Archives de Tag: Première Guerre mondiale

La Belgique dans la Première Guerre mondiale: II) L’invasion allemande

Les Allemands rentrent en Belgique 

Nous l’avons vu la dernière fois, l’ultimatum allemand du 2 août 1914 est une terrible surprise pour la Belgique, d’autant qu’il est formulé de manière très brutale. Il affirme que la France va marcher sur le territoire allemand en passant par la Belgique et qu’il est donc nécessaire à l’armée impériale de venir à son secours à la fois pour la protéger (!) et, bien sûr, contrer la menace française. De plus, le délai de réponse (12 heures), est très court.

Malgré la disproportion de moyens évidente, le gouvernement et le conseil de la couronne belges décident de ne pas permettre le passage des troupes allemandes. Outre qu’il violerait les traités internationaux, ce qui est rappelé dans la réponse à l’Allemagne, il est aussi redit que Paris a réaffirmé le 1er août sa volonté de ne justement pas empiéter sur le territoire belge.

Le pays ne se fait aucune illusion sur ses capacités de résistance, mais le roi rejoint le quartier général à Louvain, la mobilisation est décrétée et se déroule bien; enfin la Triple-Entente, dont les membres sont garants des traités de neutralité, va dès lors concourir à la défense de la Belgique. Toutefois, on a dit la modicité des moyens militaires nationaux et, pire, l’armée est mal encadrée, encore en réorganisation, et n’a pas de réelle stratégie, notamment à propos des forts frontaliers comme celui de Liège.

Or, dès le 3 août les Allemands passent la frontière, à Visé, et l’État-major applique le plan, lui, arrêté depuis longtemps et que l’on connaît bien sous le nom de son auteur: Schlieffen. Il vise à contourner via la Belgique les puissantes défenses conçues par Séré de Rivières (voir plus bas) de l’est de la France qui, bien que délaissées, laissent croire à de grandes pertes en cas d’attaque frontale. Dès le 7, la ville de Liège est donc investie et ses défenses, elles aussi anciennes, rapidement conquises: les derniers ouvrages tombent le 16, non sans avoir montré au monde la volonté de résistance du peuple belge. La « cité ardente », elle, est d’ailleurs aussitôt décorée de la Légion d’Honneur.

 

Les Allemands sur la Grand-Place de Bruxelles en 1914. Photo présentée au musée de la ville de Bruxelles dans le cadre de l’exposition « Bruxelles à l’heure allemande ». Photo de l’auteur. https://www.cairn.info/revue-cahiers-bruxellois-2015-1-page-453.htm http://www.brusselscitymuseum.brussels/fr

Image satirique de 1914 (dans « Pourquoi Pas ? ») présentant la réponse de la Belgique à l’ultimatum allemand. Image présentée au musée de la ville de Bruxelles dans le cadre de l’exposition « Bruxelles à l’heure allemande ». Photo de l’auteur. https://www.cairn.info/revue-cahiers-bruxellois-2015-1-page-453.htm http://www.brusselscitymuseum.brussels/fr

L’arrivée des troupes de l’Entente 

Alors que les armées allemandes commettent des massacres dans leur sillage (nous y reviendrons), les troupes de l’Entente entrent à leur tour dans le royaume, pour venir épauler leur nouvel allié. Toutefois, cela se passe de manière plutôt déroutante pour celui-ci: le commandement français, assez méprisant (il va l’être à nouveau en 1940) entend avoir l’armée belge sous son autorité, et se trompe sur la situation. 

En effet, il juge très sévèrement le repli de l’armée royale vers les forts d’Anvers, par étapes successives. Il est en fait vu comme un abandon du territoire, abandon permettant aux troupes du kaiser de foncer sur la France. C’est plutôt que c’est le seul espoir pour la Belgique de regrouper ses forces et garder une assise territoriale bien défendue, au regard de ses moyens. D’ailleurs, le secteur aurait pu constituer un levier pour les troupes de l’Entente si d’autres décisions avaient été prises.

En fait Français et Britanniques perdent du temps, notamment car ils sont forts occupés par leurs propres problèmes, alors que deux sorties depuis la grande ville de Flandre épuisent les hommes d’Albert Ier. Le roi refuse, en un acte d’autorité, qu’une troisième soit tentée et s’apprête à soutenir le siège de la ville. Or, s’ils sont stoppés sur la Marne courant septembre, les Allemands ne sont évidemment pas vaincus et mettent en ligne une terrible artillerie lourde, allant jusqu’au calibre fort respectable de 420mm.

Image satirique de 1914. Document présenté au musée de la ville de Bruxelles dans le cadre de l’exposition « Bruxelles à l’heure allemande ». Photo de l’auteur. https://www.cairn.info/revue-cahiers-bruxellois-2015-1-page-453.htm http://www.brusselscitymuseum.brussels/fr

Bibliographie consultée (sans but d’exhaustivité):

-DELHEZ (Jean-Claude), Douze mythes de l’année 1914, Paris, Économica, 2013, 144 p.

-DUMOULIN (Michel), Nouvelle histoire de Belgique. 1905-1918, l’entrée dans le XXe siècle, Bruxelles, Le cri, 2010, 188 p.

Le fort Séré de Rivières:

https://antredustratege.com/2014/09/02/le-fort-sere-de-rivieres-modele-1874-1875/

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La Belgique dans la Première Guerre mondiale: I) La situation en 1914

Débutons dès à présent un nouveau dossier consacré à la Belgique au cours de la Première Guerre mondiale. D’entrée de jeu, je rappellerai l’importance de cet État durant ce conflit. Bien que doté de moyens militaires limités, son armée eut un rôle certain dans les combats; sa position géographique au carrefour entre Allemagne, France et Royaume-Uni en fit un point de passage primordial; sa neutralité et la dureté de l’occupation qu’elle subit donnèrent lieu à une importante aide matérielle et à un soutien moral sincère, mais aussi lié à la propagande. Bref, c’est un acteur tout sauf négligeable des années 1914-1919. Cette date a été retenue puisque, la paix revenue, il s’agrandit des cantons de l’Est au détriment de son voisin allemand.

Un pays neutre aux moyens militaires limités

Depuis le début de son histoire en tant qu’État, la Belgique, née de la révolution de 1830 dont je reparlerai une autre fois, est un pays neutre, et c’est toujours le cas en 1914. Hors des guerres européennes du XIXe siècle, malgré des combats frontaliers en 1848 (voir liens) et la crainte -sérieuse- d’être mêlée à la guerre de 1870, elle est protégée par son statut et des garants internationaux. En effet, le traité de Londres de 1839, signé par les grandes puissances, consacre cette position et va jouer un rôle en 1914, comme nous le verrons.

Dans la logique des « États-tampons » chers à Paris depuis au moins les traités de Westphalie (1648), elle est censée, avec le grand-duché de Luxembourg, limiter les tensions entre France, Pays-Bas et Prusse (puis Allemagne). Dans la même logique, elle offre au Royaume-Uni la certitude de ne pas être menacée depuis Anvers, que Napoléon, créateur du port, appelait justement « un pistolet braqué au cœur de l’Angleterre ». Cela explique, avec sa superficie réduite, que son armée ait des moyens limités, bien qu’il ne faille pas voir la Belgique comme une nation totalement désarmée et inapte à faire la guerre.

Ainsi, près de 14% du budget sont consacrés à la défense à la veille de la guerre, et des lois de 1909 et 1913, passées difficilement il est vrai, ont permis d’améliorer le recrutement et l’équipement des forces belges, qui peuvent aussi s’appuyer sur des places fortes construites par Léopold II, notamment à Liège. De plus, les Belges ont un vrai savoir-faire en matière d’armement, comme les bonnes productions de la Fabrique Nationale de Herstal ou de la fonderie de canons de Liège le montrent. Toutefois, le temps a manqué: en 1914, l’armée n’a pas du tout terminé sa réorganisation, et ne compte que 190.000 hommes sur le pied de guerre, ce qui semble bien peu face à 3.84 millions de soldats allemands.

Réquisitions d’automobiles à Mons le 1er août 1914. On voit aussi des troupes. Photo de l’auteur (2016), musée-mémorial de Mons. http://www.monsmemorialmuseum.mons.be/

Réquisitions d’automobiles à Mons le 1er août 1914. On voit aussi des troupes. Photo de l’auteur (2016), musée-mémorial de Mons. http://www.monsmemorialmuseum.mons.be/

L’été 1914

Notons pourtant que la guerre n’était pas forcément inévitable. L’histoire scolaire nous a tous appris l’enchaînement des faits survenu après l’assassinat de François-Ferdinand en juin 1914, mais les historiens ont bien montré dans des recherches récentes que l’engrenage a mis des semaines à se mettre en place. En Allemagne, ce sont les membres de l’État-major qui ont fait pression sur le pouvoir civil pour qu’il opte pour une solution guerrière, notamment fin juillet 1914.

Ainsi, en Belgique, la population et le gouvernement n’éprouvent pas une inquiétude trop grande au début de cet été qui va devenir infernal. Le traité de Londres est dans toutes les têtes, et son statut de neutralité avec. S’il y a des moments de plus grande tension, on croit qu’il va être respecté et, d’ailleurs, la diplomatie belge s’est bien gardée d’être trop pro-allemande ou pro-française depuis des décennies, pour limiter les frictions.

Ce n’est que fin juillet que des mesures de mobilisation sont prises (voir photos), devant la tournure que prennent les événements, alors que les diplomates sondent les pays étrangers pour être certains que le territoire belge va rester à l’abri d’une menace. Il n’empêche: l’ultimatum allemand du 2 août 1914 fait l’effet d’une bombe, alors que, la veille, Londres avait demandé à la France et à l’Allemagne si la neutralité belge allait être respectée, sans réponse de la seconde…

Bibliographie consultée (sans but d’exhaustivité):

-DELHEZ (Jean-Claude), Douze mythes de l’année 1914, Paris, Économica, 2013, 144 p.

-DUMOULIN (Michel), Nouvelle histoire de Belgique. 1905-1918, l’entrée dans le XXe siècle, Bruxelles, Le cri, 2010, 188 p.

Pour en savoir plus sur la révolution de 1848 et la Belgique:

https://antredustratege.com/2015/12/02/1848-le-combat-de-risque-tout-i-introduction/

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Douglas Haig et Édimbourg

Avant de vous proposer un nouveau dossier consacré à l’occupation allemande en Belgique durant la Première Guerre mondiale, je vous propose la découverte du patrimoine de la ville d’Édimbourg lié au maréchal Haig. Officier de carrière né dans la capitale d’Écosse, il servit en Inde et lors de dures campagnes coloniales comme la guerre des Boers (voir liens à la fin). Durant le premier conflit mondial, il commanda sur le front de l’ouest, au sein du British Expeditionary Force. Son nom est lié à la bataille de la Somme (1916) et, comme beaucoup d’officiers généraux, à l’impasse liée à cette guerre.

Si les historiens ont pu apprécier à sa juste valeur son rôle réel dans l’affaiblissement général des armées allemandes (lien au-dessous), il reste souvent associé dans les mémoires aux terribles pertes humaines durant son commandement. On se souvient moins de son rôle dans l’accompagnement des blessés après la victoire: il aida a créer la Royal British Legion, qui vient depuis au secours des vétérans, et leva des fonds pour elle. Ses objets du quotidien et les statues ou autres portraits permettent de mesurer à la fois le quotidien d’un officier de haut rang et la mémoire restée associée à son nom de nos jours.

Fiche sur le personnage pour en savoir plus:

http://www.bbc.co.uk/history/historic_figures/haig_douglas_general.shtml

Mise au point sur son rôle récapitulée par la BBC:

https://www.bbc.com/news/uk-scotland-46064486

Liens vers les sites musées où sont conservés les objets:

https://www.edinburghcastle.scot/

https://www.edinburghmuseums.org.uk/venue/museum-edinburgh

https://www.nationalgalleries.org/visit/scottish-national-portrait-gallery

Photos de l’auteur (avril 2016 et février 2019)

Statue équestre de Haig dans le château d’Édimbourg. Photo de l’auteur (avril 2016).

Uniforme d’apparat de Haig. Musée de la ville d’Édimbourg. Photo de l’auteur (février 2019).

Cafetière de Haig, bien utilisée ! Elle servit en 14-18. Photo de l’auteur (février 2019). Museum of Edinburgh.

Cantine de campagne de Haig faite par Drew & Sons à Londres, utilisée durant le premier conflit mondial. Photo de l’auteur (février 2019). Museum of Edinburgh.

Bottes de Haig, 14-18. Photo de l’auteur (février 2019). Museum of Edinburgh. Elles furent faites par Bartley & Sons de Londres, entre décembre 1915 et décembre 1916.

Haig et sa famille. Photo de l’auteur (février 2019). Museum of Edinburgh.

Haig en visite sur le front (détails précis non fournis). On voit qu’il parle à un soldat écossais, reconnaissable à son « glengarry ». Photo de l’auteur (février 2019). Museum of Edinburgh.

Badges régimentaires. La devise a notamment été celle du Queen’s Royal Lancers. Photo de l’auteur (février 2019). Museum of Edinburgh.

Boîte à l’effigie de Victoria pour les troupes d’Afrique du Sud, 1900. Haig y combat et la reine sait très bien diffuser son image. Voir à ce sujet sa biographie récente par Philippe Chassaigne. Photo de l’auteur (février 2019). Museum of Edinburgh.

Couvre-chef de Haig lors de sa période au 7th Hussars. Il y est officier dès 1885.

Après la guerre, Haig oeuvre pour les vétérans. Là cette médaille lui a été remise par la légion galloise des anciens soldats. Photo de l’auteur (février 2019). Museum of Edinburgh.

Flasque offerte par French à Haig après la guerre, avec des écrits de sa main. Il a été le précédent commandant ne chef du BEF. Photo de l’auteur (février 2019). Museum of Edinburgh.

Portrait du maréchal par John Singer Sargent, peint entre 1919 et 1922. Photo de l’auteur (février 2019), Scottish National Portrait Gallery.

Articles sur la guerre des Boers :

https://antredustratege.com/2014/09/14/la-france-et-la-seconde-guerre-des-boers-1899-1902/

https://antredustratege.com/2013/06/20/lapparition-du-camp-de-concentration-1896-1905/

Un des autres articles sur le patrimoine écossais:

https://antredustratege.com/2019/03/04/le-volet-militaire-de-la-scottish-national-portrait-gallery/

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L’Alsace-Lorraine dans la Grande Guerre: IV) La fin de la guerre et le retour au sein de la République

Les derniers combats

On l’a vu précédemment: à partir du moment où le front se stabilisa en Alsace et en Moselle, les combats y  revêtirent principalement la forme d’une guerre de position; très dure à supporter, surtout dans les Vosges, et finalement assez chère en vies humaines. Des affrontements sanglants eurent lieu pour la possession de quelques zones stratégiques, comme au Hartmannswillerkopf et au Lingekopf, mais qui ne permirent pas d’emporter la décision.

Finalement, ce front resta assez secondaire dans l’ensemble de la guerre et n’eut pas « son » Verdun ou l’équivalent de la bataille de la Somme, des Flandres etc. La situation évolua peu jusqu’à la fin du conflit. On notera l’arrivée progressive des soldats américains sur le front, à partir du printemps 1917. Ils relevèrent des soldats épuisés et tentèrent de prendre l’offensive, notamment dans les forêts d’Argonne en septembre 1918, là où les assauts français avaient précédemment échoué. Ce fut un échec là encore, car ils se heurtèrent à des positions bien fortifiées, en partie enterrées et solidement tenues par les troupes allemandes qui, là, se défendaient encore efficacement à quelques mois de leur défaite.

En fait, l’issue finale se jouait ailleurs. Après l’échec des offensives de l’été 1918, la situation intérieure de l’Empire allemand évolua très négativement, jusqu’à conduire au retrait du kaiser Guillaume II et aux négociations qui aboutirent à l’armistice du 11 novembre. La reprise de l’Alsace-Lorraine était jugée imminente. Or, à l’heure où ces anciens départements allaient devenir français, il fallut prendre en considération le fait qu’ils avaient été coupés de la France depuis longtemps et aussi que la situation matérielle des populations civiles était fragile. Réquisitions, incorporations, combats sur la ligne de front et hivers rigoureux avaient beaucoup touché l’Alsace et la Moselle durant la Première Guerre mondiale. Voyons donc comment ce retour s’opéra.

Médaille commémorant le retour de l’Alsace et de la Moselle à la France en 1918.  On voit bien un poilu écraser les emblèmes allemands et Marianne aller à la rencontre des populations locales. Hébergée sur Gallica: https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b10234298k

Le retour des « provinces perdues » à la France 

Si la tension autour des régions cédées en 1871 s’était peu à peu apaisée au tournant du siècle, on a vu que cette question refit irruption dans le débat public au début des années 1910 et, dès 1914, leur retour devint un but de guerre affiché de la France, mais seulement après l’entrée en guerre. A l’inverse de ce que l’on croit souvent, « dans la crise de juillet 1914, qui a dramatiquement débouché sur la guerre européenne, puis mondiale, l’Alsace-Lorraine n’a joué aucun rôle » (1).

Reste qu’en 1918, la guerre gagnée, l’opinion française était favorable à une restitution de cette région, ce qui fut prévu dès l’armistice du 11 novembre. En deux semaines, les troupes allemandes évacuèrent l’Alsace-Moselle et la République y fit son retour très rapidement. Le traité de Versailles de 1919 confirma cette passation de pouvoir, mais qui ne se fit pas sans heurts. En effet, la France expulsa très rapidement les Allemands qui s’étaient installés après 1871 et s’empara de leurs biens: 100.000 personnes étaient concernées début 1920. De plus, les lois de la République furent installées trop rapidement, malgré certains aménagements, dans un espace habitué pendant 47 ans à une monarchie autoritaire, fédéraliste et de langue allemande.

Beaucoup d’Alsaciens et de Mosellans ne parlaient pas le français en 1918 et ces changements brutaux, aussi visibles en matière judiciaire, douanière et au niveau des partis politiques, créèrent un vrai malaise, qui déboucha sur des velléités autonomistes. Seul le temps et la brutalité inouïe des nazis lors de la seconde annexion de 1940-1945 y mirent fin, ainsi qu’une meilleure réintégration de l’Alsace et de la Moselle dans l’espace français puis européen après la fin de la Seconde Guerre mondiale.

(1) ROTH (François), Alsace-Lorraine. Histoire d’un « pays perdu » de 1870 à nos jours, Paris, Tallandier, coll. « Texto », 2016, p. 137.

A noter une exposition sur le thème évoqué aux archives de de Strasbourg:

https://archives.strasbourg.eu/n/exposition-en-cours/n:146

Bibliographie:

-ROTH (François), Alsace-Lorraine. Histoire d’un « pays perdu » de 1870 à nos jours, Paris, Tallandier, coll. « Texto », 2016, 222 p.

-Informations glanées lors de la visite de nombreux forts et musées, dont:

https://antredustratege.com/2017/10/12/le-fort-rapp-moltke-reichstett/

https://antredustratege.com/2015/09/21/le-fort-de-mutzig-alsace-reportage-photo/

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L’Alsace-Lorraine dans la Grande Guerre: III) La guerre de position

Des combats coûteux et peu décisifs

Une fois le front stabilisé, il resta pratiquement tel quel jusqu’à la terrible année 1918. Les combats, quoique très violents et tout sauf sporadiques, ne permirent pas à l’un des deux camps de l’emporter, comme dans les autres secteurs de la guerre à l’ouest d’ailleurs. Quelques lieux emblématiques concentrèrent les plus grands affrontements, notamment le Lingekopf et le Hartmannwillerskopf, sommet d’importance dans les Vosges alsaciennes. Là, en montagne et dans des conditions épouvantables, Français et Allemands se firent face. Y creuser des tranchées, régler les tirs d’artillerie, passer à l’assaut et tout simplement communiquer était rendu difficile par le relief et le climat semi-continental, chaud en été et froid en hiver. Des offensives allemandes et françaises s’y succédèrent durant l’année 1915 pour le contrôle de l’éperon stratégique, qui permettait de bien observer la plaine d’Alsace. Les chasseurs français s’y illustrèrent particulièrement et les pertes totales furent de 30.000 hommes. Cela est certes bien moins « impressionnant » que les batailles comme Verdun mais masque la dureté des engagements, que les monuments, cimetières et vestiges permettent de mieux appréhender encore aujourd’hui.

Après cela, plus aucune attaque de grande envergure ne fut tentée dans la région, et l’on peut faire le même commentaire pour l’Argonne, où les Français avaient attaqué (combats en 1914 et 1915): ils furent repoussés par les défenseurs allemands. Une chanson allemande nommée Argonnerwaldlied évoque d’ailleurs ce front. Enfin, notons tout de même l’installation, en Lorraine cette fois, d’un canon allemand à longue portée qui bombarda Nancy entre 1916 et 1917, avant d’être réduit au silence par les avions français. Nous le verrons, d’importants combats reprirent en 1918 seulement.

 

Mitrailleuse allemande Maschinengewehr modèle 1908. Elle fut allégée en 1915 pour une autre version. C’est un matériel fiable et robuste. Objet conservé au fort de Mutzig. Photo de l’auteur. https://antredustratege.com/2015/09/21/le-fort-de-mutzig-alsace-reportage-photo/

Tranchées au Hartmannswillerkopf, haut-lieu des combats. Photo de l’auteur. http://www.memorial-hwk.eu/

Tranchées au Hartmannswillerkopf, haut-lieu des combats. Photo de l’auteur. http://www.memorial-hwk.eu/

Ouvrage au Hartmannswillerkopf, haut-lieu des combats. Photo de l’auteur. http://www.memorial-hwk.eu/

La situation à l’arrière, côté allemand

Par contre, ne l’oublions pas, une très grande partie des départements annexés en 1871 resta sous côté allemand entre 1914 et 1918. Ceux-ci durent donc vivre la difficulté d’être à la fois zone de combats et arrière immédiat du front, par où transitaient munitions, ravitaillement, blessés et renforts allemands, ainsi que les prisonniers français (on a dit le rôle de la place de Metz plus haut). Les transferts vers et hors de l’Allemagne y étaient plus faciles que pour les soldats stationnés dans les Flandres, où les lignes de communications étaient plus longues.

Côté humain, les mobilisés dans cette « terre d’Empire » (Reichsland) furent 380.000, dont une très grande partie fut envoyée en Russie pour éviter la fraternisation avec les Français, ce qui put arriver. De plus, l’Empire allemand intensifia de manière très importante la germanisation après l’entrée en guerre, interdisant totalement l’usage du français et confisquant les biens possédés sur place par des ressortissants de la République. La censure fut totale et la vie de plus en plus difficile à mesure que la guerre se poursuivait. Les réquisitions augmentèrent, les pénuries et rationnements aussi alors que le statut futur de l’Alsace-Lorraine était fermement débattu dans les cercles du pouvoir. Jamais élevée au rang d’Etat comme la Saxe ou la Prusse, elle restait en fait une terre de « seconde zone » appartenant à tous les Etats allemands. Bref, les années de guerre furent difficiles pour les Alsaciens et les Mosellans. 

Le Hartmannwillerskopf. Interprété par la fanfare du 13e bataillon de chasseurs alpins. 

Bibliographie:

-ROTH (François), Alsace-Lorraine. Histoire d’un « pays perdu » de 1870 à nos jours, Paris, Tallandier, coll. « Texto », 2016, 222 p.

-Informations glanées lors de la visite de nombreux forts et musées, dont:

https://antredustratege.com/2017/10/12/le-fort-rapp-moltke-reichstett/

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L’Alsace-Lorraine dans la Grande Guerre: II) Les combats de 1914 et l’arrêt de la guerre de mouvement

Après avoir présenté la situation de l’Alsace-Lorraine en 1914, et rappelé que c’était avant tout un terme administratif allemand, nous allons à présent nous intéresser aux combats de cette première année de guerre. Les deux « provinces perdues » virent en effet les armées française et allemande s’y affronter durement dans la chaleur de l’été, avant que le front ne se stabilise, ce qui mit fin à l’épisode bien connu de la guerre de mouvement, d’ailleurs bien plus meurtrière que les mois qui la suivirent.

Les combats de l’été 1914

Dès le début de la guerre, le gouvernement allemand interdit les journaux d’expression française en Alsace-Lorraine, procéda à l’arrestation des personnalités les plus anti-allemandes et mobilisa les soldats issus de ces régions, à l’instar de ceux qui provenaient du reste de l’Empire. Or, les insoumis furent rares et cette opération se passa dans le calme. La France, elle, en vertu de ses orientations militaires décidées avant guerre, le fameux « plan XVII », attaqua rapidement en direction de l’Alsace-Lorraine: à la fois dans la région de Metz et plus au sud, pour déboucher dans la plaine d’Alsace.

Ces premières opérations constituèrent des succès pour les armes françaises, puisque la résistance ennemie fut maigre les premiers jours. Alors que certains soldats d’un régiment de Saverne passèrent même du côté français, d’importantes villes comme Mulhouse ou Sarrebourg furent un temps occupées. Les réactions locales furent mitigées: plutôt bien accueillis dans les villages restés francophones de Lorraine, les soldats de la République se comportèrent aussi en occupants ailleurs, arrêtant des personnes gênantes et bientôt dirigées vers l’intérieur de la France.

De plus, l’armée allemande était loin d’être vaincue et procédait en fait à sa concentration, avant de partir à l’offensive, ce qui intervint dès le 18 août 1914. Les Français furent rapidement bousculés, souvent rejetés sur la frontière de 1871, voire au-delà. En Lorraine, Nancy ne fut sauvée que grâce à la défense tenace menée de main de maître par le général de Castelnau.

Certains cavaliers français portent encore des cuirasses en 1914 ! Vitrine au musée du fort de Mutzig, photo de l’auteur.

Les fameuses pipes et chopes allemandes…. Musée de Mutzig, dans le fort. Photo de l’auteur.

Assiette commémorative allemande, musée dans le fort de Mutzig, photo de l’auteur.

Képi français du 105e RI, qui combattit dans la région. Photo de l’auteur, musée dans le fort de Mutzig.

La stabilisation du front

En fait, comme partout ailleurs sur le front de l’ouest, le front se stabilisa rapidement, notamment après la victoire française de la Marne, début septembre et qui permit de protéger Paris. Bientôt, incapables de percer  face à la puissance des mitrailleuses ainsi que des canons à tir rapide comme les 75 et 77 mm respectivement français et allemand, les soldats s’enterrèrent dans des tranchées pour se protéger des balles et surtout des éclats d’obus.

Si elles n’étaient au départ que des trous faits à la va-vite, elles se perfectionnèrent rapidement, inaugurant une forme de guerre inédite à cette échelle. En Alsace, les Français avaient gardé la région de Thann et d’Altkirch, où vivaient 55.000 habitants, le reste des deux départements restant aux mains des Allemands. En Lorraine, ces derniers avaient efficacement repoussé leurs ennemis, et le front se situait bien souvent sur le territoire français, au-delà de la frontière fixée par le traité de Francfort. Ainsi, la richesse minière et industrielle de Meurthe-et-Moselle était-elle perdue pour Paris.

De plus, Metz, conservée par l’Empire, gardait sa fonction dissuasive et demeura jusqu’à la fin de la guerre une zone arrière très importante pour Berlin, qui s’en servit comme dépôt de munition et plate-forme de transit pour ses troupes.

Bibliographie:

-ROTH (François), Alsace-Lorraine. Histoire d’un « pays perdu » de 1870 à nos jours, Paris, Tallandier, coll. « Texto », 2016, 222 p.

-Informations glanées lors de la visite de nombreux forts et musées, dont:

https://antredustratege.com/2017/10/12/le-fort-rapp-moltke-reichstett/

https://antredustratege.com/2015/09/21/le-fort-de-mutzig-alsace-reportage-photo/

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L’Alsace-Lorraine dans la Grande guerre : I) La situation en 1914

Terme administratif allemand, l’expression « Alsace-Lorraine » (ElsaßLothringen) renvoie en fait aux trois départements français annexés en 1871: Haut-Rhin, Bas-Rhin et Moselle. Ainsi, une partie de la Lorraine resta française, et il en fut de même pour le territoire de Belfort, détaché de l’Alsace et demeuré, du fait de sa défense tenace, dans le giron de la République. Or, l’opinion française ne sut jamais se résoudre à la perte de ces territoires vus comme des « provinces perdues ». Si la perspective d’une guerre de revanche pour les récupérer ne fut en fait jamais très sérieuse, dès que la Première Guerre mondiale éclata, la situation changea et ils devinrent très tôt un but de guerre essentiel pour Paris, ce qu’on s’attachera à expliquer ici.

Une frontière assez ouverte mais surveillée

Installé dans la région depuis 1870, l’Empire allemand avait entrepris très rapidement d’administrer et de germaniser (sans succès complet) le territoire reçu par le traité de Francfort de l’année suivante. Pourtant, la nouvelle frontière avec la France n’était pas hermétique, contrairement à une idée reçue. Longue de 285 kilomètres, elle était matérialisée par des poteaux-frontière assez impressionnants, et souvent arrachés, et il fallait bien se soumettre à des contrôles, mais ceux-ci n’étaient pas rédhibitoires. D’ailleurs, si l’Empereur Guillaume II avait instauré un passeport spécial pour la franchir en 1887, il l’annula dès 1891.

Ainsi, les Alsaciens et Mosellans ayant fait le choix de rester Français en 1871 se rendaient-ils souvent dans leur ville ou village d’origine et ce sans grand problème. C’est par exemple le cas du peintre Jean-Jacques Henner, dont la carrière parisienne ne doit pas faire oublier les origines alsaciennes et rurales. Il est connu pour son fameux tableau Alsace. Elle attend (1), personnification saisissante de cette région. Les Allemands, dans l’autre sens, pouvaient aussi se rendre en France, bien que ce fût plus compliqué pour les militaires en service, ce qui est assez compréhensible.

Toutefois, de la Suisse au Luxembourg, cette frontière était surveillée. Un climat « d’espionnite » aiguë régnait alors, dont on a du mal à saisir l’ampleur de nos jours. Dans les gares et villages frontaliers une vraie guerre de renseignement se livrait, réelle comme supposée. Commissaires de police aux fonctions spéciales, douaniers et militaires tentaient de recueillir des informations sur les fortifications, mouvements de troupes et situation économique de l’autre côté de la barrière.

Quelques affaires émaillèrent ainsi les relations franco-allemands, comme celle de Schnaebélé, fonctionnaire français attiré dans un traquenard par un homologue allemand en 1887, sous prétexte d’échanger des informations. Arrêté par les autorités allemandes au motif d’espionnage, il fut finalement relâché après qu’une émotion intense eut soulevé la France et fait croire, un instant, à une déclaration de guerre.

L’entrée du fort Rapp-Moltke de Reichstett, ceinture de Strasbourg. Photo de l’auteur.

Dans les fossés du fort. Photo de l’auteur.

Dans les fossés du fort. Photo de l’auteur.

L’une des coupoles d’observation d’artillerie. Photo de l’auteur.

Le fort de Mutzig. Photo de l’auteur.

Les machines du fort de Mutzig. Photo de l’auteur.

L’une des coupoles de tir du fort de Mutzig. Photo de l’auteur.

Les pièces d’artillerie du fort de Mutzig. Photo de l’auteur.

Un territoire fortifié 

De plus, l’Alsace-Lorraine allemande est, en 1914, un territoire fortifié, bien défendu et terre de garnison. A la fois car elle constitue la frontière avec la France, mais aussi car elle est perçue comme une marche défensive par l’Allemagne. Le chancelier Bismarck l’avait lui-même avoué dans une lettre à l’impératrice Eugénie, femme de Napoléon III (2). Les considérations d’ordre culturel, consistant à dire que cette annexion avait été réalisée pour retrouver un rameau du peuple germanique séparé de son tronc se révèlent en fait être des prétextes masquant une volonté politique et militaire: en cas de nouvelle attaque française, c’est l’Alsace et la Moselle qui seraient les premières touchées, pas l’autre rive du Rhin.

Cela n’empêcha pas l’Allemagne d’investir énormément dans ce territoire, d’y bâtir, et l’Empereur Guillaume lui-même de l’apprécier. On connaît notamment son intérêt, certes orienté, pour le Haut-Koenigsbourg (3). Néanmoins, cet espace avait une vocation de « marche » certaine. Voilà pourquoi de nombreuses casernes y avaient été construites, à la fois pour matérialiser une présence militaire réelle, mais aussi car les soldats étaient un bon vecteur de germanisation. Les villes de Metz et Strasbourg, elles, furent dotées d’une ceinture de forts très modernes et destinés surtout à dissuader la France d’attaquer. Signe de l’évolution des temps, ils étaient semi-enterrés, pour lutter contre les progrès de l’artillerie. Parmi eux, on peut citer celui de Reichstett, autour de Strasbourg. Les débouchés des Vosges, eux, furent dotés d’ouvrages devant arrêter les troupes françaises, car la ligne du massif n’était par entièrement protégée. L’un des plus impressionnants est celui de Mutzig (voir plus bas), qui inspira indirectement la ligne Maginot.

Or, dès les premiers jours de la guerre, une partie de ce territoire connut des combats.

Notes: 

(1) : http://www.musee-henner.fr/collections/l-alsace-elle-attend

(2): Le point sur la question ici: https://www.napoleon.org/histoire-des-2-empires/articles/une-chronique-de-thierry-lentz-limperatrice-le-tigre-et-le-retour-de-lalsace-lorraine-en-1918

(3) : https://antredustratege.com/2014/01/20/le-chateau-du-haut-koenigsbourg/

Bibliographie:

-ROTH (François), Alsace-Lorraine. Histoire d’un « pays perdu » de 1870 à nos jours, Paris, Tallandier, coll. « Texto », 2016, 222 p.

-Informations glanées lors de la visite de nombreux forts:

https://antredustratege.com/2017/10/12/le-fort-rapp-moltke-reichstett/

https://antredustratege.com/2015/09/21/le-fort-de-mutzig-alsace-reportage-photo/

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Le musée « In Flanders fields » d’Ypres

En attendant la reprise du dossier consacré à William Wallace, je vous propose la découverte du magnifique musée In Flanders fields de la ville d’Ypres, où les combats de 14-18 furent particulièrement destructeurs. D’ailleurs, le gaz qui y fut utilisé gagna le nom « d’ypérite ». On aura l’occasion de découvrir la ville elle-même et ses monuments une autre fois. Photos de l’auteur.

Le site du musée:

http://www.inflandersfields.be/fr

Détail d’un plat à la gloire de George V et de l’Empire britannique. Photo de l’auteur.

Détail de l’insigne de coiffe du régiment ‘London Scottish’. Le saillant d’Ypres vit surtout des troupes britanniques et du Commonwealth être engagées du côté de l’Entente. Photo de l’auteur.

Photo de la garde civique belge en 1914. Avec son fameux chapeau qui semble incongru. Cliché de l’auteur.

Canon de 75/56 italien, modèle 1906. Il est inspiré du modèle français équivalent, le célèbre 1897. Photo de l’auteur.

Mitrailleuse hotchkiss française mle 1914. Pour en savoir plus: https://antredustratege.com/2013/11/30/les-armes-du-soldat-francais-en-1940-les-mitrailleuses/ . Photo de l’auteur.

Fusil antichar allemand « tankgewehr », apparu à la fin de la guerre pour contrer les blindés alliés, sans trop de succès. Il y en a un aux Invalides aussi. Photo de l’auteur.

Très impressionnant mortier de tranchée britannique, avec son obus (2-inch medium mortar). Celles-ci étant proches, les tirs courbes s’avèrent nécessaires. Photo de l’auteur.

Chargeur de FM Lewis britannique trouvé lors de fouilles dans le secteur d’Ypres. Photo de l’auteur.

Téléphone allemand. Bien souvent les tirs d’artillerie sectionnent les fils et il faut envoyer quelqu’un les réparer… Sous le feu ennemi. Photo de l’auteur.

Objets de propagande du « Relief for Belgium ». Très émus par le sort de la Belgique, les Américains l’aidèrent énormément. C’est notamment le destin de la bibliothèque de Louvain, brûlée par les Allemands, qui dégoûta l’opinion étasunienne. Photo de l’auteur.

Dessin de Paul Jouve représentant un Spahi (cavalier d’Afrique du Nord engagé dans l’armée française) dans les environs d’Ypres en juin 1915. Photo de l’auteur.

Pour finir, petit aperçu d’un futur article… Il s’agit bien d’Albert Ier statufié à l’entrée de la halle aux draps ! Elle fut reconstruite après la guerre, nous y reviendrons. Photo de l’auteur.

 

Autres articles sur la Belgique militaire:

https://antredustratege.com/2014/11/12/histoire-militaire-a-bruxelles-dernier-article/

https://antredustratege.com/2015/02/21/le-patrimoine-militaire-de-huy-province-de-liege/

https://antredustratege.com/2013/08/20/bref-apercu-du-patrimoine-militaire-de-liege/

https://antredustratege.com/2015/08/15/le-fort-de-huy-belgique/

https://antredustratege.com/2014/04/20/la-citadelle-de-namur/

https://antredustratege.com/2017/08/10/musee-dhistoire-militaire-de-tournai/

https://antredustratege.com/2014/09/28/1914-1918-en-exposition-a-liege/

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Visite de l’exposition « Dans la peau d’un soldat » (musée de l’Armée)

Avant de terminer sur Bonaparte et l’Egypte, je vous propose la découverte de la très belle exposition Dans la peau d’un soldat actuellement au musée de l’Armée. Plus thématique (« Le sommeil », « La nourriture »…) que chronologique, elle permet de revenir sur de multiples aspects de la vie et de la mort des soldats depuis l’Antiquité jusqu’à nos jours. C’est à la fois faire une place aux conflits contemporains et organiser son propos différemment. J’ai trouvé le résultat très réussi et je vous conseille d’y aller: l’exposition dure jusqu’au 28 janvier.

La page: http://www.musee-armee.fr/programmation/expositions/detail/dans-la-peau-dun-soldat-de-la-rome-antique-a-nos-jours.html

Barbier représente ici , en 1807, le bivouac du 2e régiment de hussards juste avant la bataille d’Austerlitz. Il est connu car Napoléon y parla, présentant son plan de bataille à ses troupes, fait rare dans l’histoire. Photo de l’auteur. Lieu de conservation: musée de l’Armée.

Ce nécessaire de campagne a appartenu au chirurgien Boileau sous le Premier Empire. Il a suivi les campagnes de la période de 1806 à 1815. Photo de l’auteur. Lieu de conservation: musée de l’Armée. On pourra voir un autre type de nécessaire ici: https://antredustratege.com/2015/10/07/le-bivouac-de-napoleon-exposition-a-la-manufacture-des-gobelins/

Un insigne de spécialité de la Première Guerre mondiale, armée française. Il fait référence à la colombophilie, encore bien pratique quand l’artillerie rompt les fils du téléphone. Photo de l’auteur. Lieu de conservation: musée de l’Armée.

Emouvante gourde faite à partir d’une coloquinte et décorée, elle a appartenu au soldat Emburger, maréchal-ferrant du 9e régiment de cuirassiers. On y lit le nom de grandes victoires de l’Empire. Fleurus 1815 désigne sans doute Ligny, à confirmer. Photo de l’auteur. Lieu de conservation: musée de l’Armée.

Cigarettes de troupe françaises en usage pendant une bonne partie du XXe siècle. Il existe aussi des cigares de troupe. Le tabac est distribué gratuitement aux soldats de 1668 à 1972 ! Photo de l’auteur. Lieu de conservation: musée de l’Armée.

Livret de chants et partitions d’harmonica, pour le soldat allemand, Seconde Guerre mondiale. Beaucoup existent dans de nombreuses armées: la chanson entretient le moral de la troupe, véhicule certains messages, parfois politiques, et sert lors des marches. Photo de l’auteur. Lieu de conservation: collection particulière.

Plaque de ceinturon d’aide de camp, 1er Empire. Assez ouvragé, comme la plupart des éléments des tenues d’officiers. Photo de l’auteur. Lieu de conservation: musée de l’Armée.

Soldats allemands de la Première Guerre mondiale, avec des masques à gaz et cuirasses. Celles-ci reviennent, sans peu de succès. Voir l’équivalent italien « Farina ». Photo de l’auteur. Légende non trouvée.

1ère guerre mondiale, képi du lieutenant-colonel Mangematin. L’officier l’a modifié afin de pouvoir rabattre sur ses grades trop visible du drap neutre. Comme on le dit dans l’armée française: « l’or attire le plomb ». Photo de l’auteur. Lieu de conservation: musée de l’Armée.

Reconstitution d’une tombe provisoire américaine en Normandie en 1944. Elles permettaient d’être retrouvées facilement après les combats pour identifier et rapatrier les corps. Photo de l’auteur. Lieu de conservation: musée de l’Armée et collection particulière.

Nécessaire médical japonais de 1914. Photo de l’auteur. Lieu de conservation: musée de l’Armée. Objets rarissimes dans nos contrées: à côté un intéressant mannequin de médecin nippon de la même époque est visible.

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Visite à l’ossuaire de Douaumont

Avant de poursuivre et terminer le dossier sur l’Italie et l’Ethiopie, je vous propose de découvrir l’ossuaire de Douaumont, lieu hautement symbolique et émouvant étroitement lié à la bataille de Verdun. Plus d’informations ici:

http://www.verdun-douaumont.com/

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Le drapeau français dans le cimetière qui fait face à l’ossuaire.

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Les tombes blanches du cimetière vues depuis la tour de l’ossuaire.

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Vue partielle de l’ossuaire.

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Détail de la façade. Les blasons des villes ayant participé à sa construction sont représentés tout au long. Elles sont aussi bien françaises qu’étrangères.

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Détail du blason de Versailles.

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Dans le cimetière.

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L’ossuaire vu depuis le cimetière.

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Détail de la tour de l’ossuaire.

 

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Le blason de Paris.

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