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Les armes du soldat français en 1940: les armes blanches.

Même si nous sommes dans une guerre où la majorité des engagements se font à distance, il arrive toujours d’être confrontés à des corps à corps. C’est notamment le cas dans les combats urbains, les embuscades entre patrouilles où à l’attaque d’une fortification. Quant au souvenir des nettoyeurs de tranchées du conflit précédent, armés de toute sortes de pics, masses, coutelas et casse-tête, il est encore évidemment présent dans toutes les têtes… Il reste donc des armes blanches en 1940, et voici quelques mots sur elles.

Les baïonnettes :

Ainsi, tous les soldats de l’époque qui sont équipés d’un fusil ou d’un mousqueton, dont les français, ont réglementairement une lame venant s’y fixer, la baïonnette. Il existe aussi des sabres et couteaux de combat. Revenons rapidement sur toutes ces armes. La première a longtemps été considérée comme presque plus importante que le fusil lui-même, du moins tant que le rechargement était long et complexe. Napoléon disait même à leur sujet que le fusil n’était que leur support, et qu’on « [pouvait] tout faire avec des baïonnettes, sauf s’asseoir dessus ». Hormis celle du MAS 36, qui est courte, cruciforme et se range dans le fût (voir article précédent)… Elles sont encore longues, encombrantes et d’un autre temps (surtout celle du Gras de 1874!), là où les modèles d’autres pays comme l’Allemagne sont plus de longs couteaux plus pratiques. La plus connue et emblématique reste sans doute celle du Lebel, surnommée la « Rosalie ». Datant de 1886 comme le fusil, elle est simplifiée en 1915 (suppression du quillon). Les mousquetons, eux, ont des sabres-baïonnettes assez impressionnants.

La baïonnette du Lebel modifiée en 1915. Crédit photo: libertytreecollectors.

Poignard et sabre:

A côté de cela, il subsiste un couteau, le poignard de tranchée modèle 1916 et surnommé « le vengeur de 1870 ». Il est peu utilisé, les hommes répugnant à se servir d’une telle arme et lui préférant le pistolet. Toutefois il équipe encore les équipages des chars de combat et quelques corps francs. Enfin, depuis 1937, les hommes à cheval sont tous équipés du sabre de cavalerie légère modèle 1822. Long de 87 cm, il est à peine modifié par rapport à son entrée en service (un sabre reste un sabre!). Son utilisation est évidemment bien différente qu’à l’année de son adoption, la cavalerie ne chargeant plus sabre au clair… Autre signe d’évolution, il est fixé à la selle depuis longtemps (1887), et non plus au ceinturon. Les gradés peuvent avoir des modèles différents, dits « de fantaisie », c’est à dire d’achat personnel pour se démarquer de la troupe.

Le « vengeur de 1870 » . Crédit photo: collectarea.

Bibliographie:

-BELLEC (Olivier), 1940. Le soldat français, t.2, Equipement-Armement-Matériels, Paris, Histoire et Collections, 2010, 144 p.

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Les armes du soldat français en 1940: les fusils les plus récents.

Berthier et Lebel modifiés: 

Après avoir passé en revue l’armement le plus ancien (voir article précédent), je vais à présent revenir sur trois modèles plus récents. Ceux-ci utilisent enfin une cartouche adaptée aux exigences de l’époque, et pensée pour le FM 24/29, c’est la munition de 7.5 mm modèle 1924 puis 1929. Comme souvent en France, vous l’avez vu précédemment, les autorités pensent en fait transformer le matériel existant pour qu’il accepte cette nouvelle donnée.

Cela nous donne le Lebel M 27 et le Berthier 07/15 M. 34. Le premier est un Lebel changé, qui utilise un magasin de type mauser à cinq coups. La chose est tellement coûteuse et longue que seules quelques centaines de fusils M 27 existent. La même modification est effectuée avec plus de succès sur le Berthier et là 40.000 fusils M 34 à 5 coups sont distribués, dont 10% spécifiques à la cavalerie. Ils arment une partie de l’infanterie d’active, comme les régiments de forteresse de la ligne Maginot.

Le MAS 36. Crédit photo: wikipédia.

Le MAS 36:

Toutefois ces projets de transformation ont un coup trop élevé et sont surtout trop longs alors que la situation internationale s’assombrit. C’est pourquoi, dans l’urgence, un nouveau fusil est adopté en 1936, le MAS (Manufacture de Saint-Etienne) 36.

Court et léger (3.7 kilos pour un mètre, contre 1.3 m et 4.2kg pour le Lebel), il est destiné, à terme, à remplacer tous les fusils et mousquetons de l’armée française. C’est une unification utile et bienvenue. D’autant plus qu’il dispose du magasin Mauser à 5 coups déjà décrit et, nouveauté, sa baïonnette, peu encombrante, se range dans un tube sous le canon. L’arme est donc maniable, bien pensée et appréciée par la troupe, ainsi qu’elle supprime une pièce d’équipement, le porte-baïonnette et son fourreau. D’une portée pratique de 300-400 mètres, il a une cadence de tir d’environ 10-12 coups par minute.

Hélas seulement 430.000 exemplaires sont disponibles en juin 1940, la production ayant été trop lente. L’arme équipe généralement l’infanterie et la cavalerie d’active, soient les soldats de métier durant les hostiltiés. Elle poursuit surtout sa carrière après 1945 (dans une fabrication plus économique) et fait les guerres d’Indochine et d’Algérie. Une ultime version, le 36/51 est plus adaptée au tir des grenades et les parachutistes connurent un modèle propre, à crosse en métal, le CR 39.

Soldats armés du MAS 36 en 39/40. Crédit photo: 39-45 stratégie.

En guise de fin sur les fusils, on notera l’existence du prototype de MAS 38/40, fusil semi-automatique qui donna le fameux 49/56 d’après-guerre.

Bibliographie:

-BELLEC (Olivier), 1940. Le soldat français, t.2, Equipement-Armement-Matériels, Paris, Histoire et Collections, 2010, 144 p.

Guide technique sommaire des fusils à répétition de 7.5 mm modèle 1936 […], Paris, Librairie de l’armée-Imprimerie nationale, 1966, 21 p. (aimablement fourni par un ami).

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Les armes du soldat français en 1940: les fusils et mousquetons les plus anciens.

Gras et Lebel:

Comme dans les autres domaines, la République entame la Seconde Guerre mondiale avec un côtoiement d’armes anciennes et dépassées, et de matériels plus récents et souvent bien pensés (que l’on verra par la suite). Le pays a par exemple été à la pointe de la recherche dans un champ d’avenir comme celui des fusils semi-automatiques jusqu’à 1918, puis a laissé péricliter cette remarquable avance. Le résultat est qu’il reste des armes souvent très vieilles dans les arsenaux, comme le vénérable Gras et son mousqueton, datant de 1874, et équipant encore des troupes à l’arrière… La munition de cette arme est le 11mm, dont le dérivé a donné le 8mm lebel, trop puissant et mal adapté à la répétition du tir.

Le fameux Lebel. Crédit photo: Wikipédia.

Or, énormément d’armes disponibles en 1940 utilisent cette munition, à commencé par le Lebel lui-même. Il reste sans doute l’un des fusils les plus connus de l’arsenal français, tant il symbolise dans les mémoires la Première Guerre mondiale. Avec sa robustesse, ses 8 cartouches (qui se logent de manière tubulaire, sous le canon) et sa longueur, il fait beaucoup dans l’imaginaire collectif. Pourtant il est dépassé dès sa mise en service en 1886 (!) et, malgré cela, il équipe encore des réservistes et les coloniaux à l’époque où l’on parle. Il est aussi réservé au tir de précision (avec la lunette modèle 1921) et pour les grenades à fusil (type VB), étant robuste. Un version raccourcie (1886/93 R 35) existe d’ailleurs spécialement à cet effet pour la cavalerie.

Le système Berthier:

J’ai donc dit que le système Lebel est obsolète. Voilà pourquoi il fut décidé de le remplacer à peine mis en fonction (et on vient de voir que cela n’était pas achevé en 1940), avec les armes du système Berthier: les mousquetons modèle 90, 92 et 92 M16, ainsi que les fusils 07/15 et 07/15 M16. Les premiers équipent généralement la cavalerie, la gendarmerie et l’artillerie car ils sont courts et maniables (moins d’un mètre et 3 kilos, contre 1.3 mères et 4kg 20 pour le Lebel), malgré un fort recul. Ces mousquetons sont appréciés par les soldats. Leur magasin passe de trois à cinq coups en 1916, c’est le mousqueton 1892 M16.

Le Berthier 07/15. Crédit photo: army discount.

Enfin, le fusil le plus répandu en 1939 (comme en 1918 d’ailleurs) n’est pas le Lebel, mais le Berthier modèle 1907 modifié 1915, puis 1916. Issu du mousqueton précédent, il a subi la même modification que lui pour tirer cinq coups à la suite. Plus récent que le lebel qu’il remplace peu à peu, il est tout aussi encombrant et les soldats le surnomment la « canne à pêche ». Au final, toutes ces armes sont dépassées et grèvent les possibilités d’action.

Liste des fusils et mousquetons anciens, attributions en 1940:

-Fusil gras modèle 1874 et 1866/74 (Modification du chassepot!) -) attribué à la territoriale et aux gardes des aéroports.

-Fusil gras modèle 1874/14 (modifié pour tirer la 8 mm Lebel) -) Idem

-Lebel modèle 1886/93 -) unités de second rang, troupes locales des colonies, tir de précision et de grenades.

-Lebel 86/93 R 35 -) tir de grenades dans la cavalerie

-Mousqueton Berthier modèles 1890, 92 et 92 M 16 -) Gendarmerie, cavalerie de réserve ,artillerie, génie, éclaireurs skieurs et corps-francs.

– Fusil Berthier 07/15, et 07/15 M 16. Il arme une bonne partie de l’infanterie.

-Fusil FSA 17 et Meunier 1918 -) anecdotique. Ce sont des restes de bons fusils semi-automatiques français, bridés pour le coup par coup. Symbole d’une armée qui tourne le dos à la modernité après l’avoir créée.

Bibliographie:

BELLEC (Olivier), 1940. Le soldat français, t.2, Equipement-Armement-Matériels, Paris, Histoire et Collections, 2010, 144 p.

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