William Walker, un aventurier des Etats du Sud: II) Premiers pas

Qui est William Walker ? 

Le personnage dont on va parler est né en 1824 à Nashville, dans le Tennessee, c’est à dire à l’intérieur des terres et dans l’un des Etats du sud, même si ce n’est pas non plus le sud profond des clichés. C’est un homme ambitieux et très doué pour les études: il est diplômé en médecine dès l’âge de 19 ans, et part étudier cette discipline en Europe.  A peine revenu, il l’abandonne pour étudier le droit à la Nouvelle-Orléans, patrie, on l’a vu, de Pierre Soulé et d’autres gens influents qui rêvent de conquérir des terres en Amérique centrale et/ou du sud, dans les Caraïbes.

C’est dans cette ambiance de la plus grande ville du sud, qui est aussi un port ouvert aux influences étrangères, qu’il cesse également une carrière d’avocat, à peine débutée, pour devenir journaliste. Plus précisément éditeur du New Orleans Crescent. La presse locale, comme en Europe, joue un rôle important dans l’information et a une influence certaine au XIXe siècle, comme en Europe, où les feuilles régionales et municipales sont bien plus nombreuses qu’aujourd’hui. On commence à le comprendre: brillant, touche-à-tout, Walker est un homme pressé qui occupe peu de temps la même activité. Ainsi, il se déplace à nouveau en 1849, cette fois en Californie où l’on vient de trouver de l’or en grande quantité (voir le roman du même nom de Cendrars).

Ses premiers rêves de conquête 

Toutefois, il n’est pas non plus de ceux qui creusent la terre avec pelle et pioche, et y reste journaliste. Fait intéressant, il combat par la plume le crime, mais aussi par la manière forte: il se bat en duel plusieurs fois, et est à l’origine d’un mouvement local de vigilantes, sortes de milices s’opposant par les armes aux criminels. La conquête de l’ouest des westerns a bien un fond de vérité…

Or, c’est justement en Californie qu’il « trouve sa voie » pourrait-on dire… Nous sommes en 1853 et le Mexique tout proche, très instable depuis son indépendance en 1821, attise bien des convoitises. Les Mexicains peinent à s’entendre sur la forme du gouvernement, sur la nature des rapports entre l’Etat central et les autres Etats, et cela facilite les appétits extérieurs : en 1817 des aventuriers français projettent même de libérer Napoléon Ier et de l’installer sur le trône du Mexique (voir bibliographie) ! Walker, pour sa part, est de ceux qui y voient la possibilité d’acquérir biens et pouvoir. Il s’entoure donc de 45 hommes bien armés et s’embarque pour la Basse-Californie mexicaine avec des intentions assez peu pacifiques…

Bibliographie sélective: 

Magnifique synthèse (existe en Français) sur la guerre de Sécession, qui revient très longuement sur les années 1840-1860:

-MC PHERSON (James M,), Battle cry of freedom. The American civil war, Londres, Penguin Books, 1990, 904 p.

Sur la conquête de l’ouest, une excellente synthèse:

-JACQUIN (Philippe) et ROYOT (Daniel), Go west ! Une histoire de l’ouest américain d’hier à aujourd’hui, Paris, Flammarion, coll. « Champs », 2004, 368 p.

Sur la situation au Mexique après l’indépendance, et la tentative d’y installer Napoléon Ier, voir les premières pages de :

-AVENEL (Jean), La campagne du Mexique (1862-1867). La fin de l’hégémonie européenne en Amérique du Nord, Paris, Economica, 1996, 194 p.

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Hearts of Iron 4 – Death or Dishonor : le test

En attendant la suite du dossier sur William Walker, je vous propose la lecture de mon dernier test en date pour la Gazette du wargamer. Il est consacré à la dernière extension de l’excellent Hearts of Iron IV. Intitulée Death or Disonor, elle apporte beaucoup de nouveautés pour l’Europe centrale et se révèle plaisante à jouer. La suite ci-dessous:

https://www.wargamer.fr/hearts-of-iron-4-death-or-dishonor-tenir-ou-tomber/

L’Axe est repoussé en Grèce par les forces alliées. Capture d’écran de l’auteur.

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William Walker, un flibustier des Etats du Sud: I) Introduction

Pour comprendre la guerre de Sécession et son déclenchement, il faut remonter des dizaines d’années en arrière. Là il devient possible de saisir quels mécanismes se mirent en place, qui conduisirent à la sécession d’une partie des Etats du sud en 1860-61, puis à la terrible guerre civile qui s’ensuivit. Bien sûr, si les événements semblent s’accélérer à partir de la fin des années 1850, beaucoup de réalités existaient déjà et les étudier permet de mieux appréhender ce qui se passa par la suite. C’est ce qu’on va faire à travers le personnage peu connu (de ce côté-ci de l’Atlantique) de William Walker, aventurier, flibustier et apprenti chef d’Etat. Il illustre bien une partie des problèmes et des envies d’une certaine frange de la société sudiste de l’époque.

Un expansionnisme sudiste ?

La chose peut paraître étrange, mais existe pourtant bel et bien dans les décennies qui suivent l’indépendance des Etats-Unis. Le jeune pays en construction se cherche encore une identité culturelle et géographique. « Cantonné » à l’est des Appalaches, sur le territoire des anciennes Treize colonies britanniques, il va devenir, en quelques décennies, l’Etat gigantesque que l’on connaît, avec un mélange de traités pacifiques, d’achats de terres et de conquêtes de celles-ci, sur les tribus amérindiennes et les Etats voisins.

Or, le sud est particulièrement intéressé par l’expansion du territoire américain. Outre le courant général qui suit la fameuse déclaration du président Monroe en 1823 (les Européens n’ont plus à se mêler des affaires du continent américain) et la doctrine dite de la « destinée manifeste » (le destin des Etats-Unis est d’atteindre les côtes du Pacifique), ces Etats esclavagistes y voient le moyen de faire survivre ce que les textes nomment pudiquement « l’Institution Particulière » (Peculiar Institution). En effet, inclure de nouveaux Etats qui pratiqueraient l’esclavage permettrait de maintenir l’équilibre avec ceux du Nord, plus peuplés et libres, notamment car chaque Etat américain dispose de deux sénateurs, quelque soit son nombre d’habitants. Voilà pourquoi la partie méridionale du pays s’intéresse beaucoup à l’annexion du Texas et à la guerre avec le Mexique (où combattent bon nombre de futurs officiers confédérés et fédéraux) qui voit le pays s’agrandir après le traité de Guadalupe Hidalgo (1848).

La bataille de Veracruz durant la guerre au Mexique, Peinte par Carl Nebel en 1851. Hébergé sur https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/e/e6/Battle_of_Veracruz.jpg

La survivance de flibustiers et de rêves de conquêtes

Pourtant, ces espoirs sont souvent déçus car la bataille juridique et médiatique est féroce à propos du statut des nouveaux Etats: esclavagistes ou non ? Voilà pourquoi certaines personnalités sudistes se plaisent à envisager une conquête de territoires outre-mer, ou ailleurs sur le continent américain. L’un des plus influents est Pierre Soulé, sénateur de la Louisiane d’origine française. Partisan notoire de l’esclavage, il s’intéresse à l’île de Cuba et envisage son annexion pour en faire un territoire américain où il serait pratiqué. D’ailleurs, dans ces années 1840, c’est une colonie espagnole qui ne l’a pas encore interdit. Lui et les planteurs influents (dont il ne faut pas exagérer le nombre) qui dominent la vie politique du Sud prévoient divers projets de conquête, alors même que les Cubains se révoltent et essaient de se libérer de la tutelle espagnole. Ainsi en 1849 ils approchent le gouvernement américain et le secrétaire d’Etat à la guerre de l’époque, Jefferson Davis, futur président de la Confédération propose le nom d’un certain Robert E. Lee pour aller commander sur place ! Il refuse… Cela témoigne bien d’un certain climat, toutefois.

Enfin, d’autres préféreraient annexer des terres en Amérique centrale, région instable et à l’histoire politique mouvementée. Là, et dans les Caraïbes, le golfe du Mexique, sévissent encore bon nombre de flibustiers et pirates en tout genre, comme le célèbre Jean Lafitte au début du XIXe siècle. Une à deux générations plus tard, dans les années 1820-1840, ils sont encore nombreux à infester ces eaux. Malgré le traité de Paris consécutif à la guerre de Crimée (1856), qui jette les bases d’une interdiction de la guerre de course, et, partant renforce la notion d’un droit maritime international, il va falloir longtemps avant de s’en débarrasser. Ainsi, parmi eux, un certain William Walker dont nous allons voir les « aventures », qui sont dignes d’un roman de Stevenson, mais où le personnage principal est plus proche d’un Long John Silver que d’un Jim Hawkins.

Bibliographie sélective: 

Pour en savoir plus sur Pierre Soulé et les Français, personnes d’origine française, en général dans ce conflit :

-AMEUR (Farid), Les Français dans la guerre de Sécession. 1861-1865, Rennes, Presses universitaires de Rennes, coll. « Les Amériques », 2016, 354 p.

Magnifique synthèse (existe en Français) sur le sujet:

-MC PHERSON (James M,), Battle cry of freedom. The American civil war, Londres, Penguin Books, 1990, 904 p.

En français, une bonne biographie de Lee :

-BERNARD (Vincent), Robert E. Lee, Paris, Perrin, 2014, 456 p.

Le site de l’auteur:

https://cliophage.wordpress.com/

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La guerre de Pontiac: IV) Les conséquences

Si le conflit semble limité dans ses moyens, si les événements paraissent de peu d’envergure historique, surtout par rapport à la grande conflagration qu’est la guerre de Sept Ans, on va pourtant voir que ses conséquences sont très importantes pour la suite de l’histoire du continent américain.

La guerre d’indépendance américaine en germe

En effet, on a expliqué que les Britanniques ne sont pas parvenus à écraser les différentes tribus indiennes menées par Pontiac et, même si le conflit s’est terminé par une sorte de statu quo, le roi George III va prendre une décision capitale, et ce dès 1763. Il est ainsi décidé que, au vu de la résistance indienne, les terres situées à l’ouest des montagnes de Appalaches soient réservées pour l’avenir aux Amérindiens, avec interdiction pour les colons d’y prendre possession de terres. Le texte de l’époque, nommé Proclamation de 1763, est très clair à ce sujet et Edmond Dziembowski (voir bibliographie) dit clairement qu’il est prévu pour « endiguer l’élan panindien initié par Pontiac et Neolin [autre personnage d’importance, un prédicateur] »

En fait, plus que de l’indianophilie, c’est une réaction pragmatique bien britannique, mais qui génère un immense sentiment de frustration parmi les habitants des Treize colonies, qui ont participé à la guerre de Sept Ans et au récent conflit contre Pontiac. Alors qu’ils ont soif de terres, cette limitation de leurs appétits conquérants et colonisateurs va grandement contribuer à les détacher de leur métropole. Si l’on ne tient pas là toute l’explication du déclenchement de la guerre d’indépendance américaine, c’est néanmoins une puissante clé de compréhension des mécanismes qui se mettent en place après 1763 et vont aboutir à la déclaration d’indépendance de 1776.

L’expédition de Lewis et Clarke telle que peinte par Russell en 1905. Photo hébergée sur : https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/e/e0/Lewis_and_clark-expedition.jpg?uselang=fr

Une persistance des liens franco-indiens

Malgré tout ce que j’ai dit sur les relations entre les Français et les Amérindiens, ce conflit montre tout de même une persistance réelle des liens entre les deux communautés. On a vu que les seconds faisaient appel aux premiers plusieurs fois au cours de la guerre de Pontiac, et que certaines scènes avait généré une émotion importante. En Basse-Louisiane, certaines communautés indiennes se posent d’ailleurs les mêmes questions et se demandent si les Français qui partent ne sont pas préférables aux Espagnols qui arrivent. Pontiac lui-même, lorsqu’il se rend dans la petite ville de Saint-Louis, fondée par les Français, en 1769, est vêtu d’un uniforme qui lui a été précédemment donné par Montcalm lui-même ! C’est d’ailleurs peu de temps après qu’un autre Indien l’assassine, sans doute pour une histoire de vengeance.

Au-delà de l’anecdote, bon nombre de communautés indiennes conservent un caractère francophone pendant longtemps, car les liens de métissage ont été réels entre les deux communautés. Les Etats-Unis naissants ne peuvent se passer des trappeurs franco-indiens qui connaissent l’Ouest, et ce jusque dans les années 1830-1840. La fameuse expédition de Lewis et Clark recourt justement à des interprètes et trappeurs issus de leurs rangs. Encore aujourd’hui, un nombre important de communautés indiennes ont des noms à consonance française et utilisent des mots et expressions venus tout droit de la langue de Molière.

Bibliographie sélective (sans but d’exhaustivité):

-DZIEMBOWSKI (Edmond), La guerre de Sept Ans. 1756-1763, Paris, Perrin, coll. « Pour l’histoire », 2015, 670 p.

-HAVARD (Gilles) et VIDAL (Cécile), Histoire de l’Amérique française, Paris, Flammarion, coll. « Champs histoire », 2014, 863 p.

Sur les ressorts qui amènent à la déclaration d’indépendance de 1776, voir :

-COTTRET (Bernard), La Révolution américaine. La quête du bonheur, Paris, Perrin, 2003, 528 p. (une réédition en poche chez Tempus existe).

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Exposition « FRANCE-ALLEMAGNE(S) 1870-1871. LA GUERRE, LA COMMUNE, LES MÉMOIRES » aux Invalides

Jusqu’au 30 juillet se tient une magnifique exposition aux Invalides. Elle est consacrée à la fois à la guerre méconnue de 1870-71 à la Commune et aux mémoires contrastées de ces évènements. Plus de 300 objets venus de très nombreux musées français et étrangers permettent de retracer avec précision les faits: des photographies d’époque numérisées, des tableaux rarement vus en France, des mannequins et même quelques raretés comme la mitrailleuse française Bollée, invention d’un habile créateur. Le numérique vient compléter efficacement l’ensemble avec des cartes animées et une modélisation 3D des principaux canons de l’époque. Très utile pour voir comment ils tiraient !

J’ai passé plusieurs heures avec un grand intérêt dans les salles consacrées à l’exposition. Les pièces sont vraiment bien mises en valeurs, les textes utiles et le fait qu’une grande exposition à Paris vienne parler de ces évènements, qui plus est dans un musée national, est une très bonne chose.  En effet, ils restent peu connus du grand public et moins médiatiques que d’autres conflits. La présentation du traitement mémoriel de ces faits, après qu’ils se soient déroulés (traces dans la littérature, procès des communards…) vient compléter utilement une manifestation déjà dense. A voir ! Voici déjà quelques clichés pour vous donner envie. 

Le site de l’exposition:

http://www.musee-armee.fr/expoFranceAllemagnes/

http://www.musee-armee.fr/programmation/expositions/detail/france-allemagnes-1870-1871-la-guerre-la-commune-les-memoires.html

Emil Hünten, La bataille de Sadowa, 1885. Là est brisée l’ambition autrichienne de toujours peser sur les affaires allemandes. A ce sujet, voir: https://www.youtube.com/playlist?list=PLx0hYD1JPK2wb71Cuu-oDjOicHqakxGro Photo de l’auteur. Toile conservée au Berlin deutsches historisches museum : https://www.dhm.de/

Détail du tableau précédent. Le drapeau ennemi est présenté comme trophée. Photo de l’auteur.

Adolph Menzel, Départ du roi Guillaume Ier pour l’armée le 31 juillet 1870. Photo de l’auteur. Peu connu de ce côté-ci du Rhin, ce tableau présente le départ pour l’armée de ce roi qui est avant tout un militaire. Toile conservée à la Alte Nationalgalerie de Berlin. http://www.smb.museum/museen-einrichtungen/alte-nationalgalerie/home.html

Edouard Detaille, Combats à Villejuif, siège de Paris, 1870 (Musée d’Orsay). Ce tableau présente un combat en banlieue lors du siège très dur de la capitale. Detaille, qui s’est représenté avec une brouette, est l’un des plus grands peintres de ce conflit auquel il a participé, avec son ami artiste lui aussi, de Neuville. http://www.musee-orsay.fr/

Etienne-Prosper Berne-Bellecourt, Pièce d’artillerie lourde française au siège de Paris, 1872 (Musée de l’Armée). Durement bombardée par les Allemands, la place forte de Paris réplique tout de même. La capitale contient notamment de lourdes pièces de marine venues des ports et arsenaux, ainsi que des batteries flottantes sur la Seine. Photo de l’auteur.

Eugen Adam, La montée des couleurs allemandes au fort de Vanves le 19 janvier 1871. Nous sommes peu après l’armistice et les forts français sont remis aux troupes adverses. Le peintre représente ce moment. Photo de l’auteur.  Le tableau est conservé au Bayerisches Armeemuseum d’Ingolstadt https://www.armeemuseum.de/fr/

L’étonnante mitrailleuse Bollée, qui ressemble en partie à celle de Reffye pour son fonctionnement. Au sujet des canons à balles de cette guerre, voir: https://rha.revues.org/6765 Photo de l’auteur.

Les troupes d’Afrique participent activement à cette guerre et se battent bravement. Jules Monge a représenté en 1884 un Clairon de turcos [surnom des tirailleurs algériens] blessé. A ce sujet, voir leur chant et la bande dessinée « L’homme de l’année 1871 » : https://www.youtube.com/watch?v=LaSSXFI2o4c Toile conservée au Musée de l’Armée.

Tableau extrêmement célèbre d’Alphonse de Neuville (1873) consacré à la maison de la dernière cartouche à Bazeilles, où il est conservé. Là les troupes de marine opposèrent une farouche résistance aux forces adverses. Le musée: http://www.maisondeladernierecartouche.com/fr/ Photo de l’auteur.

Tableau d’Edouard Detaille de 1873 (Musée d’Orsay), Le Bourget. 30 octobre 1870. On voit un blessé français sortir d’une église après de durs combats. http://www.musee-orsay.fr/

Tableau très frappant d’Auguste Lançon: « Morts en ligne » de 1873. Les Allemands sont alignés, indifférents aux morts français au premier plan. Photo de l’auteur. Oeuvre conservée au musée de Gravelotte: https://www.tourisme-lorraine.fr/a-voir-a-faire/visites/musees/838142781-musee-de-la-guerre-de-1870-et-de-lannexion-gravelotte

Allégorie bien connue de Meissonier, Le siège de Paris de 1884 (musée d’Orsay). Les différentes troupes participantes à ce siège s’y voient bien, encadrant la figure de Paris. Photo de l’auteur. http://www.musee-orsay.fr/

Détail. On voit bien les marins. Leur présence est rappelée dans une chanson interprétée à l’époque, Passant par Paris : https://www.youtube.com/watch?v=0uUvp6Vpx5E Informations et fichier disponibles sur le site de la Promotion Cazeilles de Saint-Cyr: http://tdm.vo.qc.ca/stcyr/

Détail du Panorama de la bataille de Woerth d’Otton von Faber du Faur (1881), conservé au Bayerisches Armeemuseum d’Ingolstadt https://www.armeemuseum.de/fr/ C’est l’un des affrontements les plus sanglants du début de la guerre, le long des frontières. Photo de l’auteur.

Pour en savoir plus:

Les vidéos que j’ai consacrées au sujet, bibliographie en description:

https://antredustratege.com/2013/06/20/playlist-la-guerre-de-1870-71/

Mes articles sur l’intervention de Garibaldi aux côtés de la France en 1870-71:

https://antredustratege.com/2016/02/04/garibaldi-au-secours-de-la-france-1870-1871-i-introduction/

https://antredustratege.com/2016/02/17/garibaldi-au-secours-de-la-france-1870-1871-ii-en-route-pour-les-vosges/

https://antredustratege.com/2016/02/28/garibaldi-au-secours-de-la-france-1870-1871-iii-larmee-des-vosges-sorganise/

https://antredustratege.com/2016/03/20/garibaldi-au-secours-de-la-france-1870-1871-iv-les-combats/

https://antredustratege.com/2016/04/04/garibaldi-au-secours-de-la-france-1870-1871-v-bilan/

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La guerre de Pontiac: III) Vers la fin du conflit

Combats indécis

Je le disais en conclusion la fois précédente : la guerre tourne vite à l’impasse. Le territoire considéré est immense, encore mal maîtrisé par les Britanniques. Ces derniers doivent reconfigurer leur dispositif et envoyer leurs troupes loin de leurs bases, à une époque où les communications ne sont pas les mêmes qu’aujourd’hui. De leur côté, les Indiens manquent de moyens et ne parviennent pas à entraîner les Français, fraîchement défaits par le traité de Paris, dans la guerre. Pour autant, les combats se poursuivent.

Ainsi, au cours de l’année 1765, les « tuniques rouges » s’efforcent de déployer des troupes depuis la Louisiane, afin qu’elles remontent vers le Nord, et montrent une présence effective sur les terres qui s’étendent entre celle-ci et le Canada. Rappelons encore une fois que la Louisiane française est bien plus grande que l’Etat du même nom actuel. Or, cette opération est en partie un succès, car les forces royales parviennent notamment à s’emparer de l’important fort de Chartres, en février de cette année… Avant de subir un revers en avril, où Pontiac les presse durement et parvient même à faire fuir le lieutenant Fraser et ses troupes, venues de Pittsburgh.

Le fort de Chartres, qui a été réutilisé par les Britanniques. Photo trouvée sur: http://www.ameriquefrancaise.org/media-6930/fort_chartres_1.jpg

La guerre cesse

En fait, aucun camp ne parvient à réellement s’imposer et l’emporter sur son adversaire. Les Indiens espèrent encore que la France retrouve sa place dans la région, et vienne à leur secours : je vous renvoie au premier article pour ce qui est de la complexe relation franco-indienne. Ce n’est pas du tout le plan des autorités françaises, durement frappées par la guerre de Sept ans et liées par le traité de Paris. Plusieurs appels sont ainsi repoussés sur place, non sans émotion comme on l’a vu précédemment.

Ainsi, la lassitude finit par gagner les tribus indiennes, qui ne voient plus de produits européens leur parvenir à cause de l’état de guerre, et ont le sentiment de lutter seules, sans plus trop savoir pourquoi. Voilà pourquoi les britanniques acceptent de mener une série de pourparlers, pour sortir d’une lutte peu claire et indécise. Ceux-ci ont lieu fin août-début septembre 1765 et parviennent à une fin de la « guerre de Pontiac », débutée deux ans plus tôt.

On en verra les conséquences dans un dernier article, plus importantes qu’on ne le pense.

Bibliographie sélective (sans but d’exhaustivité):

-DZIEMBOWSKI (Edmond), La guerre de Sept Ans. 1756-1763, Paris, Perrin, coll. « Pour l’histoire », 2015, 670 p.

-HAVARD (Gilles) et VIDAL (Cécile), Histoire de l’Amérique française, Paris, Flammarion, coll. « Champs histoire », 2014, 863 p.

Le site du fort de Chartres, avec de nombreuses photos:

http://www.fortdechartres.us/

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Mes derniers articles pour la Gazette du Wargamer

En attendant la suite du dossier sur la guerre de Pontiac, je vous propose de (re)découvrir mes derniers articles pour la Gazette du wargamer. Entre histoire et jeux vidéos, ils concernent les dernières extensions des excellents Crusader Kings II et Europa Universalis IV. Outre les tester, j’y donne quelques précisions historiques et bibliographiques.

Capture d’écran de l’auteur, extension « Mandate of Heaven » pour Europa Universalis IV.

Crusader Kings II – Monks and Mystics : cierges et pentacles pêle-mêle:

http://www.wargamer.fr/crusader-kings-ii-monks-and-mystics-cierges-et-pentacles-pele-mele/

EU IV – Mandate of Heaven : Gare à la puissance du fils du ciel !

http://www.wargamer.fr/europa-universalis-iv-mandate-of-heaven-gare-a-la-puissance-du-fils-du-ciel/

Mes autres articles pour le site:

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Museo centrale del Risorgimento, Rome

Quelques clichés du musée du Risorgimento de Rome. Cela désigne le mouvement d’unification de l’Italie, complexe et passionnant. Pour en savoir plus, une bibliographie à la fin et des renvois vers des articles existants.

Photos de l’auteur

http://www.risorgimento.it/

Tout commence avec Napoléon, premier à vraiment insuffler une idée d’unité à l’Italie, quoique sous le contrôle de la France. Comme l’écrit Lucio Villari: « Ne fu il veicolo il generale Napoleone Bonaparte. E fu l’Italia il suo primo passo verso l’eternità » (« Le général Napoléon Bonaparte en fut le premier véhiculeur [de la liberté]. Et l’Italie fut son premier pas vers l’éternité »).

Giuseppe Mazzini. L’un des penseurs les plus influents du Risorgimento, et exilé une bonne partie de sa vie. Tiré d’un portrait de Hawkes, 1849.

« Combattimento in un cortile fra i Milanesi e i « Cacciatori Tirolesi ». « Combats dans une cour entre les Milanais et les chasseurs tyroliens », 1848. La ville se révolte cette année-là.

Détail.

Portrait de Napoléon III par Genaille en 1851. L’Empereur fait beaucoup pour l’unité de l’Italie, même s’il stoppe son soutien direct avec l’armistice de Villafranca.

Non précisé, portrait de Victor-Emmanuel II, premier roi d’Italie. Il voit l’unification du pays vraiment débuter et le Vittoriano l’honore à Rome.

Détail d’un combat naval de la bataille de Lissa, pourtant défaite italienne (peintre non précisé). En 1866 l’Italie récupère la Vénétie sur l’Autriche pour prix de sa participation à la guerre aux côtés de la Prusse (voir mes vidéos youtube).  Des combats navals ont lieu en Adriatique, et celui-ci est le plus connu.

Détail d’un navire italien. On voit bien sa modernité pour l’époque. Il est cuirassé et marche à la vapeur. 

Les vaisseaux autrichiens sont plus vieux, mais ont su l’emporter, notamment grâce à l’éperonnage, tactique antique un temps remise au goût du jour grâce à la vapeur. En France, l’amiral Labrousse la vante à l’époque.

Affiche de propagande italienne, 1915-1918. Le Risorgimento, aux frontières chronologiques floues, s’achève, pour certains historiens, avec la prise du Trentin, du Tyrol du Sud et du Frioul-Vénétie Julienne après 1918.

Bibliographie indicative: 

-MILZA (Pierre), Garibaldi, Paris, Fayard, coll. « Pluriel », 2014, 731 p.

-PECOUT (Gilles), Naissance de l’Italie contemporaine. 1770-1922, Paris, Armand Colin, 2004, 407 p.

-VILLARI (Lucio), Bella e perduta. L’Italia del Risorgimento, Roma-Bari, Laterza, 2009, 345 p.

La guerre de Pontiac: II) Déclenchement et premiers affrontements

Je l’ai dit précédemment: les forces de sa gracieuse majesté parviennent mal à occuper les immenses territoires dont elles ont à présent la charge et qui couvrent une large partie des actuels Etats-Unis et Canada. De plus, les Amérindiens n’avaient pas réellement été vaincus durant la guerre de Sept Ans, et on a vu qu’ils voyaient la présence française qui venait de prendre fin comme préférable à la nouvelle.

Pontiac et ses hommes

Celui qui va mener la révolte est donc le chef Pontiac, dont on sait finalement assez peu de choses. Il vient de la tribus des Outaouais, qui est à l’époque de la région de Détroit, ville fondée par le Français Cadillac. Il fédère autour de lui de nombreuses tribus de mécontents, dont les Hurons, Shawnees et Delawares pour ne citer que les plus connues. Ils forment une confédération qui passe rapidement à l’action après la nouvelle de la signature du traité de Paris, en 1763. Ainsi, la région au sens large, reste en guerre, du Mississippi à la frontière avec l’ancien Canada français.

Or, la menace qu’ils font peser sur les possessions de la Grande-Bretagne sont loin d’être minces. En quelques semaines, ils parviennent ainsi à s’emparer de nombreux forts de la région de Détroit et de la vallée de l’Ohio, dont Pittsburgh, nommé ainsi en raison de l’homme d’Etat William Pitt. De plus, les Indiens, comme pendant la guerre de Sept Ans, lancent des raids dans les treize colonies limitrophes, et parviennent jusque dans les campagnes de Virginie et du Maryland, soit loin au sud. Ils réussissent à déjouer la surveillance ennemie et s’infiltrer dans leurs lignes.

Les colons sont évidemment horrifiés, et le commandement britannique en vient même à penser que les Français sont derrière toute cette histoire, alors qu’ils auraient été bien en peine d’organiser quoi que ce soit vu l’état de leurs armées, et après la terrible humiliation qu’est le traité de 1763. Pourtant, on va voir plus bas qu’ils jouent un rôle dans cette guerre.

Et les Français dans tout cela ?

En effet, ledit traité vient à l’époque seulement d’être signé et étant donné les distances et les moyens de communications de l’époque… Tous les Français ne sont pas encore partis des terres qu’ils viennent de perdre. Sans compter les colons qui vont rester (certains aidèrent les Indiens d’ailleurs) et dont les descendants habitent toujours au Québec par exemple, ils reste à l’époque des militaires et des administrateurs qui attendent leur retour en métropole et d’être relevés par les vainqueurs.

Or, c’est notamment le cas en Louisiane, colonie qui correspond à un tiers des Etats-Unis actuels, où les autorités britanniques (puis espagnoles, la colonie étant cédée à Madrid, on l’a vu) n’ont pas encore pris possession de tous les forts et postes. Là, quelle n’est pas la surprise d’un Neyon de Villiers, commandant du fort de Chartres (Illinois)… De voir les Indiens l’exhorter de reprendre la lutte à leurs côtés, et même Pontiac de venir lui-même lui demander une telle action. D’ailleurs, au cours de cette guerre, les Amérindiens utilisent même à plusieurs reprises de vieux drapeaux à fleurs de lys durant les combats !

Ce n’est là qu’un exemple, mais il y en eut d’autres de ce style, qui illustre la complexité des rapports franco-indiens, et de ce conflit en général. Là, Neyon de Villiers, quoique fortement marqué par ces évènements, ne souscrit pas à la demande du chef indien, car ses ordres le lui interdisent formellement. Il doit respecter les termes du traité de Paris. On va le voir ensuite, la guerre s’inscrit peu à peu dans l’impasse.

Bibliographie sélective (sans but d’exhaustivité):

-DZIEMBOWSKI (Edmond), La guerre de Sept Ans. 1756-1763, Paris, Perrin, coll. « Pour l’histoire », 2015, 670 p.

-HAVARD (Gilles) et VIDAL (Cécile), Histoire de l’Amérique française, Paris, Flammarion, coll. « Champs histoire », 2014, 863 p.

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La guerre de Pontiac: I) Introduction

Le conflit dont je vais vous parler à présent est l’un des nombreux affrontements qui survinrent entre les Européens et les Amérindiens, entre leur arrivée en Amérique et les derniers raids apaches au début du 20e siècle. Il opposa de nombreuses tribus indiennes conduites par un chef énergique nommé Pontiac aux forces royales britanniques et colons anglo-saxons, et dura deux ans. Née des conséquences de la guerre de Sept Ans (1756-1763), cette guerre fut difficile pour les deux parties et, on le verra, a une certaine importance pour l’histoire de l’Amérique du Nord et des futurs Etats-Unis.

Dans le sillage du traité de Paris

Je viens de le dire, la guerre de Pontiac résulte de la guerre de Sept Ans, funeste pour la France. Après des débuts prometteurs, celle-ci voit finalement la balance pencher du côté de ses ennemis. Sur le continent européen, la coordination avec l’allié autrichien contre les forces britanniques et prussiennes (notamment) de Frédéric II est mauvaise. De plus, en Amérique, les troupes de Louis XV sont peu nombreuses, dispersées sur un immense territoire, minées par une querelle de commandement entre le gouverneur de la Nouvelle-France Vaudreuil et l’officier envoyé de métropole, le fameux Montcalm, assez ombrageux et peu au fait des réalités américaines. Enfin, la marine n’est plus celle du roi-soleil et ne parvient pas à vaincre la Royal Navy qui étouffe la colonie.

Le résultat est connu: le traité de Paris est catastrophique pour la France, qui abandonne l’Inde sauf cinq comptoirs, et toutes ses possessions sur le continent américain, à l’exception des îles des Antilles et de Saint-Pierre et Miquelon… Alors que la faible Louisiane, mal mise en valeur, est cédée à l’Espagne pour prix de sa participation, infructueuse d’ailleurs, à la guerre aux côtés de Versailles. Ainsi, Londres paraît triompher: les 13 colonies sont libérées de la pression française dont les territoires, certes peu peuplés, allaient en arc-de-cercle du Saint-Laurent au Mississippi,  les postes de traite de la fourrure tombent entre ses mains, la marine française est écrasée etc. 

Toutefois, les historiens ont bien montré que cette victoire portait dans ses flancs le déclenchement de la guerre d’indépendance américaine, ce qui n’est pas notre sujet, mais aussi de nouvelles tensions avec les Amérindiens, ce que je vais évoquer.

Eau-forte de Chevillet de 1783 montrant la mort de Montcalm à Québec. © Photo RMN-Grand Palais (Château de Versailles) / Droits réservés https://www.histoire-image.org/etudes/marquis-montcalm-heros-guerre-sept-ans

Français et Amérindiens

En effet, sans faire d’hagiographie, il est certain que la colonisation française s’est toujours appuyée sur une alliance étroite avec les tribus indiennes. Essentiellement car le peuplement d’origine européenne n’a jamais été fort en Nouvelle-France, contrairement aux treize colonies, où les violences contre les Indiens ont été plus grandes. La France avait un intérêt certain à ménager les habitants originels du continent, et ceux-ci à faire de même, pour limiter les effets de l’arrivée massive des Européens dans les treize colonies, où ils se sentirent vite trop nombreux pour la terre disponible, et cherchèrent à s’étendre. Cette histoire franco-indienne reste émaillée de conflits sanglants et de duperies, mais aussi d’échanges culturels réels (symbolisés par les coureurs des bois par exemple), et de vraies réussites militaires. Je vous renvoie à la bibliographie pour en savoir plus.

Au final, si les anglo-saxons ont emporté l’alliance de plusieurs tribus, notamment avec leurs victoires militaires qui les détournèrent in fine du camp français… Le départ des fleurs de lys ravive des tensions et une forme de regret de la présence française, en partie fantasmée, naquit. Ainsi, les « tuniques rouges » ont du mal à s’approprier l’immense espace dont elles se sont rendues maîtres durant la guerre, et les premiers accrochages avec les tribus éclatent vite, débouchant sur une guerre généralisée: la guerre de Pontiac.

Bibliographie sélective (sans but d’exhaustivité):

-DZIEMBOWSKI (Edmond), La guerre de Sept Ans. 1756-1763, Paris, Perrin, coll. « Pour l’histoire », 2015, 670 p.

-HAVARD (Gilles) et VIDAL (Cécile), Histoire de l’Amérique française, Paris, Flammarion, coll. « Champs histoire », 2014, 863 p.

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