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L’Alsace-Lorraine dans la Grande guerre : I) La situation en 1914

Terme administratif allemand, l’expression « Alsace-Lorraine » (ElsaßLothringen) renvoie en fait aux trois départements français annexés en 1871: Haut-Rhin, Bas-Rhin et Moselle. Ainsi, une partie de la Lorraine resta française, et il en fut de même pour le territoire de Belfort, détaché de l’Alsace et demeuré, du fait de sa défense tenace, dans le giron de la République. Or, l’opinion française ne sut jamais se résoudre à la perte de ces territoires vus comme des « provinces perdues ». Si la perspective d’une guerre de revanche pour les récupérer ne fut en fait jamais très sérieuse, dès que la Première Guerre mondiale éclata, la situation changea et ils devinrent très tôt un but de guerre essentiel pour Paris, ce qu’on s’attachera à expliquer ici.

Une frontière assez ouverte mais surveillée

Installé dans la région depuis 1870, l’Empire allemand avait entrepris très rapidement d’administrer et de germaniser (sans succès complet) le territoire reçu par le traité de Francfort de l’année suivante. Pourtant, la nouvelle frontière avec la France n’était pas hermétique, contrairement à une idée reçue. Longue de 285 kilomètres, elle était matérialisée par des poteaux-frontière assez impressionnants, et souvent arrachés, et il fallait bien se soumettre à des contrôles, mais ceux-ci n’étaient pas rédhibitoires. D’ailleurs, si l’Empereur Guillaume II avait instauré un passeport spécial pour la franchir en 1887, il l’annula dès 1891.

Ainsi, les Alsaciens et Mosellans ayant fait le choix de rester Français en 1871 se rendaient-ils souvent dans leur ville ou village d’origine et ce sans grand problème. C’est par exemple le cas du peintre Jean-Jacques Henner, dont la carrière parisienne ne doit pas faire oublier les origines alsaciennes et rurales. Il est connu pour son fameux tableau Alsace. Elle attend (1), personnification saisissante de cette région. Les Allemands, dans l’autre sens, pouvaient aussi se rendre en France, bien que ce fût plus compliqué pour les militaires en service, ce qui est assez compréhensible.

Toutefois, de la Suisse au Luxembourg, cette frontière était surveillée. Un climat « d’espionnite » aiguë régnait alors, dont on a du mal à saisir l’ampleur de nos jours. Dans les gares et villages frontaliers une vraie guerre de renseignement se livrait, réelle comme supposée. Commissaires de police aux fonctions spéciales, douaniers et militaires tentaient de recueillir des informations sur les fortifications, mouvements de troupes et situation économique de l’autre côté de la barrière.

Quelques affaires émaillèrent ainsi les relations franco-allemands, comme celle de Schnaebélé, fonctionnaire français attiré dans un traquenard par un homologue allemand en 1887, sous prétexte d’échanger des informations. Arrêté par les autorités allemandes au motif d’espionnage, il fut finalement relâché après qu’une émotion intense eut soulevé la France et fait croire, un instant, à une déclaration de guerre.

L’entrée du fort Rapp-Moltke de Reichstett, ceinture de Strasbourg. Photo de l’auteur.

Dans les fossés du fort. Photo de l’auteur.

Dans les fossés du fort. Photo de l’auteur.

L’une des coupoles d’observation d’artillerie. Photo de l’auteur.

Le fort de Mutzig. Photo de l’auteur.

Les machines du fort de Mutzig. Photo de l’auteur.

L’une des coupoles de tir du fort de Mutzig. Photo de l’auteur.

Les pièces d’artillerie du fort de Mutzig. Photo de l’auteur.

Un territoire fortifié 

De plus, l’Alsace-Lorraine allemande est, en 1914, un territoire fortifié, bien défendu et terre de garnison. A la fois car elle constitue la frontière avec la France, mais aussi car elle est perçue comme une marche défensive par l’Allemagne. Le chancelier Bismarck l’avait lui-même avoué dans une lettre à l’impératrice Eugénie, femme de Napoléon III (2). Les considérations d’ordre culturel, consistant à dire que cette annexion avait été réalisée pour retrouver un rameau du peuple germanique séparé de son tronc se révèlent en fait être des prétextes masquant une volonté politique et militaire: en cas de nouvelle attaque française, c’est l’Alsace et la Moselle qui seraient les premières touchées, pas l’autre rive du Rhin.

Cela n’empêcha pas l’Allemagne d’investir énormément dans ce territoire, d’y bâtir, et l’Empereur Guillaume lui-même de l’apprécier. On connaît notamment son intérêt, certes orienté, pour le Haut-Koenigsbourg (3). Néanmoins, cet espace avait une vocation de « marche » certaine. Voilà pourquoi de nombreuses casernes y avaient été construites, à la fois pour matérialiser une présence militaire réelle, mais aussi car les soldats étaient un bon vecteur de germanisation. Les villes de Metz et Strasbourg, elles, furent dotées d’une ceinture de forts très modernes et destinés surtout à dissuader la France d’attaquer. Signe de l’évolution des temps, ils étaient semi-enterrés, pour lutter contre les progrès de l’artillerie. Parmi eux, on peut citer celui de Reichstett, autour de Strasbourg. Les débouchés des Vosges, eux, furent dotés d’ouvrages devant arrêter les troupes françaises, car la ligne du massif n’était par entièrement protégée. L’un des plus impressionnants est celui de Mutzig (voir plus bas), qui inspira indirectement la ligne Maginot.

Or, dès les premiers jours de la guerre, une partie de ce territoire connut des combats.

Notes: 

(1) : http://www.musee-henner.fr/collections/l-alsace-elle-attend

(2): Le point sur la question ici: https://www.napoleon.org/histoire-des-2-empires/articles/une-chronique-de-thierry-lentz-limperatrice-le-tigre-et-le-retour-de-lalsace-lorraine-en-1918

(3) : https://antredustratege.com/2014/01/20/le-chateau-du-haut-koenigsbourg/

Bibliographie:

-ROTH (François), Alsace-Lorraine. Histoire d’un « pays perdu » de 1870 à nos jours, Paris, Tallandier, coll. « Texto », 2016, 222 p.

-Informations glanées lors de la visite de nombreux forts:

https://antredustratege.com/2017/10/12/le-fort-rapp-moltke-reichstett/

https://antredustratege.com/2015/09/21/le-fort-de-mutzig-alsace-reportage-photo/

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Imperial War Museum (Londres)

Quelques clichés de L’Imperial War Museum de Londres. Refait il y a peu, il arbore une muséographie déroutante: très peu d’objets, pas d’uniformes (!), plus vraiment de chronologie, des expositions son et lumière n’ayant aucun rapport avec l’armée britannique, rien d’avant 1914. Bref, une déception, heureusement tempérée par quelques intéressantes pièces que voici.  Photos de l’auteur.

https://www.iwm.org.uk/visits/iwm-london

Filtreur d’air utilisé dans les abri antiaériens durant les bombardements allemands de Londres. On peut le faire fonctionner en pédalant en cas de manque d’électricité. Photo de l’auteur.

Torpille allemande GE7 T3. Utilisée à partir de 1942, elle fonctionne avec un moteur électrique qui la rend invisible, contrairement aux premiers modules à air compressé, qui laissaient des bulles dans leur sillage. Photo de l’auteur.

Sous-marins de poche italien utilisés pour attaquer les navires depuis les profondeurs. Les pilotes approchaient et laissaient une ogive sur la coque du navire comme à Alexandrie en décembre 1941. Deux cuirassés furent sérieusement endommagés, ce qui impressionna jusqu’à Churchill. Photo de l’auteur.

Cockpit d’un Lancaster utilisé dans le 467 Squadron de la RAF, avec une bonne partie de l’équipage d’origine australienne. Entré en service en 1942, c’est un bombardier plutôt efficace. Photo de l’auteur.

Zoom sur une lunette de visée d’un fusil soviétique Mosin-Nagant 1891/30. Arme d’origine belgo-russe, elle fut raccourcie en 1930 et est le principal fusil de l’armée rouge jusqu’en 1945. Photo de l’auteur.

Moto BMW de l’armée allemande, armée d’une mitrailleuse MG-34. Ces unités servent pour la reconnaissance et le transport de messages. Photo de l’auteur.

Rien de moins que la « Humber » de commandement de Montgomery en 1942 en Egypte. Célèbre officier britannique, il fut l’adversaire de Rommel mais il a beaucoup exagéré son rôle dans la guerre. Photo de l’auteur.

Panneau indiquant un champ de mine italien dans le désert d’Afrique du Nord. Photo de l’auteur.

Canon britannique de 25-pounder, peint en couleur sable. Cette pièce servit lors de la fameuse bataille d’El-Alamein. Photo de l’auteur.

Le « spitfire », rien à ajouter. Photo de l’auteur.

L’entrée du musée, avec d’impressionnants canons navals. Photo de l’auteur.

Veste de costume provenant de stocks de démobilisation. Les soldats britanniques étaient renvoyés chez eux avec un habit civil. Photo de l’auteur.

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William Wallace, le personnage et son mythe : VI) Bilan et postérité

Bilan des actions de William Wallace

Au final, « l’épopée » de Wallace n’eut pas d’immenses conséquences dans la route de l’Ecosse vers l’indépendance. Ses succès, parfois retentissants, n’ont été que de très courte durée et il n’a pas su unifier derrière lui une société profondément divisée et même marquée par une guerre civile, on l’a vu. La victoire finale ne vint qu’après et est surtout l’oeuvre de Robert Bruce. Comme l’écrit Michel Duchein à son sujet: « Robert Bruce n’était pas Wallace. Dans ses veines coulait le sang royal et il avait, en tant que grand seigneur, quantité de vassaux et de fidèles prêts à le suivre. » (op. cit. p. 147).

Wallace ne fut « qu’un » chef de guerre, doué, qui put rassembler, il est vrai, de nombreux partisans à certains moments malgré sa basse extraction, gagner d’importantes victoires. Toutefois elles restèrent sans lendemain et ses actions furent accompagnées de grandes violences, et mêmes d’actes cruels vis-à-vis de ses ennemis anglais. Pourquoi est-il donc resté si célèbre ? Tout d’abord car dès l’époque, sa mise à mort particulièrement atroce et longue a suscité beaucoup de sympathie et de compassion pour lui, au point d’en oublier ses aspects les moins reluisants. De plus, il a été redécouvert à la fin du XVIIIe siècle et surtout au XIXe siècle, époque où l’Ecosse redécouvre son passé, y compris grâce à la reine Victoria, mais souvent en le fantasmant. Les écrits de Walter Scott, les poésies de Robert Burns et les immenses monuments dont vous avez pu voir quelques photos ont fait beaucoup pour fixer dans les mémoires certains épisodes de l’histoire écossaise.

Enfin, le film de 1996 dont il va être question un peu plus loin a ramené sur le devant de la scène ce personnage, en lui faisant endosser un rôle beaucoup plus important qu’il ne le fut en réalité. Le bon côté est que cela a donné envie à beaucoup de gens de s’intéresser à cette époque… Et le moins bon est que cette production est hélas de « valeur historique à peu près nulle » (Michel Duchein, op. cit. p. 144). Encore une fois, cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas la regarder, loin de là, mais être conscient qu’elle est tout sauf proche des événements qui se sont réellement déroulés.

Statue de Robert Bruce, Stirling. Photo de l’auteur (2016)

Monument à William Wallace. Erigé en 1869 à Stirling. Plus d’informations: https://www.nationalwallacemonument.com/francais/ Photo de l’auteur, 2016.

Film et réalité, fiction et histoire 

On l’a donc vu, le William Wallace historique est assez loin de l’image qu’en donne le cinéma américain. Si les Écossais ont alors une réelle prise de conscience de leur identité, ils ne sont pas non plus animés d’un nationalisme tel que le montre le film, plus proche des réalités étasuniennes d’aujourd’hui que du Moyen-Age. On notera tout de même que l’année 1320 voit être produite la déclaration d’Arbroath, texte fondateur qui est une farouche déclaration d’indépendance écossaise. Or, fait significatif, si elle répète toutes les avanies réelles ou supposées perpétrées par les rois d’Angleterre, elle ne cite justement pas Wallace (ni Baillol et toutes les compromissions des seigneurs écossais avec l’Angleterre) !

De plus, Mel Gibson lui prête même une relation avec l’épouse d’Edouard II d’Angleterre, incarnée par Sophie Marceau. Sans doute est-ce issu d’une volonté, louable, de donner de la consistance à un personnage féminin, dans une histoire qui n’en comporte que peu. Hélas, outre des erreurs de date, c’est tout sauf historique:  rien ne se produisit entre eux, qui ne se rencontrèrent pas…

Enfin, le personnage de Robert Bruce est clairement caricatural dans le film. Si l’on a vu ses incohérences et sa soif de pouvoir, son attitude pro-anglaise durant une partie de sa vie, il est rendu plutôt lâche voire traître à Wallace dans le film. D’ailleurs, ses relations avec celui-ci son assez mal connues, et c’est bel et bien lui qui devient souverain d’Ecosse et sécurise son indépendance après la grande victoire de Bannocknurn en 1314, soit des années après l’exécution du vainqueur de Stirling (1305).

Bibliographie consultée (qui n’a donc pas pour but d’être exhaustive):

-DUCHEIN (Michel), Histoire de l’Ecosse. Des origines à nos jours, Paris, Tallandier, coll. « Texto », 2013, 797 p.

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« Napoléon : images de la légende », exposition à Arras

En attendant de terminer avec William Wallace, je vous propose quelques clichés d’une magnifique exposition consacrée à Napoléon au musée des Beaux-Arts d’Arras. Lié à Versailles depuis 2011, il accueille des œuvres d’habitude parquées dans les réserves du château et peu visibles. Photos de l’auteur.

https://napoleon.versaillesarras.com

Bronze argenté de Louis Rochet de 1857, il représente le jeune Bonaparte élève à Brienne. Beaucoup d’œuvres de ce style furent commandées par Napoléon III pour accentuer le lien entre les deux Empires. Photo de l’auteur.

Toile de 1793 de Bertaux présentant la chute des Tuileries le 10 août 1792, qui met fin à la monarchie. Bonaparte y assista, sans y prendre de réelle part. On voit bien les gardes suisses, tués en accomplissant leur devoir. Photo de l’auteur.

Charles Bonaparte, tel que peint par Girodet en 1805. Le père de Napoléon, mort en 1785, ne put constater l’ascension fulgurante de son fils. Photo de l’auteur.

Lejeune, dont il sera souvent question, est l’un des peintres de bataille (il fut aussi militaire) les plus célèbres de la période. Il représente là la bataille de Lodi en 1796, vrai premier grand succès de Bonaparte, après le siège de Toulon. On voit là le détail du commandement. Photo de l’auteur.

 

Détail, avec l’artillerie française. Photo de l’auteur.

On retrouve Lejeune et Marengo dans une toile de 1801. La bataille, très mal engagée, est finalement un succès français. Détail avec le commandement français et Napoléon. Photo de l’auteur.

Important tableau de Thévenin sur la prise de Ratisbonne en 1809 durant la campagne d’Allemagne qui finit par Wagram. Photo de l’auteur.

Détail, avec l’attaque des murs. Photo de l’auteur.

Gigantesque tableau de Thévenin montrant la reddition d’Ulm. L’importante garnison autrichienne, complètement encerclée par une manœuvre de génie se rend en octobre 1805. Là on voit le détail bien connu du commandement autrichien se rendant à Napoléon. Photo de l’auteur.

Détail, l’armée française observe la ville. Photo de l’auteur.

Détail, la reddition de l’armée autrichienne. Photo de l’auteur.

Les Autrichiens rendent les armes. Photo de l’auteur.

Lejeune nous présente les terribles combats d’Espagne dans un tableau bien connu sur Saragosse, réalisé en 1827. Photo de l’auteur.

Ils se concentrent ici dans le cloître d’un couvent. Photo de l’auteur.

Monfort réalise ici une copie d’un très très célèbre tableau de Vernet représentant les adieux de Napoléon à Fontainebleau. « Adieu, mes enfants ! je voudrais vous presser tous sur mon coeur ; que j’embrasse au moins votre drapeau !  » https://www.napoleon.org/histoire-des-2-empires/articles/les-adieux-de-fontainebleau-a-la-vieille-garde-20-avril-1814/ Photo de l’auteur.

Andrieux représente ici, dans un tableau un peu moins connu, la charge des cuirassiers français à Waterloo. Le champ de bataille: https://antredustratege.com/2016/07/14/decouverte-du-champ-de-bataille-de-waterloo/

Et pour conclure, un bronze de Seurre de 1834 ! Photo de l’auteur.

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William Wallace, le personnage et son mythe : V) La capture et la mise à mort

Les conséquences de la guerre civile écossaise

On l’a vu précédemment, les chefs écossais se trouvent être incapables de s’entendre entre eux, malgré la mise au point d’une structure de commandement plutôt unifiée. Leurs divisions qui tournent à la guerre civile sont une catastrophe pour leur cause, d’autant plus que le roi d’Angleterre, qui a signé un traité de paix avec la France en 1303 n’a plus de combats à mener sur le continent. Très vite, il peut à nouveau porter ses efforts vers le nord.

Le château de Stirling, haut-lieu de la résistance à Edouard 1er en 1304. Il a été modifié depuis… Photo de l’auteur (2016).

Le château de Stirling, haut-lieu de la résistance à Edouard 1er en 1304. Il a été modifié depuis… Photo de l’auteur (2016).

 

A l’été de cette même année, il franchit donc le Forth à la tête de son armée. Puis, il s’empare de toutes les villes qui lui résistent, dont le château de Stirling un an plus tard, ultime lieu de défense avant les hautes terres du Nord. Si la résistance écossaise a été réelle, elle n’a pas été unie et n’a pu empêcher Edouard d’être victorieux. Celui-ci, qui contrôle presque tout le territoire, ne souhaite pas que son autorité soit limitée à quelques places fortes comme auparavant. Il décide donc de proclamer une amnistie générale pour tous les Écossais qui se rallieraient à lui et cesseraient le combat.

Wallace est capturé, torturé et exécuté

Toutefois, Wallace est exclu de cette manœuvre et, ainsi ostracisé, rapidement abandonné par ses proches. La plupart des Écossais acceptent l’offre du roi d’Angleterre et il se retrouve seul. Il est finalement capturé à Glasgow et ramené en Angleterre pour y être jugé. Le procès est bien connu et les autorités anglaises souhaitent que le sort réservé au chef rebelle ait une valeur d’exemple, d’exemple particulièrement frappant qui dissuaderait de futurs candidats à la révolte.

Le château de Stirling, haut-lieu de la résistance à Edouard 1er en 1304. Il a été modifié depuis… Photo de l’auteur (2016).

Statue de William Wallace dans les rues de Stirling. Photo de l’auteur (2016).

Ainsi, la liste des faits qu’on lui reproche depuis ses premiers exploits est-elle bien longue et il est condamné à la peine capitale. Torturé de manière particulièrement atroce, il est finalement exécuté le 23 août 1305 à Londres. On le verra dans une ultime partie, à venir, sa fin poignante fit beaucoup pour sa renommée et il nous faudra faire un bilan, et analyser son apport à la résistance écossaise. Disons-le dès à présent: ce n’est pas lui qui libère durablement l’Ecosse, mais l’ambitieux Robert Bruce, dont on pourra reparler.

Bibliographie consultée (qui n’a donc pas pour but d’être exhaustive):

-DUCHEIN (Michel), Histoire de l’Ecosse. Des origines à nos jours, Paris, Tallandier, coll. « Texto », 2013, 797 p.

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Exposition « Les armes savantes » à Versailles

Quelques photos de la très belle exposition consacrée à la relation entre Versailles et l’armement. La ville et ses alentours sont liés à de nombreuses innovations depuis des siècles, à beaucoup d’écoles militaires, à des événements majeurs comme la Libération de Paris et la cité royale resta également très longtemps une ville à la garnison importante.

Photos de l’auteur.

La page: 

https://www.versailles-tourisme.com/les-armes-savantes-exposition-a-l-espace-richaud-1.html

Poste de DCA allemand durant l’occupation, à Versailles. Sources: archives communales de la ville. Photo de l’auteur.

Masque pare-éclats pour équipage de char en 1917. Lieu de conservation: musée de l’Armée. Photo de l’auteur. Versailles est liée directement à l’expérimentation des chars de combat.

Mortier Darne de 80 mm, utilisé à partir de 1915 dans les tranchées. Le polygone de tir de la ville servit à de nombreux essais. Lieu de conservation: musée de l’Armée. Photo de l’auteur.

Après le bombardement allemand de janvier 1918, Versailles protège ses monuments. Photo conservée à l’ECPAD. Photo de l’auteur.

Très intéressante expérimentation de la commission d’expériences de Versailles qui œuvra de 1885 à 1933, testant des armes étrangères et des modèles français. Là une « Thompson » américaine bien connue a été modifiée. Objet conservé au musée de l’Armée. Photo de l’auteur.

Un pistolet-mitrailleur d’essai en 1936, il devait équiper les troupes motorisées et les futurs parachutistes. Finalement, on produisit (et peu) des MAS38. Objet conservé au musée de l’Armée. Photo de l’auteur. Pour en savoir plus: https://antredustratege.com/2013/11/06/les-armes-du-soldat-francais-en-1940-les-pistolets-mitrailleurs/

Un manuel présente le chargement de l’artillerie de montagne sur les mulets. Il s’agit d’une pièce du système « de Bange » (fin XIXe). Photo de l’auteur.

Affiche de 1877. Photo de l’auteur.

Napoléon III passe en revue les troupes à Satory, et décore des officiers revenus du Mexique. Musée Lambinet de Versailles, photo de l’auteur.

Gilbert représente ici le combat de Guichen à la Dominique en 1780, durant la guerre d’indépendance américaine. Ce fut un affrontement indécis et le tableau permet de bien voir le combat en ligne des vaisseaux. Il est conservé à la bibliothèque de Versailles. Photo de l’auteur.

Paire de pistolets de luxe, offerte par Murat à Cambacérès. La manufacture d’armes de la ville de Versailles produisait ce genre d’armes, mais aussi des fusils pour la Garde Impériale. Photo de l’auteur. Objet conservé au musée de l’armée.

 

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William Wallace, le personnage et son mythe : IV) Le retour en Ecosse d’Edouard Ier

De Stirling à Falkirk 

On l’a dit précédemment: alerté par la tournure que prennent les événements, Edouard Ier revient à marche forcée en Ecosse, avec une forte armée. Rapidement, il occupe des places d’importance et reçoit l’aide de seigneurs écossais jaloux de Wallace. Celui-ci, qui tente d’échapper à la nasse qui se referme est accroché par les troupes du roi d’Angleterre, à Falkirk. La localité, située à une vingtaine de kilomètres au sud-est de Stirling est proche du Firth of Forth, l’estuaire du fleuve du même nom, et environnée de bois protecteurs.

Toutefois, plutôt que de s’y réfugier, le chef écossais décide de se mettre en position défensive et d’y attendre solidement les forces d’Edouard. L’été est torride et il dispose ses troupes en schiltrons, unités où les hommes sont très serrés et forment un rempart de lances difficile à attaquer. L’idée semble bonne, mais c’est sans compter la formidable archerie d’Edouard, qui affaiblit ces troupes très peu mobiles, avant que la cavalerie ne termine le massacre.

Falkirk est un désastre: l’armée de Wallace est totalement disloquée à la fin de la journée (22 juillet 1298) et il doit s’échapper pour éviter la capture. Le triomphe d’Edouard est total.

Statue de Robert Bruce au château d’Edimbourg. Photo de l’auteur (2016).

Edouard Ier semble l’emporter définitivement

D’autant plus que Wallace fuit pendant quelques années en France, sans que l’on puisse dire avec certitude, faute de documents, ce qu’il y fait. Il ne revient en Ecosse qu’à la charnière des années 1303-1304, et y reprend sa petite guerre contre l’occupant anglais, qui s’est solidement installé après la bataille vue plus haut… Sans que l’autorité d’Edouard rayonne beaucoup plus loin que le rayon d’action de ses garnisons, comme quelques années plus tôt.

La situation semble propice, d’autant plus que Wallace regroupe à nouveau des partisans, et une structure de commandement est formée, nommée « gardiens du royaume », sorte de régence agissant au nom de Jean Baillol, dont on a vu qu’il était un pion des Anglais. Elle remporte quelques succès, jusqu’à ce que Robert Bruce, qui en fait partie, la dénonce ouvertement, désirant le pouvoir pour lui-même.

Ces divisions intenses débouchent sur une guerre civile qui remet en cause l’efficacité de la lutte contre les Anglais et Edouard Ier paraît l’emporter définitivement.

Bibliographie consultée (qui n’a donc pas pour but d’être exhaustive):

-DUCHEIN (Michel), Histoire de l’Ecosse. Des origines à nos jours, Paris, Tallandier, coll. « Texto », 2013, 797 p.

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Le patrimoine militaire de Wangenbourg-Engenthal

Située dans le massif des Vosges, la petite commune de Wangenbourg-Engenthal abrita le poste de commandement de la 5e Armée durant la Drôle de Guerre. Son chef d’Etat-major était le bien connu général de Lattre de Tassigny. Des personnalités célèbres comme Daladier, le président de la République Lebrun et même Charles de Gaulle s’y rendirent. Une casemate pour les personnalités importantes y avait été créée. A côté de cela, le lieu abrite un château commencé à la fin du XIIe siècle et dont les ruines restent impressionnantes. Vue magnifique depuis le donjon…

Plus d’informations: https://www.chateauxfortsalsace.com/fr/chateau/chateau-de-wangenbourg/

Le Grand hôtel, aujourd’hui du Parc, où le PC de la 5e armée s’était installée. A 40 kilomètres à l’ouest de Strasbourg, dans les Vosges, la position était abritée. Photo de l’auteur.

L’Etat-major resta là durant toute la Drôle de Guerre, période incertainte entre septembre 39-et mai 40, date de l’attaque allemande à l’ouest. Photo de l’auteur.

La casemate où les personnalités importantes s’abritaient. Le centre de commandement y était relié. Photo de l’auteur.

Autre vue. Photo de l’auteur.

Autre vue. Photo de l’auteur.

Première vue du château, qui se compose de plusieurs éléments des XII, XIII et XIVe siècles. Les soldats de Louis XIV encore y passèrent ! https://www.chateauxfortsalsace.com/fr/chateau/chateau-de-wangenbourg/ Photo de l’auteur.

En longeant les remparts. Photo de l’auteur.

En longeant les remparts. Photo de l’auteur.

En longeant les remparts. Photo de l’auteur.

La cour intérieure. Photo de l’auteur.

La cour intérieure. Photo de l’auteur.

Arche donnant sur la forêt, dans la cour intérieure. Photo de l’auteur.

La cour intérieure. Photo de l’auteur.

Superbe vue des Vosges depuis le donjon. Photo de l’auteur.

Depuis le haut du deuxième donjon (fin XIIIe-début XIVe), le primitif ayant été remplacé. On en voit encore les fondations. Photo de l’auteur.

¨Plaque en l’honneur du général de Gaulle. Photo de l’auteur.

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William Wallace, le personnage et son mythe : III) la bataille de Stirling

Stirling bridge 

On l’a vu précédemment, les premières actions de Wallace lui valent d’être rejoint par un nombre important d’Ecossais dans sa lutte contre l’occupation anglaise, même si ce n’est pas le cas de tous. Ainsi, en août 1297, il se sent assez fort pour assiéger la ville de Dundee, à environ 100 km au nord d’Édimbourg. Celle-ci est importante car riche et elle n’a pas rejoint son camp. C’est à ce moment que les commandants anglais voient l’occasion d’agir en le coupant de ses bases et lignes de ravitaillement.

Ils décident d’occuper la ville de Stirling, hautement stratégique car se trouvant sur le cours de la Forth, à l’époque infranchissable ailleurs que là avant son estuaire… Car le dernier pont s’y trouve justement. Rapidement, Wallace prend la mesure du danger mortel qui le menace et fait demi-tour. Lorsqu’il parvient à Stirling, c’est avec pas moins de 4000 hommes à pied et 180 cavaliers. C’est à la fois beaucoup et peu, car les Anglais sont 15.000 et occupent solidement la rive droite. En apparence, tout était contre lui, car il leur suffisait d’attendre.

Toutefois, l’histoire n’a pas besoin d’être romancée voire hideusement transformée comme le font beaucoup de productions culturelles: elle est à elle seule remplie d’anecdotes romanesques. Cette bataille le montre bien car, un chevalier anglais du nom de Marmaduke Tweng, pressé d’en finir et sans doute de se couvrir de gloire… Se lance à l’assaut du pont, entraînant une partie des troupes avec lui.

 

Le pont de Stirling et la Forth. Celui de 1297 était en bois et l’actuel date du 16e siècle. Un article sur la question: https://scottmanning.com/content/the-real-location-of-stirling-bridge/ Photo de l’auteur (2016).

Plaque à Stirling. Photo de l’auteur (2016).

Les conséquences de la bataille

Wallace, alerté, comprend qu’il y a quelque chose à jouer: il laisse s’avancer la moitié de l’armée anglaise puis, lance ses troupes sur elle, qui dévalent des collines. C’est un massacre car le pont constitue un goulet d’étranglement, et se battre adossé à une rivière n’est jamais simple. Les Anglais perdent 3000 hommes, dont cent chevaliers. Surtout, les conséquences sont grandes car le retentissement de la victoire inattendue de Wallace est immense.

Elle constitue le « déclic » qui fait tomber les dernières résistances à un ralliement à son camp: les villes le rejoignent les unes après les autres et la noblesse écossaise lui obéit. Dans une société médiévale, ce n’est pas courant. N’oublions pas sa basse extraction. Mieux, Robert Bruce fait de lui un chevalier. L’Ecosse semble en passe d’être totalement libérée en cette année 1297, d’autant plus qu’Edouard Ier est alors sur le continent, en train de se battre dans les Flandres contre les Français. Alerté, il décide de réagir et regagne les lieux  avec une grande armée au début de l’été 1298.

Bibliographie consultée (qui n’a donc pas pour but d’être exhaustive):

-DUCHEIN (Michel), Histoire de l’Ecosse. Des origines à nos jours, Paris, Tallandier, coll. « Texto », 2013, 797 p.

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1870: la bataille « de Reichshoffen » (Woerth-Froeschwiller)

A l’été 1870, la France se retrouve en guerre contre la plupart des Etats allemands et les premiers combats tournent très vite à son désavantage en Alsace et en Lorraine. Le combat dit de « Reichshoffen » est resté célèbre avec quelques autres, car il vit les cuirassiers français y charger valeureusement. A travers les vignes et les houblonnières en cette très chaude journée d’été, 6 août, ils eurent des pertes effroyables. Malgré cela, le nom est erroné et les combats eurent lieu à Woerth et Froeschwiller. Voici les photos du champ de bataille et du musée de Woerth. Ainsi que la chanson suivante sur la question: https://www.youtube.com/watch?v=kAdXDnOgb_0 

Quant à William Wallace, il revient bientôt ! 

ue du château de Froeschwiller. Dans l’église d’à côté, des blessés furent soignés. https://www.tourisme-alsace.com/fr/244001068-Chateau-des-Eckbrecht-de-Durckheim-Montmartin.html Photo de l’auteur.

Monument au 3e bataillon de Jaeger Wurtembergeois. Le lieu en foisonne car devint allemand après 1870. Les Français n’y touchèrent pas. Contrairement aux nazis qui détruisirent certains édifices français. Photo de l’auteur.

Imposant monument allemand, où le lion piétine des armes et emblèmes français, dont la fameuse mitrailleuse « de Reffye ». Pour en savoir plus : https://www.youtube.com/watch?v=sP8npOGYC08 https://journals.openedition.org/rha/6765 Photo de l’auteur.

L’aigle impériale piétinée (féminin dans ce cas). Photo de l’auteur.

Monument du 5ème régiment d’infanterie de Thuringe n°94 (Saxe). Photo de l’auteur.

Belvédère allemand. Bâti pour pouvoir observer le champ de bataille. Photo de l’auteur.

Vue depuis le belvédère. Il y avait beaucoup de lumière… photo de l’auteur.

Idem. Photo de l’auteur.

Château de Woerth, où est le musée consacré à la bataille. http://www.officiel-galeries-musees.com/chateaux/chateau-de-woerth Photo de l’auteur.

Le fameux tableau de Detaille sur la charge des cuirassiers. Il a curieusement choisi d’illustrer le moment où elle débouche dans le village de Morsbronn… Les cavaliers y furent massacrés par des tireurs cachés dans les maisons. On lui reprocha donc cette toile. Photo de l’auteur.

L’incroyable « La charge des cuirassiers » de Théodore Lévigne. Photo de l’auteur.

Détail. Photo de l’auteur.

Détail. Photo de l’auteur.

Pour en savoir plus: 

https://www.wargamer.fr/la-guerre-de-1870/

https://antredustratege.com/2017/05/26/exposition-france-allemagnes-1870-1871-la-guerre-la-commune-les-memoires-aux-invalides/

https://antredustratege.com/2016/02/04/garibaldi-au-secours-de-la-france-1870-1871-i-introduction/

 

 

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