Archives de Tag: Antiquité

Les Romains et l’Ecosse: IV) Bilan et conséquences

Terminons aujourd’hui ces lignes consacrées à la présence romaine en Ecosse. C’est désormais l’heure du bilan, voyons donc s’il est resté des traces de la culture latine au nord des murs d’Hadrien et d’Antonin.

Une présence très discontinue

A première vue le constat semble sans appel: contrairement à la Bretagne, l’Ecosse n’a jamais connu de présence romaine vraiment durable. Les Romains n’y ont construit aucune grande ville, leur langue ne s’est pas imposée et ils sont restés des étrangers. 

Bien sûr, lors de leurs campagnes et entre les deux murs, ils ont tout de même bâti d’importants camps militaires où des contacts commerciaux avec les indigènes qui s’installaient en marge (ces installations se nomment canabae en latin) avaient lieu. Ainsi, les archéologues y ont retrouvé des objets venant de Gaule et même d’Orient ! Les fouilles ont aussi livré des monnaies, des objets plus usuels, et même agricoles.

Tout ceci prouve que des échanges existaient et que les Caledonii et Pictii utilisèrent en partie des innovations de leurs adversaires. Nuançons tout de suite:  celles-ci ne touchèrent pratiquement pas le nord montagneux, au-delà du mur d’Antonin et connu par la suite sous le nom de Highlands, où les populations restèrent presque hors de portée de l’influence latine. 

Mais quelques marques restées durables

Néanmoins d’autres apports furent plus durables, telles les routes, que les Romains construisaient avant tout pour leurs forces armées. Certaines, surtout dans le sud, servirent jusqu’au Moyen-Age, et même jusqu’à l’époque moderne et le mot street encore utilisé en anglais de nos jours vient du latin strata (voie pavée). De plus, dans les bagages des soldats romains voyagea peut-être le christianisme. S’il n’y a pas de preuve formelle, les textes du début du Moyen-Age parlent d’églises chrétiennes dès le Ve siècle en Ecosse.

Enfin, on a vu que les Romains ne conquirent jamais le nord de l’Ecosse, fixant leur limite au mur d’Antonin, c’est à dire à la ligne Clyde-Forth, déjà citée. Ce faisant, ils installaient dans les mentalités une division restée d’actualité jusqu’à nos jours entre les deux grandes parties du pays, Highlands et LowlandsC’est sans doute l’une des conséquences les plus importantes, car les populations des deux ensembles n’évoluèrent pas tout à fait de la même façon: assez tôt le sud s’anglicisa et parla un dialecte issu de l’anglais, le Scots, et non plus le gaélique.

Conclusion

Pour résumer, nous parlons d’une terre incomplètement soumise, et où l’influence romaine fut limitée. En fait, c’est assez logique: l’effort qu’il aurait fallu consentir pour conquérir toute l’Ecosse sembla bien vite trop coûteux pour ces terres peu fertiles et peuplées de farouches guerriers, qu’on préféra isoler derrière des fortifications. D’où un héritage romain très mince, mais pas sans conséquences comme on vient de le voir.

Bibliographie consultée (qui n’a donc pas pour but d’être exhaustive):

-DUCHEIN (Michel), Histoire de l’Ecosse. Des origines à nos jours, Paris, Tallandier, coll. « Texto », 2013, 797 p.

-Cours de licence.

 

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Les Romains et l’Ecosse, II) Expéditions militaires et fortifications

On l’a dit, la Bretagne romaine s’arrêtait à peu près au nord de l’Angleterre actuelle et les peuples septentrionaux étaient mal connus des Romains. Cela n’empêcha pas des tentatives de conquêtes ou des expéditions punitives, ainsi que l’édification de murs restés célèbres, comme celui dit d’Hadrien. C’est ce que nous allons à présent voir.

A) Agricola

Après la conquête effectuée sous Claude, la Bretagne n’est pas la préoccupation première des Romains pendant un certain temps, et il faut attendre la fin des troubles suivant la mort de Néron pour voir de nouveaux projets être avancés. En effet, c’est Vespasien, vainqueur de la course à l’Empire après « l’année des quatre empereurs » de 69 qui décide de mettre fin aux raids des Caledonii  qui troublent la paix romaine.

Il envoie pour ce faire le célèbre général Agricola, dont les actes nous sont connus grâce à l’historien Tacite. Avec ses hommes, il pousse vers le nord dès 79, construit des forts et se bat contre les tribus celtes. Ces expéditions durent plusieurs années, avec des fortunes diverses: en 82, une légion, la IXe, est saignée lors de durs combats mais, l’année suivante, une grande victoire est remportée dans le nord de l’Ecosse, sans qu’on sache trop où. Ce qui est certain, c’est que la marine romaine a apporté son concours à cette campagne et poussé jusque dans la région de l’actuelle Aberdeen, soit très au nord. Plus tard, elle fit le tour de la Bretagne, et confirma que c’était bien une île.

Emplacement des deux murs. Carte tirée de la version britannique de wikipédia (si vous avez mieux…)

B) Hadrien et Antonin

Après cela, le calme revient pour plusieurs décennies. Les Romains se retirent vers le sud et renoncent à occuper toute l’île. L’empereur Hadrien, qui succède à Trajan, décide d’entériner cet état de fait par la construction d’un mur pour séparer la province de Bretagne du reste. Courant sur 130 kilomètres, il compte des tours et des forts à intervalles réguliers et des routes qui le longent permettent d’acheminer les troupes rapidement. Il est encore bien visible aujourd’hui. J’en profite pour rappeler que la zone-frontière romaine, nommée le limes est loin d’être toujours fortifiée comme on le lit trop souvent, notamment dans les manuels scolaires, ce mot étant abusivement traduit par « mur » dans bien des cas (voir plus bas) .

Toutefois, à peine achevé, il n’empêche pas des incursions ennemies et dès 139, Antonin, le successeur d’Hadrien, souhaite repousser la frontière défensive plus au nord. Ses hommes atteignent la ligne formée par les cours d’eau Clyde et Forth, emplacement stratégique, et y élèvent le « mur d’Antonin ». Etant donné l’étroitesse de la bande de terre à cet endroit, il est, sur le papier du moins, plus facile à défendre car il ne fait que 60 kilomètres environ, soit deux fois moins que le précédent. Là encore, il allie pierre et talus de terre, fossé côté ennemi et route côté romain, tours et camps à intervalles réguliers. Grâce à ces deux lignes, la région va connaître une longue période de paix et de prospérité.

Photo des vestiges du mur d’Hadrien. Ils restent nombreux.

Bibliographie consultée (qui n’a donc pas pour but d’être exhaustive):

-DUCHEIN (Michel), Histoire de l’Ecosse. Des origines à nos jours, Paris, Tallandier, coll. « Texto », 2013, 797 p.

-Cours de licence.

On trouvera un récit de la vie d’Agricola par Tacite, cité plus haut, ici traduit par l’Université catholique de Louvain:

http://bcs.fltr.ucl.ac.be/TacAgr/Agrtrad.html

Article (assez ancien) sur le limes sur un des sites de l’Université de Toulouse-Jean Jaurès:

http://dagr.univ-tlse2.fr/consulter/1977/LIMES%20IMPERII/texte

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Les Romains et l’Ecosse, I) Introduction

Revenons à l’Antiquité, tout en restant dans la même aire géographique ! J’aimerais à présent dire quelques mots sur la présence romaine en Ecosse qui, vous le savez, fut bien moindre que dans le sud des îles britanniques, mais ne resta pas sans conséquence.

Les Romains en Bretagne

D’abord petite cité d’Italie centrale, fondée selon la légende en 753 avant Jésus-Christ, Rome devient peu à peu le vaste ensemble territorial que nous connaissons, et qui ne concerne pas que le bassin méditerranéen. Ainsi, le fameux Jules César entreprend et réussit la conquête de la (ou plutôt des) Gaule(s), avec des épisodes très connus comme Gergovie et Alésia. C’est aussi lui qui traverse pour la première fois la Manche en 54 avant JC. Tout ceci est évoqué dans son ouvrage célèbre, La guerre des Gaules (voir plus bas).

Pour le moment, il ne s’agit pas de conquête, mais simplement d’une expédition punitive: les habitants de ce qu’on appelle alors la Bretagne (Britannia, le mot est de César lui-même) aident les Gaulois, auxquels ils sont apparentés, contre les Romains et cela les gêne. Toutefois, très occupé sur le continent et n’ayant pas les moyens de faire mieux, il se retire. Ensuite, les décennies passent et Rome est occupée par d’autres fronts: assurer la paix en Gaule, sortir de la guerre civile après la mort de César, sécuriser la frontière du Rhin ou encore pacifier l’Hispanie et les Alpes. Ce à quoi oeuvre par exemple Auguste.

Buste de l’empereur Claude, conservé au musée archéologique de Naples.

Un nord mal connu

Finalement, c’est l’empereur Claude, une centaine d’années après l’expédition que je viens de citer, qui entreprend réellement la conquête de la Bretagne. L’Empire est solidement installé en Gaule et possède une marine qui opère depuis des ports situés dans le nord de la France actuelle, comme Portus Itius , sans doute sur la côte d’Opale. Cela permet un débarquement en Bretagne, et de garder des communications avec le reste des possessions romaines. Toutefois, les opérations s’étalent sur plusieurs années, de 43 à 50.

De plus, cette présence se limite au sud de l’actuelle Grande-Bretagne. On ne sait pas avec précision où pour ces premières années, mais certainement aux environs de Newcastle. Les territoires situés au nord de la ville citée sont mal connus des Romains. Il n’y a pas de textes précis qui les décrivent par exemple. Toutefois ils se rendent bien compte que de nombreux peuples en proviennent, auxquels ils donnent le nom générique de Caledonii, et que ceux-ci razzient leurs nouvelles possessions et troublent la Pax Romana. C’était suffisant pour agir… 

Bibliographie consultée (qui n’a donc pas pour but d’être exhaustive):

-DUCHEIN (Michel), Histoire de l’Ecosse. Des origines à nos jours, Paris, Tallandier, coll. « Texto », 2013, 797 p.

-Cours de licence.

On peut trouver un témoignage d’époque dans le très célèbre La guerre des Gaules, qui évoque notamment l’expédition en Bretagne. Une traduction, déjà ancienne, a été mise en ligne par l’Université du Québec: http://classiques.uqac.ca/classiques/cesar_jules/guerre_des_gaules/guerre_des_gaules.pdf

Pour finir, la vision humoristique de la chose dans Astérix chez les Bretons. A relire absolument:

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La piraterie dans la Grèce antique: III) Le rôle économique

En apparence assez peu liée au monde de la piraterie, l’économie s’imbrique pourtant fortement avec celui-ci. En effet, outre l’acquisition de biens de manière illégale, qui vient logiquement à l’esprit, on peut rajouter d’autres aspects comme le commerce. Voyons à présent cela.

Pirates et commerçants 

Longtemps, les deux activités ne furent pas très distinguables, un même personnage et son équipage pouvant pratiquer les deux, ce qui changea progressivement. Néanmoins, une fois la distinction bien faite entre marchand et « pillard », ces domaines restèrent liés. Tout d’abord, on s’en doute, car les pirates cherchaient à revendre leur butin.

Mais aussi, et surtout, car les détrousseurs du monde grec antique jouèrent le rôle de vendeurs d’esclaves. Or, ceux-ci sont nombreux à l’époque, généralement des prisonniers (et des descendants d’esclaves) et appartiennent à tous les peuples du bassin méditerranéen, Grecs compris. Je citerai le cas assez connu de Platon, vendu comme tel durant la guerre du Péloponnèse, et racheté par un de ses amis. Ils sont utilisés à des tâches domestiques, agricoles ou minières, la pensée grecque trouvant ses travaux dévalorisants et même indignes de l’homme.

Ce commerce très rentable, dans un monde souvent en guerre (ce qui facilite la réduction en esclavage des populations), fit donc la fortune des pirates, qui écoulaient leur marchandise dans de nombreux ports, qui leur permettaient également de réparer leurs navires, comme sur l’actuelle côte syrienne. Signe que cette économie était vitale pour une certaine partie des cités et autres états de l’époque.

Monnaie d’Egine, où Platon fut vendu comme esclave.

L’irruption des Romains

Puissance montante dans cette partie de la Méditerranée dès le IIIe siècle avant notre ère, Rome se trouve impliquée dans les mouvements décrits plus haut. En effet, elle est une grande utilisatrice d’esclaves, et, vu la superficie qu’elle possède peu à peu (au final, l’un des plus grands empires de l’histoire) constitue un acheteur de premier plan. De plus, ce mouvement s’amplifie après ses victoires contre Carthage (définitive en 146 avant JC) et son irruption en Grèce même.

Or, sa demande importante multiplie les captures… Et donc les pirates ! Ceux-ci se font les pourvoyeurs de Rome et croissent en nombre important du fait de ce commerce, notamment les Ciliciens (actuelle Turquie). Hélas pour eux, cette manne financière ne dure que peu car leur explosion numérique perturbe de plus en plus les routes maritimes et déstabilise des régions entières . Peu à peu, la grande cité du Latium change donc d’opinion puis de comportement face à eux, jusqu’à la Lex Gabinia de 67 qui leur est fatale. Elle confie à Pompée les pleins pouvoirs pour les combattre, ce qu’il fait avec brio, éliminant cette menace d’ampleur. 

Bibliographie:

-GARLAN (Yvon), Guerre et économie en Grèce ancienne, La Découverte, Paris, 1999, 225 p.

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http://www.wargamer.fr/paroles-de-youtubeurs-jean-baptiste-murez-histoire-militaire/

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La piraterie dans la Grèce antique: I) Introduction

En guise d’entrée en matière

Sujet très vaste que la piraterie: générateur de troubles, détournant de l’argent, des biens et des personnes… Il est par nature violent et déstabilisateur; tantôt limité à une courte période (en temps de guerre par exemple), et à d’autres moments bien plus généralisé et présent. C’est donc un sujet d’histoire intéressant, et bien moins romanesque que peut le présenter le cinéma ou le jeu vidéo (je n’ai pas dit de ne pas voir Pirates de Polanski, attention !). De plus, il ne se résume pas aux flibustiers et autres boucaniers des Caraïbes, mais a connu de nombreux visages suivant les lieux et les époques.

Ainsi l’Antiquité a regorgé d’épisodes de brigandage et de piratage, à tel point que Pompée, le fameux rival de César, reçut par exemple des pouvoirs importants de la part du sénat romain pour aller combattre lesdits pirates ! Signe qu’ils n’étaient pas qu’une menace légère. Cette fois, je vous propose de parler des pirates contemporains de la Grèce ancienne.

« Dionysos châtie les pirates de la mer Tyrrhénienne et les transforme en dauphins. » Lieu de conservation : musée du Bardo (Tunis).

Qu’est-ce qu’un pirate à l’époque qui nous intéresse ?

Si nous avons la vision d’un marin plus ou moins sale et armé, grossier et bagarreur… L’Antiquité ne distingue que peu les diverses activités de brigandage organisé et des mots tels que peirataï (puis piratae en latin) désignent à la fois des rebelles, des usurpateurs, des barbares ou des brigands aussi bien terrestres que maritimes. Cela veut dire que nos réalités ne sont pas exactement celles du monde antique. De plus, employer un tel vocabulaire est généralement dépréciateur envers les personnes concernées.

Ceci dit, on va tout de même s’intéresser aux divers pilleurs, voleurs et écumeurs des mers comme des terres qui « œuvrèrent » à l’époque choisie.

Bibliographie:

-GARLAN (Yvon), Guerre et économie en Grèce ancienne, La Découverte, Paris, 1999, 225 p.

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L’armement et l’équipement des Romains durant le Haut-Empire: III) Les auxiliaires

Rome n’emploie pas que des légionnaires, mais également d’autres unités plus ou moins bien connues des historiens. Voyons donc comment étaient équipés les auxiliaires, avant de terminer par la suite avec les prétoriens.

Généralités:

Les premiers sont donc des hommes qui ne sont pas légionnaires ni même souvent des citoyens romains, mais des troupes recrutées localement pour bénéficier du « meilleur » de chaque peuple: les archers syriens par exemple. Peu à peu, leurs différences avec les légions s’atténuent, mais leurs missions restent complémentaires. Cette distinction explique qu’ils aient eu un équipement et armement différents durant la période qui nous occupe.

Pour résumer: celui-ci se caractérise par le tandem épée-lance contrairement au légionnaire avec son glaive-javelot. Là encore elles très variées suivant l’endroit et le siècle, mais ces armes étant plus longues et larges que celles de leurs camarades, elles ne servent pas au même emploi. Toutefois, ces hommes sont de source sûre moins bien protégés (et payés) que les légions. Par exemple, leurs tuniques sont souvent en seul cuir, bien que des plaques de métal peuvent être vues. Trajan et ses successeurs améliorent la situation et leur donnent des casques et boucliers, renforçant leur défense.

Les cavaliers auxiliaires, eux, sont mieux lotis dès le départ et leur situation ne fait que s’améliorer: casques de fer, cottes de maille, épée qui s’élargit et des javelines qui viennent renforcer leur arsenal après le Ier siècle. Cela montre l’importance accordée à de telles formations.

Détail de la colonne trajane (voir article précédent). On distingue un auxiliaire germain se battant pour les Romains (torse nu). Photo disponible sur wikipédia (qui, pour ce genre de données peut être utilisée si vérifiée).

Des troupes spécialisées:

Les auxiliaires sont surtout connus pour former des unités « locales » que Rome recrute pour tirer parti à son profit des forces militaires des peuples sous sa domination. Ainsi on voit des cavaliers Gaulois et Maures (habiles au javelot), plutôt légers, ainsi que d’autres plus lourds recrutés au proche-orient et qui donnent une puissance de choc importante contre des peuples utilisant ce type de troupes (Parthes, Perses, les fameuses « cataphractes »).

Rome engage également des archers syriens on l’a dit, des frondeurs qui viennent aussi de cette province, des celtes armés de puissantes massues (les « gésates » ) et recrutés aux confins du monde celte et germain, notamment en Rhétie (actuelle Suisse et Bavière). Une bonne partie sont toutefois des hommes équipés d’armes de jet, pour compenser un type de combat peu pratiqué par les légions (à part avec le pilum).

 Sans faire de catalogue, on peut soutenir que cela lui permet de disposer d’hommes aux capacités et armement divers, et donc de s’adapter aux menaces et ennemis rencontrés. Or, ces hommes étaient nombreux et il ne faudrait pas limiter la puissance romaine à ses seules légions. 

Bibliographie:

-LE BOHEC (Yann), L’armée romaine (3e éd. revue et augmentée), Paris, Picard, coll. « Antiquité synthèses », 2002, 292 p.

On peut aussi consulter (bien plus chronologique que le premier, très thématique):

-COSME (Pierre), L’armée romaine (2e éd.), Paris, Armand Colin, 2012, 312 p.

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L’armement et l’équipement des Romains durant le Haut-Empire: II) Les légionnaires

Les mieux connus de tous les soldats romains restent les légionnaires. Voyons successivement leurs protections puis leurs armes.

Se protéger de l’ennemi :

Ce volet-là passe par plusieurs choses. Tout d’abord le légionnaire romain porte un casque assez simple, et une cuirasse (lorica) qui (reportez-vous à l’introduction) qui n’est pas la même suivant les époques et même les unités. Certaines sont  par exemple de type grec, et souvent portées par les officiers. Très reconnaissables, elles imitent la forme des muscles. Les soldats eux, ont une sorte de cottes de maille ou une veste en cuir bardée d’écailles de métal, modèle finalement plus rare que le premier. On trouve aussi une variante à lames de métal, qui a tendance à se généraliser avec le temps.

De plus, ils disposent de jambières pour protéger, comme leur nom l’indique, leurs jambes et d’un bouclier pour parer les coups adverses. Là encore, il est de diverses formes et origines: tantôt rectangulaire, on en connaît aussi inspirés par les Gaulois et même des creux, tels les Samnites, ce peuple des montagnes d’Italie longtemps opposé à Rome. Je ne donne là que les principales idées, tant les variantes sont nombreuses. Or, ce dernier est important et nous avons tous en tête l’image fameuse des romains adoptant la célèbre formation dite « tortue »  (testudo) !

Scène de la célèbre colonne trajane, excellente source sur l’armée romaine. Photo: amicale Vauvenargues.

Porter des coups: 

Les Romains utilisèrent de nombreux types d’armes au cours de leur histoire et si certaines étaient pratiquement réservées à des auxiliaires, comme l’arc, on sait que les légionnaires œuvrèrent essentiellement avec le tandem glaive-javelot. Le premier est une épée courte (environ 60 cm) d’origine espagnole et dite gladius en latin: on retrouve ce terme dans « gladiateur » par exemple. Il permet en fait aux Romains de gagner en encombrement et sécurité, les hommes se battant proches les uns des autres.

Avant le corps à corps, les légionnaires lancent sur l’ennemi leur javelot, plus ou moins long et épais suivant les périodes, et dit pilum. Moins destiné à tuer les ennemis qu’à se ficher dans leurs boucliers, il permet de les priver d’une protection importante. Longtemps, les soldats eurent aussi un poignard ou se battirent en partie à la lance (hasta), ce qui rappelle les influences grecques comme l’écrit Pierre Cosme. 

Peu à peu ces armes reculent et pour faire face à l’évolution des équipements adverses, le glaive cède le pas à une épée plus longue, désignée par le mot spatha. Au IIIe siècle, époque difficile, ces équipements tendent donc à s’uniformiser et s’alléger: la cuirasse disparaît et son rôle est reporté sur le casque et le bouclier, l’épée, qui change, on l’a vue, est supportée par un baudrier et le pilum se fait moins lourd. Par la suite, les choses changent encore, mais cela dépasse le cadre de ce court exposé.

Bibliographie:

-LE BOHEC (Yann), L’armée romaine (3e éd. revue et augmentée), Paris, Picard, coll. « Antiquité synthèses », 2002, 292 p.

On peut aussi consulter (bien plus chronologique que le premier, très thématique):

-COSME (Pierre), L’armée romaine (2e éd.), Paris, Armand Colin, 2012, 312 p.

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