La « glorieuse révolution » de 1688-1689: IV) James II perd le trône

Un combat qui ne vient pas

Alors que James II et son armée marchent à la rencontre de Guillaume, les mauvaises nouvelles s’accumulent pour le premier: des éclaireurs envoyés en avant ne reviennent pas, et certaines unités font défection. Si, au final, elles ne sont pas très nombreuses, le signal donné est mauvais, d’autant plus que le propre neveu du souverain fait partie des déserteurs. Le moral du roi en devient très affecté et il recours à des drogues pour trouver le sommeil. Les conseillers hésitent sur la marche à suivre et lui-même ne sait comment rétablir la situation. Il en vient même à se demander si ses hommes accepteront le combat avec les troupes de son ennemi.

Finalement, craignant que ce ne soit pas le cas, il décide de retraiter en direction de Londres et de négocier avec Guillaume pour gagner du temps pense-t-il. Toutefois, sa propre famille se détourne en partie de lui: sa fille Anne et d’autres proches rejoignent les nobles révoltés dans les terres centrales de l’Angleterre ! Le chef de la maison d’Orange, lui, ne perd pas de temps: ses hommes remontent méthodiquement vers la capitale et il envoie des émissaires à la rencontre de James.

Gravure de 1685 représentant James II. Elle est l’oeuvre d’Arnold van Westerhout et a été faite à Rome. Elle exprime le souhait du roi de voir son pays revenir à la foi catholique. Oeuvre conservée au château de Holyrood et présentée dans la galerie de la reine, photo de l’auteur (février 2019). https://www.rct.uk/visit/palace-of-holyroodhouse

La fuite du roi

Ils arrivent auprès de lui le 10 décembre 1688, date à laquelle James II s’est décidé à fuir, après qu’il ait pu envoyer la reine et son fils en France. Il part en pleine nuit, en ordonnant à ses soldats de se disperser (mais sans se désarmer) et en jetant le grand sceau dans la Tamise, sceau utilisé dans de nombreuses décisions royales…. Avant d’être attrapé par des pêcheurs près de la ville de Faversham, dans le Kent !

Ramené dans la capitale, il s’entend finalement avec Guillaume qui maquille son départ vers la France. James ne veut pas lutter, malgré les demandes pressantes de certains de ses soutiens et le Néerlandais veut tout sauf en faire un martyr. Il s’embarque la veille de Noël, et parvient en France le lendemain. Louis XIV le reçoit et lui accorde alors la jouissance du château de Saint-Germain-en-Laye, ainsi, si vous lisez dans un texte d’époque que le roi soleil est allé voir celui d’Angleterre, c’est de lui qu’il s’agit.

On verra la prochaine fois que s’il n’y eut pas de combat direct entre les deux adversaires, cette « glorieuse révolution » ne se fit tout de même pas sans violences, comme les partisans de la faction d’Orange ont pu l’affirmer.

Bibliographie consultée (sans but d’exhaustivité):

-MILLER (John), The Stuarts, Londres, Hambledon Continuum, 2006, 294 p.

-CHASSAIGNE (Philippe), Histoire de l’Angleterre, Paris, Aubier, coll. « Histoires », 1996, 504 p.

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Le volet militaire de la Scottish National Portrait Gallery

Après avoir parlé de la National Portrait Gallery de Londres, revenons sur les collections de son équivalente écossaise, la Scottish National Portrait Gallery. Elle aussi gratuite, elle se trouve dans la nouvelle ville d’Édimbourg, celle construite en bas du château à partir de l’époque Géorgienne, donc des rois George. Elle permet de se plonger intensément dans l’histoire écossaise, avec des salles richement dotées mais pas surchargées. Ce sont tout naturellement les œuvres les plus militaires qui vont nous intéresser ici.

Le site:

https://www.nationalgalleries.org/visit/scottish-national-portrait-gallery

Photos de l’auteur

Détail de la « bataille de Glenshiel » de Peter Tillemans. La scène se déroule en 1719: un soulèvement pro-Stuart de l’Ecosse est organisé avec le concours de l’Espagne, alors en guerre contre la Grande-Bretagne. Aussi étonnant que cela puisse paraître, des soldats espagnols réussirent à rejoindre les Highlands et s’y battirent. Hélas pour eux, une tempête en dispersa la plupart en mer: l’expédition fut un échec et la répression terrible. On voit bien les Écossais qui tiennent les hauteurs.

Autre détail du même tableau, avec les hommes des clans au sommet.

Un autre portrait de Bonnie Prince Charlie, attribué à Mosman en 1750. Il représente le prince plus jeune, avec son habit de highlander. Ce touchant tableau est l’un des plus connus du personnage dont vous retrouverez l’histoire ici: https://antredustratege.com/?s=bonnie+prince+charlie&submit=Recherche

De Loutherbourg, alsacien, a peint ce saisissant tableau en 1802 sur la base de témoignages. Il représente le débarquement des troupes britanniques à Aboukir en 1801. Après la départ de Bonaparte d’Egypte (voir plus bas), les troupes françaises sont livrées à elles-mêmes et sont finalement vaincues. Plus d’informations ici: https://antredustratege.com/2017/12/10/larmee-degypte-apres-le-depart-de-bonaparte-1799-1801/

Détail du même tableau avec le navire de commandement. Le général, Abercomby, est Écossais, d’où la présence de cette toile. Plus d’informations ici: https://antredustratege.com/2017/12/10/larmee-degypte-apres-le-depart-de-bonaparte-1799-1801/

Autre détail, on voit des marins autour d’une caronade, terrible pièce d’artillerie à courte portée… D’invention écossaise encore une fois. Plus d’informations ici: https://antredustratege.com/2017/12/10/larmee-degypte-apres-le-depart-de-bonaparte-1799-1801/

C’est le « frère » du tableau précédent, du même artiste. Il représente la bataille d’Alexandrie, victoire britannique. L’artiste représente ici le général blessé: il ne survécut pas à ses maux, mais commanda jusqu’à la fin de la journée. Plus d’informations ici: https://antredustratege.com/2017/12/10/larmee-degypte-apres-le-depart-de-bonaparte-1799-1801/

Détail.

Détail avec le général et son Etat-major.

Détail avec l’artillerie.

Copley représente ici Hugh Montgomerie, officier qui leva un régiment écossais, le 77th Foot, des fantassins. Ils se battirent durant les guerres franco-britanniques (qui virent beaucoup d’Amérindiens impliqués) en Amérique.

Peu connu en France, ce tableau de Mercer représente Charles Kenneth Scott-Moncrieff, officier et traducteur en anglais… de Proust ! Il servit dans le régiment des King’s Own Scottish Borderers qui connut le combat en France durant la Première Guerre mondiale. Blessé à Arras en 1917, il souffrit dans son corps et son esprit.

Plus étonnant, du moins à première vue, ce tableau de Valentin Serov (1902) représentant le tsar Nicolas II en tenue de colonel des Royal Scots Grey. A première vue en effet, car il était d’usage au XIXe siècle et au début du XXe qu’un souverain soit officier honoraire d’un régiment d’un autre pays. Là, les liens familiaux l’expliquent : cette oeuvre accentue bien la ressemblance avec le cousin du tsar… Le roi Georges V.

L’article sur celle de Londres:

https://antredustratege.com/2018/12/16/le-volet-militaire-de-la-national-portrait-gallery-londres/

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La « glorieuse révolution » de 1688-1689: III) Guillaume débarque en Angleterre

L’été 1688

Malgré la situation intérieure tendue en Angleterre que nous avons décrite, celle-ci ne se détériore pas au point de créer une menace pour le trône de James II. Le roi a eu vent des projets de Guillaume d’Orange, mais durant une grande partie de l’été 1688 il ne le croit pas capable de rassembler une force suffisante pour franchir la mer et débarquer sur ses côtes. D’ailleurs, son raisonnement est loin d’être stupide: la guerre menace sur le continent entre la France et bon nombre de puissances européennes… Avant de finalement éclater fin septembre et d’être connue sous le nom de « guerre de la ligue d’Augsbourg ». Or, dans ce conflit encore en gestation, tout laisse croire que les Pays-Bas vont être à nouveau contre la France (ce qui va arriver) et il paraît bien étrange que le stathouder s’éloigne de ses États dans une pareille période de crise.

Toutefois, il apparaît que Louis XIV va frapper plus au sud, sur le Rhin et sa flotte ne fait pas mine de bouger hors de Méditerranée. Soulagés, les Pays-Bas autorisent donc William à tenter l’aventure anglaise, et cela montre bien que, théoriquement allié de l’Angleterre et de son cousin, le roi de France mène sa propre politique. Cette fois alarmé, James II veut renforcer ses troupes. Il donne des gages aux Tories pour qu’ils le soutiennent, en commençant à revenir sur les concessions accordées aux catholiques et aux dissenters. Toutefois, il a perdu trop de temps et le cours des événements va s’accélérer.

Une des scènes de l’embarquement: la frégate « Brielle » à Rotterdam. Tableau de Ludolf Bakhuizen (1689) conservé au Rijksmuseum (https://www.rijksmuseum.nl/en) . Image libre de droits hébergée sur Wikipédia: https://en.wikipedia.org/wiki/File:Het_oorlogsschip_%27Brielle%27_op_de_Maas_voor_Rotterdam_-_The_warship_%27Brielle%27_on_the_Maas_before_Rotterdam_(Ludolf_Backhuysen,_1689).jpg

William débarque en Angleterre

Après l’échec d’une première tentative, dû à une tempête, comme il est courant au temps de la marine à voile, Guillaume retente la traversée à l’automne. Il parvient à éviter la Royal Navy et débarque à Torbay dans le Devon, au sud-ouest de l’Angleterre, avec 21.000 hommes aguerris et bien équipés. Si les forces de son adversaire sont plus nombreuses, il a le soin de présenter son entreprise comme légitime. Il distribue de nombreux feuillets l’expliquant, ce qui est facilité par le fait qu’il a emmené une imprimerie avec lui. De plus, il prend soin d’affirmer qu’il vient au secours du peuple anglais, pour le libérer de la mauvaise politique de son roi. Ainsi, ce bon communiquant entend-il ne pas passer pour l’agresseur, mais pour un libérateur notamment auprès des autres monarques. Il ne dit pas clairement qu’il veut devenir roi… Tout en ne disant pas non plus qu’il ne le souhaite pas !

Face à tout cela, si l’armée de James lui reste fidèle, on ne peut pas en dire autant des parlementaires qui ne s’opposent pas fermement à Guillaume. La population, elle, dans sa majorité gronde sourdement: des lieux de culte catholique sont attaqués, et une rumeur se répand: le roi aurait engagé des papistes irlandais et français pour la massacrer. C’est dans ce contexte d’impopularité totale, alors que des seigneurs protestants se sont révoltés dans le centre et le nord du pays, que James marche à la rencontre de Guillaume, qui remonte lentement vers lui…

Guillaume débarquant à Torbay. Tableau très conventionnel qui lui accorde une grande place. L’oeuvre de Jan Wyck est conservée au musée maritime de Greenwich. Image hébergée sur Wikipédia; https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/a/af/William_III_Landing_at_Brixham%2C_Torbay%2C_5_November_1688.jpg https://www.rmg.co.uk/national-maritime-museum

Bibliographie consultée (sans but d’exhaustivité):

-MILLER (John), The Stuarts, Londres, Hambledon Continuum, 2006, 294 p.

-CHASSAIGNE (Philippe), Histoire de l’Angleterre, Paris, Aubier, coll. « Histoires », 1996, 504 p.

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La « glorieuse révolution » de 1688-1689: II) Le déclenchement

Une accumulation de tensions

James II monte donc sur le trône en 1685, et ne s’y maintient que trois ans, mais l’issue n’était pas acquise dès le départ et il faut, en histoire, se garder d’orienter notre vision des faits vers le résultat produit. En effet, il a des soutiens, notamment la fraction conservatrice du parlement, les Tories. Ces parlementaires, inquiets d’un possible désordre, ont refusé qu’il soit exclut de la succession et espèrent qu’il va régner en apparence comme un anglican, bien qu’il se soit converti au catholicisme.

Or, si son frère Charles II avait su refouler en public sa préférence pour cette dernière religion, ce n’est pas le cas du cadet, et c’est bien là que réside son problème. Ainsi, en 1687, il fait éditer une déclaration d’indulgence plutôt large, qui donne tout simplement la liberté de culte aux catholiques et accorde un statut proche aux Dissenters, une fraction protestante rigoriste opposée à l’Eglise anglicane, jugée comme restée trop proche du catholicisme. 

Si l’on peut, à quelques siècles de distance, évaluer positivement cette décision très tolérante, qui arrive bien avant l’émancipation définitive des catholiques (1829), le moins qu’on puisse dire est qu’elle ne fut pas jugée ainsi à l’époque. Ainsi les Dissenters apprécient une liberté retrouvée… Mais certains trouvent qu’elle donne trop de droits aux « papistes » exécrés, et le commentaire peut être valable dans l’autre sens !  De plus, le roi force le clergé anglican à lire cette déclaration, ce qui est catastrophique et plusieurs évêques refusent de se soumettre à l’injonction royale. Sept d’entre eux protestent, sont jugés… Et finalement acquittés dans une grande ferveur populaire.

Les tensions se cristallisent en 1687 quand l’annonce de la grossesse de la reine est rendue publique: le roi espère tout naturellement un fils pour lui succéder, alors qu’une partie de l’opinion le craint, car tout indique qu’il sera élevé dans la foi catholique.

La reine Mary, épouse de Guillaume d’Orange. Copie d’un portrait de Lely (vers 1677-1680). Image libre de droits hébergée sur wikipédia.

Guillaume d’Orange entre en lice

C’est là que Mary, fille de James II issue d’un premier mariage, rentre dans le récit. Épouse de Guillaume d’Orange, Stathouder (gouverneur général au pouvoir exécutif assez fort) des Provinces-Unies (Pays-Bas) et adversaire farouche de Louis XIV, elle représente une alternative viable pour ceux qui s’opposent au roi. Élevée comme anglicane, unie à un protestant, héritière légitime tant que son père n’a pas de garçon, elle ne représente donc pas de danger. De plus, Guillaume regarde lui aussi vers l’Angleterre. Le trône l’intéresse, il n’entend pas être un simple consort, et mettre la main sur la puissante flotte britannique lui permettrait de lutter efficacement contre la France.

Ainsi, le 30 juin 1688, sept hommes parmi les plus influents du pays, notamment des politiciens Whig, l’autre tendance du parlement, opposée aux Tories, écrivent une lettre à Guillaume, lui demandant de venir en Angleterre. On sait d’ailleurs qu’elle ne fut pas spontanée: le Stathouder pressa ses contacts sur l’île d’agir en ce sens, surtout après la naissance effective du fils de James II vingt jours plus tôt. Il avait de plus pris sa décision d’envahir l’Angleterre dès mai. Toutefois, on le verra, il fallut encore de nombreux mois pour résoudre la crise.

Guillaume d’Orange, puissant home d’Etat néerlandais et par la force des choses anglais portrait de Kneller vers 1680. Image libre de droits hébergée sur wikipédia.

Bibliographie consultée (sans but d’exhaustivité):

-MILLER (John), The Stuarts, Londres, Hambledon Continuum, 2006, 294 p.

-CHASSAIGNE (Philippe), Histoire de l’Angleterre, Paris, Aubier, coll. « Histoires », 1996, 504 p.

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La « glorieuse révolution » de 1688-1689: I) Le contexte

Les Stuarts

D’origine écossaise, la dynastie des Stuarts est montée sur le trône d’Angleterre à la mort sans héritier direct d’Elisabeth Ier en 1603. Le plus proche du trône se trouvait donc être le roi James VI d’Ecosse, descendant d’une des sœurs d’Henry VIII, mariée à l’un de ses ancêtres. Sorte de « revanche » écossaise, après un Moyen-Age qui vit le pays convoité par l’Angleterre, le nouveau souverain instaurait une dynastie qui allait régner jusqu’à la mort de la reine Anne, en 1714.

Pour la première fois, un même monarque régnait conjointement sur l’Ecosse et l’Angleterre, bien que les deux entités fussent encore séparées (l’Union intervint en 1707). D’ailleurs, le roi James VI- James Ier au sud de la Tweed- s’installa rapidement à Londres et s’anglicisa. Il ne faut pas croire qu’il porta avec lui des revendications écossaises démesurées… Toutefois l’édifice restait fragile. En effet, la dynastie connut rapidement d’importants déboires, et ce dès son deuxième souverain, le roi Charles Ier. On sait qu’il s’opposa violemment au parlement pourtant incontournable, mais aussi que son mariage avec une princesse catholique, fille d’Henri IV de France, fut mal accepté. Le pays, marqué par un anglicanisme en -lente- construction, des mouvements puritains plus radicaux et le presbytérianisme en Ecosse connaissait alors d’importants troubles religieux qui allaient être longs à résoudre.

Tout ceci conduisit à une guerre civile puis à la défaite du roi, arrêté et exécuté en 1649. Après sa mort, le pays fut un temps dirigé d’une main de fer par Oliver Cromwell, héros de la guerre mais aussi intransigeant en matière religieuse, autoritaire et brutal avec les marges peu contrôlées comme l’Irlande. 

Charles Ier par Daniel Mytens, portrait conservé à la National Portrait Gallery (photo-ratée- de l’auteur): https://antredustratege.com/2018/12/16/le-volet-militaire-de-la-national-portrait-gallery-londres/ https://www.npg.org.uk/

A sa mort en 1658, son édifice nommé « Commonwealth » ne lui survit que peu: son fils fut écarté et grâce à des hommes puissants comme le général Monk, les Stuarts furent rétablis sur le trône en la personne de Charles II, fils du roi décapité et élevé en France où il s’était réfugié avec sa mère et son frère, le futur James II. Son assez long règne (1660-1685) fut marqué par plus de stabilité, par un essor économique et colonial important, mais aussi des difficultés avec le parlement, notamment car, tolérant, il aspirait à plus de libertés pour les catholiques.  D’ailleurs, s’il savait pertinemment que l’Eglise anglicane constituait un fidèle soutien du trône, il se sentait plus proche du catholicisme et l’historien John Miller rappelle qu’il se convertit sur son lit de mort (voir bibliographie).

James II 

Or, Charles II n’avait pas d’héritier légitime et la couronne devait tout naturellement revenir à son frère James, ouvertement catholique, sans doute depuis 1668, date présumée de sa conversion. Si ces querelles religieuses semblent dérisoire à notre siècle, il faut les replacer dans le contexte et se rappeler qu’un arrière-plan plus politique se trouvait derrière ces questions d’autel et de conscience. On se souvient par exemple qu’Henry VIII, créateur de l’anglicanisme, avait voulu se débarrasser de l’influence de Rome et du pape en se soustrayant à leur autorité morale.

Là, la catholicité du roi gênait ses sujets qui avaient majoritairement abandonné cette religion, jugée comme déshonnête, soumise au vicaire du christ, qui pourrait gêner les positions et les propriétés acquises par l’Eglise (anglicane) d’Angleterre... James, lui, jugeait sévèrement le clergé protestant, le croyant coupable de désinformation et d’entretenir l’ignorance. Alors qu’il s’était converti facilement, il ne comprenait pas qu’on ne puisse pas faire de même.

 

Le roi James II peint par Sir Godfrey Kneller en 1684. Photo du tableau gracieusement fournie par la National Portrait Gallery: https://www.npg.org.uk/collections/search/portraitZoom/mw03423/King-James-II?LinkID=mp02391&role=sit&rNo=4 Mon article sur ce lieu: https://antredustratege.com/2018/12/16/le-volet-militaire-de-la-national-portrait-gallery-londres/

Son second mariage avec une princesse elle aussi catholique, Marie de Modène, laissait enfin croire à une restauration durable du catholicisme, qui faisait peur: les Anglais se souvenaient de la reine Mary, la fameuse « Bloody Mary » qui avait voulu rétablir le catholicisme par la force et la violence durant son règne au milieu du XVIe siècle. De plus, d’origine française, James II était plutôt proche de Versailles et de la politique de son souverain, Louis XIV, ce qui pouvait paraître contraire aux intérêts anglais. Ajoutons à cela une volonté de gouverner farouche : le roi se croyait en mission pour Dieu et craignait de manquer de temps pour la réaliser, ce qui l’incita à aller vite, notamment en augmentant son pouvoir personnel, chose qui fut très mal perçue.

Bibliographie:

-MILLER (John), The Stuarts, Londres, Hambledon Continuum, 2006, 294 p.

-CHASSAIGNE (Philippe), Histoire de l’Angleterre, Paris, Aubier, coll. « Histoires », 1996, 504 p.

Suite du patrimoine militaire de Cork: le musée public de la ville

Suite de l’article ci-dessous, ce second se penche sur les très riches collection du musée public de Cork, qui contient de vraies raretés concernant l’histoire irlandaise: objets de Michael Collins, uniformes, armes… A retrouver gratuitement, dans la ville. Vous voudrez bien excuser la qualité médiocre de certaines photos, du fait des reflets.

https://www.cork-guide.ie/cork_city/cork-public-museum.html

La première partie:

https://antredustratege.com/2018/05/08/premier-apercu-du-patrimoine-militaire-de-cork/

Photos de l’auteur

Cartouchières, sifflet et ceinturon utilisés par les Irlandais durant la guerre d’indépendance.

Baïonnette de fusil Enfield utilisée par la police armée aux service des Britanniques, la RIC (Royal Irish Constabulary). Celle-ci a été capturée par les insurgés du comté de Cork. On aperçoit aussi une matraque utilisée par les Britanniques.

Fusil allemand mauser (modèle 1888) débarqué à Howth en 1914. Ils servirent notamment dans la révolte de 1916 à Dublin. Le bateau qui les a amenés est visible ici: https://antredustratege.com/2017/09/09/le-volet-militaire-du-musee-national-dirlande/

Objets provenant du célèbre Lusitania, coulé au large des côtes irlandaises en 1915. Il est notamment connu car des Américains, encore neutres, s’y trouvaient lorsqu’il a été torpillé par un sous-marin allemand.

Boucle de ceinturon de volontaire irlandais, guerre d’indépendance.

Le pistolet de Michael Collins. Il s’agit d’un bien connu « P08 » allemand.

Objets ayant appartenu à des Irlandais engagés côté confédéré. Certains le furent au nord. Une partie revint en Irlande et, fort de son expérience militaire, organisa la grande révolte de 1867.

On le sait peu, mais des Irlandais vinrent au secours de la France en 1870. Un bel article à ce sujet: https://journals.openedition.org/rha/4612

Parnell, le héros de la lutte parlementaire dans la 2e moitié du XIXe siècle. Après que les catholiques eurent obtenu des droits politiques en 1829, ils s’en emparèrent et se battirent à Westminster, avant d’être dépassés après 1914 et une lutte plus violente.

Le numéro du 11 décembre 1897 du weekly Freeman rappelle la tentative de révolte de 1798 appuyée par la France. On voit Wolfe Tone et le jeune Bonaparte en discuter. Mais ce fut plutôt le général Humbert qui débarqua en Irlande. Pour en savoir plus: https://antredustratege.com/2017/03/04/les-debarquements-francais-en-irlande-iv-1798-un-debarquement-avec-tres-peu-de-moyens/ https://www.persee.fr/doc/abpo_0003-391x_1967_num_74_2_4569

 

 

Insigne de la milice de Cork, mise en place en 1793 pour contrer un éventuel débarquement français. A lire: https://antredustratege.com/2017/02/16/les-debarquements-francais-en-irlande-iv-la-tentative-de-1796/

En bonus, une oeuvre conservée à la Crawford Art Gallery, qui contient quelques tableaux intéressants sur l’histoire irlandaise. Elle aussi gratuite:

https://www.crawfordartgallery.ie/

 

Sean Keating présente ici ses « Men of the South », six volontaires de la guerre d’indépendance. Le tableau a été peint entre 1921 et 22.

Autres articles sur l’Irlande:

https://antredustratege.com/2017/01/11/les-debarquements-francais-en-irlande-1689-1796-1798-i-introduction/

https://antredustratege.com/2017/09/09/le-volet-militaire-du-musee-national-dirlande/

L’Alsace-Lorraine dans la Grande Guerre: IV) La fin de la guerre et le retour au sein de la République

Les derniers combats

On l’a vu précédemment: à partir du moment où le front se stabilisa en Alsace et en Moselle, les combats y  revêtirent principalement la forme d’une guerre de position; très dure à supporter, surtout dans les Vosges, et finalement assez chère en vies humaines. Des affrontements sanglants eurent lieu pour la possession de quelques zones stratégiques, comme au Hartmannswillerkopf et au Lingekopf, mais qui ne permirent pas d’emporter la décision.

Finalement, ce front resta assez secondaire dans l’ensemble de la guerre et n’eut pas « son » Verdun ou l’équivalent de la bataille de la Somme, des Flandres etc. La situation évolua peu jusqu’à la fin du conflit. On notera l’arrivée progressive des soldats américains sur le front, à partir du printemps 1917. Ils relevèrent des soldats épuisés et tentèrent de prendre l’offensive, notamment dans les forêts d’Argonne en septembre 1918, là où les assauts français avaient précédemment échoué. Ce fut un échec là encore, car ils se heurtèrent à des positions bien fortifiées, en partie enterrées et solidement tenues par les troupes allemandes qui, là, se défendaient encore efficacement à quelques mois de leur défaite.

En fait, l’issue finale se jouait ailleurs. Après l’échec des offensives de l’été 1918, la situation intérieure de l’Empire allemand évolua très négativement, jusqu’à conduire au retrait du kaiser Guillaume II et aux négociations qui aboutirent à l’armistice du 11 novembre. La reprise de l’Alsace-Lorraine était jugée imminente. Or, à l’heure où ces anciens départements allaient devenir français, il fallut prendre en considération le fait qu’ils avaient été coupés de la France depuis longtemps et aussi que la situation matérielle des populations civiles était fragile. Réquisitions, incorporations, combats sur la ligne de front et hivers rigoureux avaient beaucoup touché l’Alsace et la Moselle durant la Première Guerre mondiale. Voyons donc comment ce retour s’opéra.

Médaille commémorant le retour de l’Alsace et de la Moselle à la France en 1918.  On voit bien un poilu écraser les emblèmes allemands et Marianne aller à la rencontre des populations locales. Hébergée sur Gallica: https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b10234298k

Le retour des « provinces perdues » à la France 

Si la tension autour des régions cédées en 1871 s’était peu à peu apaisée au tournant du siècle, on a vu que cette question refit irruption dans le débat public au début des années 1910 et, dès 1914, leur retour devint un but de guerre affiché de la France, mais seulement après l’entrée en guerre. A l’inverse de ce que l’on croit souvent, « dans la crise de juillet 1914, qui a dramatiquement débouché sur la guerre européenne, puis mondiale, l’Alsace-Lorraine n’a joué aucun rôle » (1).

Reste qu’en 1918, la guerre gagnée, l’opinion française était favorable à une restitution de cette région, ce qui fut prévu dès l’armistice du 11 novembre. En deux semaines, les troupes allemandes évacuèrent l’Alsace-Moselle et la République y fit son retour très rapidement. Le traité de Versailles de 1919 confirma cette passation de pouvoir, mais qui ne se fit pas sans heurts. En effet, la France expulsa très rapidement les Allemands qui s’étaient installés après 1871 et s’empara de leurs biens: 100.000 personnes étaient concernées début 1920. De plus, les lois de la République furent installées trop rapidement, malgré certains aménagements, dans un espace habitué pendant 47 ans à une monarchie autoritaire, fédéraliste et de langue allemande.

Beaucoup d’Alsaciens et de Mosellans ne parlaient pas le français en 1918 et ces changements brutaux, aussi visibles en matière judiciaire, douanière et au niveau des partis politiques, créèrent un vrai malaise, qui déboucha sur des velléités autonomistes. Seul le temps et la brutalité inouïe des nazis lors de la seconde annexion de 1940-1945 y mirent fin, ainsi qu’une meilleure réintégration de l’Alsace et de la Moselle dans l’espace français puis européen après la fin de la Seconde Guerre mondiale.

(1) ROTH (François), Alsace-Lorraine. Histoire d’un « pays perdu » de 1870 à nos jours, Paris, Tallandier, coll. « Texto », 2016, p. 137.

A noter une exposition sur le thème évoqué aux archives de de Strasbourg:

https://archives.strasbourg.eu/n/exposition-en-cours/n:146

Bibliographie:

-ROTH (François), Alsace-Lorraine. Histoire d’un « pays perdu » de 1870 à nos jours, Paris, Tallandier, coll. « Texto », 2016, 222 p.

-Informations glanées lors de la visite de nombreux forts et musées, dont:

https://antredustratege.com/2017/10/12/le-fort-rapp-moltke-reichstett/

https://antredustratege.com/2015/09/21/le-fort-de-mutzig-alsace-reportage-photo/

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L’ouvrage-abri de Hatten: la ligne Maginot en Alsace

L’Alsace et la Moselle ont vu l’essentiel des ouvrages de la ligne Maginot y être construits. Ainsi, sur le territoire de la petite commune de Hatten, pas moins de 19 fortifications de toutes tailles (casemates d’infanterie, observatoire, abri…) ont été implantés. Je vous propose cette fois la visite de l’abri, dont les 28 pièces souterraines permettaient à l’équipage (nom des garnisons de la ligne) de vivre en autarcie sous le sol. Le site du musée (qui offre aussi des salles consacrées aux combats de la Libération en Alsace, en 44-45). Photos de l’auteur.

http://www.abrihatten.fr/musee.html

 

L’entrée de l’abri, côté regardant vers la France. Il est protégé par des cloches GFM (guetteur fusil-mitrailleur), des portes blindées, des FM sous masque et un fossé. Photo de l’auteur.

Vision rapprochée de la cloche blindée. Photo de l’auteur.

Un des interrupteurs Alsthom à l’intérieur. L’autarcie pouvait être complète: citernes d’eau, centrale électrique système de désenfumage… Photos de l’auteur.

Les chambrées. Photo de l’auteur.

Le système de ventilation. Photo de l’auteur.

Vue de la cuisine. Photo de l’auteur.

L’escalier menant vers la cloche vue plus haut. Photo de l’auteur.

La citerne d’eau. Photo de l’auteur.

Autres ouvrages Maginot ici:

https://antredustratege.com/2015/07/22/apercu-de-la-maurienne-militaire-1940-1944-45/

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L’Alsace-Lorraine dans la Grande Guerre: III) La guerre de position

Des combats coûteux et peu décisifs

Une fois le front stabilisé, il resta pratiquement tel quel jusqu’à la terrible année 1918. Les combats, quoique très violents et tout sauf sporadiques, ne permirent pas à l’un des deux camps de l’emporter, comme dans les autres secteurs de la guerre à l’ouest d’ailleurs. Quelques lieux emblématiques concentrèrent les plus grands affrontements, notamment le Lingekopf et le Hartmannwillerskopf, sommet d’importance dans les Vosges alsaciennes. Là, en montagne et dans des conditions épouvantables, Français et Allemands se firent face. Y creuser des tranchées, régler les tirs d’artillerie, passer à l’assaut et tout simplement communiquer était rendu difficile par le relief et le climat semi-continental, chaud en été et froid en hiver. Des offensives allemandes et françaises s’y succédèrent durant l’année 1915 pour le contrôle de l’éperon stratégique, qui permettait de bien observer la plaine d’Alsace. Les chasseurs français s’y illustrèrent particulièrement et les pertes totales furent de 30.000 hommes. Cela est certes bien moins « impressionnant » que les batailles comme Verdun mais masque la dureté des engagements, que les monuments, cimetières et vestiges permettent de mieux appréhender encore aujourd’hui.

Après cela, plus aucune attaque de grande envergure ne fut tentée dans la région, et l’on peut faire le même commentaire pour l’Argonne, où les Français avaient attaqué (combats en 1914 et 1915): ils furent repoussés par les défenseurs allemands. Une chanson allemande nommée Argonnerwaldlied évoque d’ailleurs ce front. Enfin, notons tout de même l’installation, en Lorraine cette fois, d’un canon allemand à longue portée qui bombarda Nancy entre 1916 et 1917, avant d’être réduit au silence par les avions français. Nous le verrons, d’importants combats reprirent en 1918 seulement.

 

Mitrailleuse allemande Maschinengewehr modèle 1908. Elle fut allégée en 1915 pour une autre version. C’est un matériel fiable et robuste. Objet conservé au fort de Mutzig. Photo de l’auteur. https://antredustratege.com/2015/09/21/le-fort-de-mutzig-alsace-reportage-photo/

Tranchées au Hartmannswillerkopf, haut-lieu des combats. Photo de l’auteur. http://www.memorial-hwk.eu/

Tranchées au Hartmannswillerkopf, haut-lieu des combats. Photo de l’auteur. http://www.memorial-hwk.eu/

Ouvrage au Hartmannswillerkopf, haut-lieu des combats. Photo de l’auteur. http://www.memorial-hwk.eu/

La situation à l’arrière, côté allemand

Par contre, ne l’oublions pas, une très grande partie des départements annexés en 1871 resta sous côté allemand entre 1914 et 1918. Ceux-ci durent donc vivre la difficulté d’être à la fois zone de combats et arrière immédiat du front, par où transitaient munitions, ravitaillement, blessés et renforts allemands, ainsi que les prisonniers français (on a dit le rôle de la place de Metz plus haut). Les transferts vers et hors de l’Allemagne y étaient plus faciles que pour les soldats stationnés dans les Flandres, où les lignes de communications étaient plus longues.

Côté humain, les mobilisés dans cette « terre d’Empire » (Reichsland) furent 380.000, dont une très grande partie fut envoyée en Russie pour éviter la fraternisation avec les Français, ce qui put arriver. De plus, l’Empire allemand intensifia de manière très importante la germanisation après l’entrée en guerre, interdisant totalement l’usage du français et confisquant les biens possédés sur place par des ressortissants de la République. La censure fut totale et la vie de plus en plus difficile à mesure que la guerre se poursuivait. Les réquisitions augmentèrent, les pénuries et rationnements aussi alors que le statut futur de l’Alsace-Lorraine était fermement débattu dans les cercles du pouvoir. Jamais élevée au rang d’Etat comme la Saxe ou la Prusse, elle restait en fait une terre de « seconde zone » appartenant à tous les Etats allemands. Bref, les années de guerre furent difficiles pour les Alsaciens et les Mosellans. 

Le Hartmannwillerskopf. Interprété par la fanfare du 13e bataillon de chasseurs alpins. 

Bibliographie:

-ROTH (François), Alsace-Lorraine. Histoire d’un « pays perdu » de 1870 à nos jours, Paris, Tallandier, coll. « Texto », 2016, 222 p.

-Informations glanées lors de la visite de nombreux forts et musées, dont:

https://antredustratege.com/2017/10/12/le-fort-rapp-moltke-reichstett/

https://antredustratege.com/2015/09/21/le-fort-de-mutzig-alsace-reportage-photo/

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Le volet militaire de la National Portrait Gallery (Londres)

Au cœur de Londres se cache la très riche National Portrait Gallery. Gratuite et très dense, elle permet de revisiter l’histoire britannique par le portrait. J’en présenterai ici quelques-uns, évidemment liés à la thématique militaire. Photos de l’auteur. 

Le site:

https://www.npg.org.uk/

Il s’agit de « Bonnie Prince Charlie » dont j’avais longuement parlé et là peint par le Français Blanchet en 1738. Les articles sur la question: https://antredustratege.com/?s=bonnie+prince+charlie&submit=Recherche Photo de l’auteur.

Le roi George IV en prince de Galles, artiste inconnu (vers 1815). Peu marquant aux yeux de la postérité, ce monarque fut longtemps dans l’ombre du très long règne de George III, obscurci par sa folie. Il régna de 1820 à 1830 et ne laissa pas un immense souvenir, notamment à cause de sa vie dissolue. Photo de l’auteur.

Herkomer (portrait) et Goodall (arrière-plan) ont là réalisé un intéressant tableau (1890) sur la figure de Kitchener, qui œuvra notamment au Soudan pour réprimer la révolte du Madhi (bataille d’Omdurman) . Il termina sur des affiches de propagande et comme ministre de la guerre durant la Première Guerre mondiale, avant de mourir dans un accident de bateau en 1916. Photo de l’auteur.

Le même Herkomer signe là un portrait de Baden Powell, officier en milieu colonial à la fin du XIXe siècle et le fameux créateur des Scouts. Le mot signifie d’ailleurs « éclaireur » en anglais. Photo de l’auteur.

Détail d’un tableau de Barker (1859) qui représente la délivrance de Lucknow durant la grande mutinerie de 1857 en Inde. La ville a été libérée de son siège. A lire sur la question le livre de Saul David. Photo de l’auteur.

Détail d’une toile de Jerry Barrett qui représente Florence Nightingale visitant des blessés de la guerre de Crimée à Scutari. Cette femme fit énormément pour le soulagement de ceux-ci et montra que le monde militaire n’était pas réservé qu’aux hommes, même s’il fallut encore bien du temps pour que les mentalités se mettent à évoluer plus clairement . Photo de l’auteur.

C’est au tour de la reine Victoria de se rendre au chevet de ses soldats, encore à l’occasion de la guerre de Crimée. La toile date de 1856 et est du même peintre que précédemment. Sur cette reine, lire la belle synthèse de Philippe Chassaigne.

Lavery représente ici la famille royale en 1913, avec le roi George V, son épouse, son fils Edouard et sa fille Mary. A noter que le futur George VI n’est pas présent sur la toile. Photo de l’auteur.

Churchill bien entendu, infatigable homme politique représenté tel qu’il était en 1916 par Orpen. Il venait de se retirer de l’amirauté après le désastre des Dardanelles, bien qu’il ne fût pas responsable de tout. A lire à ce sujet, la superbe biographie de François Kersaudy, et celle de François Bédarida.

On voit ici Churchill avec d’autres hommes d’Etat de la Première Guerre mondiale (dont Lloyd George) et des officiers, le tout dans le détail d’une toile de Guthrie.

Dans ce détail d’une oeuvre de 1921, Cope représente les officiers de la Royal Navy ayant commandé durant la Première Guerre mondiale, du moins les plus importants. Photo de l’auteur.

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