Mon test de Hearts of Iron IV – Waking the Tiger (Gazette du Wargamer)

Avant de débuter un nouveau dossier consacré à l’expédition d’Espagne de 1823, où se déroula notamment la fameuse bataille du Trocadéro, nom dont l’origine est bien oubliée… Je vous propose la lecture de mon dernier test pour la Gazette du Wargamer. Il s’agit de l’extension Waking the Tiger pour l’excellent Hearts of iron IV. Outre les mécanismes de jeu, c’est l’occasion de se replonger dans l’Extrême-Orient des années 1936 à 1945, avec bibliographie à l’appui.

Le test:

https://www.wargamer.fr/hearts-of-iron-iv-waking-the-tiger-lextreme-orient-a-lhonneur/

Le point sur le patch 1.5:

https://www.wargamer.fr/hearts-of-iron-iv-le-patch-1-5-cornflakes-une-mise-a-jour-tres-consequente/

Les troupes chinoises en train de repousser les Japonais en Mandchourie. Capture d’écran issue de l’une de mes parties.

Complément bibliographique:

https://www.wargamer.fr/histoire-de-la-chine/

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« Bonnie prince Charlie » à l’assaut du trône (1745-1746): VI) Conclusion

Nous l’avons vu précédemment: même si le succès a semblé un temps à portée, la tentative de « Bonnie Prince Charlie » se solda par un échec retentissant. Il nous reste à voir ce qu’il advint de sa personne et des conséquences en Ecosse du Forty-Five , comme l’on y désigne cette période. 

La fuite du prince

La fuite du Stuart a tout de romanesque et a été vue comme telle dès l’époque, voire même comme plus philosophique: Voltaire et Diderot écrivirent alors de belles pages à son sujet, avant qu’elle n’inspire des chansons comme Skye boat song. Ainsi, sorti du champ de bataille de Culloden par quelques fidèles, il se lança vers la côte, poursuivi par les troupes gouvernementales. Il franchit tour à tour, et courageusement, des landes, vallées et îles, souvent aidé. Dormant plus d’une fois dehors, il mangeait de manière assez aléatoire, même si certains habitants lui vinrent en aide. Il ne fut d’ailleurs jamais livré par quiconque, ni repris, bien qu’ayant été talonné de près. Après une errance de plusieurs mois, il est finalement recueilli par la marine française, après plusieurs tentatives infructueuses.

Nouvelle preuve que les côtes britanniques étaient loin d’être inviolables et qui laisse croire à un autre sort possible pour celle-ci, si certains choix avaient été faits plutôt que d’autres ! Toujours est-il que deux navires malouins le récupérèrent le 13 septembre, et il put gagner les côtes de France sans encombre. La suite de sa vie fut une succession d’errances et de déceptions et il décéda en 1788, suivi en 1807 par son frère Henri, cardinal, sans postérité. Là prenait fin la dynastie déchue des Stuarts et l’espoir d’une restauration en leur faveur.

Skye boat song, chanson postérieure évoquant de manière très poignante la fuite de Charles-Edouard. Interprétation: The Corries.

Les conséquences

Si la prince conserva sa vie et sa liberté, il n’en fut pas de même pour beaucoup d’Écossais. De nombreux chefs impliqués dans le « Quarante-Cinq » furent arrêtés et certains mis à mort. Les choses ne s’arrêtèrent pas là et la répression qui s’abattit fut terrible: des villages entiers furent incendiés, des confiscations de terres et de biens réalisées, des violences sur les populations perpétrées durant des semaines.

Plus grave pour la société écossaise: nombre de lois mirent fin à des structures séculaires. La plus importante concernée se trouva être l’organisation clanique traditionnelle: un acte de 1747 retira aux chefs leurs droits de justice et, peu à peu, les liens entre les membres des clans se distendirent jusqu’à rompre bien souvent, car c’était là la base de leur pouvoir. De plus, les tartans et les armes furent bannis pendant trente ans, ainsi que la cornemuse !

A long terme, beaucoup de choses furent déstructurées : l’usage du gaélique recula, le contrôle militaire sur la région et notamment les Highlands fut renforcé (des routes militaires avaient été construites dès avant d’ailleurs). L’Ecosse d’aujourd’hui a pu retrouver une partie de ses racines, mais souvent après une entreprise de réappropriation culturelle menée aux XIXe et XXe siècles, et qui n’est pas sans avoir une vision fantasmée du passé.

« Portrait de Charles-Edouard Stuart » par Hugh Douglas Hamilton, vers 1785, au soir de sa vie. L’image est hébergée sur Wikipédia et le tableau à la Scottish National Portrait Gallery. https://www.nationalgalleries.org/visit/scottish-national-portrait-gallery

Les œuvres inspirées par cette période sont très nombreuses. Outre les chansons que j’ai indiquées, je me permets de citer le roman bien connu de Walter Scott, Waverley, histoire d’un jeune noble anglais impliqué dans ces événements. 

Bibliographie consultée (qui n’a donc pas pour but d’être exhaustive):

-DUCHEIN (Michel), Histoire de l’Ecosse. Des origines à nos jours, Paris, Tallandier, coll. « Texto », 2013, 797 p.

Sur la marine française au XVIIIe siècle:

-VERGE-FRANCESCHI (Michel),  La marine française au XVIIIe siècle : guerres, administration, exploration, Paris, SEDES, 1996, 451 p. 

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« Bonnie prince Charlie » à l’assaut du trône (1745-1746): V) De la retraite à la lande de Culloden

La retraite et le retour en Ecosse

L’ordre de retraite vers l’Ecosse ne signifie pas la débandade de l’armée de Charles-Edouard Stuart. Ses troupes se retirent en bon ordre vers le Nord et parviennent à vaincre les ennemis rencontrés sur la route. Mieux, après s’être regroupé à Perth avec ses hommes, il reçoit des renforts des Highlands, ainsi que le concours dune petite troupe française finalement venue, même s’il on a vu précédemment  qu’une expédition nombreuse et en règle organisée depuis Dunkerque avait été abandonnée. Voilà pourquoi Bonnie Prince Charlie reprend espoir: il réorganise ses effectifs et déloge ensuite une force ennemie de Falkirk début janvier 1746.

A partir de là, la fortune change toutefois de camp. Comme prévu, les montagnards regagnent leurs habitations en attendant le printemps, et les troupes gouvernementales réagissent. Leur nouveau commandant, Hawley, n’est pas très diplomate et se révèle vantard, mais cela ne l’empêche pas de faire occuper rigoureusement les terres qu’il reconquiert peu à peu, pour s’assurer de leur contrôle et surveiller des habitants souvent hostiles. Passé l’effroi de l’été précédent, le gouvernement de Londres s’est repris et des soldats prennent le chemin du nord.

« An Incident in the Rebellion of 1745 », attribué à David Morier. Plus d’informations sur le site internet suivant: https://www.royalcollection.org.uk/collection/401243/an-incident-in-the-rebellion-of-1745

La bataille de Culloden

Cela oblige les Jacobites à se tourner vers une poursuite des hostilités sous la forme d’une guérilla, ou « petite guerre » comme on dit à l’époque. La disproportion de moyens se fait de plus en plus criante à mesure que les troupes gouvernementales se renforcent et quadrillent le sud de l’Ecosse. Le chef Stuart décide donc de se retirer très au nord, dans la région d’Inverness, pour s’y retrancher et attendre de l’aide venue de France. Or, on l’a dit, celle-ci est fluctuante et soumise aux lois de la guerre sur mer: un vaisseau français, le Prince Charles, porteur de secours est ainsi capturé par la Royal Navy.

L’argent et le ravitaillement venant à manquer, Charles-Edouard fait la sourde oreille aux conseils de ses proches, qui lui suggèrent d’attendre l’été et le retour des Highlanders. Il prend la décision de se découvrir et d’affronter son ennemi dans une bataille rangée. La rencontre a lieu sur la lande de Culloden, proche de la ville d’Inverness, et est un désastre complet. Les jacobites, mal nourris et manquant d’équipement, se retrouvent de plus deux fois moins nombreux que les 9000 adversaires. Le résultat est sans appel: fauchés par l’artillerie, les feux d’infanterie bien coordonnés et bloqués par des rangées de baïonnettes, ils tombent par centaines, sans que le décompte total des pertes soit encore connu à l’heure actuelle. C’en est fini des espoirs de restauration des Stuarts, et Charles-Edouard prend la fuite.

Chanson évoquant le départ de Bonnie Prince Charlie et espérant son retour. Interprétation: Gaberlunzie

Bibliographie consultée (qui n’a donc pas pour but d’être exhaustive):

-DUCHEIN (Michel), Histoire de l’Ecosse. Des origines à nos jours, Paris, Tallandier, coll. « Texto », 2013, 797 p.

-Pour en savoir plus sur la « petite guerre au XVIIIe siècle:

http://journals.openedition.org/rha/7237

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Musée des Carabiniers (Rome)

Avant de reprendre nos affaires écossaises, je vous propose la découverte du musée des Carabiniers, à Rome. A deux pas du Vatican et gratuit, cet établissement est très riche en objets et informations sur cette composante essentielle des forces armées italiennes. Inspirés par la gendarmerie française, ils remplissent d’importantes missions de sécurité en Italie et sur les théâtres d’opérations extérieurs où les troupes de la Botte interviennent. Ils furent aussi de toutes les guerres du Piémont-Sardaigne puis de l’Italie depuis leur création en 1814. Le site du musée:

http://www.carabinieri.it/arma/ieri/museo-storico

Photos de l’auteur

Dessin du premier uniforme des Carabiniers, 1814. Il s’agit de la petite tenue estivale (car il y en a d’autres !) pour les hommes à pied. Photo de l’auteur.

Vous remarquerez l’usage du français, encore important dans le royaume de Piémont-Sardaigne avant l’unité italienne. C’était la langue du parlement comme le rappelle l’historien italien Lucio Villari dans « Bella e perduta. L’Italia del Risorgimento ».

Différents fusils (2e moitié du XIXe siècle) utilisés par les carabiniers. Photo de l’auteur.

Un bronze en l’honneur des carabiniers qui se battirent pour l’unité italienne. Photo de l’auteur.

Revolver Glisenti « type lefaucheux » modèle 1861 utilisé par les carabiniers. Photo de l’auteur.

Revolver Bodeo modèle 1889 utilisé par les officiers des carabiniers, jusqu’à la Seconde Guerre mondiale comprise pour certains. Photo de l’auteur.

1880, « La récidive » Photo de l’auteur.

Étonnante FIAT modèle 1915 « Villar Perosa », arme d’aviation (où de nombreux carabiniers s’illustrèrent comme pionniers) aussi utilisée en petit nombre au sol. Photo de l’auteur.

1917, la fanfare des carabiniers chez les alliés britanniques à Folkestone. Vous noterez les drapeaux. Photo de l’auteur.

14 juillet 1919, les troupes italiennes, dont des carabiniers, défilent sur les Champs-Elysées. Photo de l’auteur.

« La lettura », 1er août 1915 propose ce dessin des « Carabiniers dans la tranchée ». Il est l’oeuvre d’Achille Beltrame. Photo de l’auteur.

Vélo militaire 15-18, utilisé par les carabiniers notamment. Photo de l’auteur. Vous voudrez bien excuser l’extincteur.

Célèbre tableau de la charge de Pastrengo où s’illustrèrent les Carabiniers en 1848, lors des guerres risorgimentales. Photo de l’auteur. L’événement est quasi fondateur pour eux et est encore commémoré.

Autres articles sur le patrimoine militaire italien:

https://antredustratege.com/2015/05/01/le-frioul-et-la-memoire-de-la-premiere-guerre-mondiale-en-italie-1915-1918/

https://antredustratege.com/2015/05/16/le-musee-historique-et-naval-de-venise-en-images/

https://antredustratege.com/2017/04/24/museo-centrale-del-risorgimento-rome/

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« Bonnie prince Charlie » à l’assaut du trône (1745-1746): IV) En marche vers l’Angleterre

La marche triomphale vers le sud

La victoire de Prestonpans évoquée la dernière fois donne l’élan à Bonnie Prince Charlie et à ses troupes, l’élan nécessaire pour se porter vers le sud. Son effet est renforcé par l’arrivée d’un diplomate français, le marquis d’Eguilles, apportant avec lui quelques armes et de l’argent, mais surtout de belles paroles. Charles-Edouard ne pouvait pas le savoir, mais la cour de Versailles ne lui est pas acquise totalement, loin de là, et on ne revit pas, durant sa tentative, d’essai réussi de débarquement en force de la part des Français. Reste qu’il voulut croire en ce soutien jusqu’à la fin et l’aristocrate arrive là au bon moment.

Toutefois, il semble ne pas avoir besoin de l’aide de Louis XV pour l’instant. Après avoir franchi la frontière entre Ecosse et Angleterre le 8 novembre 1745, sa marche vers Londres de son armée ressemble à une promenade de santé et un succès annoncé ! Ainsi, en trois semaines, ses forces abattent 450 kilomètres et réussissent assez habilement à berner les troupes ennemies dirigées par Wade et Cumberland. On l’a dit, l’armée royale est surtout déployée sur le continent et doit rassembler ses unités face au prétendant. Finalement, malgré des dissensions entre chefs écossais, la partie semble bel et bien gagnée: le 2 décembre, Derby est atteinte, à un peu plus de 200 kilomètres de la capitale, où, d’ailleurs, on s’affole. 

Ye Jacobites by Name, chanson traditionnelle évoquant les révoltes des partisans des Stuarts. Il s’agit de la version réécrite par Robert Burns, grand poète de la fin du XVIIIe siècle. Interprétation: Ian Bruce.

Le prince représenté en chef écossais par Louis Tocqué, portraitiste de l’époque. Image hébergée (domaine public) sur Wikipédia.

Coup d’arrêt au nord de Londres

C’est là que le sort devient contraire au prétendant. Non seulement il n’a pas écrasé, mais plutôt évité, les troupes de George II, mais, de plus, ses hommes commencent à exprimer leur mécontentement. En effet, le gros de son armée est constitué de montagnards des Highlands qui se sentent étrangers à cette haute politique et surtout loin de chez eux. Alors que l’hiver bat son plein, ils craignent pour leurs familles et possessions laissées loin derrière, dans les hautes terres d’Ecosse. La situation est critique pour Bonnie Prince Charlie car il ne peut évidemment rien seul, et la population anglaise n’a pas été transportée de joie sur son chemin ni ne s’est ralliée en masse.

Finalement, après des discussions très houleuses à la tête de l’édifice, Charles-Edouard décide de revenir en Ecosse plutôt que de rester seul et d’être vaincu dans un environnement hostile; au même moment, des manœuvres curiales versaillaises font échouer les préparatifs d’une expédition de secours organisée depuis Dunkerque… Or, la retraite ne ressemble pas à la marche décrite plus haut, et, on verra qu’elle se termine par la désastreuse bataille de Culloden.

Bibliographie consultée (qui n’a donc pas pour but d’être exhaustive):

-DUCHEIN (Michel), Histoire de l’Ecosse. Des origines à nos jours, Paris, Tallandier, coll. « Texto », 2013, 797 p.

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« Bonnie prince Charlie » à l’assaut du trône (1745-1746): III) Premiers affrontements

Les hostilités débutent

L’une des grandes chances de Bonnie Prince Charlie est d’avoir tenté de reprendre le trône en pleine guerre de succession d’Autriche que j’avais évoquée en introduction. De ce fait, la plupart des troupes britanniques sont positionnées hors des îles, soit en Flandre et en Allemagne, ou au sud de l’Angleterre par crainte d’un débarquement français (qui n’eut jamais lieu). Il peut donc rassembler ses troupes, marcher sur Perth et faire fuir devant lui le général Cope, à la tête des troupes gouvernementales. Le moral est au beau fixe, les forces nombreuses et c’est là que Charles-Edouard reçoit son surnom.

Bien que tous les clans ne se soient pas ralliés et que la majorité des habitants des basses-terres proches de l’Angleterre (Lowlands) ne se soient pas non plus prononcés pour lui, il parvient tout de même à entrer par surprise à Edimbourg le 15 septembre. Les troupes britanniques se sont débandées, même si une partie tient toujours la citadelle de la ville (voir photo), alors que le prince voit les ralliements se multiplier après cette victoire. Il prend possession du château ancestral de Holyrood où, quelques décennies plus tard, le futur Charles X vécut en exil, fuyant la Révolution française !

Vue du château d’Edimbourg depuis le toit du musée d’Ecosse. Photo de l’auteur.

Rester en Ecosse ou passer en Angleterre ?

Là, les conseillers du prince se divisent: que faire ? Rester en Ecosse et y fortifier les positions conquises, prélude à une nouvelle indépendance de l’ancien royaume ? Ou foncer vers l’Angleterre en profitant de la désorganisation générale, et gagner Londres pour en chasser les Hanovre honnis ? Là, il faut rappeler que, malgré leur origine écossaise, les Stuart s’étaient rapidement anglicisés après leur arrivée sur le trône d’Angleterre (1603, union des couronnes) puis de Grande-Bretagne (1707: Acte d’Union)… On voit pourtant que Charles-Edouard s’est servi de son ascendance pour sa tentative.

Ces divisions, toutefois, cèdent d’abord le pas aux nécessités du quotidien: il faut rassurer la population, continuer d’organiser les troupes ralliées et contenir les chefs de clan pas toujours d’accord. Le moins qu’on puisse dire est que Bonnie Prince Charlie réussit plutôt bien l’exercice. Il fait de nombreuses annonces se rapportant aux lois et aux taxes (certaines imposées par Londres vont être abolies, promet-il) qui le rendent populaire. De plus, ses forces parviennent à écraser les soldats de Cope, enfin venu à sa rencontre à la fin du mois de septembre. Le choc a lieu à Prestonpans, le 21, à quelques kilomètres d’Edimbourg, et est une brillante victoire jacobite. Le général britannique y laisse armes et bagages, ainsi qu’un millier de prisonniers. Sa réputation de lâche et de fuyard était désormais faite, colportée par la chanson Hey, Johnnie Cope, Are Ye Waking Yet?

Hey, Johnny Cope, interprété par Alastair Mc Donald.

Bibliographie consultée (qui n’a donc pas pour but d’être exhaustive):

-DUCHEIN (Michel), Histoire de l’Ecosse. Des origines à nos jours, Paris, Tallandier, coll. « Texto », 2013, 797 p.

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Jean Gabin dans la guerre 39-45

Quelques photos de l’exposition Jean Gabin dans la guerre 39-45, au musée de la Libération de Paris. Peu d’objets, mais personnels et beaucoup d’informations. L’homme resta toujours discret sur cet engagement pas si courant dans les troupes combattantes de la France Libre. Si Jean marais et d’autres firent comme lui, beaucoup d’acteurs et d’artistes en général ne se distinguèrent pas par une participation active contre les forces occupantes. Cela dit, superbe musée, gratuit, de la ville de Paris: http://www.museesleclercmoulin.paris.fr/

Le site de l’exposition: http://www.museesleclercmoulin.paris.fr/fr/les-expositions/jean-gabin-dans-la-guerre-1939-1945

Plus vieux chef de char de la France Libre, Gabin servit en 1944 au combat, dans le Régiment Blindé de Fusiliers Marins (RBFM). On le voit ici avec les autres membres de l’équipage du « Souffleur II. Photo de l’auteur.

Jean Gabin est mobilisé dans la marine en 1939, il était déjà très connu. Photo de l’auteur.

Selon la tradition, l’acteur demanda quel était le premier grade qui lui permettrait de porter une casquette, car il n’aimait pas les bérets et autres bachis ! On le voit d’ailleurs dans la photo précédente faire prendre une forme de casquette à son couvre-chef, ce qui lui fut « reproché » par ses supérieurs ! Photo de l’auteur.

Documents de la France libre à propos de l’acteur et de son engagement dans les forces combattantes. Photo de l’auteur.

L’une de ses casquettes. Photo de l’auteur.

Portrait en pied. Photo de l’auteur.

Son sac, modèle civil américain. Photo de l’auteur.

Instructeur en Afrique du Nord au début de 1944, il fut plutôt apprécié et respecté dans ce rôle. Photo de l’auteur.

Edité par le RBFM. Photo de l’auteur.

Autre casquette. Photo de l’auteur.

Le régiment est un temps employé dans les combats de la poche de Royan, encore occupée par les Allemands. Après sa libération, l’unité, et Jean Gabin, combattent en Allemagne dans les derniers jours de la guerre. Photo de l’auteur.

L’étui de colt de Gabin, décoré d’insignes et médailles allemandes ! Une pièce rare. Photo de l’auteur.

Avec ses camarades du RBFM. On voit bien les traits tirés et la disparité des tenues. Photo de l’auteur. A retrouver ici, pour en savoir plus sur les pulls américains: https://www.reconstit.fr/2017/12/30/les-lainages-en-reconstit-arm%C3%A9e-fran%C3%A7aise/

Durant l’entre-deux-guerres, au service militaire. Ce sont des tenues de corvée de l’époque. Photo de l’auteur.

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« Bonnie prince Charlie » à l’assaut du trône (1745-1746): II) Départ pour l’Ecosse

Un départ difficile

Après l’échec de la tentative de 1744 expliquée précédemment, les Français se détournent des grands projets en direction de l’Ecosse. A cela plusieurs raisons: la guerre dans les Flandres prime sur le reste… Et 1745 voit d’ailleurs de très belles victoires être remportées, comme la fameuse bataille de Fontenoy où est présent Louis XV en personne. De plus, les milieux dirigeants jugent  finalement que, dans les îles britanniques mêmes, le désir de voir les Stuart revenir est peu développé.

Pour autant, Charles-Edouard ne se décourage pas. Il obtient le soutien financier de quelques personnes influentes dont le banquier MacDonald, exerçant à Paris et d’origine écossaise. Avec difficulté, il parvient donc à rassembler quelques centaines d’hommes, les armer et les embarquer sur deux vieux navires rachetés et réparés pour la circonstance. Ainsi, le 8 juillet 1745, il embarque à Paimboeuf, dans la région nantaise: direction, la terre de ses ancêtres quittée bien longtemps avant !

Or, très vite, la Royal Navy, qui exerce un contrôle très étroit sur les côtes françaises pendant une bonne partie du XVIIIe siècle, décèle les deux navires et ouvre le feu sur eux. L’un deux doit repartir s’abriter à Brest, mais le prince, à bord de l’autre, la frégate Du Teillay, décide de forcer la chance et de continuer sa route. C’est un succès car il parvient à échapper à la marine ennemie et débarque le 28 juillet en Ecosse, sur une des nombreuses îles de la côte occidentale.

Chanson jacobite évoquant les grands espoirs suscités par le débarquement de Bonnie Prince Charlie. Elle est interprétée par les McCalmans. Ces chansons sont souvent écrites en Scots, langue régionale proche de l’anglais et pas du gaélique écossais.  

Le ralliement des premiers clans 

Le moins que l’on puisse dire est que son arrivée ne suscite tout d’abord par l’enthousiaste qu’il escomptait. Il est plutôt bien reçu, mais les chefs de clans craignent de se lancer dans une aventure très risquée, surtout sans le soutien des troupes de Louis XV. Finalement, il faut la fougue de la jeunesse des proches du chieftain du clan MacDonald de Clanranald pour emporter la décision: il est acclamé et, à partir de ce moment, les ralliements à sa cause se succèdent. Les chefs suivent à leur tour et la nouvelle se répand: jour après jour des centaines de highlanders se joignent à ses forces naissances.

Alors que la frégate repart pour la France y chercher du secours supplémentaire, le Stuart a pu rassembler autour de lui 3000 hommes à la mi-août 1745, c’est-à-dire assez rapidement. Une petite troupe loyaliste qui venait s’interposer est rapidement défaite et, dans la vallée de Glenfinnan, est solennellement lue la proclamation du père de Charles-Edouard qui fait de lui le régent: on l’a dit, le géniteur, plus âgé et enclin à la dépression n’est pas du voyage. Ensuite, Charles-Edouard se fend d’un discours très apprécié, sur fond de déploiement de l’étendard royal, et l’insurrection débute vraiment.

Bibliographie consultée (qui n’a donc pas pour but d’être exhaustive):

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La manufacture d’armes blanches de Klingenthal

En attendant la suite sur les Stuart, voici une idée de visite intéressante. Je vous propose quelques clichés du musée consacré à la manufacture d’armes blanches de Klingenthal. Établie par Louis XV pour ne plus dépendre de celle de Solingen en Allemagne, elle produisit également à plusieurs reprises des pièces de pistolet et de fusil ainsi que des outils, notamment agricoles.  Passée sous contrôle allemand après 1870, elle continua d’exister et ne ferma qu’en 1962. Le nom signifie « vallée des lames ». A voir, en Alsace: http://www.klingenthal.fr/klingenthal_et_sa_manufacture.htm

Fer de lance de cavalerie, modèle 1816, avec le gabarit de forge à côté. Fabrication Klingenthal. Photo de l’auteur.

Détail de la baionnette du 1777 modifiée pendant la Révolution. Fabrication Klingenthal. Photo de l’auteur.

Quelques outils pour le travail du bois, utilisé pour les poignées de sabres notamment. Photo de l’auteur.

Les ouvriers de la manufacture en 1892, la manufacture est passée sous contrôle allemand et fait notamment des outils agricoles. Photo de l’auteur.

Cuirasse de troupe modèle 1825. Bien que de plus en plus démodées, elles perdurent tout au long du XIXe siècle dans certaines unités de cavalerie. Fabrication Klingenthal. Photo de l’auteur.

Diverses armes blanches, de la Restauration notamment (officiers de cavalerie…). Fabrication Klingenthal. Photo de l’auteur.

Détail du sabre-baïonnette du fameux « chassepot », fusil à chargement par la culasse. Fabrication Klingenthal. Photo de l’auteur.

Les Coulaux étaient les entrepreneurs gérant la manufacture à l’époque considérée, riche sur le plan industriel et de l’artisanat. Photo de l’auteur.

Reconstitution d’un atelier de graveur (lames…). Objets fournis par la famille de l’un d’eux. Beaucoup de métiers interviennent dans la fabrication des armes blanches. Photo de l’auteur.

Suite. Photo de l’auteur.

 

Sabre d’officier de marine modèle Directoire, détail. Fabrication Klingenthal. Photo de l’auteur.Liens: 

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« Bonnie prince Charlie » à l’assaut du trône (1745-1746) : I) Introduction

Chassés du trône d’Angleterre par la « Glorieuse Révolution » de 1688-89, les Stuart n’en ont pas moins essayé à plusieurs reprises de retrouver leur pouvoir, et ce dès 1689, tentative alors appuyée par la France, et dont j’avais déjà parlé (voir liens ci-dessous). Cette fois-ci, nous avançons un peu dans la chronologie pour revenir sur l’essai presque couronné de succès de Charles-Edouard Stuart, dit « Bonnie prince Charlie » (1720-1788).

Qui est Charles-Edouard Stuart ?

Le personnage dont on va parler a laissé une trace indélébile dans l’histoire et la mémoire de l’Ecosse. On se souvient de lui comme du « bon », du « gentil » prince Charlie, d’où le titre de l’article. Il a fait l’objet de nombreuses œuvres littéraires, ainsi que de films et, encore aujourd’hui, son souvenir est bien vivant, et est même devenu un argument touristique. Toutefois, la mémoire, soit la présence sélective d’éléments du passé dans une société, n’est pas l’histoire et si ce personnage est plutôt bien vu pour beaucoup, cela ne doit pas empêcher d’expliquer d’un œil neutre son histoire.

Il est donc né en 1720 à Rome, d’un père déjà prétendant au trône et vivant en exil. La famille des Stuart, catholique, était bien reçue dans les Etats du pape, et bien sûr en France, qui voyait là une belle occasion d’affaiblir son ennemie de toujours. Au pays de Voltaire, elle logeait au château de Saint-Germain-en-Laye et y recevait les visites d’autres exilés, maintenant une petite cour de ce côté-ci de la Manche. Le personnage dont on parle, lui grandit en Italie où son père réside. Il se révèle vite intelligent, fin, très énergique, mais aussi fougueux et prompt à la colère, ce qui n’est pas bien vu, surtout à l’époque, pour un futur souverain, fût-il fils de prétendant dépossédé de ses Etats.

Bonnie Prince Charlie, représenté en tenue écossaise peint par William Mosman vers 1750. L’oeuvre est conservée à la Scottish National Gallery et la photo hébergée sur Wikipédia.

Des prétentions au départ 

Toutefois, il a une grande espérance en l’avenir, surtout que son géniteur est âgé et peu à même de se lancer dans des projets aventureux. Or, ces rêves de gloire connaissent un début d’exécution dès 1744. Charles-Edouard a donc 24 ans et sa jeunesse coïncide avec un grand conflit européen: la guerre de succession d’Autriche. La présentation  de celle-ci dépassant le cadre précis de cette étude, je me contenterai de rappeler qu’elle voit plusieurs candidats se disputer le trône des Habsbourg et, appuyant les prétentions des uns ou des autres, les grandes puissances européennes interviennent. Là encore jouent leurs divisions autres et, une nouvelle fois, la France se retrouve opposée à plusieurs autres Etats, notamment celui qu’on appelle la Grande-Bretagne depuis 1707. C’est là que des partisans des Stuart, qu’on nomme les Jacobites, car le nom en latin du roi Jacques II exilé en 1688 est « Jacobus », proposent à Louis XV une nouvelle tentative de rétablissement de la famille à Londres.

Sur le papier, elle est sérieuse: 10.000 hommes sont rassemblés dans le Nord pour un embarquement à Dunkerque avec Charles-Edouard, qui accourt de la Ville Éternelle. Il est prévu de débarquer en Ecosse et de l’y soutenir. Toutefois, une violente tempête disperse au printemps 1744 la flotte qui devait le conduire sur les rivages de ses ancêtres. Chose pareille est courante à l’époque de la marine à voile et empêche là ces projets d’être réalisés. Nous allons pourtant voir qu’ils n’étaient que remis à plus tard: dès 1745 un nouvel essai intervient.

Bibliographie consultée (qui n’a donc pas pour but d’être exhaustive):

-DUCHEIN (Michel), Histoire de l’Ecosse. Des origines à nos jours, Paris, Tallandier, coll. « Texto », 2013, 797 p.

Les autres articles sur les Stuart:

https://antredustratege.com/2017/01/23/les-debarquements-francais-en-irlande-ii-1689-raisons-et-declenchement/

https://antredustratege.com/2017/02/05/les-debarquements-francais-en-irlande-ii-1690-poursuivre-la-tentative-de-1689/

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