Mon test de Crusader Kings II – The Reaper’s Due

En attendant le début d’un nouveau dossier, je vous propose mon dernier test en date pour la Gazette du wargamer. Il s’agit d’un article consacré à l’extension The Reaper’s Due pour le jeu  Crusader Kings II. Assez sombre, elle se concentre sur les maladies et notamment les épidémies de peste qui firent tant de mal au Moyen-Age.

La peste noire s'étend.

La peste noire s’étend.

Le test: 

Test : Crusader Kings II – The Reaper’s Due, gare à la Faucheuse

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L’aide à la Finlande lors de la guerre d’Hiver: III) fantaisistes projets alliés

Terminons aujourd’hui ce dossier consacré à la guerre d’hiver en passant en revue quelques plans alliés concernant la Finlande et qui, avec le recul, semblent manquer singulièrement de réalisme.

Un intérêt soudain pour le Grand Nord

La première chose à noter est que la guerre finno-soviétique fait naître un intérêt soudain et puissant dans les démocraties occidentales, alors que cette région d’Europe était jusque-là peu connue de l’opinion publique, et même d’une bonne partie des décideurs. Les raisons sont multiples, mais on peut dégager la suivante : en pleine inaction de la Drôle de Guerre, certains responsables politiques et militaires français et britanniques souhaitent agir sur des fronts dits « périphériques », notamment car les opinions publiques réclament des actions militaires. De plus, le courage avec lequel le pays se défend n’est pas sans impressionner: on a d’ailleurs vu que de nombreux comités de soutien à la Finlande naquirent dans ces mois où les armes restèrent au pied sur le front ouest.

Parmi ces personnes intéressées par une action de diversion en Scandinavie, on peut citer rien de moins que Churchill, pas encore premier ministre, mais aussi Daladier, le président du Conseil français. Le premier lord de l’amirauté est connu pour vouloir frapper où on ne l’attend pas forcément (et va garder un intérêt pour le secteur tout au long de la guerre); quant au « taureau du Vaucluse », il a peur que l’armée ne s’enlise dans un quotidien monotone. Lui aussi pense à affaiblir l’Allemagne indirectement, en frappant les endroits d’où elle tire certaines ressources (ce qui va déboucher sur l’expédition de Norvège). De plus, une fraction de son cabinet est loin de porter l’URSS dans son cœur et désire l’affaiblir. Dès le début les buts sont donc flous et, on va le voir, les projets manquent singulièrement de réalisme.

Vidéo de l’ECPAD sur le débarquement en Norvège:

http://www.ecpad.fr/narvik-premiere-operation-de-debarquement/

Edouard Daladier et Neville Chamberlain (Churchill n'est pas encore premier ministre). Site d'origine indiqué.

Edouard Daladier et Neville Chamberlain (Churchill n’est pas encore premier ministre). Site d’origine indiqué.

Des projets peu réalistes

Ainsi, malgré une grande indécision, des opinions contraires et résistances multiples, les cabinets alliés parlent sérieusement d’intervenir en Laponie, opération qui pourrait être couplée avec une action aérienne contre les champs de pétrole soviétiques du Caucase, depuis les aérodromes du mandat français de Syrie ! N’importe qui regardant une carte se rend évidemment compte des risques et des distances très grandes… C’est d’ailleurs ce que font remarquer quelques militaires français, dont Gamelin lui-même, qui retardent cette volonté politique qui apparaît difficilement réalisable. De plus, on imagine bien les conséquences d’une action directe contre l’Union soviétique.

Ainsi, le désordre est très grand, alimenté par les Finlandais eux-mêmes qui essaient de provoquer une intervention alliée à leurs côtés. Par le biais de l’ambassadeur américain en France, la SDN est même impliquée dans l’affaire et finit par condamner l’URSS le 10 décembre 1939. Bien sûr, ses moyens sont limités et l’organisation n’a pas su régler efficacement les problèmes des années 20 et 30. Dans les mois qui suivent d’autres projets sont encore évoqués mais paraissent encore très mal définis. Des questions insolubles continuent à se poster: comment aider la Finlande si excentrée tout en ne voulant pas rompre directement avec l’URSS ? Quant à certains projets de débarquement: comment les réaliser sans l’accord des pays concernés ? Etc. 

Finalement, la paix en mars 1940 détourne les moyens péniblement rassemblés, et va amener Londres et Paris à les détourner sur la Norvège, envahie par les Allemands le mois suivant. Là encore l’impréparation et l’improvisation furent presque totales. A ce sujet, d’autres informations ici:

L’armée norvégienne en 1939-40.

Cette troisième partie conclut donc ce dossier !

Bibliographie consultée (qui n’a donc pas pour but d’être exhaustive):

Une très bonne synthèse en français sur la question:

-CLERC (Louis), La guerre finno-soviétique (novembre 1939-mars 1940), Paris, Economica, 2015, 209 p.

Et un bon fascicule Osprey, qui couvre le matériel plus spécifiquement et va jusqu’en 1945:

-JOWETT (Philip) et SNODGRASS (Brent), Finland at war. 1939-1945, Oxford, Osprey Publishing, coll. « Elite », 2006, 64 p.

Pour en savoir plus sur le FM 24/29: https://antredustratege.com/2013/12/05/les-armes-du-soldat-francais-en-1940-les-fusils-mitrailleurs/

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L’aide à la Finlande lors de la guerre d’Hiver: II) Le matériel

Après avoir vu les volontaires et missions militaires partis en Finlande, j’aimerais à présent revenir sur le matériel étranger qui fut livré à ce pays pour l’aider dans sa guerre contre l’URSS. Avant tout, je rappellerai que l’industrie nationale finlandaise produit de bonnes armes comme le pistolet-mitrailleur KP-31 ou une version locale du fusil mosin-nagant, mais elle ne peut évidemment rivaliser en quantité avec celle de son agresseur.

Le soutien décisif des Suédois

On l’a vu la dernière fois, la Suède, malgré sa politique de neutralité, est l’un des pays qui soutient le plus directement la Finlande. Or, son aide ne se limite pas à des hommes, mais également à du matériel. On parle de 84.000 fusils, 455 mitrailleuses, près de 300 pièces d’artillerie de tous types et même une trentaine d’avions. Une bonne partie est achetée et la proximité géographique des deux pays facilite le transport de ces armes, même si le rude climat oblige à recourir à des brises-glaces et même des routes de fortune sur la mer gelée du golfe de Bothnie.

Pays connu pour la qualité de ses armes, la Suède livre là certaines productions excellentes, comme le canon antichar Bofors du modèle 1937 ou la version antiaérienne du même constructeur et du calibre 40mm, ainsi que d’autres modèles. Evidemment, cela n’est qu’un appoint (quoique très conséquent), qui complique d’ailleurs sérieusement les problèmes logistiques de la Finlande.

Des recrues finlandaises s'entraînent au tir avec le PM KP-31 national. Bonne arme, mais en nombre limité.

Des recrues finlandaises s’entraînent au tir avec le PM KP-31 national. Bonne arme, mais en nombre limité.

Une aide venant du monde entier

En effet, l’armée finlandaise utilise du matériel venu du monde entier, ce qui devient très vite un vrai casse-tête pour ce qui est de l’intendance. Outre ses propres productions, on retrouve ainsi des équipements soviétiques capturés, ainsi que des achats faits dans divers pays dans les années 20 et 30, et même des stocks allemands de la Première Guerre mondiale, récupérés à l’issue de l’indépendance (casques, mitrailleuses…). 

De plus, certains pays envoient des armes et du matériel sciemment en Finlande,  pour lutter contre le communisme par Etats interposés. C’est le cas de l’Italie et, outre les avions (des Fiat) que j’ai déjà pu citer, on retrouve des pistolets Beretta dans ce conflit, et même des casques d’acier, etc. ! Côté français, des appareils du constructeur Morane-Saulnier sont expédiés, ainsi que de l’artillerie qui manque cruellement à la Finlande. Avec eux, les équipes techniques pour former les Finlandais à leur utilisation (voir article précédent).

Les matériels les plus anciens sont relégués à l’arrière ou à la défense côtière, mais certains modèles récents et de bonne qualité ont pu se retrouver sur le front comme le matériel suédois déjà cité, ainsi que des fusils-mitrailleurs français FM 24-29 de la manufacture de Châtellerault, mais en petit nombre.

Bien sûr, il est impossible là de faire la liste complète des modèles employés, tant ils sont nombreux et de provenance très diverse : des fusils arisaka japonais ont même été vus…

Bibliographie consultée (qui n’a donc pas pour but d’être exhaustive):

Une très bonne synthèse en français sur la question:

-CLERC (Louis), La guerre russo-finlandaise (novembre 1939-mars 1940), Paris, Economica, 2015, 209 p.

Et un bon fascicule Osprey, qui couvre le matériel plus spécifiquement et va jusqu’en 1945:

-JOWETT (Philip) et SNODGRASS (Brent), Finland at war. 1939-1945, Oxford, Osprey Publishing, coll. « Elite », 2006, 64 p.

Pour en savoir plus sur le FM 24/29: https://antredustratege.com/2013/12/05/les-armes-du-soldat-francais-en-1940-les-fusils-mitrailleurs/

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L’Ecosse dans Crusader Kings II: récit de partie

Avant de continuer le dossier sur la guerre d’Hiver et de retrouver Crusader Kings II pour une nouvelle extension, je vous propose la lecture d’un récit d’une partie effectuée sur le même jeu. J’ai choisi l’Ecosse, dont je parlais il y a quelques articles (Antiquité). Par la même occasion, bonne rentrée à tous mes collègues de l’Education Nationale, mercredi et jeudi !

Les deux épisodes, sur le site de la Gazette du Wargamer:

AAR Crusader Kings II : le règne du roi Constantine II

http://www.wargamer.fr/aar-crusader-kings-ii-fin-de-regne-lecosse-sagrandit/

On y retrouvera aussi les liens vers mes tests du jeu et de ses nombreuses extensions.

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L’aide à la Finlande lors de la guerre d’Hiver: II) Les moyens humains

Avant de revenir sur les moyens matériels et sur quelques projets avortés d’aide à la Finlande, passons en revue les différents groupes d’hommes (et de femmes, voir plus bas) venus aider ce pays lors de sa guerre contre l’URSS.

Des combattants

Si le conflit dont on parle n’attire pas autant de volontaires étrangers que la Guerre d’Espagne (voir plus bas), il est pourtant certain qu’il génère une vague de sympathie dans de nombreux pays, pour des motifs divers. Ainsi, des descendants de Finlandais partis à l’étranger souhaitent aider leur pays d’origine, d’autres sont attirés par le goût de l’aventure, et on note aussi des anticommunistes désireux de faire le coup de feu contre les Soviétiques. Par exemple, plus de 5000 Italiens se portent volontaires pour s’engager du côté des agressés. Toutefois, à cause de la difficulté de se rendre en Finlande, du caractère court de la guerre (novembre 39-mars 40) et de divers freins politiques et diplomatiques, ces groupes là ne voient pas le feu. Certains hommes venus de pays comme le Royaume-Uni et effectivement parvenus en Finlande eurent d’ailleurs des difficultés à en repartir, une bonne partie de l’Europe s’étant embrasée entre-temps.

Ce n’est pas le cas des Suédois et Norvégiens du Svenska Frivilligkåren. Fortes de leur proximité géographique et culturelle, la Norvège et la Suède voient en effet se constituer une brigade de volontaires à destination de la Finlande. Le gouvernement de Stockholm laisse faire, et des officiers de l’armée suédoise encadrent même cette unité de plusieurs milliers d’hommes au final,  et qui va se battre sur le Front de Laponie, dans des conditions difficiles. Ainsi, plus d’une centaine d’homme fut gelée et les pertes, blessés et tués, s’élèvent à 80 soldats environ. Pour un engagement limité dans le temps, ce ne sont pas des chiffres négligeables. Là encore, cela ne permet évidemment pas de faire la différence, et ces troupes ne se battirent que dans les derniers moments de la guerre.

Affiche suédoise pour l’aide à la Finlande:  » La cause de la Finlande est la nôtre » est-il dit au début.

Des conseillers et la formation de comités

A côté, des pays déjà en guerre comme la France envoient des conseillers militaires en Finlande, ainsi que du matériel, comme nous le verrons la prochaine fois. Ainsi, sur le sol finlandais, on trouve des techniciens britanniques, français et italiens, bientôt ennemis, qui assemblent des avions destinés aux Finlandais !

La République française, pour y revenir, envoie un certain nombre d’officiers appartenant à différentes armes et qui se rendent auprès du maréchal Mannerheim, âme de la résistance finlandaise. On parle là de plusieurs dizaines d’hommes qui vont aider à l’utilisation des pièces d’artillerie, des avions. Ailleurs, certains forment même ceux qu’ils sont venus aider depuis Stockholm, où une mission de près de 60 hommes s’est rendue à cet effet. Le Royaume-Uni n’est pas en reste et forme un comité destiné à rassembler des fonds et des volontaires.

Enfin, dans toute l’Europe des structures surgissent et parviennent à réunir de l’argent et du matériel (tout ne parvient pas à destination d’ailleurs), dont le Comité France-Finlande, l’un des plus actifs. Ce dernier parvient même à créer une petite unité de camions destinés à une utilisation sanitaire, et conduits par des infirmières de l’armée française, aidées de deux médecins. Malgré des difficultés et un escroc qui détourna les moyens, elles œuvrèrent à l’hôpital militaire d’Helsinki avec un grand professionnalisme. Petite page méconnue, mais très intéressante de l’histoire des femmes sous l’uniforme. 

Bibliographie consultée (qui n’a donc pas pour but d’être exhaustive):

Une très bonne synthèse en français sur la question:

-CLERC (Louis), La guerre russo-finlandaise (novembre 1939-mars 1940), Paris, Economica, 2015, 209 p.

Et un bon fascicule Osprey, qui couvre le matériel plus spécifiquement et va jusqu’en 1945:

-JOWETT (Philip) et SNODGRASS (Brent), Finland at war. 1939-1945, Oxford, Osprey Publishing, coll. « Elite », 2006, 64 p.

L’intervention étrangère durant la Guerre d’Espagne:

La guerre d’Espagne (1936-1939): IV) Les interventions étrangères

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L’aide à la Finlande lors de la guerre d’Hiver I) Introduction

Indépendante depuis la fin de l’année 1917, la Finlande devenue libre n’en reste pas moins dans le voisinage d’un Etat gigantesque : l’URSS. Or, celui-ci l’attaque durant l’hiver 1939-40, et l’emporte avec de grandes difficultés. Si cela ne représente qu’une goutte de sang dans cet océan meurtrier qu’est la Seconde Guerre mondiale, elle ne fut pas sans conséquences pour celui-ci et pour l’histoire de l’Europe au-delà. Nous allons donc voir dans les semaines à venir les raisons de cet affrontement peu connu, avant de revenir sur l’intervention étrangère aux côtés de la Finlande et de terminer par les conséquences de celle-ci.

L’entre-deux-guerres

J’ai rappelé en introduction que, profitant de la désagrégation de l’empire des tsars, le pays qui nous intéresse est parvenu à obtenir son indépendance, qui n’est guère remise en cause dans les années de l’entre-deux guerres. Le nouvel état est une démocratie assez nationaliste et anticommuniste, notamment car il se sent menacé par son voisin soviétique et que, encore très jeune, il est en pleine phase d’affirmation. Cela ne l’empêche pas d’être tourné vers la Suède frontalière et de s’inspirer de la France et du Royaume-Uni, tout en ayant des liens culturels certains avec l’Allemagne.

Or, sa crainte de l’Etat dirigé par Staline est fondée: après une phase de rapprochement jusqu’au milieu des années 30 (un pacte de non-agression est même signé en 1932), le « petit père des peuples » souhaite rectifier les frontières issues de la révolution russe et des conflits qui en ont découlé (guerre avec la Pologne etc.). Si les historiens se divisent encore quant à ses intentions précises, il est admis qu’il craint pour l’ancienne capitale de la Russie et berceau de l’Union Soviétique, Léningrad (ex Saint-Petersbourg). La ville est trop proche des frontières et donc d’une attaque, si la Finlande se trouvait en guerre contre l’URSS ou occupée par une puissance hostile. Même chose dans le grand nord: le port de Mourmansk, vital car libre de glaces toute l’année grâce au Gulf Stream est bien exposé… La suite de la guerre prouva l’importance de ce lieu, dans le cadre des livraisons alliées de matériel en URSS d’ailleurs.

Une délégation finlandaise se rendant à Moscou, en octobre 1939.

La marche à la guerre

Ainsi, Staline propose des rectifications de frontière aux Finlandais, en 1938 puis 39, contre des concessions. La montée en puissance de l’Allemagne l’inquiète et il ne se satisfait pas de la « simple » neutralité affichée par Helsinki. Pourtant, ces derniers refusent: ils croient la guerre impossible, ont foi dans leurs voisins scandinaves et dans le soutien diplomatique de l’Europe de l’ouest, et de la SDN.

Loin de rassurer le maître du Kremlin, ces réponses le confortent dans son préjugé d’un pays hostile, influencé par Berlin et prêt à menacer le sol soviétique. Il faut bien dire que sa paranoïa naturelle est renforcée par son service de renseignement en Finlande: déplorable et touché par les purges, il lui dit ce qu’il a envie d’entendre. Au final, l’année 1939 se déroule dans un climat tendu entre les deux pays, les négociations diplomatiques traînant en longueur durant des mois.

Peu à peu Staline se persuade de la nécessité d’une guerre, que tous les observateurs s’accordent à voir comme rapide, les deux armées étant de force très disproportionnée sur le papier. Ainsi, des troupes sont peu à peu acheminées sur la future ligne de front, alors que la Finlande mobilise ses soldats de manière préventive, même si elle espère toujours que Leningrad tente une démonstration de force pour la faire plier, comme dans les Etats baltes qui ont été occupés ainsi quelques mois plus tôt.

C’est pourquoi, la tension semblant redescendre, certaines unités sont rappelées chez elles au cours du mois de novembre. L’hiver approche, le froid d’Europe du nord est déjà là, et la perspective d’une attaque semble s’éloigner… Quand, le 28 novembre, l’URSS dénonce le pacte de non-agression de 1932 et, dès le lendemain, bombarde Helsinki. La guerre débute. 

En vidéo: reportage (pro-finlandais) d’époque du Service Cinématographique des Armées (à partir de 15′ 12 »), sur le site de l’ECPAD:

http://www.ecpad.fr/journal-de-guerre-18-semaine-du-3-fevrier-1940/

En jeu vidéo, récente extension de Order of battle:

Test : Order of Battle – Winter War, l’été sera frais

Bibliographie consultée (qui n’a donc pas pour but d’être exhaustive):

Une très bonne synthèse en français sur la question:

-CLERC (Louis), La guerre russo-finlandaise (novembre 1939-mars 1940), Paris, Economica, 2015, 209 p.

Et un bon fascicule Osprey, qui couvre le matériel plus spécifiquement et va jusqu’en 1945:

-JOWETT (Philip) et SNODGRASS (Brent), Finland at war. 1939-1945, Oxford, Osprey Publishing, coll. « Elite », 2006, 64 p.

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Les Romains et l’Ecosse: IV) Bilan et conséquences

Terminons aujourd’hui ces lignes consacrées à la présence romaine en Ecosse. C’est désormais l’heure du bilan, voyons donc s’il est resté des traces de la culture latine au nord des murs d’Hadrien et d’Antonin.

Une présence très discontinue

A première vue le constat semble sans appel: contrairement à la Bretagne, l’Ecosse n’a jamais connu de présence romaine vraiment durable. Les Romains n’y ont construit aucune grande ville, leur langue ne s’est pas imposée et ils sont restés des étrangers. 

Bien sûr, lors de leurs campagnes et entre les deux murs, ils ont tout de même bâti d’importants camps militaires où des contacts commerciaux avec les indigènes qui s’installaient en marge (ces installations se nomment canabae en latin) avaient lieu. Ainsi, les archéologues y ont retrouvé des objets venant de Gaule et même d’Orient ! Les fouilles ont aussi livré des monnaies, des objets plus usuels, et même agricoles.

Tout ceci prouve que des échanges existaient et que les Caledonii et Pictii utilisèrent en partie des innovations de leurs adversaires. Nuançons tout de suite:  celles-ci ne touchèrent pratiquement pas le nord montagneux, au-delà du mur d’Antonin et connu par la suite sous le nom de Highlands, où les populations restèrent presque hors de portée de l’influence latine. 

Mais quelques marques restées durables

Néanmoins d’autres apports furent plus durables, telles les routes, que les Romains construisaient avant tout pour leurs forces armées. Certaines, surtout dans le sud, servirent jusqu’au Moyen-Age, et même jusqu’à l’époque moderne et le mot street encore utilisé en anglais de nos jours vient du latin strata (voie pavée). De plus, dans les bagages des soldats romains voyagea peut-être le christianisme. S’il n’y a pas de preuve formelle, les textes du début du Moyen-Age parlent d’églises chrétiennes dès le Ve siècle en Ecosse.

Enfin, on a vu que les Romains ne conquirent jamais le nord de l’Ecosse, fixant leur limite au mur d’Antonin, c’est à dire à la ligne Clyde-Forth, déjà citée. Ce faisant, ils installaient dans les mentalités une division restée d’actualité jusqu’à nos jours entre les deux grandes parties du pays, Highlands et LowlandsC’est sans doute l’une des conséquences les plus importantes, car les populations des deux ensembles n’évoluèrent pas tout à fait de la même façon: assez tôt le sud s’anglicisa et parla un dialecte issu de l’anglais, le Scots, et non plus le gaélique.

Conclusion

Pour résumer, nous parlons d’une terre incomplètement soumise, et où l’influence romaine fut limitée. En fait, c’est assez logique: l’effort qu’il aurait fallu consentir pour conquérir toute l’Ecosse sembla bien vite trop coûteux pour ces terres peu fertiles et peuplées de farouches guerriers, qu’on préféra isoler derrière des fortifications. D’où un héritage romain très mince, mais pas sans conséquences comme on vient de le voir.

Bibliographie consultée (qui n’a donc pas pour but d’être exhaustive):

-DUCHEIN (Michel), Histoire de l’Ecosse. Des origines à nos jours, Paris, Tallandier, coll. « Texto », 2013, 797 p.

-Cours de licence.

 

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Les Romains et l’Ecosse, III) Les derniers siècles de l’Empire

L’expédition de Septime Sévère

Après Antonin, les difficultés s’accumulent pour l’empire romain. Les menaces se font plus pressantes sur ses frontières, et, pire, parfois contemporaines les unes des autres. Par exemple, Rome est parfois obligée de se défendre en même temps sur le Danube et en Orient, ce qui limite ses possibilités. A tel point que les historiens parlent de « terrible IIIe siècle » et/ou de « crise du IIIe siècle ». Par contre l’idée de « décadence de Rome » n’a pas vraiment d’assise scientifique.

En Bretagne, le mur d’Antonin joue son rôle à cette époque. Toutefois, Septime Sévère, empereur à poigne, décide lui aussi de mener une expédition au-delà de ses limites, pour punir les Calédoniens. En 209, il pousse donc assez loin au nord, peut-être plus qu’Agricola (voir article précédent). Avec ses fils il mène une campagne énergique, mais dont on a peu de témoignages. Ce qui est certain est que les Calédoniens sont un peu mieux connus des Romains, mais pas plus qu’avant, ils ne s’établissent définitivement en Ecosse. Deux ans plus tard, l’empereur est de retour en Bretagne et meurt à Eboracum, l’actuelle York.  Caracalla, qui lui succède, abandonne toute prétention sur l’Ecosse.

Aureus (pièce d’or) représentant Septime Sévère. Ses fils Caracalla et Géta sont présents, ils devaient régner conjointement mais le premier se débarrassa du second.

La Bretagne prise d’assaut

Après cette époque encore offensive, les Romains ne mènent plus guère d’action de cette envergure vers l’Ecosse et subissent de plus en plus d’attaques de la part des Calédoniens, peu à peu appelés Picti (« peints »), car ils s’enduisent le corps de guède. En 360 puis 364, ils poussent assez loin au sud et razzient la Bretagne. Rome a du mal à juguler ces attaques car, au même moment, les peuples venus d’Allemagne et du Danemark en attaquent les côtes, sans oublier les Irlandais qui font de même. Longtemps paisible, la Bretagne connaît à son tour les affres de la guerre.

Un retour offensif a lieu en 370: le général Théodose, père de l’empereur du même nom, parvient à repousser les Pictes au nord du mur d’Antonin, ainsi qu’il refoule les Irlandais et autres Danois hors de l’île. Ainsi, la présence romaine se perpétue jusqu’en 410, date à laquelle la Bretagne est définitivement abandonnée. L’empire d’occident craque de tous côtés et ne peut plus s’y maintenir. On le sait, le dernier empereur, qui n’avait plus de réels pouvoir, est déposé en 476.

Nous verrons la prochaine fois les conséquences de cette présence romaine en Ecosse.

Un cavalier romain combat les Pictes, oeuvre du IIe siècle visible au musée national d’Ecosse: http://www.nms.ac.uk/

Bibliographie consultée (qui n’a donc pas pour but d’être exhaustive):

-DUCHEIN (Michel), Histoire de l’Ecosse. Des origines à nos jours, Paris, Tallandier, coll. « Texto », 2013, 797 p.

-Cours de licence.

Sur le IIIe siècle en général, on peut lire le synthétique, quoique dense:

-CHRISTOL (Michel), L’Empire romain du IIIe siècle : Histoire politique, Paris, Errance, 2006 (2e ed), 288 p.

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Les Romains et l’Ecosse, II) Expéditions militaires et fortifications

On l’a dit, la Bretagne romaine s’arrêtait à peu près au nord de l’Angleterre actuelle et les peuples septentrionaux étaient mal connus des Romains. Cela n’empêcha pas des tentatives de conquêtes ou des expéditions punitives, ainsi que l’édification de murs restés célèbres, comme celui dit d’Hadrien. C’est ce que nous allons à présent voir.

A) Agricola

Après la conquête effectuée sous Claude, la Bretagne n’est pas la préoccupation première des Romains pendant un certain temps, et il faut attendre la fin des troubles suivant la mort de Néron pour voir de nouveaux projets être avancés. En effet, c’est Vespasien, vainqueur de la course à l’Empire après « l’année des quatre empereurs » de 69 qui décide de mettre fin aux raids des Caledonii  qui troublent la paix romaine.

Il envoie pour ce faire le célèbre général Agricola, dont les actes nous sont connus grâce à l’historien Tacite. Avec ses hommes, il pousse vers le nord dès 79, construit des forts et se bat contre les tribus celtes. Ces expéditions durent plusieurs années, avec des fortunes diverses: en 82, une légion, la IXe, est saignée lors de durs combats mais, l’année suivante, une grande victoire est remportée dans le nord de l’Ecosse, sans qu’on sache trop où. Ce qui est certain, c’est que la marine romaine a apporté son concours à cette campagne et poussé jusque dans la région de l’actuelle Aberdeen, soit très au nord. Plus tard, elle fit le tour de la Bretagne, et confirma que c’était bien une île.

Emplacement des deux murs. Carte tirée de la version britannique de wikipédia (si vous avez mieux…)

B) Hadrien et Antonin

Après cela, le calme revient pour plusieurs décennies. Les Romains se retirent vers le sud et renoncent à occuper toute l’île. L’empereur Hadrien, qui succède à Trajan, décide d’entériner cet état de fait par la construction d’un mur pour séparer la province de Bretagne du reste. Courant sur 130 kilomètres, il compte des tours et des forts à intervalles réguliers et des routes qui le longent permettent d’acheminer les troupes rapidement. Il est encore bien visible aujourd’hui. J’en profite pour rappeler que la zone-frontière romaine, nommée le limes est loin d’être toujours fortifiée comme on le lit trop souvent, notamment dans les manuels scolaires, ce mot étant abusivement traduit par « mur » dans bien des cas (voir plus bas) .

Toutefois, à peine achevé, il n’empêche pas des incursions ennemies et dès 139, Antonin, le successeur d’Hadrien, souhaite repousser la frontière défensive plus au nord. Ses hommes atteignent la ligne formée par les cours d’eau Clyde et Forth, emplacement stratégique, et y élèvent le « mur d’Antonin ». Etant donné l’étroitesse de la bande de terre à cet endroit, il est, sur le papier du moins, plus facile à défendre car il ne fait que 60 kilomètres environ, soit deux fois moins que le précédent. Là encore, il allie pierre et talus de terre, fossé côté ennemi et route côté romain, tours et camps à intervalles réguliers. Grâce à ces deux lignes, la région va connaître une longue période de paix et de prospérité.

Photo des vestiges du mur d’Hadrien. Ils restent nombreux.

Bibliographie consultée (qui n’a donc pas pour but d’être exhaustive):

-DUCHEIN (Michel), Histoire de l’Ecosse. Des origines à nos jours, Paris, Tallandier, coll. « Texto », 2013, 797 p.

-Cours de licence.

On trouvera un récit de la vie d’Agricola par Tacite, cité plus haut, ici traduit par l’Université catholique de Louvain:

http://bcs.fltr.ucl.ac.be/TacAgr/Agrtrad.html

Article (assez ancien) sur le limes sur un des sites de l’Université de Toulouse-Jean Jaurès:

http://dagr.univ-tlse2.fr/consulter/1977/LIMES%20IMPERII/texte

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Découverte du champ de bataille de Waterloo

La trêve estivale est bien là, et le site est un peu moins actif ces derniers jours. Avant de poursuivre ce que j’ai commencé sur Rome et l’Ecosse, je vous propose donc de découvrir le champ de bataille de Waterloo en Belgique à travers quelques clichés. Toutes les informations pour vous y rendre se trouvent à la fin. Je mettrai les photos des musées une autre fois.

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A Waterloo même, l’auberge où Wellington installa son quartier général. Elle fut bâtie en 1705 et contient aujourd’hui un musée. Dommage que la voiture ait été présente !

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La ferme de la Belle-Alliance, où se retrouvèrent les vainqueurs après la bataille pour leur célèbre poignée de main.

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Sur la route menant au quartier-général de Napoléon, la ferme dite « du Caillou ». On trouve cet émouvant monument dit « à l’aigle blessé ».

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Vue du champ de bataille, la « morne plaine »de Victor Hugo est bien ondulée !  Mais il faut lire le passage en entier: « Waterloo ! Waterloo ! Waterloo ! morne plaine ! Comme une onde qui bout dans une urne trop pleine, Dans ton cirque de bois, de coteaux, de vallons, La pâle mort mêlait les sombres bataillons. D’un côté c’est l’Europe et de l’autre la France. »

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La ferme dite « du Caillou », qui fut le tout dernier quartier-général de Napoléon.

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Dans la cour de la ferme.

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La Haie-Sainte (ou Haye-Sainte), l’une des fermes que fortifièrent les Britanniques et s’y retranchèrent.

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Autre vue de la ferme où l’on s’écharpa voilà plus de deux cents ans. De nombreuses plaques alentour rappellent les unités présentes et leurs actions.

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Le champ de bataille.

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Dans le jardin de la ferme-château d’Hougoumont. Bâti à partir du 15e siècle, l’ensemble fut fortement tenu par les Britanniques et des milliers de Français y périrent pour tenter de s’en emparer. Ce monument a été érigé en leur mémoire, sur une initiative belge. L’aigle y était en bronze, mais a été enlevé par les Allemands en 1914.

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La chapelle du château, détruit lors des combats. De nombreux blessés britanniques y furent entreposés et soignés.

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Autre vue de la cour de la ferme.

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Une photo des murs de la ferme, pour vous donner une idée de la difficulté à les prendre.

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Vue du champ de bataille depuis la butte du Lion (voir plus bas).

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Autre vue de la Haie-Sainte, depuis le haut de la butte du Lion.

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Une volée de plus de 200 marches conduit au sommet. Le monument fut fait en l’honneur du Prince d’Orange, blessé à cet endroit (plus ou moins). En effet loin d’être un affrontement franco-britannique, la bataille vit aussi des Hanovriens, Belgo-Néerlandais, et bien sûr Prussiens, être engagés.

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La butte et le bâtiment du panorama (photos à venir).

Les informations pour se rendre à Waterloo et visiter les différents sites que contient encore le champ de bataille:

http://waterloo-tourisme.com/Public1/index.php/fr/

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