Archives de l’Auteur jeanbaptistemurez

Commémoration annuelle des combats de Sidi-Brahim (Vincennes)

Tous les ans, les chasseurs commémorent les combats de Sidi-Brahim (1845). Leur comportement exemplaire au feu durant cet affrontement en fait un événement fondateur pour ces unités créées quelques années plus tôt seulement (1840) à Vincennes. Si le terme et des unités ont existé avant cette date dans l’infanterie et la cavalerie, c’est bien le roi Louis-Philippe qui met sur pied les dix premiers bataillons de chasseurs. Depuis, les unités se sont étoffées, des chasseurs alpins sont apparus (très présents cette année), mais les traditions demeurent. Comme chaque bataillon a un fanion, les chasseurs ont un unique drapeau, qui va d’unité en unité au fil des ans. Cette cérémonie est aussi l’occasion d’une passation officielle de bataillon en bataillon, et de remise de décorations. L’événement est unique, à coupler avec une visite du château et de la ville, lieux d’histoire et de mémoire.

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Les Gaulois et la guerre: II) Qui fait la guerre ?

Tout le monde ne fait pas la guerre chez les Gaulois. Elle est tout d’abord une affaire d’hommes libres: ces sociétés, comme les autres du bassin méditerranéen antique, pratiquent en effet l’esclavage et les personnes réduites à la servitude ne combattent pas. De plus, tous ceux qui sont libres n’ont pas de fonctions guerrières. Comme beaucoup de peuples indo-européens, les Gaulois libres se répartissent en trois classes: ceux qui ont des fonctions sacrées, ceux qui se battent et ceux qui produisent. Si ce schéma n’est sans doute plus aussi figé à la fin de l’indépendance gauloise qu’aux siècles précédents (les activités des individus peuvent déborder du cadre, en plein mouvement d’ailleurs), il reste structurant pour comprendre leur fonctionnement. Il va d’ailleurs se retrouver sous une forme assez similaire après l’Antiquité, avec la formation des trois ordres de la société française (clergé, noblesse et tiers-état).

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Les Gaulois et la guerre: I) Le cadre

Avant de rentrer dans le vif du sujet, il me paraît important de fixer le cadre temporel, géographique et aussi lexical du sujet étudié. En effet, loin des bandes dessinées et des films, ceux qu’on appelle les Gaulois sont bien plus difficilement saisissables que dans des œuvres artistiques créées des millénaires après et souvent loin de la réalité historique. De plus, les récupérations de la Troisième République et du régime de Vichy de cet ensemble de peuples ont laissé de profondes traces dans la mémoire collective. Derrière les clichés bien connus de guerriers braillards, indisciplinés, aux cheveux longs et moustachus de la légende, il devient finalement difficile de distinguer entre reconstruction mémorielle et histoire.

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L’indépendance de la Belgique: III) Le dénouement final

Retour aux négociations

La trêve ramène les parties en présence sur la table des négociations de la conférence de Londres, toujours en cours. Si le roi des Pays-Bas a dû retirer son armée sous la pression des puissances, celle-ci a montré qu’elle avait de réelles capacités militaires. Fort de cet atout,  il se trouve en meilleure position que quelques mois auparavant. Les Belges, qui doivent leur salut à l’armée française et le savent, sont obligés de revoir leurs prétentions à la baisse, notamment territoriales. Ainsi, le Luxembourg et le Limbourg ne lui reviennent pas totalement comme espérés, mais seulement une partie. Les puissances décident que Maastricht demeure néerlandaise et que le reste du grand-duché soit toujours considéré comme une possession personnelle de Guillaume.

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L’indépendance de la Belgique: II) La reprise des combats

Guillaume Ier se résout à la guerre 

Le roi des Pays-Bas, mécontent des résultats de la conférence de Londres et persuadé d’avoir été abandonné par les Britanniques, prend donc la décision de recouvrer les territoires qu’il est en train de perdre en recourant à nouveau à la force. Les litiges territoriaux avaient constitué, souvenons-nous, une pierre d’achoppement des pourparlers de la conférence et le sort de nombreux territoires reste encore en suspens début 1831. Or, les dernières négociations attribuent à la Belgique le Luxembourg et le Limbourg néerlandais.

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L’indépendance de la Belgique: I) Les résultats de la conférence de Londres

La révolution belge de 1830 ne signifie pas l’indépendance pleine et entière. Les événements y conduisant dépassent largement le cadre de cette année. Le dernier billet avait été l’occasion de rappeler l’ouverture de la conférence de Londres devant régler la question belge, et la trêve proclamée sur le terrain à cette occasion. C’est pourquoi nous revenons à présent sur les faits ultérieurs qui débouchent sur l’arrivée d’un nouvel État dans le concert européen.

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La révolution belge de 1830: VI) Vers une reconnaissance internationale de la Belgique

Le déclenchement de la révolution belge, nous l’avons vu, se situe en 1830. Toutefois, les événements débordent du cadre de cette année et se poursuivent en 1831 et même après, ce qui sera traité à part.

La conférence de Londres

L’histoire n’est pas écrite d’avance et si l’on se replace dans le contexte de l’époque, deux possibilités sont offertes aux puissances: intervenir militairement pour rétablir le statu quo ante ou négocier. C’est la seconde opinion qui prévaut finalement, avec le déclenchement de la conférence de Londres le 4 novembre 1830. En fait, les puissances doivent composer avec les événements qui se sont déroulés depuis l’été.

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La révolution belge de 1830: IV) L’internationalisation du conflit

Le bombardement d’Anvers

Malgré les événements guerriers d’août et de septembre, des modérés essaient toujours de négocier avec le roi Guillaume, lui proposant de conserver un unique État avec de nouvelles frontières intérieures. Le sud des Pays-Bas gagnerait en autonomie et serait administré par le fils du roi, le prince d’Orange. Ceci qui permettrait notamment de conserver un marché intéressant pour l’économie nationale et de sauver l’essentiel côté néerlandais. Guillaume approuve ce projet, bien qu’il se voie encore comme le seul souverain de cet ensemble à venir. Il envoie son fils au sud pour organiser une nouvelle administration. L’idée des modérés est de stopper les révolutionnaires concentrés à Bruxelles alors que le roi n’agit que par calcul politique, espérant gagner du temps pour recouvrer le terrain perdu.

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La révolution belge de 1830: III) Le déclenchement

Le soulèvement d’août 1830

La chronologie a une certaine importance: le 9 août 1830, Louis-Philippe prend le pouvoir en France, et on a dit que cette révolution précédait et inspirait d’autres mouvements en Europe. En Belgique, le même mois est très agité et débouche le 25 sur des événements révolutionnaires à Bruxelles, dont le point de départ est lié à une représentation de la Muette de Portici, un opéra où l’amour de la liberté est largement évoqué. Elle donne l’impulsion décisive, même si ce n’est que le « déclic » et pas la raison principale. Tout de même, de l’interprétation de la Marseillaise dans les théâtres pendant la Révolution au rôle de la musique de Verdi pendant le Risorgimento, il y aurait beaucoup à dire sur musique et politique, musique et révolution au XIXe siècle…

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La révolution belge de 1830: II) La montée des contestations

La politique du roi des Pays-Bas

La révolution de 1830 ne doit pas faire penser a posteriori que le roi Guillaume 1er n’ait fait que des erreurs ou ait totalement méconnu son nouveau territoire. Son fils a notamment combattu à Waterloo où il fait ériger un monument en son honneur, à l’endroit où il aurait été blessé. C’est la fameuse butte du lion (voir photo). De plus, il réalise d’importants investissements financiers en Belgique, développe l’industrie et le commerce. Les chantiers défensifs qui se multiplient (Huy, fort d’Orange à Namur…) donnent aussi indirectement du travail et sont un symbole de sa présence.

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