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1066, Harald le Sévère et l’Angleterre: IV) Conclusion

Conclusion et conséquences: 

Au final, les conséquences de la bataille du pont de Stamford sont très importantes pour l’histoire des îles britanniques, à la fois à court et long terme. Ainsi, c’est une victoire sans appel du roi d’Angleterre: arrivés avec 360 navires, les Norvégiens et leurs alliés n’en peuvent plus remplir que 24 en repartant ! Cela veut dire que plus de 90% des leurs sont restés sur le champ de bataille, ce qui est un taux de perte considérable non seulement pour le Moyen-âge, mais aussi toutes époques confondues.

De plus, Stamford influe direcement sur les semaines immédiates: bien que victoire, on a vu qu’elle a forcé Harold a se rendre rapidement dans le nord de l’Angleterre avec son armée, ce qui l’a fatiguée. Or, les Normands débarquent peu après dans le sud, et le fameux combat à Hastings a lieu dès le 14 octobre 1066, soit très peu de temps après l’affrontement contre les Scandinaves (25 septembre). Le va-et-vient des troupes anglaises en si peu de temps a épuisé une partie des hommes et obligé le souverain à diviser ses efforts. Avec brio, certes, mais cela a pesé en partie dans sa défaite finale.

Enfin, à plus long terme, l’hécatombe connue par Harald  et son armée met pratiquement fin à une présence viking pluriséculaire en Grande-Bretagne. S’il reste des raids épisodiques dans les années suivantes, une page s’est bel et bien tournée. On notera tout de même que les îles Orcades et Shetland restent sous leur souveraineté, toujours plus lâche avec le temps, jusqu’en 1472. A cette date, elles deviennent définitivement écossaises par mariage.

L’épisode norvégien au cours de cette année 1066 est donc important et mérite d’être lu pour mieux comprendre la conquête normande de l’Angleterre et, au-delà, un pan d’histoire européenne.

Bibliographie consultée (qui n’a donc pas pour but d’être exhaustive):

-BOUET (Pierre), Hastings. 14 octobre 1066, Paris, Tallandier, coll. « Texto », 2014, 185 p.

Sur les Vikings, on pourra lire le classique:

-BOYER (Régis), Les Vikings, Paris, Perrin, coll. « Tempus », 2015, 442 p.

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1066, Harald le Sévère et l’Angleterre: III) La bataille du pont de Stamford

Souvenez-vous, les Norvégiens et leur allié Tostig avaient obtenu d’être ravitaillés par leurs ennemis vaincus. Cette opération devait se dérouler au pont de Stamford, proche de York, le 25 septembre 1066, soit quelques jours seulement après le débarquement des Scandinaves en Angleterre et leur première victoire, le 20 de ce mois.

Le roi d’Angleterre prend un pari risqué…

Pourtant, le roi d’Angleterre a été prévenu très tôt de ce mouvement ennemi et a réagi avec une grande célérité: dès qu’il apprend la nouvelle, il décide de partir de Londres pour marcher à la rencontre d’Harald avec ses meilleures troupes, les housecarls, d’origine danoise. 

Ce faisant il prend des immenses risques. En effet, la société médiévale ne connaît pas la mobilisation générale de l’époque contemporaine, préparée dès le temps de paix. Or, si celle-ci est déjà difficile à mettre en place, c’est encore plus vrai dans l’Angleterre du 11e siècle. En effet, rassembler des troupes issues des domaines des vassaux est très long, et pour une durée limité et Harald n’a pas le temps de le faire. Il décide donc de s’en passer et de se contenter de recruter des hommes dans les régions qu’il traverse, à marche forcée.

Exploit pour l’époque, il franchit les quelques 300 kilomètres entre Londres et York en quelques jours seulement, puisqu’il y parvient dès le 24 septembre, la veille du « rendez-vous » pris à Stamford ! Ralliant les vaincus de Fulford, il dispose d’une armée de 7000 hommes prête à user à plein de l’effet de surprise.

La bataille vue par le XIXe siècle et le peintre Peter Nicolai Arbo. Il s’agit du moment où Harald, en bleu, est tué.

Et gagne

Ainsi, confiants, le roi de Norvège et Tostig, ignorant l’arrivée de ces troupes venues du sud, se rendent au lieu dit à l’heure dite. Ils n’ont avec eux que les deux tiers de leurs forces, environ 5000 hommes et nombre d’hommes n’ont même pas pris la peine de se vêtir de leur haubert, y compris Harald lui-même. Or, quand les Norvégiens comprennent leur erreur, il est trop tard pour faire demi-tour. Toutefois, réagissant rapidement, ils envoient une partie de leurs hommes tenir le pont, pendant que des messagers se ruent vers l’arrière pour rameuter les renforts.

Néanmoins, manquant de protection, beaucoup de Vikings se font tuer. Le roi est parmi eux, percé d’une flèche. Tostig prend le commandement et a la satisfaction de voir arriver le reste de ses troupes, qui, quoi qu’épuisées par la course, se ruent directement dans la bataille.  L’équilibre entre les forces étant ainsi en partie rétablit, l’engagement reste indécis jusqu’à la nuit et un retour offensif puissant des Scandinaves et de leurs alliés menace même sérieusement un temps Harold. Au final, cela n’empêche pas la défaite finale des Vikings et, à son tour, Tostig tombe au milieu d’eux, durant les derniers combats.

Ce récit terminé, il nous restera à voir les conséquences de cette bataille.

Bibliographie consultée (qui n’a donc pas pour but d’être exhaustive):

-BOUET (Pierre), Hastings. 14 octobre 1066, Paris, Tallandier, coll. « Texto », 2014, 185 p.

Sur les Vikings, on pourra lire le classique:

-BOYER (Régis), Les Vikings, Paris, Perrin, coll. « Tempus », 2015, 442 p.

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1066, Harald le Sévère et l’Angleterre: II) A l’assaut des côtes anglaises

Le roi de Norvège débarque en Angleterre

J’avais terminé sur ce point la dernière fois: c’est au mois de septembre 1066 que le roi de Norvège tente la conquête de l’Angleterre. Parti de Scandinavie, il fait escale dans les îles Orcades, qui ne sont pas encore écossaises et appartiennent toujours à la Norvège à cette date. Ayant pu compléter ses vivres et ses réserves d’eau, il s’est ensuite rendu en Ecosse. Ce crochet n’est pas de courtoisie: il y a été rejoint par un certain Tostig et ses forces.  Il s’agit du frère du roi d’Angleterre, et qui s’oppose à lui depuis l’année précédente. Anciennement comte, il s’est fait connaître par sa brutalité et a été remplacé. Parti en exil, il exerce depuis lors sa vengeance en ravageant les côtes de son ancien pays avec les hommes qui lui sont restés fidèles.

Liant parti avec Harald, dans l’espoir d’avoir sa part une fois celui-ci maître du pays, il se joint donc à lui. Ainsi, les deux hommes disposent d’une flotte non négligeable de 360 navires, portant entre 7000 et 8000 hommes. Ceux-ci débarquent avec succès dans les environs d’York à la mi-septembre, grande ville du nord de l’Angleterre.

Les Vikings sont à terre

Harold, qui craint également les Normands au sud, ne dispose que de forces limitées dans la région. Aussitôt le débarquement connu, on envoie des messagers l’avertir, pendant que les troupes chargées de la défense du nord, la Northumbrie, se rassemblent. Un premier affrontement a rapidement lieu à Fulford le 20 septembre.  Les Vikings alliés de Tostig l’emportent dans ce petit village proche de York, dont la route leur est désormais ouverte. Fort de ce premier succès, ils se font promettre l’envoi d’otages et de vivres pour le 25 septembre. La « réception » de ceux-ci doit se faire un peu plus loin, au pont de Stamford.

Croyant alors avoir un certain temps devant eux avant les réactions anglaises, les deux chefs repartent à leur camp de base, confiants dans l’avenir. C’était compter sans la réactivité du roi d’Angleterre !

Bibliographie consultée (qui n’a donc pas pour but d’être exhaustive):

-BOUET (Pierre), Hastings. 14 octobre 1066, Paris, Tallandier, coll. « Texto », 2014, 185 p.

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