 et 40 (les ancêtres du fameux PPSh-41) qu’on le croit et tous les soldats allemands n’ont pas de MP38 ou 40, mais le retard face aux autres pays reste flagrant et dommageable aux performances générales. De plus, quelques unités comme les corps-francs monopolisent l’essentiel de ces matériels.

Une MG34 utilisée en DCA à Oslo en 1940. Crédit photo: historyofwar.org

Fusils-mitrailleurs et mitrailleuses:

Si le FM 24/29 est une excellente arme qui n’a rien à envier à ses rivales… Il est trop peu nombreux (il y a encore des Chauchats!) et la première partie du commentaire n’est pas la même pour les mitrailleuses françaises. Si la Saint-Etienne modèle 1907 est heureusement reléguée à l’arrière, la Hotchkiss 1914, puissante et robuste, est trop lourde et peu manœuvrable. N’oublions pas que, de l’autre côté, la MG34 s’utilise à la fois comme mitrailleuse légère, sur bipied, au plus près des combats, et comme mitrailleuse lourde, sur trépied, en défense par exemple. Cette maniabilité/dualité n’existe pas côté français. Quand à la bonne MAC 31, elle équipe surtout les blindés et les troupes de forteresse.

Les mortiers: 

Là, par contre ils sont bons, puissants, et copiés par plusieurs pays. Le Brandt de 81mm est même redoutable. Par contre le lance-grenade de 50 mm, tout à fait correct, est distribué à dose homéopathique et force à garder les vieux tromblons VB. Pas grand-chose à redire sur cette partie.

Au final l’armement du soldat français de 1939-1940 présente trois visages. Le premier est celui d’une l’accumulation excessive d’un matériel ancien, parfois très (il reste des chassepots du Second Empire modifiés et encore présents dans la garde des aérodromes je le rappelle) et donc inadapté à la guerre contemporaine telle qu’elle s’est faite en 1940. Le deuxième est celui d’occasions manquées, comme l’arrêt des fusils semi-automatiques tels que les FSA 17, 18 et le Meunier ou l’absence quasi chronique de pistolets et pistolets-mitrailleurs de qualité. Ils représentaient pourtant l’avenir… . Enfin, le dernier aspect est celui de la présence d’un matériel moderne et efficace (MAS 36, FM 24/29…) mais en nombre trop limité. La défaite de 1940 s’est aussi jouée avec tout ce qui vient de vous être décrit. 

Un PPD-40 dans la main d’un soldat soviétique défendant Leningrad. Il s’agit d’un film de propagande. Crédit photo: wikimedia.

Bibliographie:

-BELLEC (Olivier), 1940. Le soldat français, t.2, Equipement-Armement-Matériels, Paris, Histoire et Collections, 2010, 144 p.

-Nombreux hors-série du magazine 2e guerre mondiale. 

Les armes du soldat français en 1940: les mortiers.

Arme ancienne utilisée dans les sièges, le mortier connaît un regain d’intérêt certain durant la Première Guerre mondiale, où son tir courbe le rend très efficace dans un combat à courte distance et longtemps dominé par l’environnement de la guerre de position. Ils remplacent même l’artillerie de tranchée (crapouillots, lance-mines…) en 1918. Ils perdurent après cette date, accompagnant les hommes au plus près du combat pour les soutenir dans leur avance ou leur défense. La France en possède trois bons modèles en 1940. Utilisés dans l’infanterie et la cavalerie, ils permettent un tir d’appui proche et efficace, l’arme envoyant en fait des grenades lors d’un tir en cloche. Si l’angle de tir est parfois le même, les servants peuvent toutefois agir sur la portée.

Le lance-grenade de 50 mm et le mortier de 60 mm: 

Ces deux premières armes permettent un soutien direct en attaque comme en défense. En effet, les mortiers utilisés en campagne sont des armes collectives légères et rapides à mettre en place. Le premier date donc de 1937. Fabriqué par la MAC (Manufacture d’armes de Châtellerault), il envoie des grenades de 50 mm à 450 mètres environ. Il ne fait que 33 cm de haut pour 3.6 kilos, et peut tirer 20 coups à la minute. C’est pourquoi il est destiné à remplacer les tromblons VB des lebels au niveau de la section (voir article sur les fusils les plus anciens). Inutile de dire qu’un tir bien ajusté peut produire des ravages sur de l’infanterie ennemie. Hélas, seuls 20.000 exemplaires sont disponibles au moment de l’armistice, la munition ayant été difficile à mettre au point. 

Le lance-grenade MAC 37 de 50mm. Crédit photo: Musée de l’infanterie.

Si la section doit majoritairement se contenter du tromblon VB (voir plus haut), la compagnie (une centaine d’hommes, dirigée par un capitaine), reçoit heureusement « l’aide » de l’excellent mortier de 60 mm modèle 1935 mis au point par Brandt. Il fait cette fois 18 kilos et est transporté  à dos d’hommes, décomposé en trois, ou sur une voiturette, les projectiles suivant dans des caisses de six coups. Ayant une portée d’un kilomètre, pour une cadence de tir de 20 coups à la minute, il est une excellente arme, précise et puissante, disponible à raison d’une par compagnie. C’est en fait une version allégée du modèle présenté ci-après.

Un Brandt 27/31 de 81 mm en batterie en 39-40.

Le mortier Brandt de 81mm:

Enfin, le plus lourd des mortiers utilisés en accompagnement direct des troupes est le 81 mm Brandt modèle 1927/31. C’est un dérivé du modèle britannique Strokes de 1918 (qu’on peut encore apercevoir en 1940, notamment dans les Alpes) et il rend de grands services au niveau du bataillon cette fois (plusieurs compagnies, dirigé par un commandant), où il est présent en double. Restant léger pour un mortier (58 kilos), il est transporté en voiturettes et peut même être partagé en trois fardeaux de 20 kilos à dos d’homme, sur de courtes distance. L‘arme a une portée de 2 kilomètres et sa puissante munition peut efficacement pulvériser des nids de résistance, ou fournir un écran de fumée protecteur grâce à ses munitions fumigènes. Les projectiles pèsent trois kilos chacun et sont transportés en caisses de cinq (infanterie) et trois coups (cavalerie). Tous les modèles cités ont de nombreux accessoires.

Au final les mortiers utilisés par la France sont bons, récents, puissants et souvent copiés (surtout le 81 mm mle 27/31). Seul le lance-grenade de 50 mm est trop peu disponible et oblige à utiliser les anciennes grenades à fusil de la Première Guerre mondiale. 

Bibliographie:

-BELLEC (Olivier), 1940. Le soldat français, t.2, Equipement-Armement-Matériels, Paris, Histoire et Collections, 2010, 144 p.

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Les armes du soldat français en 1940: les mitrailleuses.

Mise au point durant la seconde moitié du XIXe siècle, cette arme révolutionnaire qu’est la mitrailleuse n’a tout d’abord pas été utilisée à sa juste valeur. Par exemple considérée comme de l’artillerie, et trop secrète, les exemplaires français de 1870 (les canons à balle de Reffye) n’ont été qu’un demi-succès. Et si les Japonais surent s’en servir efficacement durant leur guerre contre les Russes en 1904-1905, les expériences de ce conflit ne furent pas non plus tirées par les autorités militaires européennes. Finalement, l’arme causa des ravages énormes dans les rangs des soldats de 1914 et fit là son entrée réelle dans le sanglant paysage de l’armement. Elle est donc indissociable de la Seconde Guerre mondiale comme de la Première, et il faut voir ce dont disposait l’armée française de 1940.

La mitrailleuse Saint-Etienne 1907 T: 

Là encore l’armée française est en retard… Elle a en fait refusé un modèle produit par Hotchkiss en 1900 pour adopter la Saint-Etienne sept ans plus tard. Celle-ci est de production nationale, mais d’utilisation compliquée et reste une machine délicate. Tirant du 8 mm lebel sous formes de bandes métalliques droites de 25 coups, elle peut aussi être équipée de bandes de toiles souples disposant de 300 coups et contenues dans une caisse à munitions. D’une cadence tir pratique de 600 coups par minute, elle porte jusqu’à 2400 mètres et pèse plus de 26 kilos avec son affût. En 1940, elle reçoit des accessoires de tir contre les avions. Toutefois dès 1914 elle est abandonnée au profit du modèle étudié plus loin et elle a en fait été retirée du front en 1939, n’équipant plus que l’artillerie, le train ou le génie comme arme de DCA. 

Une Hotchkiss en batterie en 1940. Crédit photo: armesfrançaises.free.fr

La Hotchkiss modèle 1914:

D’origine américaine, la firme Hotchkiss produisit de nombreuses armes et véhicules pour la France, comme les chars H-35 et H-39 pour l’époque qui nous concerne. C’est aussi elle qui donna la mitrailleuse modèle 1914, une arme excellente et fiable tirant du 8 mm lebel par bandes rigides de 30 coups ou articulées de 251 coups. Robuste, solide, facile à construite, elle est, écrit O. Bellec: « réputée pour fonctionner même dans un bain de boue ». C’est elle qui est toujours présente en 1940. Hélas elle est très lourde (50 kilos avec son affût!), ce qui n’est pas pratique en attaque, et vient d’une société privée. Elle est elle aussi capable d’effectuer un tir antiaérien.

La Reibel modèle 31:

Pour retrouver un monopole d’Etat face à Hotchkiss, la France fait construire de nouvelles armes par la Manufacture d’armes de Châtellerault dans les années 20/30. La plus connue est le FM 24/29 dont on reparlera, mais il existe aussi la mitrailleuse MAC 31 dite « Reibel », en l’honneur du chef d’alors de la MAC. Peu connue, d’aspect peu engageant (elle est massive et a un gros chargeur tambour), elle est pourtant une bonne arme qui tire du 7.5 mm, à raison de 500 coups par minute, cette cartouche moderne qu’on a déjà évoquée. Équipant surtout les blindés et les avions, elle se retrouve tout de même dans l’infanterie (notamment les unités de forteresse) et fut utilisée après 1945. Ainsi, des photos de la bataille de la RC4 attestent de sa présence en Indochine… Une version d’aviation, la MAC 34, existe aussi.

La MAC 31 « Reibel ». Crédit photo: wikipédia.

Bibliographie:

-BELLEC (Olivier), 1940. Le soldat français, t.2, Equipement-Armement-Matériels, Paris, Histoire et Collections, 2010, 144 p.

Mitrailleuses de 7.5 mm modèle 1931, guide technique sommaire, Paris, Ministère de la Défense nationale, 1953, 27 p. -) aimablement fourni par un ami.

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Les armes du soldat français en 1940: les armes blanches.

Même si nous sommes dans une guerre où la majorité des engagements se font à distance, il arrive toujours d’être confrontés à des corps à corps. C’est notamment le cas dans les combats urbains, les embuscades entre patrouilles où à l’attaque d’une fortification. Quant au souvenir des nettoyeurs de tranchées du conflit précédent, armés de toute sortes de pics, masses, coutelas et casse-tête, il est encore évidemment présent dans toutes les têtes… Il reste donc des armes blanches en 1940, et voici quelques mots sur elles.

Les baïonnettes :

Ainsi, tous les soldats de l’époque qui sont équipés d’un fusil ou d’un mousqueton, dont les français, ont réglementairement une lame venant s’y fixer, la baïonnette. Il existe aussi des sabres et couteaux de combat. Revenons rapidement sur toutes ces armes. La première a longtemps été considérée comme presque plus importante que le fusil lui-même, du moins tant que le rechargement était long et complexe. Napoléon disait même à leur sujet que le fusil n’était que leur support, et qu’on « [pouvait] tout faire avec des baïonnettes, sauf s’asseoir dessus ». Hormis celle du MAS 36, qui est courte, cruciforme et se range dans le fût (voir article précédent)… Elles sont encore longues, encombrantes et d’un autre temps (surtout celle du Gras de 1874!), là où les modèles d’autres pays comme l’Allemagne sont plus de longs couteaux plus pratiques. La plus connue et emblématique reste sans doute celle du Lebel, surnommée la « Rosalie ». Datant de 1886 comme le fusil, elle est simplifiée en 1915 (suppression du quillon). Les mousquetons, eux, ont des sabres-baïonnettes assez impressionnants.

La baïonnette du Lebel modifiée en 1915. Crédit photo: libertytreecollectors.

Poignard et sabre:

A côté de cela, il subsiste un couteau, le poignard de tranchée modèle 1916 et surnommé « le vengeur de 1870 ». Il est peu utilisé, les hommes répugnant à se servir d’une telle arme et lui préférant le pistolet. Toutefois il équipe encore les équipages des chars de combat et quelques corps francs. Enfin, depuis 1937, les hommes à cheval sont tous équipés du sabre de cavalerie légère modèle 1822. Long de 87 cm, il est à peine modifié par rapport à son entrée en service (un sabre reste un sabre!). Son utilisation est évidemment bien différente qu’à l’année de son adoption, la cavalerie ne chargeant plus sabre au clair… Autre signe d’évolution, il est fixé à la selle depuis longtemps (1887), et non plus au ceinturon. Les gradés peuvent avoir des modèles différents, dits « de fantaisie », c’est à dire d’achat personnel pour se démarquer de la troupe.

Le « vengeur de 1870 » . Crédit photo: collectarea.

Bibliographie:

-BELLEC (Olivier), 1940. Le soldat français, t.2, Equipement-Armement-Matériels, Paris, Histoire et Collections, 2010, 144 p.

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Les armes du soldat français en 1940: les fusils les plus récents.

Berthier et Lebel modifiés: 

Après avoir passé en revue l’armement le plus ancien (voir article précédent), je vais à présent revenir sur trois modèles plus récents. Ceux-ci utilisent enfin une cartouche adaptée aux exigences de l’époque, et pensée pour le FM 24/29, c’est la munition de 7.5 mm modèle 1924 puis 1929. Comme souvent en France, vous l’avez vu précédemment, les autorités pensent en fait transformer le matériel existant pour qu’il accepte cette nouvelle donnée.

Cela nous donne le Lebel M 27 et le Berthier 07/15 M. 34. Le premier est un Lebel changé, qui utilise un magasin de type mauser à cinq coups. La chose est tellement coûteuse et longue que seules quelques centaines de fusils M 27 existent. La même modification est effectuée avec plus de succès sur le Berthier et là 40.000 fusils M 34 à 5 coups sont distribués, dont 10% spécifiques à la cavalerie. Ils arment une partie de l’infanterie d’active, comme les régiments de forteresse de la ligne Maginot.

Le MAS 36. Crédit photo: wikipédia.

Le MAS 36:

Toutefois ces projets de transformation ont un coup trop élevé et sont surtout trop longs alors que la situation internationale s’assombrit. C’est pourquoi, dans l’urgence, un nouveau fusil est adopté en 1936, le MAS (Manufacture de Saint-Etienne) 36.

Court et léger (3.7 kilos pour un mètre, contre 1.3 m et 4.2kg pour le Lebel), il est destiné, à terme, à remplacer tous les fusils et mousquetons de l’armée française. C’est une unification utile et bienvenue. D’autant plus qu’il dispose du magasin Mauser à 5 coups déjà décrit et, nouveauté, sa baïonnette, peu encombrante, se range dans un tube sous le canon. L’arme est donc maniable, bien pensée et appréciée par la troupe, ainsi qu’elle supprime une pièce d’équipement, le porte-baïonnette et son fourreau. D’une portée pratique de 300-400 mètres, il a une cadence de tir d’environ 10-12 coups par minute.

Hélas seulement 430.000 exemplaires sont disponibles en juin 1940, la production ayant été trop lente. L’arme équipe généralement l’infanterie et la cavalerie d’active, soient les soldats de métier durant les hostiltiés. Elle poursuit surtout sa carrière après 1945 (dans une fabrication plus économique) et fait les guerres d’Indochine et d’Algérie. Une ultime version, le 36/51 est plus adaptée au tir des grenades et les parachutistes connurent un modèle propre, à crosse en métal, le CR 39.

Soldats armés du MAS 36 en 39/40. Crédit photo: 39-45 stratégie.

En guise de fin sur les fusils, on notera l’existence du prototype de MAS 38/40, fusil semi-automatique qui donna le fameux 49/56 d’après-guerre.

Bibliographie:

-BELLEC (Olivier), 1940. Le soldat français, t.2, Equipement-Armement-Matériels, Paris, Histoire et Collections, 2010, 144 p.

Guide technique sommaire des fusils à répétition de 7.5 mm modèle 1936 […], Paris, Librairie de l’armée-Imprimerie nationale, 1966, 21 p. (aimablement fourni par un ami).

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