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Les fortifications de Spike Island (Irlande)

L’île de Spike et son fort

Située à l’entrée du vaste port de Cork (Cork harbour) dans le sud de l’Irlande, l’île de Spike constitue un excellent exemple de fortification destinée à protéger des installations militaires d’une attaque venue de la mer. Si des ouvrages plus anciens ont existé sur d’autres îles de cette côte très découpée et marquée par l’estuaire de la Lee, on s’attachera à décrire en plusieurs articles celles de Spike, qui ont été commencées au début du XIXe siècle.

Il faut se replacer dans un contexte plus large. Le Royaume-Uni craint alors des débarquements sur son sol, sur le modèle de celui de 1798 emmené par le général Humbert et que j’ai déjà analysé sur ce site (lien plus bas). C’est pourquoi il entreprend un vaste programme de protection de ses côtes: en Angleterre (voir l’article sur Douvres) mais aussi en Irlande. S’inspirant d’ouvrages de son époque, le gouvernement britannique fait donc débuter la construction du fort Westmoreland à Spike, pour barrer l’entrée du port. Les travaux commencent en 1804 et stoppent en 1820. Les bastions et autres murs sont réalisés en pierre grise et sont assez bas, suivant en cela le vaste mouvement entrepris depuis Vauban de ramener vers le sol les constructions pour offrir moins de prise au feu adverse.

Or, Spike est l’exemple typique du fort n’ayant jamais connu le feu (ce qu’on ne pouvait pas savoir bien sûr): une fois la menace napoléonienne écartée, il n’est pas achevé et la garnison stationnée y reste légère. Il sert ensuite de lieu de transit pour les prisonniers déportés outre-mer, mais reçoit tout de même de nouveaux canons au début du 20e siècle, car Cork reste un important port militaire. C’est plutôt l’Allemagne que l’on craint, là. Prison durant la guerre d’indépendance irlandaise, il est encore conservé avec quelques autres lieux stratégiques par le Royaume-Uni de l’indépendance irlandaise à 1938. L’armée irlandaise en prend alors possession et modernise quelque peu la place, notamment par crainte d’une invasion, notamment allemande, et/ou de bombardements aériens.

Vidéo d’actualités du retour de l’île dans les mains irlandaises: 

https://www.britishpathe.com/video/VLVADTWSXI1S5B3WTE1YKTWEI0MB7-SPIKE-ISLAND-AND-CORK-HARBOUR-DEFENCES-HANDED-BACK-OVER-TO-IRISH/query/wildcard

Après-guerre, il demeure une prison et un lieu de garnison, avant de fermer définitivement en 2004 pour rouvrir comme lieu touristique et de mémoire. Nous verrons une autre fois l’intérieur et les riches collections du musée. On s’y rend facilement en bateau depuis le port de Cobh.

Le site de l’île: https://spikeislandcork.ie/

Vue d’une partie des fortifications. Photo de l’auteur (juillet 2019).

Cobh vue depuis l’île. Photo de l’auteur (juillet 2019).

Canon de 6 inch installé en 1902 par les Britanniques dans l’île, à des fins de défense contre une attaque venue de la mer. Il a été installé sous casemate par l’Irlande en 1943. On se souvient de la crainte du pays d’être envahi.

Autre vue des fortifications. Photo de l’auteur (juillet 2019).

Vue général des fortifications et glacis. Photo de l’auteur (juillet 2019).

Détail des murs. Photo de l’auteur (juillet 2019).

Détail du canon sous casemate. Photo de l’auteur (juillet 2019).

Le chemin qui suit le fort, aujourd’hui une promenade. On y voit très bien l’entrée du port. Photo de l’auteur (juillet 2019).

 

L’entrée du port vue depuis Spike Island. Photo de l’auteur (juillet 2019)

Vue de Cobh depuis Spike Island. Photo de l’auteur (juillet 2019)

Vue de Cobh depuis Spike Island. Photo de l’auteur (juillet 2019)

Informations glanées lors de la visite de l’île (cartels, prospectus, panneaux).

Pour compléter:

Pike David Wingeate, « L’irlande face à l’éventualité d’une invasion hitlérienne. Rapport de la Seekriegsleitung », Guerres mondiales et conflits contemporains, 2008/1 (n° 229), p. 113-120.

https://www.cairn.info/revue-guerres-mondiales-et-conflits-contemporains-2008-1-page-113.htm

Les fortifications de Douvres:

https://antredustratege.com/2019/09/16/musee-de-douvres/

Autres articles du site sur le patrimoine militaire irlandais:

https://antredustratege.com/2018/05/08/premier-apercu-du-patrimoine-militaire-de-cork/

https://antredustratege.com/2019/01/20/suite-du-patrimoine-militaire-de-cork-le-musee-public-de-la-ville/

https://antredustratege.com/2017/09/09/le-volet-militaire-du-musee-national-dirlande/

Le débarquement de 1798:

https://antredustratege.com/2017/03/04/les-debarquements-francais-en-irlande-iv-1798-un-debarquement-avec-tres-peu-de-moyens/

Liens: 

La page Facebook du site : ici . 

Mes vidéos d’histoire sur Youtube:  La chaîne .

Mes articles pour la Gazette du wargamer 

Suite du patrimoine militaire de Cork: le musée public de la ville

Suite de l’article ci-dessous, ce second se penche sur les très riches collections du musée public de Cork, qui contient de vraies raretés concernant l’histoire irlandaise: objets de Michael Collins, uniformes, armes… A retrouver gratuitement, dans la ville. Vous voudrez bien excuser la qualité médiocre de certaines photos, du fait des reflets.

https://www.cork-guide.ie/cork_city/cork-public-museum.html

La première partie:

https://antredustratege.com/2018/05/08/premier-apercu-du-patrimoine-militaire-de-cork/

Photos de l’auteur

Cartouchières, sifflet et ceinturon utilisés par les Irlandais durant la guerre d’indépendance.

Baïonnette de fusil Enfield utilisée par la police armée aux service des Britanniques, la RIC (Royal Irish Constabulary). Celle-ci a été capturée par les insurgés du comté de Cork. On aperçoit aussi une matraque utilisée par les Britanniques.

Fusil allemand mauser (modèle 1888) débarqué à Howth en 1914. Ils servirent notamment dans la révolte de 1916 à Dublin. Le bateau qui les a amenés est visible ici: https://antredustratege.com/2017/09/09/le-volet-militaire-du-musee-national-dirlande/

Objets provenant du célèbre Lusitania, coulé au large des côtes irlandaises en 1915. Il est notamment connu car des Américains, encore neutres, s’y trouvaient lorsqu’il a été torpillé par un sous-marin allemand.

Boucle de ceinturon de volontaire irlandais, guerre d’indépendance.

Le pistolet de Michael Collins. Il s’agit d’un bien connu « P08 » allemand.

Objets ayant appartenu à des Irlandais engagés côté confédéré. Certains le furent au nord. Une partie revint en Irlande et, fort de son expérience militaire, organisa la grande révolte de 1867.

On le sait peu, mais des Irlandais vinrent au secours de la France en 1870. Un bel article à ce sujet: https://journals.openedition.org/rha/4612

Parnell, le héros de la lutte parlementaire dans la 2e moitié du XIXe siècle. Après que les catholiques eurent obtenu des droits politiques en 1829, ils s’en emparèrent et se battirent à Westminster, avant d’être dépassés après 1914 et une lutte plus violente.

Le numéro du 11 décembre 1897 du weekly Freeman rappelle la tentative de révolte de 1798 appuyée par la France. On voit Wolfe Tone et le jeune Bonaparte en discuter. Mais ce fut plutôt le général Humbert qui débarqua en Irlande. Pour en savoir plus: https://antredustratege.com/2017/03/04/les-debarquements-francais-en-irlande-iv-1798-un-debarquement-avec-tres-peu-de-moyens/ https://www.persee.fr/doc/abpo_0003-391x_1967_num_74_2_4569

 

 

Insigne de la milice de Cork, mise en place en 1793 pour contrer un éventuel débarquement français. A lire: https://antredustratege.com/2017/02/16/les-debarquements-francais-en-irlande-iv-la-tentative-de-1796/

En bonus, une oeuvre conservée à la Crawford Art Gallery, qui contient quelques tableaux intéressants sur l’histoire irlandaise. Elle aussi gratuite:

https://www.crawfordartgallery.ie/

 

Sean Keating présente ici ses « Men of the South », six volontaires de la guerre d’indépendance. Le tableau a été peint entre 1921 et 22.

Autres articles sur l’Irlande:

https://antredustratege.com/2017/01/11/les-debarquements-francais-en-irlande-1689-1796-1798-i-introduction/

https://antredustratege.com/2017/09/09/le-volet-militaire-du-musee-national-dirlande/

Premier aperçu du patrimoine militaire de Cork

Je vous propose aujourd’hui un premier aperçu du patrimoine militaire et carcéral de Cork, ville qui fut l’un des hauts lieux de la guerre d’indépendance (1919-1922) mais aussi de la guerre civile irlandaise (1922-1923). En attendant une future exploration des musées de Cork, voici un tour d’horizon du fort élisabéthain et de la prison de la ville, où furent notamment enfermés des opposants au traité avec le Royaume-Uni. Photos de l’auteur.

Le site du fort :

http://www.elizabethfort.ie/

Celui de la prison:

https://corkcitygaol.com/

 

Utilisée de 1824 à 1923, la prison de Cork, bâtie telle une forteresse, fut longtemps le symbole du pouvoir britannique dans la ville. Des détenus de toutes conditions y furent retenus, mais aussi des prisonniers anti-traité durant la guerre civile irlandaise. Ces derniers refusaient de faire la paix avec le Royaume-Uni car l’indépendance n’était pas complète suivant le texte retenu. L’histoire leur donna tort car, malgré lui, les Irlandais coupèrent rapidement les ponts avec Londres après sa signature. Photo de l’auteur.

L’une des tours. Photo de l’auteur.

La porte vue depuis la court intérieure. Photo de l’auteur.

Dans la prison. Photo de l’auteur.

Dans la prison. Photo de l’auteur.

 

 

 

Vue de l’une des tours. Photo de l’auteur.

Graffitis des prisonniers durant la guerre civile irlandaise, sur les murs. Photo de l’auteur.

Dans Elizabeth fort. L’un des rares abri antiaériens qui existent encore en Irlande. Craignant à la fois une invasion britannique et une invasion allemande durant la Seconde Guerre mondiale, le pays s’y prépara. A ce sujet, lire: https://www.cairn.info/revue-guerres-mondiales-et-conflits-contemporains-2008-1-page-113.htm. Photo de l’auteur.

Vue de Cork depuis Elizabeth fort. Il tire son nom de la reine Elizabeth Ier, car il fut bâti à la fin de son règne pour contrôler la ville. Par la suite détruit puis rebâti, il fut utilisé comme caserne, prison, base d’auxiliaires britanniques durant la guerre d’indépendance… Terminant sa carrière comme bâtiment utilisé par la police de la ville, il est désormais ouvert au public. Vous noterez le rare ciel irlandais sans nuages ! Plus d’infos: http://www.elizabethfort.ie/history/ Photo de l’auteur.

L’un ds canons du fort., pour une défense assez rapprochée. Photo de l’auteur.

Le fort. Photo de l’auteur.

L’à-pic est bien là ! Photo de l’auteur.

De 1915 à 1917, cette maison fut le quartier général de la brigade de Cork des « Irish Volunteers », l’une des nombreuses organisations nationalistes irlandaises. Celle-ci se battit notamment durant la révolte de la Pâque 1916. La ville, l’une des plus grandes d’Irlande est célèbre pour la grève de la faim de son maire, Terence Mc Swiney. Arrêté par les Britanniques, il mourut après plus de 70 jours sans se nourrir, en 1920. Photo de l’auteur.

Pour aller plus loin: 

Excellente synthèse en français sur l’Irlande:

-JOANNON (Pierre), Histoire de l’Irlande et des Irlandais, Paris, Perrin, coll. « Tempus », 2009, 832 p.

Très bonne synthèse en anglais sur le soulèvement de 1916:

-TOWNSHEND (Charles), Easter 1916. The Irish rebellion, Londres, Penguin books, 2015, 442 p.

Sur la guerre d’indépendance irlandaise et la guerre  civile irlandaise, en anglais:

-HOPKINSON (Michael), The Irish War of Independence, Dublin, Gill & Macmillan, 

Green Against Green: The Irish Civil WarDublin, Gill books, 

Les photos du musée national d’Irlande:

https://antredustratege.com/2017/09/09/le-volet-militaire-du-musee-national-dirlande/

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