Les premiers « demi-solde » et les officiers hostiles à Napoléon: I) 1799-1801

Introduction: 

Bien connue des amateurs d’histoire napoléonienne, l’expression « demi-solde » fait référence à ces officiers renvoyés dans leurs foyers en 1814-1815 pour cause de bonapartisme, ou du moins d’hostilité face au retour des Bourbons. Leur nom venant du fait que, n’étant plus employés de manière active, leur solde (le salaire des militaires) s’était vue réduire de moitié. Menant une vie souvent misérable, la carrière brisée parfois en pleine jeunesse, ils symbolisèrent le mécontentement d’une partie de la population de l’époque.

Or, si leur cas est plutôt bien connu, on revient bien plus rarement sur d’autres personnes victimes du même phénomène: ceux qui ont été remerciés après que Bonaparte fût devenu Premier Consul. Plus généralement, ils sont les preuves tangibles que l’installation d’un régime n’est pas chose aisée, d’autant que certains furent de complots plus ou moins dangereux contre lui. 

Le fameux tableau d’Ingres. Ce qu’on sait moins est que l’arrière-plan est la ville de Liège, où vous pouvez toujours voir la peinture à l’heure actuelle…

Une frange de l’armée hostile:

En effet, toute l’armée ne soutient pas le futur empereur qui prend le pouvoir après le fameux coup d’état du 18 brumaire an VIII (1799). Il reste notamment tout un terreau de républicains qui ne voient en lui qu’un fossoyeur de la Révolution et ne comprennent pas son évolution vers un pouvoir personnel. Il y a également des partisans de l’un de ses rivaux dans la course aux honneurs, le général Moreau (Bonaparte n’est pas le seul à briguer la première place, loin de là), etc. Cela explique que 6000 à 7000 d’entre eux aient été chassés de l’armée à l’occasion de sa réorganisation consécutive au coup d’état.

La raison officielle invoquée est leur « incapacité physique ». En fait, le nouveau régime se méfie de leur idées politiques mais, ne l’oublions pas, en profite pour chasser de l’institution de vraies nullités militaires. Il faut dire que le Directoire, régime précédent, a aussi fonctionné par la corruption et le copinage. Ramenés à la vie civile, ils se retrouvent donc désœuvrés et se réunissent dans des cafés et autres lieux de sociabilité, où la police les surveille.

Ses rapports font état de discours violents contre le régime et les plus exaltés parlent même d’assassinat de la personne qui l’incarne… Et on verra que toutes ces tentatives ne furent pas picaresques.

Bibliographie:

-PETITEAU (Nathalie), Les Français et l’Empire (1799-1815), Paris, Editions Universitaires d’Avignon, 2008, 278 p.

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