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Le retour d’Egypte du général Bonaparte: II) Déroulé des faits

Après avoir décrit la fois précédente le déroulement de l’expédition d’Egypte et le fait qu’elle soit rapidement devenue une impasse pour les troupes françaises, il nous faut à présent évoquer le retour en lui-même de Bonaparte en France, retour qui laisse encore perplexe l’historien au sujet de nombreux points. Nous terminerons ensuite avec le devenir des troupes françaises en Egypte après le départ de leur chef, point rarement évoqué.

Une traversée non sans zones d’ombres

La situation politique en France en 1799 dépasse le cadre de cet article. Rappelons seulement que le régime du Directoire est instable et travaillé par des forces centrifuges, notamment du fait de Siéyès, personnage important depuis le début de la Révolution et qui souhaiterait voir un changement de régime, en s’appuyant sur « une épée », un général populaire et apprécié, quitte à s’en débarrasser par la suite. Sa conspiration va fusionner avec les propres vues d’un Bonaparte qui mûrit peu à peu ses projets et qui va, finalement, après son succès du 18 Brumaire, marginaliser Siéyès plutôt que l’inverse.

Or, pour conspirer, il faut encore être en France, et la Méditerranée est étroitement surveillée par la Royal Navy, on l’a dit ! Pourtant, cela n’empêche pas  le jeune général de prendre la décision de partir, et finalement s’échapper d’Egypte avec quelques officiers le 22 août 1799 au matin, profitant du départ de la rade d’Alexandrie de la flotte adverse. Là, plusieurs zones d’ombre recouvrent ces événements car il parvient à Ajaccio sans encombre dès le 30 du même mois.

Les historiens évoquent la possibilité d’un laisser-faire plus ou moins volontaire de la part des Britanniques. Pourquoi ? D’une part car le départ du chef de l’expédition priverait celle-ci de tout contenu réel à l’avenir, et donc de menace sur l’Inde, objectif à long terme de la part des Français. De plus, l’amiral chargé de la surveillance, un certain Sidney Smith, détestait Nelson qu’il releva, et aurait souhaité le gêner avec pareille « négligence ». Il est établi qu’il fit même passer au commandement français des journaux après la victoire terrestre d’Aboukir, donc des informations (qui ont pu jouer sur la décision de Bonaparte de rentrer, car les nouvelles de France n’étaient pas bonnes). Enfin, la Grande-Bretagne, désireuse de faire la paix pour reprendre des relations commerciales saines avec le continent, voyait d’un bon œil le remplacement du Directoire par un régime plus stable. 

Un tableau intéressant sur le sujet (je ne l’intègre pas, rapport aux droits d’auteur sur les images) de Jean-Pierre Franque

Des côtes françaises à Paris

Quoiqu’il en soit, Napoléon Bonaparte rentre en France sans problème, bien qu’on lui ait reproché d’abandonner ses hommes à un sort incertain, sous le commandement de Kléber. Il faut toutefois se garder de jugements trop hâtifs, d’autant que juger est le contraire du métier d’historien… Et là notamment rappeler que le Directoire avait plusieurs fois donné l’autorisation de rapatrier en France Bonaparte, fût-ce de manière ambiguë. Il était plutôt bien vu, notamment par le directeur Barras dont il était le protégé, et passait pour un rempart du régime, bien que son ambition ait déjà été décelée. D’ailleurs, elle n’était pas étrangère à l’autorisation qu’on lui avait donnée de tenter cette expédition (voir article en lien).

Après sa ville natale d’Ajaccio, il passe sur le continent trois jours plus tard, à Fréjus. Sa remontée vers Paris est rapide est triomphale: le 12 octobre il est à Valence, le lendemain à Lyon. Dans la Nièvre, il s’arrête à Nevers le 15. Preuve de sa popularité, les administrations communales se portent au devant de lui et la population le fête. Dans cette dernière ville, des conscrits en pleine insoumission, c’est à dire refusant de rejoindre leur affectation après le tirage au sort, changent même d’avis à sa vue. Finalement, il arrive à Paris dès le lendemain et va s’atteler à d’autres tâches, plus politiques: les 18 et 19 Brumaire, son coup d’Etat est un succès.

A noter que l’actualité rejoint parfois l’histoire: les lieux où il s’est arrêté à Nevers sont actuellement menacés par un projet immobilier peu respectueux du passé. Sans qu’il soit fait d’incitation sur ce site apolitique, vous pouvez néanmoins trouver une pétition à ce sujet ci-dessous. Une similaire a permis de sauver la statue de Drouot à Nancy très récemment:

https://www.change.org/p/madame-francoise-nyssen-ministre-de-la-culture-sauvons-le-grand-monarque-et-la-place-moss%C3%A9

Bibliographie indicative (sans but d’exhaustivité):

Une somme magistrale de concision sur la Révolution, doublée d’un utile dictionnaire. L’expédition d’Egypte y est évoquée.

-TULARD (Jean, sous la direction de), Histoire et dictionnaire de la Révolution française. 1789-1799, Paris, Bouquins, 2002, 1223 p.

L’excellent ouvrage de Thierry Lentz sur le coup d’Etat de Brumaire, qui revient longuement sur sa préparation et les années précédentes. L’Egypte y occupe une bonne part.

-LENTZ (Thierry), Le 18 Brumaire, Paris, Perrin, coll. « Tempus », 2010, 522 p.

L’article sur les origines de l’expédition:

https://antredustratege.com/2015/01/19/origines-de-lexpedition-degypte/

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Le retour d’Egypte du général Bonaparte: I) La situation en 1799

J’avais parlé en 2015 des origines de l’expédition d’Egypte, décidée à la fin du Directoire (voir lien plus bas). Il m’a donc semblé intéressant de parler du retour du général Bonaparte en France: comment se fit-il dans une Méditerranée étroitement contrôlée par la Royal Navy ? Quelle était la situation quand il réussit à en partir pour regagner la France ? Quel fut, au final, le sort de l’armée qu’il laissa derrière lui sous le commandement de Kléber ? Autant de questions qui vont nous intéresser dans les semaines à venir…

D’Alexandrie à Saint Jean d’Acre

L’expédition débute plutôt bien: après s’être emparés de Malte, les 54.000 hommes emportés par la flotte commandée par Brueys arrivent à Alexandrie début juillet 1798, après avoir échappé assez miraculeusement à la Royal Navy. La ville, peuplée d’environ 6000 âmes seulement, n’est plus le centre urbain majeur qu’elle était à l’Antiquité (notamment car le pouvoir s’est déplacé au Caire) et tombe rapidement entre les mains des Français.

Conquise depuis 1517-1518 par les Turcs Ottomans, l’Egypte forme alors une province éloignée de la capitale. Cela explique en partie que les vaincus de la veille, les fameux Mamelouks, exercent alors à nouveau l’essentiel du pouvoir. Ce sont d’anciens esclaves qui forment une sorte de caste militaire et administrative dirigeante, non sans succès. Néanmoins, leurs chefs n’ont pas les moyens techniques suffisants pour s’opposer efficacement aux soldats dirigés par Bonaparte, Murat, Menou et autres. Hommes comme officiers sont souvent des vétérans des guerres précédentes de la Révolution.

La tactique mamelouke laisse aussi à désirer. Ainsi, à la fameuse bataille des Pyramides du 21 juillet 1798, menée près du Caire (et assez loin desdites pyramides en fait) leur fière cavalerie se fait littéralement hacher en chargeant de front des carrés bien entraînés, et dont le feu roulant les brise à bout portant. Rappelons que c’est une formation d’infanterie qui imite la forme géométrique, et permet de tirer de tous les côtés à la fois, rang après rang, ainsi qu’elle peut être renforcée par des canons aux angles. Bref, bien organisée par des hommes et cadres capables, la réponse rêvée face à la cavalerie, comme Waterloo l’a montré bien plus tard !

En quelques semaines, l’armée française multiplie donc les succès et se rend maîtresse d’une bonne partie de l’Egypte. 

Gros représente ici la bataille terrestre d’Aboukir, avec un centrage sur la figure de Murat. L’oeuvre est conservée au château de Versailles. Cliché hébergé sur le site wikipédia (bien utile pour tout ceci ! )

Des Français « prisonniers de leur conquête »

Toutefois, selon l’expression consacrée, elle devient aussi rapidement « prisonnière de sa conquête », notamment du fait de la flotte de Nelson. Celui-ci a enfin retrouvé les Français à Alexandrie et Brueys commet la terrible erreur de faire combattre ses navires à l’ancre. Il sait que ses marins sont mal entraînés et veut ainsi éviter les excellentes capacités manœuvrières de son adversaire. Toutefois, il lui offre en fait une très belle occasion de malmener ses vaisseaux incapables de se déplacer. L’affrontement qui porte le nom de bataille d’Aboukir voit 11 navires de ligne français sur 13 être détruits et 5500 marins sur 8000 perdus, dont Brueys lui-même, qui meurt courageusement et en donnant des ordres jusqu’au bout.

Il n’empêche qu’incapable de revenir en France avec ses hommes, Bonaparte se retrouve coincé dans la terre des pharaons. De plus, même s’il n’affirme ne faire la guerre qu’aux seuls Mamelouks, l’Empire Ottoman a finit par déclarer la guerre à la France et envoie des hommes en Egypte, par la mer et via la terre sainte, avec l’aide britannique. C’est aussi une occasion pour le sultan Sélim III d’exercer un contrôle plus étroit sur cette possession.. Ne perdant pas de temps, le général envoie des hommes vers le sud poursuivre les restes des armées mameloukes, sous le commandement du célèbre Desaix et se porte lui-même au devant des forces ottomanes.

Il remporte d’abord de beaux succès, mais est bloqué devant les murailles de Saint Jean d’Acre, ravitaillée par la Royal Navy, et doit retraiter en Egypte, ses hommes étant épuisés. C’est là qu’il écrase l’armée de secours turque arrivée près d’Alexandrie, le 25 juillet 1799 (voir tableau). La bataille prend aussi le nom d’Aboukir, comme pour effacer la première du nom. Or, ce succès ne règle pas le problème du retour en France !

Bibliographie indicative (sans but d’exhaustivité):

Une somme magistrale de concision sur la Révolution, doublée d’un utile dictionnaire:

-TULARD (Jean, sous la direction de), Histoire et dictionnaire de la Révolution française. 1789-1799, Paris, Bouquins, 2002, 1223 p.

L’excellent ouvrage de Thierry Lentz sur le coup d’Etat de Brumaire, qui revient longuement sur sa préparation et les années précédentes:

-LENTZ (Thierry), Le 18 Brumaire, Paris, Perrin, coll. « Tempus », 2010, 522 p.

Un synthèse indispensable sur l’Empire ottoman, qui décrit très bien l’Egypte ottomane et le système mamelouk qui s’y remet progressivement en place après la conquête:

-MANTRAN (Robert, sous la direction de), Histoire de l’Empire ottoman, Paris, Fayard, 1989, 810 p.

L’article sur les origines de l’expédition:

https://antredustratege.com/2015/01/19/origines-de-lexpedition-degypte/

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Découverte du champ de bataille de Waterloo

La trêve estivale est bien là, et le site est un peu moins actif ces derniers jours. Avant de poursuivre ce que j’ai commencé sur Rome et l’Ecosse, je vous propose donc de découvrir le champ de bataille de Waterloo en Belgique à travers quelques clichés. Toutes les informations pour vous y rendre se trouvent à la fin. Je mettrai les photos des musées une autre fois.

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A Waterloo même, l’auberge où Wellington installa son quartier général. Elle fut bâtie en 1705 et contient aujourd’hui un musée. Dommage que la voiture ait été présente !

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La ferme de la Belle-Alliance, où se retrouvèrent les vainqueurs après la bataille pour leur célèbre poignée de main.

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Sur la route menant au quartier-général de Napoléon, la ferme dite « du Caillou ». On trouve cet émouvant monument dit « à l’aigle blessé ».

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Vue du champ de bataille, la « morne plaine »de Victor Hugo est bien ondulée !  Mais il faut lire le passage en entier: « Waterloo ! Waterloo ! Waterloo ! morne plaine ! Comme une onde qui bout dans une urne trop pleine, Dans ton cirque de bois, de coteaux, de vallons, La pâle mort mêlait les sombres bataillons. D’un côté c’est l’Europe et de l’autre la France. »

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La ferme dite « du Caillou », qui fut le tout dernier quartier-général de Napoléon.

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Dans la cour de la ferme.

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La Haie-Sainte (ou Haye-Sainte), l’une des fermes que fortifièrent les Britanniques et s’y retranchèrent.

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Autre vue de la ferme où l’on s’écharpa voilà plus de deux cents ans. De nombreuses plaques alentour rappellent les unités présentes et leurs actions.

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Le champ de bataille.

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Dans le jardin de la ferme-château d’Hougoumont. Bâti à partir du 15e siècle, l’ensemble fut fortement tenu par les Britanniques et des milliers de Français y périrent pour tenter de s’en emparer. Ce monument a été érigé en leur mémoire, sur une initiative belge. L’aigle y était en bronze, mais a été enlevé par les Allemands en 1914.

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La chapelle du château, détruit lors des combats. De nombreux blessés britanniques y furent entreposés et soignés.

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Autre vue de la cour de la ferme.

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Une photo des murs de la ferme, pour vous donner une idée de la difficulté à les prendre.

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Vue du champ de bataille depuis la butte du Lion (voir plus bas).

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Autre vue de la Haie-Sainte, depuis le haut de la butte du Lion.

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Une volée de plus de 200 marches conduit au sommet. Le monument fut fait en l’honneur du Prince d’Orange, blessé à cet endroit (plus ou moins). En effet loin d’être un affrontement franco-britannique, la bataille vit aussi des Hanovriens, Belgo-Néerlandais, et bien sûr Prussiens, être engagés.

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La butte et le bâtiment du panorama (photos à venir).

Les informations pour se rendre à Waterloo et visiter les différents sites que contient encore le champ de bataille:

http://waterloo-tourisme.com/Public1/index.php/fr/

Wars of Napoleon, le test

Avant d’entamer un dossier consacré à une page assez peu connue des exploits militaires de Garibaldi, retrouvez ci-dessous mon dernier test en date pour la Gazette du wargamer, consacré à l’excellent Wars of Napoleon du studio français AGEod.

Scénario uchronique ou Napoléon débarque en Angleterre.

Scénario uchronique ou Napoléon débarque en Angleterre.

Le test: 

http://www.wargamer.fr/wars-of-napoleon-le-retour-de-laigle/

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Le bivouac de Napoléon (exposition à la manufacture des Gobelins)

Quelques photos prises par moi-même d’une bien belle, quoique courte, exposition à la manufacture des Gobelins à Paris. Elle montre notamment la réorganisation du garde-meuble par Napoléon, service existant toujours (Mobilier National). A voir jusqu’en décembre. Plus d’infos ici :

http://www.sortiraparis.com/arts-culture/exposition/articles/90321-le-bivouac-de-napoleon-a-la-galerie-des-gobelins

Des tableaux et objets proviennent de la Fondation Napoléon (plus de détails tout au long de l’article): http://fondationnapoleon.org/

Swebach, "La bataille de Marengo". Au soleil de l'Italie, la journée, mal entamée, est sauvée en ce mois de juin 1800.

Swebach, « La bataille de Marengo ». Au soleil de l’Italie, la journée, mal entamée, est sauvée en ce mois de juin 1800. Tableau issu de la collection de la Fondation Napoléon.

 

 

Détail, le Premier Consul donne des ordres à son Etat-Major.

Détail, le Premier Consul donne des ordres à son Etat-Major. Tableau issu des collections de la Fondation Napoléon.

 

 

Lejeune, "Bivouac de Napoléon la veille de la bataille d'Austerlitz". Le tableau fut commandé par les services de l'Empereur pour être exposé aux Tuileries.

Lejeune, « Bivouac de Napoléon la veille de la bataille d’Austerlitz ». Le tableau fut commandé par les services de l’Empereur pour être exposé aux Tuileries.

Détail bien connu. Les tableaux de Lejeune fourmillent de vie, de scènes quotidiennes très riches.

Détail bien connu. Les tableaux de Lejeune fourmillent de vie, de scènes quotidiennes très riches.

Détail, la berline de Napoléon. On aperçoit le turban d'un célèbre mamelouk.

Détail, la berline de Napoléon. On aperçoit le turban d’un célèbre mamelouk.

Nécessaire aux armes du maréchal Soult.

Nécessaire aux armes du maréchal Soult. Collection de la Fondation Napoléon.

Mongin, "Bivouac de Napoléon près du château d'Ebersberg." Nous sommes durant la campagne d'Autriche de 1809, qui se conclut par la coûteuse mais décivise victoire de Wagram.

Mongin, « Bivouac de Napoléon près du château d’Ebersberg. » Nous sommes durant la campagne d’Autriche de 1809, qui se conclut par la coûteuse mais décivise victoire de Wagram.

Détail, Napoléon et ses officiers.

Détail, Napoléon et ses officiers.

Détail du bivouac.

Détail du bivouac.

Détail très sympathique du tableau de Mongin: un soldat s'éveille.

Détail très sympathique du tableau de Mongin: un soldat s’éveille.

Les informations plus précises des pièces issues des collections de la Fondation Napoléon:

Tableau de Swebach:

http://fondationnapoleon.org/chef-d-oeuvre/la-bataille-de-marengo/

Nécessaire aux armes du maréchal Soult.

http://napoleon.ontia.fr/node/26834

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http://www.wargamer.fr/paroles-de-youtubeurs-jean-baptiste-murez-histoire-militaire/

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Les premiers « demi-solde » et les officiers hostiles à Napoléon: III) 1803-1805, fin (temporaire) des oppositions

Une persistance des idées républicaines…

Nous avions terminé sur ce point précis la fois précédente: des officiers comme le futur maréchal Bernadotte symbolisent la persistance des idées républicaines au sein de l’armée alors même que l’Empire va être proclamé (1804). En fait, si la constitution de celui-ci affirme que « le gouvernement de la République est confié à un empereur », beaucoup ne sont pas dupes. 

Ainsi, dès 1802 (donc sous le Consulat), la police trouve des pamphlets, des textes clairement opposés à Napoléon comme un extrait de l’un d’eux le prouve: « Un tyran s’est emparé du pouvoir; et ce tyran quel est-il ? C’est Bonaparte! « . Ce genre de papiers est distribué dans les garnisons, les cercles d’officiers, jusqu’en Belgique (alors française), espérant soulever l’armée contre le chef de l’état.

C’était sans compter sur l’appareil policier mis peu à peu en place par le célèbre Fouché, et qui brise le réseau, alors que les responsables sont punis et/ou mutés. Toutefois, on épargne Bernadotte qui finit sa carrière… Comme roi de Suède !

La conspiration de Malet. Image trouvée sur : jaimeleshistoiresdelhistoire .

… Qui est symbolisée par quelques individus. 

A part Bernadotte déjà cité, quelques officiers bien connus symbolisent cette opposition et beaucoup croient en ces figures pour rassembler l’opposition à Napoléon. On retrouve Moreau (cf. article s précédents), mais aussi Augereau et Masséna, futurs maréchaux du Premier Empire. En fait, le premier est exilé (ce qui suscite quelques réactions hostiles, et des appels à la révolte clairs et précis), et on vient de dire ce qu’il advient des deux autres.

Encore en 1804-1805, des écrits de Moreau circulent sous le manteau en France et plusieurs officiers, sous-officiers et soldats sont arrêtés tout au long de l’Empire pour des propos séditieux et parfois carrément violents sur Napoléon. Peu à peu, avec le démantèlement progressif des réseaux d’opposants et les ralliements plus ou moins sincères, la situation se calme…

Mais il ne faut pas oublier le caractère fictif et intéressé de certains d’entre eux (qui va peser en 1814 dans la première abdication), ni le fait que des complots très graves éclatent encore par la suite: on pense tous au coup d’Etat de Malet en 1812, en pleine campagne de Russie. Or, l’homme avait été partie prenante d’autres conspirations bien avant cet évènement. 

Bibliographie:

-PETITEAU (Nathalie), Les Français et l’Empire (1799-1815), Paris, Editions Universitaires d’Avignon, 2008, 278 p.

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Mon article dans le 2e guerre mondiale d’avril-mai sur l’armée belge -en kiosque le 8: page 56-68.

Les premiers « demi-solde » et les officiers hostiles à Napoléon: II) 1802-1803, entre complots et mécontentement

Suivant ce que l’on a dit la fois précédente, on constate que le caractère hostile à Napoléon d’une partie de l’armée ne disparaît pas après les premières « purges » que l’on a évoquées.

Un discours non dissimulé…

En fait, au cours de ces années, certains n’hésitent pas à afficher leur mécontentement jusque sur la place publique, et notamment les débits de boisson. Ainsi, des officiers de l’armée du Rhin se plaignent de leur sort. Leur cas est intéressant: ils reprochent à Napoléon d’avoir favorisé l’armée d’Italie qu’il commandait, et notablement dans la campagne de 1800… Là où la leur s’est pourtant elle aussi couverte de gloire à Hohenlinden (décembre 1800), bataille dont le retentissement vaut au moins celui de Marengo (juin 1800).

Ils accusent le Premier Consul de les tenir à l’écart de la gloire militaire du pays au prétexte qu’il a eu des différents avec leur chef, le général Moreau, rival dont on a parlé précédemment. 

Bataille de Hohenliden, par Schopin.

Qui débouche sur des affaires précises : 

Ces protestations publiques ont un certain écho, en témoignent nombre « d’affaires » décelées puis démantelées par la police, qui déniche efficacement les opposants… A l’exemple des officiers réformés (cf chapitre précédent), qui se réunissent au jardin du Luxembourg. D’autres, dans ces cercles privés, à Paris et en banlieue, ont des discours assez violents et vont jusqu’à parler d’abattre Napoléon. Pourtant, aucun de ces groupes de militaires n’est bien organisé ni ne menace sérieusement le régime et l’homme qui l’incarne. 

D’ailleurs, le pouvoir se contente d’envoyer les personnes incriminées en résidence surveillée ou se battre à Saint-Domingue (aujourd’hui Haiti), colonie en pleine révolte. Un seul a vraiment d’écho: le futur maréchal et roi de Suède, Bernadotte, resté républicain. Nous verrons la prochaine fois qu’il symbolise toute une frange de l’armée demeurée jacobine.

Bibliographie:

-PETITEAU (Nathalie), Les Français et l’Empire (1799-1815), Paris, Editions Universitaires d’Avignon, 2008, 278 p.

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Mon article dans le 2e guerre mondiale d’avril-mai sur l’armée belge -en kiosque le 8: page 56-68.

 

Les premiers « demi-solde » et les officiers hostiles à Napoléon: I) 1799-1801

Introduction: 

Bien connue des amateurs d’histoire napoléonienne, l’expression « demi-solde » fait référence à ces officiers renvoyés dans leurs foyers en 1814-1815 pour cause de bonapartisme, ou du moins d’hostilité face au retour des Bourbons. Leur nom venant du fait que, n’étant plus employés de manière active, leur solde (le salaire des militaires) s’était vue réduire de moitié. Menant une vie souvent misérable, la carrière brisée parfois en pleine jeunesse, ils symbolisèrent le mécontentement d’une partie de la population de l’époque.

Or, si leur cas est plutôt bien connu, on revient bien plus rarement sur d’autres personnes victimes du même phénomène: ceux qui ont été remerciés après que Bonaparte fût devenu Premier Consul. Plus généralement, ils sont les preuves tangibles que l’installation d’un régime n’est pas chose aisée, d’autant que certains furent de complots plus ou moins dangereux contre lui. 

Le fameux tableau d’Ingres. Ce qu’on sait moins est que l’arrière-plan est la ville de Liège, où vous pouvez toujours voir la peinture à l’heure actuelle…

Une frange de l’armée hostile:

En effet, toute l’armée ne soutient pas le futur empereur qui prend le pouvoir après le fameux coup d’état du 18 brumaire an VIII (1799). Il reste notamment tout un terreau de républicains qui ne voient en lui qu’un fossoyeur de la Révolution et ne comprennent pas son évolution vers un pouvoir personnel. Il y a également des partisans de l’un de ses rivaux dans la course aux honneurs, le général Moreau (Bonaparte n’est pas le seul à briguer la première place, loin de là), etc. Cela explique que 6000 à 7000 d’entre eux aient été chassés de l’armée à l’occasion de sa réorganisation consécutive au coup d’état.

La raison officielle invoquée est leur « incapacité physique ». En fait, le nouveau régime se méfie de leur idées politiques mais, ne l’oublions pas, en profite pour chasser de l’institution de vraies nullités militaires. Il faut dire que le Directoire, régime précédent, a aussi fonctionné par la corruption et le copinage. Ramenés à la vie civile, ils se retrouvent donc désœuvrés et se réunissent dans des cafés et autres lieux de sociabilité, où la police les surveille.

Ses rapports font état de discours violents contre le régime et les plus exaltés parlent même d’assassinat de la personne qui l’incarne… Et on verra que toutes ces tentatives ne furent pas picaresques.

Bibliographie:

-PETITEAU (Nathalie), Les Français et l’Empire (1799-1815), Paris, Editions Universitaires d’Avignon, 2008, 278 p.

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Mon article dans le 2e guerre mondiale d’avril-mai sur l’armée belge -en kiosque le 8: page 56-68.

Le patrimoine militaire de Huy (province de Liège)

Comme vous le savez, je parcours la Belgique pour mes recherches doctorales et pour le plaisir personnel. Or, voie de passage bien connue, au carrefour entre deux mondes depuis l’Antiquité, le territoire de l’actuel royaume a connu bien des combats et affrontements. Y compris dans des petites villes comme Huy, située entre Namur et Liège… Panorama, en attendant la suite sur les soldats romains.

Les photos :

Construit à l’emplacement d’un château médiéval par les Néerlandais après 1815, le fort de Huy domine la ville et la route qui va de Namur à Liège. Si elle ne connut pas le feu durant leur période, les Allemands réutilisèrent la place pour y enfermer plus de 7000 résistants de tous pays durant la guerre. Un musée, malheureusement fermé lors de mon passage, rappelle cette triste époque.

Vue du fort de Huy depuis la Meuse.

Vue du fort de Huy depuis la Meuse.

Vue rapprochée du beau monument aux morts :

Détail du monument aux morts.

Détail du monument aux morts.

Napoléon vint à Huy en 1803 et 1811. Trouvant la route trop étroite pour ses troupes, il la fit agrandir. C’est l’origine de la « chaussée Napoléon » qui relie Huy à Namur depuis lors.

Plaque Quai de Namur.

Plaque Quai de Namur.

Le menaçant fort vu depuis la ville :

Autre vue du fort.

Autre vue du fort.

Chaussée Napoléon, sur la base de l’éperon rocheux que domine le fort :

Plaque commémorative.

Plaque commémorative.

Sur le chemin qui mène au fort :

Borne commémorative.

Borne commémorative.

Autre vue des bâtiments, depuis leur base :

Le fort, de près.

Le fort, de près.

On a vu plus gai et riant comme endroit !

Autre vue du fort.

Autre vue du fort.

Refuge de l’abbaye d’Aulne, aujourd’hui occupée par une école et la police. Or, elle accueillit des blessés de la bataille de Neerwinden (1693), en plein dans les guerres de Louis XIV, et on dit que Napoléon y dormit en 1811.

Refuge de l'abbaye d'Aulne, aujourd'hui une école.

Refuge de l’abbaye d’Aulne, aujourd’hui une école.

Il reste, rue des remparts, des vestiges des murailles qui entourèrent la ville.

Quelques pans des remparts subsistent.

Quelques pans des remparts subsistent.

Au musée communal, plan fait sous la Révolution, lors de la conquête des Pays-Bas autrichiens par les armées françaises.

Plan au musée communal.

Plan au musée communal.

Tambour de tirage au sort (bons et mauvais numéros) de la conscription. En usage en Belgique jusqu’en 1909 ! Musée communal.

Musée communal.

Musée communal.

Et ce n’est là qu’un résumé ! Allez à Huy si vous en êtes proches, de plus on y mange bien et la ville produit une bière très locale, la Saint Ménegold. Vous voilà prévenus…

Plus d’infos :

http://www.pays-de-huy.be/

 

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Mes articles pour la Gazette du wargamer 

La citadelle de Namur

Historique de la citadelle. 

Présent en début de semaine à Namur, j’ai évidemment pensé à vous et pris de quoi faire un reportage photo de la citadelle de la ville.

Rappelons donc qu’elle est ancienne, très ancienne: les premiers ouvrages fortifiés présents sur l’éperon rocheux datent du haut Moyen-Age (avant l’an 900)! L’ensemble servait alors de résidence aux comtes de Namur. Par la suite, elle s’est adaptée à tous les conflits ultérieurs et a été modernisée par ses différents possesseurs. Par exemple les Bourguignons la renforcent, notamment sous Philippe le Bon et les Espagnols, un temps détenteurs des Pays-Bas, également..

L’un des sièges les plus connus qu’elle subit reste celui mené sous Louis XIV, par Vauban, déjà âgé: c’est même le dernier  qu’il conduisit en personne. Nous sommes en pleine guerre de la ligue d’Augsbourg et la place reste française quelques années, permettant au génial ingénieur de l’améliorer à son tour (sans qu’il puisse terminer le travail).  Les Français l’assiègent plusieurs fois dans la suite du siècle, comme en 1746 (guerre de succession d’Autriche) puis à de nombreuses reprises sous la Révolution. Située au carrefour entre plusieurs mondes, plusieurs grandes régions importantes d’Europe, elle garde en effet une grande valeur stratégique jusqu’à la Seconde Guerre mondiale. Possédant également de grands souterrains, elle est à ce propos baptisée par Napoléon, en visite dans la ville: « c’est la termitière de l’Europe » dit-il!

Les Néerlandais (qui gouvernent la Belgique après 1815 et jusqu’à son indépendance) poursuivent les travaux. Ils bâtissent en effet le Fort d’Orange qui protège ses approches et, en tout, elle connaît au XIXe siècle une ceinture de neuf positions. Sa démilitarisation est progressive, à partir de 1890 (le roi Léopold II en fait un lieu de villégiature), mais les forts se défendent vaillamment contre les Allemands en 1914 et 1940 où l’artillerie les réduit au silence. Le dernier militaire en part en 1977 et elle reste visitable gratuitement par tous de nos jours…

Au final une histoire extrêmement riche, que je n’ai ici qu’esquissée. Le site vaut le déplacement (une heure de Bruxelles par train).

 Reportage-photo: 

La citadelle, telle qu'on la voit depuis la ville, côté Sambre.

La citadelle, telle qu’on la voit depuis la ville, côté Sambre.

Autre vue depuis la Sambre

Autre vue depuis la Sambre

Le drapeau de la Wallonie, dont Namur est la capitale.

Le drapeau de la Wallonie, dont Namur est la capitale, flotte fièrement au vent.

Vue de la ville (côté Sambre), depuis la citadelle.

Vue de la ville (côté Sambre), depuis la citadelle.

Partie plus ancienne du complexe, au sommet.

Partie plus ancienne du complexe, au sommet.

Vue de la ville (côté Sambre) depuis le sommet.

Vue moins parcellaire de la ville (côté Sambre) depuis le sommet.

Vestige médiévale, du temps des comtes de Namur.

Vestige médiéval, du temps des comtes de Namur. La tour date du XIIe siècle

Vue depuis la 2e partie de la citadelle (Terra Nova)

Vue depuis la 2e partie de la citadelle, après le pont (Terra Nova)

Bonus, le monument aux morts.

Bonus, le monument aux morts, au pied du complexe.

Bonus, boulet tiré contre la ville (Louis XV).

Bonus, boulet tiré contre la ville (Louis XV).

Depuis la citadelle des volontaires, devant Patton, partirent pour le combat contre l'Allemagne, 1944-1945.

Depuis la citadelle des volontaires, devant Patton, partirent pour le combat contre l’Allemagne, 1944-1945. Elle eut donc une histoire militaire jusqu’à la moitié du XXe siècle.

Sources:

-Brochure touristique de la ville de Namur

-Site de la ville de Namur:

http://www.ville.namur.be/page.asp?id=1081&langue=FR

-Site de la citadelle de Namur:

http://www.citadelle.namur.be/

Plus de photos (dont des plaques militaires):

https://www.facebook.com/media/set/?set=a.10202816856735099.1073741853.1611470780&type=1&l=d3540d3748

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