Archives de Tag: Seconde Guerre mondiale

Musée de la reddition allemande (Reims)

La reddition allemande a bel et bien été signée une première fois à Reims le 7 mai 1945, dans un lycée alors utilisé par les Alliés comme quartier-général du corps expéditionnaire en Europe. La salle des cartes où la cérémonie a eu lieu se visite encore, et les pièces attenantes ont été également transformées en musée. On y trouve des belles collections évoquant autant la capitulation que la vie de Reims de 1939 à 1945. Je vous propose quelques clichés de ces objets. Le site du musée:

https://musees-reims.fr/fr/musees/musee-de-la-reddition/

Le contexte de la photo n’était hélas pas précisé. Mais il s’agit sans doute de soldats Américains avec des enfants français lors de la Libération. Le plus à gauche a une bouteille du fameux Coca-Cola. Photo de l’auteur (juillet 2019).

Reims était un terrain d’aviation allemand et il s’agit là de la tenue d’un artilleur de la défense antiaérienne allemande (FLAK) en 1944 à cet endroit. Photo de l’auteur (juillet 2019).

Objets de la défense passive française. Elle est chargée d’alerter lors des raids aériens, de préparer l’évacuation vers les abris, d’organiser une partie des secours. Le casque est un Adrian modèle 1926 avec l’insigne de la DP. Photo de l’auteur (juillet 2019).

Uniforme des reporters de guerre américains lors de la reddition allemande de 1945. Photo de l’auteur (juillet 2019).

Tableau représentant la cérémonie. Les Allemands sont de dos. Hélas, le nom du peintre n’est pas précisé. Photo de l’auteur (juillet 2019).

Dérive d’un Morane-Saulnier 406 abattu au sud de Cambrai le 21 mai 1940. L’escadrille était basée près de Reims. Photo de l’auteur (juillet 2019).

La fameuse salle des cartes où a été signée la reddition. On y voit les pertes, les lignes de ravitaillement, l’évolution des fronts… Photo de l’auteur (juillet 2019).

Mannequin représentant un tireur FM à moto en 1940. Il fait partie d’une unité (15e groupe de reconnaissance de division d’infanterie, au nom assez clair) s’étant battue aux environs de Reims en 1940. Photo de l’auteur (juillet 2019).

Tankiste américain de la Libération, vers Reims en 1944. Photo de l’auteur (juillet 2019).

Blason au nom du croiseur Colbert, bonne unité de la marine de 39-40 dont la ville de Reims était marraine. Photo de l’auteur (juillet 2019).

Le lycée existe toujours ! L’entrée du musée est ailleurs, dans une partie devenue lieu de mémoire. Photo de l’auteur (juillet 2019).

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Temple de Cargnacco (Italie)

Inauguré en 1955 et voulu par un chapelain militaire, ainsi que des vétérans des troupes italiennes envoyées aux côtés des armées allemandes en URSS à partir de 1941, le temple de Cargnacco se dresse dans la plaine vénète, à 10 kilomètres d’Udine. Étrange construction de brique rouge, il est un lieu consacré au souvenir de ces hommes envoyés se battre dans des conditions difficiles. Outre 90.000 noms, on y trouve aussi des plaques, d’intéressantes mosaïques et c’est un lieu de culte catholique également.

L’endroit perpétue surtout la mémoire des alpini, soldat recrutés en montagne et utilisés à contre-emploi dans la steppe russe. Or, contrairement à une mauvaise vulgate, il ne déméritèrent pas et se battirent plus que convenablement avec les moyens médiocres dont ils disposaient.

Ainsi, avant de reprendre sur la Belgique en 1914-1918, nous continuons ici notre tour d’horizon des lieux de mémoire et musées italiens (liens ci-dessous). Un dossier consacré à la bataille de Caporetto suivra dans les mois à venir, illustré par des photos prises sur les lieux.

Le site:

https://www.tempiodicargnacco.org

L’entrée du temple. Il est écrit « Paix ». Photo de l’auteur (avril 2019).

Borne en l’honneur d’une des fameuses divisions d’alpini. Photo de l’auteur (avril 2019).

Détail d’une mosaïque, figurant la terrible retraite des troupes italiennes après la percée soviétique de la fin de l’année 1942 et du début de l’année 1943. Photo de l’auteur (avril 2019).

Détail d’une mosaïque, figurant la terrible retraite des troupes italiennes après la percée soviétique de la fin de l’année 1942 et du début de l’année 1943. Photo de l’auteur (avril 2019).

Détail d’une mosaïque présentant des combats avec les alpini en protagonistes. Photo de l’auteur (avril 2019).

Blason commémoratif. Photo de l’auteur (avril 2019).

Plaque commémorative. Il est écrit toute la douleur des familles et la dernière phrase dit: « 1954, dernière arrivée de prisonniers. Dernières espérances perdues ». Photo de l’auteur (avril 2019).

Pour compléter, une superbe chanson des alpini, Il testamento del capitano, interprété par le chœur de la brigade alpine « Julia ».

Autres articles sur le patrimoine militaire italien:

https://antredustratege.com/2015/05/01/le-frioul-et-la-memoire-de-la-premiere-guerre-mondiale-en-italie-1915-1918/

https://antredustratege.com/2018/03/03/musee-des-carabiniers-rome/

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Visite de l’exposition « Dans la peau d’un soldat » (musée de l’Armée)

Avant de terminer sur Bonaparte et l’Egypte, je vous propose la découverte de la très belle exposition Dans la peau d’un soldat actuellement au musée de l’Armée. Plus thématique (« Le sommeil », « La nourriture »…) que chronologique, elle permet de revenir sur de multiples aspects de la vie et de la mort des soldats depuis l’Antiquité jusqu’à nos jours. C’est à la fois faire une place aux conflits contemporains et organiser son propos différemment. J’ai trouvé le résultat très réussi et je vous conseille d’y aller: l’exposition dure jusqu’au 28 janvier.

La page: http://www.musee-armee.fr/programmation/expositions/detail/dans-la-peau-dun-soldat-de-la-rome-antique-a-nos-jours.html

Barbier représente ici , en 1807, le bivouac du 2e régiment de hussards juste avant la bataille d’Austerlitz. Il est connu car Napoléon y parla, présentant son plan de bataille à ses troupes, fait rare dans l’histoire. Photo de l’auteur. Lieu de conservation: musée de l’Armée.

Ce nécessaire de campagne a appartenu au chirurgien Boileau sous le Premier Empire. Il a suivi les campagnes de la période de 1806 à 1815. Photo de l’auteur. Lieu de conservation: musée de l’Armée. On pourra voir un autre type de nécessaire ici: https://antredustratege.com/2015/10/07/le-bivouac-de-napoleon-exposition-a-la-manufacture-des-gobelins/

Un insigne de spécialité de la Première Guerre mondiale, armée française. Il fait référence à la colombophilie, encore bien pratique quand l’artillerie rompt les fils du téléphone. Photo de l’auteur. Lieu de conservation: musée de l’Armée.

Emouvante gourde faite à partir d’une coloquinte et décorée, elle a appartenu au soldat Emburger, maréchal-ferrant du 9e régiment de cuirassiers. On y lit le nom de grandes victoires de l’Empire. Fleurus 1815 désigne sans doute Ligny, à confirmer. Photo de l’auteur. Lieu de conservation: musée de l’Armée.

Cigarettes de troupe françaises en usage pendant une bonne partie du XXe siècle. Il existe aussi des cigares de troupe. Le tabac est distribué gratuitement aux soldats de 1668 à 1972 ! Photo de l’auteur. Lieu de conservation: musée de l’Armée.

Livret de chants et partitions d’harmonica, pour le soldat allemand, Seconde Guerre mondiale. Beaucoup existent dans de nombreuses armées: la chanson entretient le moral de la troupe, véhicule certains messages, parfois politiques, et sert lors des marches. Photo de l’auteur. Lieu de conservation: collection particulière.

Plaque de ceinturon d’aide de camp, 1er Empire. Assez ouvragé, comme la plupart des éléments des tenues d’officiers. Photo de l’auteur. Lieu de conservation: musée de l’Armée.

Soldats allemands de la Première Guerre mondiale, avec des masques à gaz et cuirasses. Celles-ci reviennent, sans peu de succès. Voir l’équivalent italien « Farina ». Photo de l’auteur. Légende non trouvée.

1ère guerre mondiale, képi du lieutenant-colonel Mangematin. L’officier l’a modifié afin de pouvoir rabattre sur ses grades trop visible du drap neutre. Comme on le dit dans l’armée française: « l’or attire le plomb ». Photo de l’auteur. Lieu de conservation: musée de l’Armée.

Reconstitution d’une tombe provisoire américaine en Normandie en 1944. Elles permettaient d’être retrouvées facilement après les combats pour identifier et rapatrier les corps. Photo de l’auteur. Lieu de conservation: musée de l’Armée et collection particulière.

Nécessaire médical japonais de 1914. Photo de l’auteur. Lieu de conservation: musée de l’Armée. Objets rarissimes dans nos contrées: à côté un intéressant mannequin de médecin nippon de la même époque est visible.

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Hearts of Iron 4 – Death or Dishonor : le test

En attendant la suite du dossier sur William Walker, je vous propose la lecture de mon dernier test en date pour la Gazette du wargamer. Il est consacré à la dernière extension de l’excellent Hearts of Iron IV. Intitulée Death or Disonor, elle apporte beaucoup de nouveautés pour l’Europe centrale et se révèle plaisante à jouer. La suite ci-dessous:

https://www.wargamer.fr/hearts-of-iron-4-death-or-dishonor-tenir-ou-tomber/

L’Axe est repoussé en Grèce par les forces alliées. Capture d’écran de l’auteur.

Mes autres articles et brèves pour le site, 110 au total:

https://www.wargamer.fr/author/jeanbaptistemurez/

Les Italiens et l’Ethiopie, d’Adoua à la Seconde Guerre mondiale : VI) Face aux Alliés (1940-1941)

J’avais terminé en évoquant le fait que la « pacification » avait été longue et aussitôt remise en question par l’entrée en guerre de l’Italie aux côtés de l’Allemagne en juin 1940. Or, colonie lointaine, très vaste, et dépendante du canal de Suez pour son approvisionnement, l’Ethiopie, et le reste des territoires italiens de la région, vont tomber aux mains des Alliés, dès 1941 mais non sans combats.

Les forces armées italiennes et les premiers affrontements

Sur le papier, les troupes italiennes en Afrique Orientale (en comptant aussi la Somalie et l’Erythrée, donc) sont plutôt nombreuses et ont du matériel: plus de 300.000 hommes, dont 50.000 Italiens, une partie étant des civils mobilisés sur place au début de la guerre, près d’un millier de canons, deux fois plus de fusils que d’hommes, des chars et des avions… Toutefois elles sont dès le début coupées de la métropole, ne peuvent ainsi recevoir aucun renfort en hommes et en matériel. Leur situation est donc critique dès le départ, d’autant plus que le commandement est pusillanime et que les moyens de transport modernes manquent cruellement.

Pourtant, leur adversaire est pendant longtemps peu nombreux et les Italiens parviennent à occuper une partie des colonies avoisinantes, dont la Somalie britannique. Les premiers combats tournent à leur avantage, ce qu’ils ne parviennent pas à exploiter car ils sont mal informés des effectifs réels de leur ennemi et les chefs sont dans une optique plus défensive qu’offensive. Ainsi, dès le début de l’année 1941 des troupes alliées sont arrivées d’Afrique du Sud, mais aussi du nord du continent, où les forces italiennes sont malmenées, ce qui les a rendues disponibles pour d’autres secteurs.

Les forces du Commonwealth attaquent donc peu après, mais leur progression est assez lente car les Italiens se défendent bien et ont l’avantage de cette position: ils occupent les cols et routes principaux et les bloquent efficacement. Toutefois leur matériel blindé, motorisé et aérien est peu à peu détruit sans pouvoir être remplacé ou réparé du fait du manque de pièces de rechange. Ainsi, es Britanniques s’assurent assez vite de de la maîtrise du ciel et sont plus mobiles que leurs adversaires. De plus, ils reçoivent des renforts de la France Libre dont l’épopée débute.

Vidéo de propagande de l’Istituto Luce (1939): le vice-roi et duc d’Aoste passe en revue les troupes à Addis-Abbeba

La perte de l’Ethiopie

Après quelques mois, le repli vers le coeur de l’Ethiopie est une réalité et le moral italien faiblit, notamment dans les troupes recrutées localement et qui désertent en masse. Addis-Abbeba tombe le 6 avril 1941 et le commandement italien se retire en direction du nord. A partir de ce moment la résistance s’amenuise et les unités sont séparées les unes des autres sans plus pouvoir communiquer efficacement. Cela ne veut pas dire débâcle complète et les affrontements se prolongent plusieurs mois encore.

Le Duc d’Aoste, vice-roi déjà cité, se rend finalement le 19 mai après une résistance tenace face à des troupes bien supérieures en nombre et en matériel. A cettte date, deux noyaux de résistance existent encore, pour un total de 40.000 hommes. Etant donné les distances et le relief que j’ai maintes fois évoqués, ils ne se rendent pas tout de suite. Le premier, aux ordres du général Gazzera passe même au Congo belge où il affronte des troupes présentes dans cette colonie le 3 juillet. Il doit pourtant accepter la reddition peu après.

L’autre unité encore cohérente, sous les ordres du général Nasi, parvient à maintenir une défense efficace plus longtemps et ne se rend que fin novembre. Les carabiniers et soldats indigènes qu’il commande ont offert aux Britanniques une résistance bien organisée et longue. Officiellement, passé cette date, c’est la fin des combats dans cette région du monde, mais on verra la prochaine fois que des éléments vont rejoindre la clandestinité et se battre pendant des années encore, ce qui est très rarement évoqué !

Affiche de propagande italienne après la perte de l'Afrique: "Nous reviendrons" affirme-t-elle de manière très présomptueuse.

Affiche de propagande italienne après la perte de l’Afrique: « Nous reviendrons » affirme-t-elle de manière très présomptueuse.

Bibliographie utilisée (qui n’a pas pour but d’être exhaustive):

Synthèse que je trouve moyenne (beaucoup d’aspects manquent) mais utile:

-AVENEL (Jean-David) et PAOLETTI (Ciro), L’empire italien. 1885-1945, Paris, Economica, 2014, 156 p.

Excellente biographie de Mussolini, qui décrit très bien les années qui nous intéressent ici:

-MILZA (Pierre), Mussolini, Paris, Fayard, coll. « Le grand livre du mois », 1999, 985 p.

Pour les aspects purement militaires, l’indispensable:

-ROCHAT (Giorgio), Le guerre italiane, 1935-1943. Dall’impero d’Etiopia alla disfatta, Torino, Einaudi, 2005, 460 p.

Pour les armes, le matériel et les combats, un fascicule Osprey, toujours très bien fait:

-NICOLLE (David), The Italian Invasion of Abyssinia 1935–36, Oxford, Osprey Publishing, coll. « Men-at-arms », 1997, 48 p.

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L’aide à la Finlande lors de la guerre d’Hiver I) Introduction

Indépendante depuis la fin de l’année 1917, la Finlande devenue libre n’en reste pas moins dans le voisinage d’un Etat gigantesque : l’URSS. Or, celui-ci l’attaque durant l’hiver 1939-40, et l’emporte avec de grandes difficultés. Si cela ne représente qu’une goutte de sang dans cet océan meurtrier qu’est la Seconde Guerre mondiale, elle ne fut pas sans conséquences pour celui-ci et pour l’histoire de l’Europe au-delà. Nous allons donc voir dans les semaines à venir les raisons de cet affrontement peu connu, avant de revenir sur l’intervention étrangère aux côtés de la Finlande et de terminer par les conséquences de celle-ci.

L’entre-deux-guerres

J’ai rappelé en introduction que, profitant de la désagrégation de l’empire des tsars, le pays qui nous intéresse est parvenu à obtenir son indépendance, qui n’est guère remise en cause dans les années de l’entre-deux guerres. Le nouvel état est une démocratie assez nationaliste et anticommuniste, notamment car il se sent menacé par son voisin soviétique et que, encore très jeune, il est en pleine phase d’affirmation. Cela ne l’empêche pas d’être tourné vers la Suède frontalière et de s’inspirer de la France et du Royaume-Uni, tout en ayant des liens culturels certains avec l’Allemagne.

Or, sa crainte de l’Etat dirigé par Staline est fondée: après une phase de rapprochement jusqu’au milieu des années 30 (un pacte de non-agression est même signé en 1932), le « petit père des peuples » souhaite rectifier les frontières issues de la révolution russe et des conflits qui en ont découlé (guerre avec la Pologne etc.). Si les historiens se divisent encore quant à ses intentions précises, il est admis qu’il craint pour l’ancienne capitale de la Russie et berceau de l’Union Soviétique, Léningrad (ex Saint-Petersbourg). La ville est trop proche des frontières et donc d’une attaque, si la Finlande se trouvait en guerre contre l’URSS ou occupée par une puissance hostile. Même chose dans le grand nord: le port de Mourmansk, vital car libre de glaces toute l’année grâce au Gulf Stream est bien exposé… La suite de la guerre prouva l’importance de ce lieu, dans le cadre des livraisons alliées de matériel en URSS d’ailleurs.

Une délégation finlandaise se rendant à Moscou, en octobre 1939.

La marche à la guerre

Ainsi, Staline propose des rectifications de frontière aux Finlandais, en 1938 puis 39, contre des concessions. La montée en puissance de l’Allemagne l’inquiète et il ne se satisfait pas de la « simple » neutralité affichée par Helsinki. Pourtant, ces derniers refusent: ils croient la guerre impossible, ont foi dans leurs voisins scandinaves et dans le soutien diplomatique de l’Europe de l’ouest, et de la SDN.

Loin de rassurer le maître du Kremlin, ces réponses le confortent dans son préjugé d’un pays hostile, influencé par Berlin et prêt à menacer le sol soviétique. Il faut bien dire que sa paranoïa naturelle est renforcée par son service de renseignement en Finlande: déplorable et touché par les purges, il lui dit ce qu’il a envie d’entendre. Au final, l’année 1939 se déroule dans un climat tendu entre les deux pays, les négociations diplomatiques traînant en longueur durant des mois.

Peu à peu Staline se persuade de la nécessité d’une guerre, que tous les observateurs s’accordent à voir comme rapide, les deux armées étant de force très disproportionnée sur le papier. Ainsi, des troupes sont peu à peu acheminées sur la future ligne de front, alors que la Finlande mobilise ses soldats de manière préventive, même si elle espère toujours que Leningrad tente une démonstration de force pour la faire plier, comme dans les Etats baltes qui ont été occupés ainsi quelques mois plus tôt.

C’est pourquoi, la tension semblant redescendre, certaines unités sont rappelées chez elles au cours du mois de novembre. L’hiver approche, le froid d’Europe du nord est déjà là, et la perspective d’une attaque semble s’éloigner… Quand, le 28 novembre, l’URSS dénonce le pacte de non-agression de 1932 et, dès le lendemain, bombarde Helsinki. La guerre débute. 

En vidéo: reportage (pro-finlandais) d’époque du Service Cinématographique des Armées (à partir de 15′ 12 »), sur le site de l’ECPAD:

http://www.ecpad.fr/journal-de-guerre-18-semaine-du-3-fevrier-1940/

En jeu vidéo, récente extension de Order of battle:

Test : Order of Battle – Winter War, l’été sera frais

Bibliographie consultée (qui n’a donc pas pour but d’être exhaustive):

Une très bonne synthèse en français sur la question:

-CLERC (Louis), La guerre russo-finlandaise (novembre 1939-mars 1940), Paris, Economica, 2015, 209 p.

Et un bon fascicule Osprey, qui couvre le matériel plus spécifiquement et va jusqu’en 1945:

-JOWETT (Philip) et SNODGRASS (Brent), Finland at war. 1939-1945, Oxford, Osprey Publishing, coll. « Elite », 2006, 64 p.

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Mon test de Hearts of Iron IV

Série que je suis depuis ses débuts en 2002, Hearts of Iron accueille un ambitieux quatrième volet dans la famille. Encore une fois j’ai eu l’insigne honneur de le tester pour la Gazette du Wargamer. Avant de conclure sur Harald le Sévère, je vous propose donc cette lecture.

Le test:

http://www.wargamer.fr/hearts-of-iron-iv-un-nouveau-souffle-pour-la-serie/

Planification d’une attaque de la Grèce

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Le fort de Huy (Belgique)

Intéressante ville située entre Namur et Liège, en Wallonie, Huy possède un patrimoine très important malgré sa petite taille. Parmi celui-ci, on retrouve des ouvrages militaires que j’avais commencé à présenter ici :

https://antredustratege.com/2015/02/21/le-patrimoine-militaire-de-huy-province-de-liege/

Or, le fort était fermé lors de ma dernière visite et je n’avais pu le présenter. En voici à présent quelques photos. Vous voudrez bien excuser le peu d’articles « de fond » ces temps-ci… Mais ce sont les vacances pour moi aussi. L’étude de la piraterie antique reprendra fin août. 

Les couloirs du fort, où les Allemands  internèrent plus de 7000 personnes durant la guerre et en fusillèrent également.

Les couloirs du fort, où les Allemands internèrent plus de 7000 personnes durant la guerre et en fusillèrent également.

Document d'époque.

Document d’époque.

Drapeau de la fraternelle d'une unité belge libre.

Drapeau de la fraternelle d’une unité belge libre.

Cour intérieure du fort.

Cour intérieure du fort.

Cour intérieure du fort.

Cour intérieure du fort.

La ville et la Meuse vues depuis le fort.

La ville et la Meuse vues depuis le fort.

Les remparts.

Les remparts.

Autre vue, le drapeau belge.

Autre vue, le drapeau belge.

Autre vue, la Meuse derrière.

Autre vue, la Meuse derrière.

Dernière vue, depuis l'entrée.

Dernière vue, depuis l’entrée.

Le patrimoine militaire de Liège:

https://antredustratege.com/2013/08/20/bref-apercu-du-patrimoine-militaire-de-liege/

Plus d’infos sur le fort:

http://www.huy.be/espace-loisirs/tourisme-evenements/fort-et-memorial

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http://www.wargamer.fr/paroles-de-youtubeurs-jean-baptiste-murez-histoire-militaire/

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Le patrimoine militaire de Huy (province de Liège)

Comme vous le savez, je parcours la Belgique pour mes recherches doctorales et pour le plaisir personnel. Or, voie de passage bien connue, au carrefour entre deux mondes depuis l’Antiquité, le territoire de l’actuel royaume a connu bien des combats et affrontements. Y compris dans des petites villes comme Huy, située entre Namur et Liège… Panorama, en attendant la suite sur les soldats romains.

Les photos :

Construit à l’emplacement d’un château médiéval par les Néerlandais après 1815, le fort de Huy domine la ville et la route qui va de Namur à Liège. Si elle ne connut pas le feu durant leur période, les Allemands réutilisèrent la place pour y enfermer plus de 7000 résistants de tous pays durant la guerre. Un musée, malheureusement fermé lors de mon passage, rappelle cette triste époque.

Vue du fort de Huy depuis la Meuse.

Vue du fort de Huy depuis la Meuse.

Vue rapprochée du beau monument aux morts :

Détail du monument aux morts.

Détail du monument aux morts.

Napoléon vint à Huy en 1803 et 1811. Trouvant la route trop étroite pour ses troupes, il la fit agrandir. C’est l’origine de la « chaussée Napoléon » qui relie Huy à Namur depuis lors.

Plaque Quai de Namur.

Plaque Quai de Namur.

Le menaçant fort vu depuis la ville :

Autre vue du fort.

Autre vue du fort.

Chaussée Napoléon, sur la base de l’éperon rocheux que domine le fort :

Plaque commémorative.

Plaque commémorative.

Sur le chemin qui mène au fort :

Borne commémorative.

Borne commémorative.

Autre vue des bâtiments, depuis leur base :

Le fort, de près.

Le fort, de près.

On a vu plus gai et riant comme endroit !

Autre vue du fort.

Autre vue du fort.

Refuge de l’abbaye d’Aulne, aujourd’hui occupée par une école et la police. Or, elle accueillit des blessés de la bataille de Neerwinden (1693), en plein dans les guerres de Louis XIV, et on dit que Napoléon y dormit en 1811.

Refuge de l'abbaye d'Aulne, aujourd'hui une école.

Refuge de l’abbaye d’Aulne, aujourd’hui une école.

Il reste, rue des remparts, des vestiges des murailles qui entourèrent la ville.

Quelques pans des remparts subsistent.

Quelques pans des remparts subsistent.

Au musée communal, plan fait sous la Révolution, lors de la conquête des Pays-Bas autrichiens par les armées françaises.

Plan au musée communal.

Plan au musée communal.

Tambour de tirage au sort (bons et mauvais numéros) de la conscription. En usage en Belgique jusqu’en 1909 ! Musée communal.

Musée communal.

Musée communal.

Et ce n’est là qu’un résumé ! Allez à Huy si vous en êtes proches, de plus on y mange bien et la ville produit une bière très locale, la Saint Ménegold. Vous voilà prévenus…

Plus d’infos :

http://www.pays-de-huy.be/

 

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L’armée d’armistice du gouvernement de Vichy: VI) Dissolution

La fin d’une armée et ses conséquences:

Nous l’avons vu la dernière fois, l’armée d’armistice, à l’histoire paradoxale, prend fin avec l’opération Torch et l’occupation de la Zone Libre qui en découle. En fait contrairement à ce qu’il fit croire, et notamment après la guerre, le gouvernement de Vichy ne voulait pas reprendre le combat. Il fit même procéder à des arrestations, et j’ai évoqué la dernière fois le cas du général de Lattre. Des gens entrèrent, en réaction, dans la Résistance dès 1940 (alors très peu). Ces militaires formant l’Organisation de Résistance de l’Armée (ORA), réussissant à encadrer quelques maquis et leur fournir du matériel, surtout après novembre 1942. Je le rappelle, les photos montrant des stocks de l’armée de Vichy utilisés par les FFI en 43-44 sont nombreuses: casques Adrian, pantalons, vareuses et chemises mle 41 (voir 2e article) etc.

Du fait de Torch, les colonies passèrent sous le contrôle de la France libre, hormis l’Indochine surveillée par les Japonais. Ceux-ci finirent par s’en emparer en mars 1945, dans un épisode peu connu qui causa de terribles pertes chez les Français dont les officiers ont refusé le suicide. L’armée dissoute, il restait aux ordres de Vichy quelques unités issues de la collaboration: L.V.F, S.S ou la sinistre Milice (30.000 hommes à son apogée). Cette armée n’a donc servi à rien et a même compromis la cause française. En fait de nombreuses personnes croyaient sincèrement que l’homme de Verdun préparait la revanche. A noter à ce propos que l’armée de la IIIe République n’avait jamais demandé de serment aux officiers: en effet beaucoup étaient monarchistes et le contraire n’eût pas été sans causer des problèmes. En revanche, le maréchal exigea un tel serment. Il n’était donc pas si simple de le désavouer et que Darlan déclare agir au nom du maréchal le dédouanait, ce qui était finement joué.  Rappelons-le: au niveau de la loi, de Gaulle est un déserteur et fut condamné à mort par contumace par le gouvernement de Vichy… Certains dirent même que Pétain était en accord secret avec lui, le premier restant en arrière afin de protéger les Français! C’était bien sûr faux.

De Lattre de Tassigny, l’un des nombreux officiers ralliés fin 1942. Photo trouvée sur http://rhin-et-danube.fr

 

Ce qui est par contre vrai est que l’agglomération des anciennes forces vichystes avec les unités de la France libre ne fut pas chose aisée. Au moment de la création de la 2e D.B, par exemple, le 501e régiment de chars de combat (issu des FFL) accusa ainsi les fusiliers-marins blindés, le régiment de Gabin, d’être un contingent « royal-nazi » car n’ayant pas pris part à la lutte plus tôt. En effet ceux-ci les avaient traité de « royal-voyous » ( carsoi-disant laquais de Londres!)… Si l’armée s’effondra (hormis les troupes passant à la Résistance, on l’a dit) en métropole, celle d’Afrique ralliée allait avoir de beaux jours devant elle: Italie, Débarquement de Provence, libération de Paris pour le RBFM etc… Beaucoup d’officiers tels Juin ou de Lattre allaient effectuer de grands faits d’armes.

Bibliographie:

-Cours de Master d’Histoire sur la question (Paris-Sorbonne).

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