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Aperçu des fortifications du Quesnoy (Nord)

Les fortifications du Quesnoy 

Petite ville frontalière située près de Valenciennes, le Quesnoy a longtemps été un lieu stratégique important dans la lutte entre les rois de France et leurs adversaires, notamment les Habsbourg. C’est Charles Quint qui dote la ville d’importantes fortifications  durant son long règne, dont certaines parties sont encore visibles de nos jours. Toutefois, le lieu est surtout lié à l’incroyable personnalité de Vauban.

Attribuée à la France par le traité des Pyrénées (1659) qui permet la paix avec l’Espagne, la ville du Quesnoy devient donc rapidement l’objet des attentions du grand ingénieur. Il lui donne sa physionomie actuelle: un octogone de 3.5 km de long, en étoile. Vauban incorpore des éléments existants et modernise le reste. Les remparts sont protégés par des ouvrages extérieurs et une utilisation habile de l’eau qui permet d’inonder facilement le terrain et de gêner considérablement l’avancée adverse. C’est un bel exemple des villes du « Pré carré » que le roi souhaite voir être transformées en places imprenables.

L’endroit ne connaît pas de véritable transformations par la suite, mais connaît plusieurs combats. La place est finalement déclassée en 1868, puis reclassée dix ans plus tard. Le général Séré de Rivières (voir lien) rajoute quelques ouvrages et refait les portes, mais la ville ne subit pas de réelle refonte, trop coûteuse et opérant sur une base très ancienne. Les nouveaux obus à la mélinite les rendent trop obsolètes. Elle est définitivement déclassée en 1901 mais fait tout de même l’objet d’un assaut audacieux par les Néo-Zélandais en 1918, qui s’emparent de la ville et de sa garnison allemande. Comme le Quesnoy n’a jamais été un centre industriel de premier plan, les murs n’ont pas été détruits pour permettre son développement et leur sauvegarde jusqu’à nos jours est donc une chance.

Pour en savoir plus:

https://www.lequesnoy.fr/vivre-a-le-quesnoy/les-fortifications/

Pour bien voir la forme en étoile des remparts, on n’hésitera pas à regarder les photos aériennes sur le site de l’IGN, Géoportail:

https://www.geoportail.gouv.fr/carte

Mon commentaire:

La visite de ces fortifications vaut vraiment le détour si vous passez dans la région. Leur état de conservation est exceptionnel et permet de faire le tour de toute une ville fortifiée au XVIIe siècle, ce qui est assez rare en Europe où beaucoup de fortifications ont été détruites au XIXe siècle pour « décorseter » les villes et permettre leur expansion. Comptez une bonne demi-journée pour visiter sereinement le Quesnoy et faire le tour des remparts. On regrettera juste l’absence de musée historique pour éclairer sa promenade par une remise dans le contexte plus précise, mais des projets en ce sens sont à l’étude et l’idée d’inscrire le site au patrimoine mondial de l’UNESCO fait son chemin.

En suivant les remparts. Photos de l’auteur (novembre 2019).

Vue rapprochée des remparts. Photos de l’auteur (novembre 2019).

 

Les angles morts sont cassés pour permettre de tirer sur tout ennemi approchant. Photos de l’auteur (novembre 2019).

Un chemin a été pratiqué pour se rendre au monument en l’honneur des Néo-Zélandais. Photos de l’auteur (novembre 2019).

 

Monument aux Néo-Zélandais s’étant emparé de la ville en 1918. En passant par la muraille ! Photos de l’auteur (novembre 2019).

Vue depuis les remparts. Photos de l’auteur (novembre 2019).

Vue depuis le chemin des remparts. Photos de l’auteur (novembre 2019).

Détail. Photos de l’auteur (novembre 2019).

En suivant les remparts. Photos de l’auteur (novembre 2019).

Le lac créé pour gêner les mouvements ennemis. Photos de l’auteur (novembre 2019).

Un

 

Le lac créé pour gêner les mouvements ennemis. Photos de l’auteur (novembre 2019).

Une autre fortification de Vauban, la citadelle d’Arras:

https://antredustratege.com/2018/11/25/visite-de-la-citadelle-darras/

Les forts Séré de Rivières, avec l’exemple de Seclin (Nord):

https://antredustratege.com/2014/09/02/le-fort-sere-de-rivieres-modele-1874-1875/

On aura plus d’informations sur Vauban dans de nombreux ouvrages et une présentation synthétique dans:

-CONTAMINE (Philippe, dir.), Histoire militaire de la France, t.1, Des origines à 1715, Paris, PUF, coll. « Quadrige », 1997, 626 p.

Liens: 

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Visite de la citadelle d’Arras

Bâtie par Vauban, la citadelle d’Arras est l’une de nombreuses œuvres du génial maréchal, qui ceint la France d’une « ceinture de fer » sous Louis XIV. Loin d’être la plus connue, elle fut dès le début surnommée « La belle inutile » car Arras ne connut pas de siège en règle après sa construction. Toutefois, elle aura été lieu de garnison, de mémoire, d’horreurs car on y vit des exécutions de résistants durant la Deuxième Guerre mondiale. De plus, sa relative « inutilité » est finalement une chance pour nous car elle a été préservée et non modifiée comme certaines le furent au XIXe siècle du fait des progrès de l’artillerie. Elle abrite aujourd’hui des services administratifs, des événements culturels et se visite gratuitement. Photos de l’auteur.
Plus d’informations:

Les murs en étoile à la Vauban, qui permettent d’offrir de multiples angles de tir et gênent l’avancée ennemie. Les fossés peuvent être également inondés, grâce à la présence de la rivière Crinchon. Photo de l’auteur.

Les murs en étoile à la Vauban, qui permettent d’offrir de multiples angles de tir et gênent l’avancée ennemie. Les fossés peuvent être également inondés, grâce à la présence de la rivière Crinchon. Photo de l’auteur.

L’entrée, près de la rivière Crinchon, qui servit à inonder les fossés. Photo de l’auteur.

Le bâtiment où logeait le gouverneur, dans la citadelle. Photo de l’auteur.

Près de la place d’armes. Photo de l’auteur

Le clocher de la chapelle, construite en 1673 et restaurée sous Napoléon III. C’est aujourd’hui un mémorial pour les soldats du génie morts à l’ennemi. Photo de l’auteur.

A la gloire des armes de la France, détail de la façade de la chapelle. Photo de l’auteur.

A la gloire des armes de la France, détail de la façade de la chapelle. Photo de l’auteur.

La place d’armes. Photo de l’auteur.

Les murs. Photo de l’auteur.

Vue depuis le chemin de ronde. Fossés et autres parties herbues sont aujourd’hui tondus par des animaux. Photos de l’auteur.

L’exposition sur Napoléon, à Arras:

https://antredustratege.com/2018/10/22/napoleon-images-de-la-legende-exposition-a-arras/

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La citadelle de Namur

Historique de la citadelle. 

Présent en début de semaine à Namur, j’ai évidemment pensé à vous et pris de quoi faire un reportage photo de la citadelle de la ville.

Rappelons donc qu’elle est ancienne, très ancienne: les premiers ouvrages fortifiés présents sur l’éperon rocheux datent du haut Moyen-Age (avant l’an 900)! L’ensemble servait alors de résidence aux comtes de Namur. Par la suite, elle s’est adaptée à tous les conflits ultérieurs et a été modernisée par ses différents possesseurs. Par exemple les Bourguignons la renforcent, notamment sous Philippe le Bon et les Espagnols, un temps détenteurs des Pays-Bas, également..

L’un des sièges les plus connus qu’elle subit reste celui mené sous Louis XIV, par Vauban, déjà âgé: c’est même le dernier  qu’il conduisit en personne. Nous sommes en pleine guerre de la ligue d’Augsbourg et la place reste française quelques années, permettant au génial ingénieur de l’améliorer à son tour (sans qu’il puisse terminer le travail).  Les Français l’assiègent plusieurs fois dans la suite du siècle, comme en 1746 (guerre de succession d’Autriche) puis à de nombreuses reprises sous la Révolution. Située au carrefour entre plusieurs mondes, plusieurs grandes régions importantes d’Europe, elle garde en effet une grande valeur stratégique jusqu’à la Seconde Guerre mondiale. Possédant également de grands souterrains, elle est à ce propos baptisée par Napoléon, en visite dans la ville: « c’est la termitière de l’Europe » dit-il!

Les Néerlandais (qui gouvernent la Belgique après 1815 et jusqu’à son indépendance) poursuivent les travaux. Ils bâtissent en effet le Fort d’Orange qui protège ses approches et, en tout, elle connaît au XIXe siècle une ceinture de neuf positions. Sa démilitarisation est progressive, à partir de 1890 (le roi Léopold II en fait un lieu de villégiature), mais les forts se défendent vaillamment contre les Allemands en 1914 et 1940 où l’artillerie les réduit au silence. Le dernier militaire en part en 1977 et elle reste visitable gratuitement par tous de nos jours…

Au final une histoire extrêmement riche, que je n’ai ici qu’esquissée. Le site vaut le déplacement (une heure de Bruxelles par train).

 Reportage-photo: 

La citadelle, telle qu'on la voit depuis la ville, côté Sambre.

La citadelle, telle qu’on la voit depuis la ville, côté Sambre.

Autre vue depuis la Sambre

Autre vue depuis la Sambre

Le drapeau de la Wallonie, dont Namur est la capitale.

Le drapeau de la Wallonie, dont Namur est la capitale, flotte fièrement au vent.

Vue de la ville (côté Sambre), depuis la citadelle.

Vue de la ville (côté Sambre), depuis la citadelle.

Partie plus ancienne du complexe, au sommet.

Partie plus ancienne du complexe, au sommet.

Vue de la ville (côté Sambre) depuis le sommet.

Vue moins parcellaire de la ville (côté Sambre) depuis le sommet.

Vestige médiévale, du temps des comtes de Namur.

Vestige médiéval, du temps des comtes de Namur. La tour date du XIIe siècle

Vue depuis la 2e partie de la citadelle (Terra Nova)

Vue depuis la 2e partie de la citadelle, après le pont (Terra Nova)

Bonus, le monument aux morts.

Bonus, le monument aux morts, au pied du complexe.

Bonus, boulet tiré contre la ville (Louis XV).

Bonus, boulet tiré contre la ville (Louis XV).

Depuis la citadelle des volontaires, devant Patton, partirent pour le combat contre l'Allemagne, 1944-1945.

Depuis la citadelle des volontaires, devant Patton, partirent pour le combat contre l’Allemagne, 1944-1945. Elle eut donc une histoire militaire jusqu’à la moitié du XXe siècle.

Sources:

-Brochure touristique de la ville de Namur

-Site de la ville de Namur:

http://www.ville.namur.be/page.asp?id=1081&langue=FR

-Site de la citadelle de Namur:

http://www.citadelle.namur.be/

Plus de photos (dont des plaques militaires):

https://www.facebook.com/media/set/?set=a.10202816856735099.1073741853.1611470780&type=1&l=d3540d3748

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