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Les premiers « demi-solde » et les officiers hostiles à Napoléon: II) 1802-1803, entre complots et mécontentement

Suivant ce que l’on a dit la fois précédente, on constate que le caractère hostile à Napoléon d’une partie de l’armée ne disparaît pas après les premières « purges » que l’on a évoquées.

Un discours non dissimulé…

En fait, au cours de ces années, certains n’hésitent pas à afficher leur mécontentement jusque sur la place publique, et notamment les débits de boisson. Ainsi, des officiers de l’armée du Rhin se plaignent de leur sort. Leur cas est intéressant: ils reprochent à Napoléon d’avoir favorisé l’armée d’Italie qu’il commandait, et notablement dans la campagne de 1800… Là où la leur s’est pourtant elle aussi couverte de gloire à Hohenlinden (décembre 1800), bataille dont le retentissement vaut au moins celui de Marengo (juin 1800).

Ils accusent le Premier Consul de les tenir à l’écart de la gloire militaire du pays au prétexte qu’il a eu des différents avec leur chef, le général Moreau, rival dont on a parlé précédemment. 

Bataille de Hohenliden, par Schopin.

Qui débouche sur des affaires précises : 

Ces protestations publiques ont un certain écho, en témoignent nombre « d’affaires » décelées puis démantelées par la police, qui déniche efficacement les opposants… A l’exemple des officiers réformés (cf chapitre précédent), qui se réunissent au jardin du Luxembourg. D’autres, dans ces cercles privés, à Paris et en banlieue, ont des discours assez violents et vont jusqu’à parler d’abattre Napoléon. Pourtant, aucun de ces groupes de militaires n’est bien organisé ni ne menace sérieusement le régime et l’homme qui l’incarne. 

D’ailleurs, le pouvoir se contente d’envoyer les personnes incriminées en résidence surveillée ou se battre à Saint-Domingue (aujourd’hui Haiti), colonie en pleine révolte. Un seul a vraiment d’écho: le futur maréchal et roi de Suède, Bernadotte, resté républicain. Nous verrons la prochaine fois qu’il symbolise toute une frange de l’armée demeurée jacobine.

Bibliographie:

-PETITEAU (Nathalie), Les Français et l’Empire (1799-1815), Paris, Editions Universitaires d’Avignon, 2008, 278 p.

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Mon article dans le 2e guerre mondiale d’avril-mai sur l’armée belge -en kiosque le 8: page 56-68.

 

Les premiers « demi-solde » et les officiers hostiles à Napoléon: I) 1799-1801

Introduction: 

Bien connue des amateurs d’histoire napoléonienne, l’expression « demi-solde » fait référence à ces officiers renvoyés dans leurs foyers en 1814-1815 pour cause de bonapartisme, ou du moins d’hostilité face au retour des Bourbons. Leur nom venant du fait que, n’étant plus employés de manière active, leur solde (le salaire des militaires) s’était vue réduire de moitié. Menant une vie souvent misérable, la carrière brisée parfois en pleine jeunesse, ils symbolisèrent le mécontentement d’une partie de la population de l’époque.

Or, si leur cas est plutôt bien connu, on revient bien plus rarement sur d’autres personnes victimes du même phénomène: ceux qui ont été remerciés après que Bonaparte fût devenu Premier Consul. Plus généralement, ils sont les preuves tangibles que l’installation d’un régime n’est pas chose aisée, d’autant que certains furent de complots plus ou moins dangereux contre lui. 

Le fameux tableau d’Ingres. Ce qu’on sait moins est que l’arrière-plan est la ville de Liège, où vous pouvez toujours voir la peinture à l’heure actuelle…

Une frange de l’armée hostile:

En effet, toute l’armée ne soutient pas le futur empereur qui prend le pouvoir après le fameux coup d’état du 18 brumaire an VIII (1799). Il reste notamment tout un terreau de républicains qui ne voient en lui qu’un fossoyeur de la Révolution et ne comprennent pas son évolution vers un pouvoir personnel. Il y a également des partisans de l’un de ses rivaux dans la course aux honneurs, le général Moreau (Bonaparte n’est pas le seul à briguer la première place, loin de là), etc. Cela explique que 6000 à 7000 d’entre eux aient été chassés de l’armée à l’occasion de sa réorganisation consécutive au coup d’état.

La raison officielle invoquée est leur « incapacité physique ». En fait, le nouveau régime se méfie de leur idées politiques mais, ne l’oublions pas, en profite pour chasser de l’institution de vraies nullités militaires. Il faut dire que le Directoire, régime précédent, a aussi fonctionné par la corruption et le copinage. Ramenés à la vie civile, ils se retrouvent donc désœuvrés et se réunissent dans des cafés et autres lieux de sociabilité, où la police les surveille.

Ses rapports font état de discours violents contre le régime et les plus exaltés parlent même d’assassinat de la personne qui l’incarne… Et on verra que toutes ces tentatives ne furent pas picaresques.

Bibliographie:

-PETITEAU (Nathalie), Les Français et l’Empire (1799-1815), Paris, Editions Universitaires d’Avignon, 2008, 278 p.

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